Velochrono s’est planté

Par Velochrono
Lundi 22 décembre 2014 – 18:00
Tout au long de l’année, vous avez hebdomadairement l’opportunité de poser vos questions à la rédaction de Velochrono. L’occasion pour nous de revenir sur les temps forts de la saison, de vous apporter des informations, mais aussi de prendre position, de donner notre avis. Et comme Velochrono n’a pas la science infuse, Velochrono se ramasse, parfois… C’est l’heure de notre flop 2014 rien qu’à nous !
Les contre-temps de Cavendish
Le 10 février : « Par le passé, il est déjà arrivé à Cavendish de jouer ainsi aux abonnés absents, puis de réapparaître… pour aussitôt enfiler les victoires. Donc attention à ne pas l’enterrer trop vite. »
Le 7 juillet : « Le Manx Express va passer sur le billard mercredi et devrait être indisponible six semaines. Théoriquement, c’est donc pile poil bon pour un retour sur la Vuelta, où il pourrait faire une razzia d’étapes. »
« N’ayez crainte pour Cavendish ». En février, nous étions confiant pour le sprinteur britannique. Pourtant, il s’était montré extrêmement discret au Tour de San Luis puis au Tour de Dubaï, mais après tout, cela avait déjà été le cas en 2011… La suite allait nous donner tort. En dehors de quatre victoires sur le Tour de Turquie, où l’adversité était assez faible, le Britannique a eu du mal cette saison. Au point de se présenter au départ du Tour de France avec seulement deux victoires World Tour en poche, un bien maigre butin pour un cador comme lui (une étape de Tirreno-Adriatico et une autre du Tour de Suisse). Au départ de Leeds, sur ses terres, Cavendish avait donc soif de bien faire. Trop, sans doute : à Harrogate, terme de la première étape, il partait à la faute et se fracturait la clavicule. Et, là encore, nous avons pêché par optimisme : pour nous, il était plausible de le voir prendre sa revanche sur la Vuelta, où il aurait pu enfiler les étapes comme des perles. Las : malgré un retour à la compétition au Tour de l’Ain, le coureur d’Omega Pharma – Quick Step était trop court pour s’aligner sur le dernier grand tour de la saison. Et sa fin de saison a été compliquée : deux victoires sur le Tour du Poitou-Charentes, mais aucune, encore, à domicile, sur le Tour de Grande-Bretagne, au terme duquel il a fini par mettre un terme à cette décevante année 2014. En mai prochain, le Cav aura 30 ans. C’est peut-être son ère qui s’est achevée cette année.
Bouhanni, départ inévitable
Le 21 avril : « Ce n’est pas pour autant que l’avenir conjoint du champion de France 2012 et de l’équipe de Marc Madiot est en péril. Même s’il n’a pas caché avoir beaucoup d’offres, la priorité du sprinteur est de rester dans la formation qui l’a fait passer professionnel. »
La concurrence interne à la FDJ entre Nacer Bouhanni et Arnaud Démare fait l’actualité depuis 2012, saison de révélation des deux coureurs, l’un dans sa deuxième année pro, l’autre dans sa première. Courant avril, Bouhanni commençait à évoquer les offres de l’extérieur : qui fait ça, vraiment ? C’est un phénomène assez rare dans le cyclisme que de parler ouvertement de ses opportunités de départ à la presse la saison à peine débutée. Nous n’aurions pas du tomber dans le panneau quand le Vosgien a affirmé que sa priorité était de rester dans l’équipe au trèfle : il faisait clairement monter les enchères. Marc Madiot entretenait indirectement le buzz en déclarant lui aussi qu’une prolongation était dans l’air. Au final, celui qui allait ensuite signer chez Cofidis, et avait peut-être alors déjà un accord moral avec Yvon Sanquer, savait très bien qu’il ne ferait pas le Tour de France : « Quand je suis arrivé au Giro, dans ma tête, je n’allais pas être sur le Tour. Je m’étais fait à cette idée, même si on ne me l’avait pas encore dit. » Sa non-sélection pour Milan-Sanremo avait allumé le feu aux poudres, sa sélection pour le Giro lui avait mis la puce à l’oreille, Arnaud Démare était en pôle pour disputer la grande boucle et l’idée d’aligner les deux hommes sur cette course n’était qu’illusion. Et si le staff de l’équipe FDJ.fr avait pris ce risque, menant à un changement de plans et au non-départ de Nacer Bouhanni, la question allait de toute façon se poser à nouveau l’année suivante. Et ça, ça a toujours été le bémol quand les deux hommes ont tenu sans cesse ce discours voué à tempérer les commentaires : nous n’avons pas le même programme, nous sommes toujours sur deux fronts, etc. Bouhanni voulait courir les classiques, il voulait bien évidemment revenir sur le Tour, et il allait partir si on ne lui offrait pas de garanties. Son destin n’était peut-être pas encore scellé en avril, mais le mois de mai a accéléré les choses : Bouhanni avait été énorme sur le Giro, Démare sur les courses Europe Tour qu’il a disputées en parallèle, s’accrochant coûte que coûte à son statut de numéro un acquis lors des réflexions hivernales. Nacer Bouhanni ne pouvait pas rester, Arnaud Démare ne pouvait pas le laisser prendre sa place.
Peraud, inimaginable
Le 31 mars : « Chez AG2R La Mondiale, on se verrait bien confirmer Peraud au rang de leader [sur le Tour]. Mais de là à faire un top 5 à Paris… Ne pas oublier que le parcours 2014 comporte moins de contre-la-montre. Un top 10 sera dans ses cordes s’il est coureur protégé. »
Troisième du Tour du Pays basque, quatrième de Tirreno-Adriatico, vainqueur du Critérium international… Au printemps, Jean-Christophe Peraud a cumulé les indices laissant penser qu’il avait encore franchi un palier en 2014. Mais le coureur d’AG2R La Mondiale n’avait pas changé de registre pour autant : celui du coureur plutôt suiveur qui se fait mal le plus longtemps possible et en profite pour grignoter des places au général, sans oublier ses qualités face à la montre. Du coup, impossible pour nous d’envisager son mois de juillet de rêve… Aussi, le 31 mars, à l’issue de son succès en Corse, étions-nous circonspects à l’évocation d’un… top 5 sur le Tour ! Neuvième du Tour en 2011, probablement top 10 en 2013 sans son tardif abandon sur chute, Peraud semblait capable de rentrer à nouveau dans les dix, mais la marche supérieure nous semblait trop haute. Plus tard, à l’inverse, alors qu’il semblait marquer le pas au Tour de Romandie (32e) puis au Dauphiné (37e), nous vous avions plutôt invité à l’optimisme, sentant qu’il pouvait revenir à son top en juillet. Mais de là à terminer deuxième du Tour de France… On n’y aurait jamais cru !
Incassables Contador et Froome
Le 4 août : « On est un peu dans le fantasme. Il y a très peu de chances d’Alberto Contador soit au départ du Tour d’Espagne. Si c’est le cas, c’est la porte ouverte à une grosse désillusion ou à une rechute. […] Quant à Chris Froome, sa blessure est moins grave, moins complexe, mais sa présence en Espagne n’a rien d’assuré. […] Tout ce qu’il aurait à gagner à s’aligner sur cette course, s’il est remis, c’est de retrouver confiance, ce dont il a peut-être plus besoin que Contador. »
Sur ce coup, on s’est complètement fourvoyé. C’était un parti pris : ne pas trop en faire autour de Chris Froome et Alberto Contador, ne pas les propulser favoris de la Vuelta sur la seule base de leur statut alors qu’ils n’avaient offert aucune garantie depuis leurs blessures respectives. Il y avait aussi ce sentiment général selon lequel ils allaient forcément revenir plus forts sur la course espagnole : tout le monde a parlé de leur revanche à peine leur abandon sur le Tour officialisé. Même si quelques semaines plus tard, ils allaient être premier et deuxième de cette épreuve, c’était précipité, mais ce résultat a donné tort à tous les sceptiques et nous en faisons partie, d’autant qu’au départ de Jerez, nous persistions dans la prudence. Ce n’est qu’à la mi-course que fut venu le temps d’accepter l’évidence : « Alberto Contador a joliment berné tout le monde. Sa poursuite impossible dans le Platzerwasel détrempé, le 14 juillet dernier, aurait dû nous mettre la puce à l’oreille, mais qu’importe : l’Espagnol a répété pendant des semaines qu’il s’était fait une fracture du tibia en bonne et due forme, et l’on a benoîtement pensé que sa saison, du coup, était quasi terminée. Au point que l’on s’est un peu demandé pourquoi il venait sur cette Vuelta, une décision qui ressemblait, à une semaine du départ de Jerez de la Frontera, davantage à un coup de folie qu’autre chose. Deux semaines plus tard, tout ça est oublié, Contador peut rire sous cape et ses adversaires faire la grimace : après deux arrivées au sommet et au premier jour de repos de la Vuelta, el Pistolero est deuxième du général, à trois secondes à peine du maillot rouge Nairo Quintana. » Le Colombien chutera, Contador et Froome seront tout en haut du podium.







start list
R. Feillu
parcours
#1 M. Matthews

C’est tout à l’honneur de Vélochrono de se ‘mouiller’ !
C’est sûr que c’est plus simple de commenter ou critiquer après coup comme le font beaucoup…
Les courses ne sont pas écrites à l’avance et c’est tans mieux.
Bien au-delà du site Velochrono, ce sont tous les suiveurs et passionnés de cyclisme – j’en fais partie bien évidemment – qui se sont plantés cette année dans bon nombre de leurs prédictions et cela perdurera parce que ce sport reste très imprévisible, avec un facteur chance/malchance considérable. Reste à savoir dans quelles proportions la hiérarchie sera bousculée et remodelée en 2015 à cause des chutes, maladies, exploits inattendus, etc..
Et voilà comment Velochrono se distingue magnifiquement des autres sites francophones de cyclisme…
#Modestie
#Autocritique
#Velochrono
On se croirait revenu au temps de cyclismag ! Ca fait un bien fou
Photo funeste pour Tejay van Garderen. (c’est bien une des chutes de l’étape du Tour arrivant à Nancy ?)
Je me suis aussi bien planté sur la Vuelta, et notamment sur Contador. Et je pense que nous sommes nombreux dans ce cas.
Chers gens de Vélochrono, merci pour tout ce que vous faites et surtout merci pour la manière dont vous le faites : Loin derrière mon ordi j’ai l’impression pour une fois de lire une équipe qui a un réel projet et qui ne tombe pas en permanence dans le piège tentant de l’autopromotion. En un mot comme en cent : Bravo !
Merci à Boogie qui a tout dit… Merci aux commentateurs et à vous Vélo chrono… Pour la vuelta, nous sommes nombreux, passionnés et suiveurs de tout ce qui se passe, qui pensions d’abord que Contador n’irait pas puis, ensuite, nous sommes tombés dans le piège savamment orchestré par la saxo et conta lui-même… Même si, pour ma part, quand j’ai vu le chrono par équipes, j’ai vite compris que Conta serait très fort et bien en forme…
Dans Velochrono vous répond, vous êtes dans l’analyse un peu subjective, là vous êtes dans le factuel, j’avoue que c’est ce mélange qui fait que je prend plaisir à venir sur ce site. Avec l’article sur les Morton, vous êtes en forme en cette fin d’année, bien que j’ai eu des désaccords sur vos différentes argumentations lors des récompenses de fin d’année.
Allez, je vais faire moi aussi un petit Top/Flop de mes pronostiques un peu comme ça (rapide hein, je ne vais pas refouiller tous mes comms de l’année).
Parmi mes satisfactions personnelles de ce côté-là, je citerais notamment le fait d’avoir dit plusieurs fois avant le départ que je croyais en Nibali en vue du Tour, et les faits m’ont donné raison (même si je n’avais pas prévu évidemment les abandons de Froome et Contador).
Parmi mes erreurs de ce côté, je voyais par exemple Van Garderen sur le podium du Tour, ce ne fut pas le cas, je pensais aussi (pour parler d’un sujet de l’article) que Contador ne serait pas au point pour la Vuelta, j’y croyais beaucoup plus pour Froome, Contador s’étant révélé finalement plus fringant. Et puis le côté aléatoire du sport peut vous faire rater vos pronos sans pour autant vraiment vous donner tort : par exemple, je voyais bien Degenkolb gagner MSR, il a crevé au mauvais moment et fini assez loin. Certes il n’a pas gagner, mais on peut se demander quelles auraient été ses chances sans cette incident…
Des flops des flops ? C´est sympa d´aller en quelques sortes a la peche aux compliments mais, je trouve qu´il y a un truc qui cloche dans le sens ou il ne faudrai tout de meme pas vouloir occulter pour raisons x ou y que le coté pocker, bluff et arrangement de l´ombre, ont tjs fait partis de l´essence meme de la course; alors rien de plus normal de se faire surprendre !
Magnifique reportage vive le cyclisme et vive velo chrono
Serait-ce le nouveau maillot de Trek?
https://twitter.com/andremeganck/status/547431982138142720/photo/1
Je vous avais trouvé un peu péremptoire après les mondiaux en affirmant que Kwiatkowski était vraiment passé devant Peter Sagan, j’avais eu le sentiment que vous enterriez le slovaque un peu trop vite
Pour rétablir la vérité, car ma mémoire me joue parfois des tours, c’étaient surtout les questions qui enterraient Sagan, la réponse de velochrono était bien plus modérée.
pour Sagan : quand on est tout seul dans une équipe de m….
on ne peut pas faire éternellement des miracles.
Basso trop vieux
Moser absent
Viviani irregulier
derrière le desert ou presque
durée de vie de Cannondale-Garmin ?
attention : les fusions n’ont que rarement réussie
les fusions depuis 2004 :
2014 :
Tre For & Blue Water fusionnent, en 2015 l’équipe est toujours présente (2 saisons en cours)
2 Clubs fusionnent pour passer en continentale,
Upssala (sue) & Firefighters (usa), résultat disparition dès fin 2014 (durée 1 saison seulement)
Parkhotel & Ruiter Dakkapelen toujours là en 2015 (Parkhotel Valkenburg) (2 saisons en cours)
Keith-Mobel(conti) & le Partizan Belgrade (élite)
ça continue en 2015 (Keith-Mobel-Partisan) mais est-ce que la branche serbe existe tjrs ?
2012 : Radio Shack & Leopard-Trek fusionnent ça tiens toujours (trek factory racing) (4e saison)
2011 : Cdc-Cavaliere & Nippo Team fusionnent en 2015 (Nippo-Vini)(5e saison)
DeRosa & Flaminia Ceramica fusionnent, aujourd’hui Utensilnord (hon)(5e saison)
2010 : Designa Kokken & BLue Water fusionnent & retourne en amateur à la fin 2010 chacune de leur coté (pour revenir en 2011 sous 2 entitées)(1 saison)
2009 : Neotel (afs) & StegComputer (ch) fusionnent pour disparaitre au bout d’1 saison
Logstor (dk) fusionne avec le club d’Herning (dk) pour fusionner ensuite en 2010 (voir plus haut)
2008 : Rapha-Condor & Recycling.co fusionnent, l’équipe existera encore en 2015 sous l’appelation (Jlt-Condor)(8e saison)
Cinelli-Endeka scission, Endeka rejoint Nippo, Cinelli disparaitra en 2009 (suspendue par l’UCI : Amica Chips-Knauf)
Tenax & LPR s’unissent pour devenir plus tard DeRosa (voir plus haut)
2007 : Androni Giocattoli-3C & Lpr fusionnent (voir juste au dessus)
Madeinox (por) & Imoholding (por) se rejoignent & l’équipe vivra (Loulé Lc-Louletano) jusqu’à fin 2010 puis redevient amateur & retour en 2013 (Energy Ray-Louletano en 2015)
Sean Kelly Ct (irl) & Murphy & Gunn (irl) font pareil, l’équipe reste encore aujourd’hui dans le Peloton (AnPost-ChainReaction)
2006 : Wiesenhof (all) & Akud (all) tentent la fusion pendant 2 saisons avant la disparition fin 2007
Dfl (gb) & CyclingNews (aus) fusionnent pour disparaitre elles aussi fin 2007 (avec un passage en conti pro en 2007)
2005 : la Saeco & la Lampre s’unissent & aujourd’hui la Lampre-Merida est encore dans le peloton
Shimano-Memory Corp & Bankgiroloterij fusionnent elles aussi avec succès (Giant-Alpecin en 2015) (11e saison)
Vini Caldirola & Barloworld font le saut jusqu’à fin 2009 (5 saisons)
Sierra Nevada (usa) & Ofoto-Lombardi (usa) deviennent Kodak jusqu’en 2007 (disparition)
2004 : 7Up-Maxxis (usa) & HealthNet font cause commune sous HealthNet puis Priority Health, Bissell pour dispaitre fin 2013 (le sponsor rejoignant l’équipe d’Axel Merckx)
on va dire que les grosses structures s’en sortent mieux que les petites structures :
Saeco & Lampre, LEopard & Radio Shack