Gallopin, coureur français de septembre

Par Velochrono
Jeudi 2 octobre 2014 – 18:00
La saison touche à son terme mais il reste des récompenses à distribuer ! Pour son coureur français du mois de septembre, Velochrono a choisi Tony Gallopin (Lotto-Belisol), pas passé loin d’une médaille aux Mondiaux de Ponferrada. Le coureur de Lotto-Belisol devance Arnaud Démare (FDJ.fr) et Warren Barguil (Giant-Shimano).
Frustrant mais prometteur
Évidemment, à choisir, il aurait préféré une médaille mondiale. Tony Gallopin est le meilleur coureur français de septembre, et pourtant il restera un gout d’inachevé de ce mois arc-en-ciel pour le coureur de Lotto-Belisol. Sixième à Ponferrada, Gallopin aura toujours le regret d’être arrivé dans le groupe pour les médailles d’argent et de bronze, mais de n’avoir pas pu jouer sa chance à fond au sprint. Mal placé, un peu cramé, il n’y avait de toute façon pas grand chose à faire, a priori, face à Simon Gerrans et Alejandro Valverde. Et puis, il fallait quand même se hisser au sommet de la dernière bosse avec ces clients là, mais aussi Philippe Gilbert et Greg van Avermaet. Contrairement à l’ensemble de ces coureurs et au champion du monde Michal Kwiatkowski, Gallopin n’a jamais joué les premiers rôles sur les Ardennaises, par exemple ; nul doute que ce sera le cas à l’avenir, car le Français a clairement montré de gros progrès sur le circuit espagnol. Gallopin est désormais une valeur très sûre sur les classiques vallonnées : il avait déjà brillé par à-coups, remportant notamment la Clasica San Sebastian l’été dernier, le voilà désormais régulier.
Car ce qui est fort dans l’aventure mondiale de l’intéressé, c’est aussi de voir comment il a parfaitement mené sa barque en vue de la course arc-en-ciel. Gallopin s’était mis en tête cet objectif depuis des mois, et il en a parfaitement géré l’approche. Après un Tour de France quasi parfait, mais énergivore, il a parfaitement coupé en août pour monter en puissance en septembre. Discret au GP de Plouay, il a enquillé les perfs à l’approche de Ponferrada : d’abord neuvième du Grand Prix de Québec, où il a été gêné par Arthur Vichot dans le sprint final ; puis troisième du Grand Prix de Montréal, où il était déjà l’un des plus forts dans la principale difficulté du parcours ; et enfin deuxième du Grand Prix de Wallonie, où il avait réussi un spectaculaire retour sur le groupe de tête dans le dernier kilomètre. Une montée en puissance qui aurait mérité mieux aux Championnats du monde, mais qu’importe : à 26 ans, Gallopin a de beaux jours devant lui.
Démare et Barguil, objectifs remplis
Loin, très loin du rendez-vous mondial, Arnaud Démare n’a pas manqué son mois de septembre non plus. Jamais vraiment concerné par l’éventualité d’une sélection bleue pour Ponferrada, le coureur de la FDJ.fr a profité des projecteurs braqués sur les enjeux arc-en-ciel pour se refaire une confiance, en toute discrétion, après un été un peu difficile. D’abord troisième de la Brussels Cycling Classic, son premier résultat probant depuis le Tour de France, Démare s’est imposé au Championnat des Flandres, son premier succès avec le maillot bleu-blanc-rouge obtenu fin juin au Futuroscope. Deux jours plus tard, il remettait ça dans le Pas-de-Calais, au Grand Prix d’Isbergues. L’adversité était relative ? C’est vrai, mais ça fait toujours deux victoires de plus dans l’escarcelle, soit onze au total en 2014. Autant que… Nacer Bouhanni, et moins que trois coureurs seulement à l’heure actuelle : André Greipel (15), Alexander Kristoff (14) et Marcel Kittel (13). Surtout, c’est le meilleur moyen d’arriver en confiance à Paris-Tours, son grand objectif de la fin de l’année, qu’il avait échoué de peu (troisième) à remporter l’an passé.
Une échéance qui ne concerne évidemment pas Warren Barguil. Le grimpeur de Giant-Shimano tentera lui de briller une dernière fois à l’occasion du Tour de Lombardie, mais sa fin de saison est déjà réussie grâce à une très bonne Vuelta. Arrivé en Espagne avec l’objectif d’un top 15 au général, Barguil a fait bien mieux puisqu’il a pris la huitième place finale. Très solide pendant trois semaines, dur au mal – il était diminué sur la dernière grande étape de montagne – et audacieux – il est souvent passé à l’attaque – il est néanmoins resté en retrait des cinq-six meilleurs de cette Vuelta. Équipier modèle au sein de l’équipe de France à Ponferrada, il lui aura manqué une victoire d’étape, ou même une action marquante dans une grosse journée de montagne, pour lui permettre de figurer un peu plus haut à notre palmarès.

1. Tony Gallopin (Lotto-Belisol)
2. Arnaud Démare (FDJ.fr)
3. Warren Barguil (Giant-Shimano)

Saison 2014 :
Septembre – GALLOPIN Tony (Lotto-Belisol)
Août – BOUHANNI Nacer (FDJ.fr)
Juillet – PERAUD Jean-Christophe (AG2R La Mondiale)
Juin – DÉMARE Arnaud (FDJ.fr)
Mai – ROLLAND Pierre (Europcar)
Avril – COQUARD Bryan (Europcar)
Mars – PERAUD Jean-Christophe (AG2R La Mondiale)
Février – PERAUD Jean-Christophe (AG2R La Mondiale)
Saison 2013 :
Octobre – BOUHANNI Nacer (FDJ.fr)
Septembre – BARGUIL Warren (Argos-Shimano)
Août – DEMARE Arnaud (FDJ.fr)
Juillet – RIBLON Christophe (AG2R La Mondiale)
Juin – VOECKLER Thomas (Europcar)
Mai – DEMARE Arnaud (FDJ)
Avril – ROLLAND Pierre (Europcar)
Mars – CHAVANEL Sylvain (Omega Pharma – Quick Step)
Février – HIVERT Jonathan (Sojasun)
Saison 2012 :
Septembre – VOECKLER Thomas (Europcar)
Août – DEMARE Arnaud (FDJ-BigMat)
Juillet – VOECKLER Thomas (Europcar)
Juin – BOUHANNI Nacer (FDJ-BigMat)
Mai – BOUHANNI Nacer (FDJ-BigMat)
Avril – VOECKLER Thomas (Europcar)
Mars – CHAVANEL Sylvain (Omega Pharma – Quick Step)
Février – COPPEL Jérôme (Saur-Sojasun)
Saison 2011 :
Septembre – MONCOUTIE David (Cofidis)
Août – PINOT Thibaut (FDJ)
Juillet – VOECKLER Thomas (Europcar)
Juin – KERN Christophe (Europcar)
Mai – GADRET John (AG2R La Mondiale)
Avril – CHAVANEL Sylvain (Quick Step)
Mars – VOECKLER Thomas (Europcar)
Février – FEILLU Romain (Vacansoleil)
Janvier – FEILLU Romain (Vacansoleil)
Saison 2010 :
Octobre – RAVARD Anthony (AG2R La Mondiale)
Septembre – MONCOUTIE David (Cofidis)
Août – ENGOULVENT Jimmy (Saur-Sojasun)
Juillet – CHAVANEL Sylvain (Quick Step)
Juin – VOGONDY Nicolas (Bbox Bouygues Telecom)
Mai – GADRET John (AG2R La Mondiale)
Avril – PERAUD Jean-Christophe (Omega Pharma)
Mars – FEDRIGO Pierrick (Bbox Bouygues Telecom)
Février – DUMOULIN Samuel (Cofidis)
Janvier – CHARTEAU Anthony (Bbox Bouygues Telecom)






start list
R. Feillu
parcours
#1 M. Matthews

Tout à fait d’accord avec votre podium ! Juste récompense pour Gallopin !
Et Pauline Ferrand-Prévot ?
Et Pauline ? Ne méritait elle pas le titre de meilleur coureur de septembre ?
pas de bouhanni???
@clemish ses résultats à Bouhanni, en septembre, c’est une 5è place sur la 13è étape de la vuelta et une 10è place aux championnats du monde. Ses victoires c’était en août, où d’ailleurs il a été élu coureur du mois.
petit mois de septembre des français. on va finir par s’habitué aux très bons résultats! beau podium malgré tout: finir 8è de la vuelta place Barguil 3e français du mois.
Tony Gallopin a désormais franchi un nouveau pallier sur les courses d’un jour. Il se positionnera l’an prochain comme un bon outsider ou même favori selon les parcours et startlist. Le championnat du monde était un de ses objectifs depuis la découverte du parcours, il n’a pas vraiment déçu au final. Simplement un manque de jus pour arracher le podium.
J’espère qu’il aura quelques objectifs sur les Ardennaises en 2015, son meilleur résultat une 16e place sur la Flèche Wallonne. A Liège en deux participations il a toujours terminé à plus d’une minute par exemple et voyant le scénario de cette année (même si chaque course au fil des saisons n’a pas un scénario identique) je pense qu’il peut tirer profit de sa pointe de vitesse à l’avenir. Mais bon, Wellens et Vanendert seront aussi présents, sa place de joker de luxe chez Lotto peut grandement lui servir.
De fait, s’il continue à progresser, à franchir les marches, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas jouer la gagne sur le triptyque Ardennais et ceci dès la saison prochaine. Je m’avère certes optimistes, mais j’y crois dur comme fer.
Je vais encore pinailler:
adversité n.f.
État de celui qui éprouve des revers ; malheur, malchance.
Aucun rapport avec « opposition ».
Pour 2015, je vois bien Gallopin briller sur l’Amstel Gold Race, il a la fibre « chasseur de classique » pour ne pas se faire piéger et a des qualités de puncheur et une pointe de vitesse qui lui permettent de tirer son épingle du jeu dans le final.
je tiens à faire un petit focus sur Barguil : du fait du manque de victoires ou même de podiums il ne pouvait effectivement pas aller beaucoup plus haut dans le classement. Cependant son mois de Septembre a été exceptionnel : il a parfaitement tenu les trois semaines sur la vuelta pour son deuxième grand tour en étant d’une régularité impressionnante qui lui a permit d’aller chercher une belle huitième place avec aussi de l’audace. Ensuite ses championnats du monde sont aussi de très haut niveau pour quelqu’un qui n’a pas encore vraiment l’habitude des classiques : durant les 80 derniers km il était sur tous les fronts à savoir suivre les attaques, rouler à bloc quand c’était nécéssaire et protèger ses leaders dans le dernier tour. Malgré tout il arrive à finir dans les 20 ! ce n’est pas la caisse qui lui manque.
Auront nous droit à un classement à la fin du mois d’octobre ?
A priori ce serait bon signe !…
@R7814
Effectivement Gallopin a tout à fait le profil de coureur de classique, et c’est bien dans ce domaine (et les courses d’une semaine) qu’il doit orienter sa carrière.
Par contre, même si par rapport à l’ensemble du peloton professionnel il va vite au sprint, sa pointe de vitesse ne lui permettra pratiquement jamais de gagner une classique. Dans la catégorie « chasseurs de classique/puncheurs », pratiquement tous ses adversaires sur les classiques dans les prochaines années vont plus vite que lui au sprint : Sagan, Gerrans et Valverde évidemment, mais aussi (même si c’est déjà moins flagrant) Gilbert, Kwiatkowski, Van Avermaet, Cancellara, Dumoulin et d’autres.
D’ailleurs il le sait, il a gagné ses 2 plus belles victoires, sur la Clasica San Sebastian et sur le Tour, en prenant l’initiative, et non pas en attendant le sprint.
Si PFP n’est pas sur le podium c’est normal, elle est hors concours !
Ouais je crois que ce serait quand meme bien si velochrono faisait un retour hebdomadaire sur ce qui se passe du cote du cyclisme feminin…
Stochastic : tu as raison, mais l’Amstel n’est pas obligée de se jouer dans le Cauberg, en cas de course de mouvement on peut imaginer un petit groupe d’outsiders se disputer la gagne, et là pas sûr que Gallopin est quelque chose à envier à ses adversaires au niveau de la pointe de vitesse, bien au contraire. Alors c’est sûr que l’Amstel tend (et c’est bien dommage) à devenir une « simple » course de côte, mais cela ne sera tout de même pas le cas chaque année. À Gallopin de profiter des quelques éditions un peu plus débridée qu’il disputera. Et il n’est pas interdit non plus qu’il progresse en punch et/ou pointe de vitesse, donc un éventuel Top 10 (le podium sera difficile mais honnêtement ensuite c’est plus ouvert) ne peut être que bénéfique pour l’avenir.