« Mais bien sûr que je faisais des complexes ! »

Par Alexandre Philippon
Mercredi 11 février 2015 – 18:00
Photos : Nicolas Götz / sport-phot.com
Juste avant de se rendre en Espagne pour disputer la deuxième course de sa saison, la Classique d’Almeria, Romain Bardet a donné de son temps précieux pour se confier longuement à Velochrono. L’Auvergnat se livre sur la façon dont on lit l’évolution de sa carrière, passée dans une nouvelle dimension avec sa sixième place sur le Tour de France 2014.
« J’espère que 2014 n’aura pas été l’apogée de ma carrière »
Romain, courant janvier, nous avons publié notre article de présentation de la saison 2015 d’AG2R La Mondiale, en disant qu’il serait compliqué pour l’équipe de faire aussi bien en 2015 qu’en 2014. L’analyse est-elle cohérente ?
Oui, cohérente, elle l’est. Collectivement, après notre année 2014, les attentes sont élevées et on a conscience qu’il sera difficile de faire aussi bien. Mais à titre individuel je ne veux pas me dire ça. J’espère bien évidemment que 2014 n’aura pas été l’apogée de ma carrière mais plutôt son décollage.
Parce que vous n’avez encore jamais gagné sur une épreuve World Tour et qu’il y a donc forcément encore de la marge ?
Je n’ai jamais gagné en World Tour, je n’ai que deux grands tours dans les jambes. J’estime quand même que je vais progresser jusqu’à 28-30 ans, corriger mes lacunes.
Dans votre cas, il y a un réel différentiel entre vos capacités physiques et votre expérience : vous êtes déjà sixième du Tour de France, mais pro depuis trois ans seulement.
Parfois, en 2014, quand j’étais avec les meilleurs, j’en prenais plein les yeux, je ne me sentais pas forcément à ma place. Dans la presse, on me décrit comme un coureur sans complexes, mais bien sûr que oui, j’en faisais ! Maintenant, je sais qu’à mon meilleur niveau je peux être avec les cadors, mais mes résultats de la première moitié de saison dernière, je m’en satisfais assez, sans chercher forcément davantage. Je n’ai pas toujours su tirer profit d’une situation avantageuse en World Tour.
Quand vous terminez deuxième derrière Tejay van Garderen sur une étape du Tour de Catalogne, par exemple ?
C’était une vraie déception, je ne m’en suis pas contenté. Car je me voyais gagner. Je pense plus aux fois où je me suis retrouvé avec les favoris dans un col, dans un final de course, avec tout le monde en prise, et que j’aurais pu essayer de tout donner pour jouer ma carte à fond. L’étape du Tour de Catalogne était justement l’une des fois où j’ai osé tenter ma chance. Quand on se rapproche du niveau physique des meilleurs mondiaux, et c’est la beauté de ce sport, l’aspect stratégique entre en compte. Surtout sur les classiques. Maintenant, sur les classiques escarpées, je sais que je peux être avec les meilleurs, être là quand un groupe de six à douze coureurs arrive pour la gagne. Et c’est à moi de trouver des solutions pour pallier le fait que je ne sois pas le plus véloce au sprint. Ça passe par une réelle absence de complexes.
Vous parlez des classiques avant d’avoir parlé du Tour de France. Ce sont ces courses qui vous bottent le plus à cette période de l’année ?
Je me demande si en courant plusieurs lièvres à la fois, je ne diminue pas mon potentiel. C’est une question à se poser dans le futur. Mais pour l’instant non.
Alberto Contador, par exemple, n’y parvient pas.
Oui, je pense que cela vient de là. Même un Chris Froome super en forme n’a pas les qualités pour les Ardennaises, et inversement, le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, Dan Martin, peine sur des efforts en col de 45 minutes… (Il s’interrompt) Je n’ai pas vocation à devenir le meilleur coureur du monde sur les classiques et les grands tours, mais je me demande si en courant plusieurs lièvres à la fois, je ne diminue pas mon potentiel. C’est une question à se poser dans le futur. Mais pour l’instant non. J’ai mon programme et mes objectifs de début de saison, et après le Tour de Romandie, je me dis que c’est suffisant de commencer la préparation pour le Tour de France.
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Est-ce que cela signifie que cette année, il ne faut pas s’attendre à ce que vous progressiez à la fois sur les classiques, les courses d’une semaine et les grands tours ?
Sur les courses d’une semaine, la barre est haute… Je serais très content d’arriver à refaire un top 5 sur la Catalogne et le Dauphiné. L’an dernier, sur ce type de courses, j’ai presque fait un sans-faute si l’on excepte Paris-Nice, mais où l’équipe s’est imposée avec Carlos Betancur. Je pense que pour moi, il est plus compliqué de faire top 10 sur une course World Tour d’une semaine que sur un grand tour. Parce que c’est plus condensé et que l’on n’a pas le droit à l’erreur. Sur trois semaines, on peut perdre deux minutes un jour et ne pas sortir de la course au classement général : si on est fort, on peut se refaire. Les courses d’une semaine, en revanche, se jouent à rien. Je me dis aussi que sur la Catalogne et le Dauphiné, je n’étais pas totalement à l’apogée de ma forme, donc je pense pouvoir reproduire ces performances, mais j’attends surtout de voir ce que je peux faire sur un grand tour avec plus d’expérience, ainsi que sur les classiques.
Tout en gardant ce côté entreprenant ou en le mettant de côté ?
C’est cette dose de folie qui peut faire la différence. Si sur une classique, je tente le tout pour le tout et finit 18e, on dira : « Bardet trop court ». Mais le jour où ça marche… Sur ces épreuves, il faut être rapide, audacieux, clairvoyant, et ceux qui ont ces qualités sont plus les Kwiatkowski, Gerrans, Valverde, Martin… Moi je suis davantage dans le lot avec les Gallopin ou Vichot. Ce qui fait aussi que l’on est moins surveillé.
Vraiment, vous ne pensez pas que vous serez beaucoup plus marqué en 2015 ?
Je ne pense pas, non.
Parce que quand des coureurs de Sky, BMC ou Etixx voient un AG2R La Mondiale attaquer, ils n’ont pas encore un réflexe de crainte, ce besoin immédiat de réagir ?
On sent qu’un respect s’est instauré. L’équipe AG2R La Mondiale est super respectée dans le peloton
À la sortie du dernier Tour de France, vous nous aviez confié que vous étiez très conscient des attentes qui allaient désormais vous entourer, qu’avoir des résultats allait devenir la normalité et que ne pas en avoir allait, au contraire, surprendre. Est-ce toujours votre analyse ?
Bien sûr, mais c’est aussi à mettre en perspective à l’échelle d’une carrière. Comme me le dit mon entraîneur Jean-Baptiste Quiclet, jusqu’à aujourd’hui, j’ai tout réussi à mon humble échelle. Depuis les amateurs, j’ai toujours progressé de façon assez ascensionnelle, croissante. Je n’ai pas eu de périodes de méforme inexpliquées et je suis persuadé que ça va continuer. Je me prépare donc à devenir plus fort, à « rentabiliser » mon niveau sur les courses par étapes comme les classiques, à être un coureur régulier qui joue les top 10, et qui à court ou moyen terme pourra être dans le top 10 du classement World Tour. Je sais ce qui m’attend, le travail que cela implique. J’en suis très conscient.
Vous dites être « persuadé que cela va continuer ». Cette absence de doutes fait-elle de vous quelqu’un de différent, par rapport à ces si nombreux coureurs qui peinent à avoir ou à garder confiance en eux ?
Depuis les rangs amateurs, je me suis toujours dit que je ne pouvais pas faire moins bien l’année suivante. Le fait est que ce leitmotiv va être de plus en plus dur à satisfaire. Mais ça reste mon idéal. J’ai besoin de sentir que je progresse.
Si demain, vous vous cassez une jambe, vous serez tout de même dans l’inconnu…
Ah, mais je ne me sens pas intouchable ! C’est juste que je sais à quel niveau je peux évoluer et j’ai pu débuter ma carrière sans rencontrer d’obstacles. Un coureur prometteur qui passe pro et à qui il arrive tout de suite des ennuis de santé, il peut ne jamais confirmer les attentes placées en lui. Mon début de carrière sans pépins m’a permis d’avoir des références et de savoir que je peux tenir ma forme. Rester en condition, certes avec de petites variations, de mars à octobre. Jouer les premiers rôles sur des courses World Tour…
« J’aimerais faire un Paris-Roubaix. J’aimerais vraiment. Mais est-ce raisonnable ? »
Vous n’êtes pas vraiment un coureur de « pics de forme ». Est-ce lié à cette incertitude sur le domaine qui vous convient le mieux ?
Sans doute. Et j’ose espérer qu’un jour je serai capable de sublimer mon niveau à l’image d’un Nibali ou d’un Pinot sur le dernier Tour de France. Thibaut en conviendra lui-même qu’il n’était pas aussi bien qu’espéré sur la saison 2014 avant que n’arrive le mois de juillet. Il a su élever son niveau, se sublimer, et c’est ce que je dois savoir faire pour ne pas être cinquième, sixième, septième, ce qui passe forcément plus inaperçu. Mais je ne suis pas vraiment un coureur de pics de forme, effectivement. J’aime bien mettre la même implication dans mon travail que l’on soit à cinq semaines du Tour de France qu’en décembre en Espagne. C’est le vélo que j’aime pratiquer. Toujours avoir un bon niveau de base.
L’enjeu est de confirmer, d’être régulier dans la performance. Or les coureurs qui arrivent à signer des saisons réussies et denses tous les ans sont loin d’être nombreux. La tendance est plus à cibler un seul objectif.
Merci de le souligner. Parfois, ça me frustre quand je vois que je bouffe pas mal d’énergie quand d’autres ne font pas un début de saison affolant. Est-ce que ça ne me manque pas quand j’arrive à la troisième semaine du Tour ? Certes, quand l’on est en janvier ou février et qu’il fait très froid, je parviens à me tempérer et à ajuster, mais j’ai aussi besoin d’avoir des résultats. On n’est jamais sûr d’arriver dans les bonnes dispositions sur le Tour de France. Je ne serais pas serein si fin juin je n’avais pas le moindre point au classement World Tour. Cependant j’ai compris qu’il fallait avoir une fraîcheur mentale et physique pour le Tour de France, donc je dois m’adapter.
On sent chez vous une vraie crainte de trop en faire. Est-ce qu’après le Tour de France 2014, vous vous êtes dit que vous auriez pu faire encore mieux en ne vous dépensant pas autant au printemps ?
Ma victoire sur la Valence Drôme Classic m’avait donc rendu d’autant plus heureux que c’était avec mon niveau de base, sans encore avoir les jours de course d’un Paris-Nice. Et c’est important de lever les bras.
En cela, vous voir gagner l’an dernier la Valence Drôme Classic dès février relevait-il de l’anomalie ?
Sans aucune prétention, j’étais loin de ma meilleure forme ce jour-là. Je gagne sur un coup tactique en partant à cinq kilomètres du but et je n’avais plus rien dans les jambes. C’est la perspective de la ligne d’arrivée qui m’a porté dans le final. C’était une course très dure. Je roulais dernièrement avec Larry Warbasse qui me disait que c’était la course la plus dure qu’il n’avait jamais disputée. Cette victoire m’avait donc rendu d’autant plus heureux que c’était avec mon niveau de base, sans encore avoir les jours de course d’un Paris-Nice. Et c’est important de lever les bras.
Vous avez déjà repris sur le Grand Prix La Marseillaise, mais votre premier vrai enchaînement arrive avec Almeria puis la Ruta del Sol, première course par étapes de votre saison. Où en êtes-vous ?
Difficile à savoir, la Marseillaise étant une course assez tranquille. Mais je me sens bien. J’ai passé un bon hiver, studieux. J’avoue que j’appréhendais la reprise de l’entraînement cet hiver, car j’avais coupé un gros mois. Je ne savais pas si j’allais avoir les dispositions mentales, la gnaque. En fait, je l’avais encore plus que l’année précédente. J’ai eu beaucoup d’enthousiasme dans ma préparation hivernale et ça a porté ses fruits. J’ai aussi la chance d’être très bien entouré dans l’équipe, notamment avec mon entraîneur Jean-Baptiste Quiclet qui est très réactif. On échange sans arrête, il me connait de mieux en mieux, ce qui est aussi le cas de tout le staff de l’équipe. Ça permet de travailler dans la sérénité et c’est un vrai plus.
Est-ce que vous relativisez le début de saison ?
J’ai aussi envie de tester d’autres orientations dans ma carrière, comme faire un grand tour uniquement pour les étapes.
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Quand vous parlez de nouvelles orientations, pensez-vous aussi à des classiques que vous n’avez encore jamais disputées ? Sans doute pas un Paris-Roubaix, mais plus…
(Il coupe) Si si, j’aimerais faire un Paris-Roubaix. J’aimerais vraiment. Mais est-ce raisonnable ? C’est difficilement envisageable car c’est en plein dans la préparation pour les Ardennaises et je ne peux pas me permettre de dire : j’y vais parce que je vais me faire plaisir. Il faut quelques éditions avant de pouvoir faire un résultat et je sais bien que mes capacités de grimpeurs ne sont bien sûr pas idéales pour ce terrain. Mais pour la beauté de notre sport et l’attachement que j’y porte, j’aimerais bien, oui. Sauf que l’enchaînement du calendrier ne le permet pas : je dois cibler des courses où j’ai plus de chances de faire un résultat. Je ne peux pas sacrifier un Liège-Bastogne-Liège par envie de faire Paris-Roubaix sans chance d’y briller. Je ne peux pas aller faire un Het Nieuwsblad alors qu’il y a la Drôme et l’Ardèche le même week-end. Me tester sur une semi-classique, ce serait possible un jour, mais j’ai quand même besoin d’avoir une vue d’ensemble et de me dire qu’il y a une vraie logique dans la construction de ma saison. Avoir mes plages d’entraînement pour des rendez-vous précis, savoir pourquoi je monte sur mon vélo. Perturber cela pour faire une classique pavée, pas sûr que ce soit la bonne recette.
Et les Mondiaux de Richmond, où il y aura des pavés, vous postulez ?
Les JO, ce serait une très belle opportunité et je sais que je ne suis pas du tout le seul en France à lorgner sur l’évènement. Ainsi que sur Richmond. Je suis un coureur de classiques, j’aime frotter, je passe partout. J’ai fait les deux derniers Mondiaux et j’aime en faire le fil conducteur d’une fin de saison.
Quel est votre programme pour les semaines et mois à venir ?
Classique d’Almeria, Ruta del Sol, Drôme-Ardèche, Paris-Nice, Catalogne, puis une micro coupure, la Flèche brabançonne, les trois Ardennaises, le Tour de Romandie. Et juste avant le Tour, le Dauphiné.
Paris-Nice approche : que pensez-vous du parcours révélé il y a quelques jours ?
Je suis embêté par Paris-Nice… J’adore cette course mais je n’ai jamais été verni. C’est un Tour de France sur une semaine, mais avec trop peu de montagne pour moi, et cette année, deux chronos. Il n’est même pas certain que l’ascension de la Croix de Chaubouret soit maintenue : je n’habite pas loin et franchement, il y a beaucoup de neige, on n’est pas à l’abri d’une annulation. Mais tout cela me motive encore plus pour me surpasser. On va moins m’attendre vu le tracé et du coup j’ai encore plus envie de bien me comporter sur des tests comme le Col d’Eze, par exemple. Dans tous les cas cette semaine me servira derrière pour la Catalogne.
Pourquoi les Français n’arrivent pas à gagner Paris-Nice alors que les Italiens arrivent à gagner Tirreno-Adriatico ?
Le niveau est très élevé. Tout le monde est à 200%, c’est un truc de fou. C’est le gros test du début de saison. Les managers mettent leurs équipes types.
Pourtant c’est Tirreno-Adriatico qui a la réputation d’être plus relevée que Paris-Nice.
Les grands leaders sont peut-être plus présents en Italie qu’en France, mais d’un point de vue collectif, c’est Paris-Nice qui gagne. C’est là-bas que les équipes mettent leurs meilleurs équipiers, ceux du Tour de France.
En 2014, Thibaut Pinot, Warren Barguil, Pierre Rolland et vous signez tous un top 10 sur un grand tour, mais à vous quatre, il n’y a qu’une seule victoire au compteur. Pourquoi ?
Gagner en haut d’un col face à des Contador, Froome, Nibali, je ne connais pas de coureur français qui soit à l’heure actuelle capable de le faire. Or il est très important de gagner, ça doit rester l’essence de notre métier.
Restons sur cette génération dorée de grimpeurs français. Vous avez tous eu des résultats très tôt dans votre carrière. Il y a une dizaine d’années, les néo-pros n’y arrivaient pas. Ils étaient pour beaucoup terrorisés par leurs aînés qui ne leur adressaient même pas la parole.
Effectivement je n’ai pas vécu ça. Peut-être que je me fais une idée erronée de ce qu’il se passait avant, mais j’ai l’impression qu’il y avait effectivement plus de hiérarchie. Maintenant les mentalités sont différentes. Le cyclisme amateur est plus suivi, les espoirs aussi avec le système de Coupe des Nations et un Tour de l’Avenir par nations. Il se trouve aussi qu’un site comme Velochrono met souvent à l’honneur les meilleurs jeunes français avant même qu’ils soient professionnels. Quand on arrive dans une équipe pro, on est davantage considéré parce que nos aînés savent ce que l’on a réalisé à l’échelon inférieur. J’imagine, oui, que des coureurs à gros potentiel ont pu voir celui-ci complètement inhibé par des ambiances perfides, avec la peur du bizutage, etc. C’est clairement de l’histoire ancienne.









start list
parcours
#1 M. Paterski – #2 A. Valverde – #3 D. Pozzovivo
J. Wallays

« le vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, Dan Martin, peine sur des efforts en col de 45 minutes »
Sympa pour Dan, au moins il le reconnaît comme le vainqueur moral.
Super article où on comprend mieux la préparation physique de début de saison, ainsi que les différences de préparation entre classiques et GT.
Encore un entretien passionnant,avec un coureur intelligent et lucide et dont j’apprécie la mentalité « à l’ancienne ».
Superbe entretien, comme de coutume.
Quel coureur ce Bardet, quand même. Lucidité, confiance, sérieux, rage de vaincre. On voit bien entre les lignes que derrière le tempérament d’un mec posé et sympa se dissimule un mental de guerrier, celui d’un vrai champion.
A 23 ans, finir 6e du Tour pour son deuxième grand tour et parler en tout humilité de décollage là où n’importe qui serait tenter de le placer sur un piédestal, ça classe le tempérament du garçon. Après une saison 2014 dense en qualité & quantité, on lui souhaite le meilleur pour 2015.
Magnifique article!
Romain Bardet fait un bien fou au cyclisme: mature, intelligent, lucide mais aussi offensif, ambitieux et le tout sans la moindre vanité.
Il sait qu’une victoire n’est belle que lorsque le cerveau a travaillé autant que les jambes.
Son esprit d’analyse est épatant. Son avenir s’annonce radieux.
Chronique d’un fervent passionné de Romain.
Bardet : la tête et les jambes, ça fait plaisir à voir.
Viiiiiiite que le Paris-nice commence j’en ai marre d’attendre que la saison rattaque vraiment
Bon , comme prévu, pas d’enthousiasme ou si peu autour d’un de nos meilleurs coureurs! Il doit lui manquer pour certains du glamour, de la staritude?? Bref, je l’adore et cette itw confirme tout le bien qu’on peut en penser, la difficulté du sport, du vélo notamment… Vivement la fin des Valverde et consorts et vivement les luttes entre les jeunes dont lui, car assurément, il fera partie des très bons, reste à savoir s’il deviendra un champion légendaire, ou pas, j’ai de petits doutes sur ses limites…
il a raison de ne pas se centrer que sur le Tour, je pense qu’un coureur doit être opportuniste au sens premier du terme, c’est à dire prendre les courses une par une, chercher à faire du mieux possible sur chacune. On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait, chaque résultat obtenu n’est plus à prendre.
« Les grands leaders sont peut-être plus présents en Italie qu’en France, mais d’un point de vue collectif, c’est Paris-Nice qui gagne. C’est là-bas que les équipes mettent leurs meilleurs équipiers, ceux du Tour de France. »
ça me rappelle le débat sur les plateaux du Tour et de la Vuelta, certains (notamment Beobachter, que les autres m’excusent mais c’est le seul nom que j’ai retenu) avait souligné que si le plateau de la Vuelta était très bien fourni en leaders, celui du Tour restait avec un niveau global plus élevé.
Je crois l’avoir déj évoqué mais ce coureur m’impressionne par sa lucidité sa réflexion et son intelligence.
Encore une fois bravo, super entretien, avec non seulement un Bardet passionnant mais des questions pertinentes et vraiment intéressantes, merci Velochrono.
Chapeau bas, Alexandre Philippon, pour cet article de fond très complet et instructif !
Du Grand Journalisme sur Vélochrono…!
bardetbarguildemare t’es trop fort ! L’article parait sur vélochrono vers 18h00 et à 22h30 tu te plains du peu d’enthousiasme ! On n’est pas comme toi sur le site toutes les 5 mn… Il y a une vie en dehors d’internet.
Perso je découvre l’article maintenant et je vais pouvoir féliciter vélochrono maintenant seulement…
Et donc m’enthousiasmer seulement maintenant pour l’interview Romain Bardet !
Une tête bien remplie et un jugement très réaliste sur sa carrière et le cyclisme pro actuel.
Vive Romain ! (là c’est bien bardetbarguildemare ?)
R7814: hahaha oui c’est vrai que nous avions eu cette discussion
Bon, par contre, du coup, si ce coup-ci, on se penche sur les dires de Bardet: « Les grands leaders sont peut-être plus présents en Italie qu’en France, mais d’un point de vue collectif, c’est Paris-Nice qui gagne. C’est là-bas que les équipes mettent leurs meilleurs équipiers, ceux du Tour de France. », les faits ne sont pas très convaincants pour appuyer son point de vue.
Déjà si on prend le point de vue comptable, d’après Procyclingstats, le ranking des deux courses est en faveur de Tirreno (pas de beaucoup, rien à voir avec l’écart entre le Tour et les deux autres GT, mais une avance quand même pour Tirreno (l’an dernier du moins)).
Cela dit, rien de fondamentalement contradictoire avec ce que dit Bardet: s’il y a plus de leaders en Italie, il est imaginable que Tirreno se retrouve devant par la seule présence des leaders qui par leur poids en points conséquent font basculer la balance en faveur de Tirreno.
Mais malgré tout, ça ne me convainc pas: j’ai regardé à nouveau les startlists, et en prenant l’optique du Tour, il n’y a pas de règle qui saute aux yeux. Si l’on voulait faire les choses, il faudrait compter combien de coureurs sur le Tour l’an dernier ont fait Tirreno, et combien Paris-Nice. Pas sûr du tout qu’une tendance se dégage.
Les deux courses sont quand même similaires niveau plateau, et ce sont les équipes qui au final décident de privilégier telle course plutôt que l’autre.
Par exemple, au vu des annoncés actuels, Sky, Tinkoff ou Trek sont plus tournés vers Tirreno. Au contraire, Lotto ou Giant (qui a l’air parti pour mettre du lourd :p )sont plus Paris-Nice. Et après tu as d’autres équipes qui répartissent. Mais bon, « d’un point de vue collectif, c’est Paris-Nice qui gagne » me semble assez douteux à affirmer
Et pour être complet: (et ça appuierait plus les propos de Bardet), il y a une équipe de plus sur Tirreno que sur Paris-Nice (donc potentiellement plus de points). ça joue.
Et pour chaque course, on a le même nombre d’équipes qui ont reçu leurs wildcards pour le Tour. Donc là aussi, ça se vaut (MTN et Bora vont mettre leurs équipes Tour sur Tirreno, Cofidis et Bretagne feront de même sur Paris-Nice, et Europcar va répartir)
(et au passage, très content de la victoire de Bennett aujourd’hui au Qatar. Miser sur lui (et dans la durée!) est vraiment bien joué de la part de Bora, ça augure de belles choses. J’espère le voir au Tour!)
Paris-Nice ou Tirreno-Adriatico, peut-être une question de soleil aussi ?
Les leaders choisissent la course ou la météo sera a priori la plus favorable et une autre partie de l’équipe va sur Paris-Nice.
Quelle lucidité, quelle auto-critique, ce garçon a vraiment des analyses pertinentes !
Autant je n’étais pas très fan de sa façon de courir, d’ailleurs il en convient lui-même dans l’ITW, mais là de nouvelles perspectives s’ouvrent vu son discours. A suivre…
Quoiqu’il en soit, Paris-Nice et Tirreno-Adriatico auront de beaux plateaux, et ça c’est très bien.
Rien à voir avec Bardet, mais puisqu’il n’y aura pas de Vélochrono vous répond cette semaine, je pose ici la question aux spécialistes de cyclo-cross. Je viens de voir le Superprestige de Middelkerke, manche très spectaculaire avec une belle bagarre. Mais est-ce que les parcours sont tracés différemment en Superprestige que dans le circuit coupe de Monde (voire coupe de France), dont j’ai plus l’habitude? Ou est-ce celui-ci en particulier, parce qu’il m’a donné l’impression d’être particulièrement bourrin.
En tout cas, ça a permis d’apprécier l’aisance technique de van der Poel, seul à rester sur sa selle dans certains passages ; mais son élan a été coupé par un soleil dans une bosse. J’ai bien aimé aussi Meeusen, qui a mis de l’animation avec ses attaques, mais il ne finit que 5e pour avoir mal géré son effort. Au final, c’est Pauwels, très souple de style aussi, qui l’emporte, mais van der Poel sauve la deuxième place qui lui vaut le classement final du Superprestige.