Boucher : « Offredo va faire un gros truc »

Par Romain Puissieux
Jeudi 21 février 2013 - 18:00
Photo : Nicolas Götz / sport-phot.com
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Maillon essentiel et discret du groupe de la FDJ pour les classiques, David Boucher a pu répéter ses gammes au Tour du Qatar et au Tour d’Oman avec ses coéquipiers, et notamment le leader de la formation au trèfle pour les Flandriennes, Yoann Offredo. Alors que l’Omloop Het Nieuwsblad lance la saison pavée ce samedi, le Franco-Belge se confie avec son habituel franc-parler à Velochrono.
« Je suis celui qui bouffe du vent »
David, votre début de saison a été..
Très mouvementé. Ma femme a eu des complications pour son accouchement, et du coup je n’ai pas pu participer au stage de pré-saison en Corse. Je savais que j’avais bien roulé cet hiver mais j’avais un peu d’appréhension au moment de partir pour les courses du Moyen-Orient. Je n’avais aucune idée d’où me situer par rapport aux autres. Finalement je m’en suis bien tiré, et même mieux que l’équipe l’espérait au préalable.
Cela n’a pas été trop dur mentalement de partir au Qatar peu après cet accouchement ?
Vous avez récemment indiqué sur Twitter que vous étiez dorénavant « interdit d’attaques », pas trop frustrant pour un tempérament offensif comme le vôtre?
Finalement non. Au début, j’ai un peu eu le sentiment de ne servir à rien, parce que je ne peux pas faire ce que j’aime. Du coup, je ne fais plus le bourrin dans l’échappée, au contraire : je suis celui qui roule pour revenir sur elle. Avec ce nouveau rôle, je suis vraiment un maillon de la chaîne dans l’objectif que se fixe l’équipe.
Ce nouveau rôle consiste en quoi ?
Par le passé, on vous a souvent vu à l’avant dans les Flandriennes, ce ne sera donc pas le cas cette année ?
Je ne sais pas encore comment ça va se goupiller sur ces courses-là. Je pense que c’est toujours important d’avoir un homme devant dans les classiques du nord. Cela permet aux leaders d’avoir éventuellement un relais dans le final. Cette année, je ne connais pas encore la tactique qu’on adoptera. L’année dernière, avec l’absence de Yoann (Offredo), c’était plus simple de me donner carte blanche.
« Chez Omega Pharma – Lotto, on s’est foutu de moi »
Vous êtes justement le copain de chambre de Yoann Offredo, dans quel état d’esprit est-il avant d’attaquer les Flandriennes ?
Il était dans un état d’esprit vraiment particulier au Qatar. On l’a vu très ému au moment de sa première signature. Ensuite, j’ai senti pendant le départ fictif qu’il était très tendu, très alerte. La première étape a été dure pour lui, ce qui est normal après une année loin du peloton. Il était en manque de repères, il a crié plusieurs fois quand il y avait des mouvements dans le paquet. Jour après jour, il a repris ses marques. J’ai vraiment confiance en lui, même si le niveau sera très élevé. Hormis Boonen qui a du retard, tous les spécialistes des Flandriennes sont déjà en très bonne forme. Mais Yoann a un gros moteur, il a bien roulé cet hiver, il est revenu avec une plus grosse force de caractère. Je pense qu’on aura une belle campagne de classique et que Yoyo va faire un gros truc.
Au delà de votre objectif de protection pendant la course, quel rôle jouez-vous auprès de lui au quotidien, dans la chambre ?
Avez-vous fait des reconnaissances des monts et secteurs pavés à l’approche des classiques ?
En décembre, on est allé reconnaître deux jours le Tour des Flandres. Vendredi, on va faire le final et les lieux stratégiques pavés/monts. L’avantage c’est que le Het Nieuwsblad propose un parcours proche de celui du Tour des Flandres. Même si on connait par cœur les monts, c’est toujours important d’aller vérifier si l’hiver n’a pas abimé certains pavés ou si des trous n’ont pas fait leur apparition.
Vous faites partie des équipiers modèles du peloton. Comment arrivez-vous à avoir un tel esprit collectif dans un sport où le côté individuel est primordial ?
À partir du moment où je signe un contrat, je fais le travail que l’on me demande. On peut faire confiance à peu de personnes. À la FDJ, je sais que si je me dévoue, j’aurai un remerciement. Ce remerciement je l’ai eu avec les deux années de contrat supplémentaires. Par exemple, chez Omega Pharma – Lotto, on s’est foutu de moi. C’est important de savoir s’entourer des bonnes personnes. Je ne suis pas un sprinteur, je ne suis pas un grimpeur, je suis un bon rouleur mais je ne peux pas rivaliser avec les meilleurs sur un chrono. On exploite donc mes capacités au mieux pour le collectif. Après je sais que sur certaines courses comme les Quatre jours de Dunkerque où le Tour de Picardie, j’ai carte blanche. C’est à ce moment-là que je dois saisir ma chance.
La FDJ fait un bon début de saison après avoir déjà brillé en 2012, y a-t-il une recette ?
Malgré votre interdiction d’attaquer, votre compteur d’échappée est-il toujours en activité ?
(rires) L’an dernier, j’avais décidé de le laisser tomber puis finalement je l’avais remis en route. Pour l’instant, cette année, je ne le tiens plus mais bon… sait-on jamais ! On a besoin de moi pour autre chose et je suis content de le faire pour les gars. C’est plus méritant de se donner pour un ami avec une victoire au bout que de faire 200 kilomètres devant, d’être rattrapé à dix bornes de l’arrivée et de se cramer pour rien.








Pour gagner, il en faut des coureurs comme cela ! Et puis lorsqu’un équipier sait que son équipe le soutient, il peut se donner à 100 % pour les leaders. Le groupe FDJ semble bien fonctionné avec une bonne bande de copain qui ont chacun de vrais objectifs et des rôles assignés. Cette équipe évolue dans le bon sens depuis quelques années maintenant et fait un joli boulot. Cette fois, ils ont réellement l’air d’avoir les moyens de conserver leurs éléments fort. Avec Bouhanni, Soupe, Offredo, Démare, Pinot, Jeannesson, Ellissonde, Vichot ou encore Roux, la FDJ semble posséder un avenir radieux ! En espérant la même chose pour les autres équipes françaises.
S’il n’a plus le droit de s’échapper, qui aura le plus de kms à l’avant alors ?
Thomas Vaubourzeix (la pomme marseille) a déjà le plus de km a l avant, et aura le plus de km a l avant, coureur a suivre….
Sur PCM je l’ai licencié le premier jour…
Un vrai coureur. Je me rappelle une interview d’il y a quelques années, il disait qu’il roulait sans gants l’hiver pour s’endurcir. Ça c’est du vélo ! (Moi j’en mets deux paires).
@Xavier : et alors, t’as recruté Di Luca, ou Galimzyanov à la place ?
Un de mes coureurs préférés. La FDJ a besoin de gars comme toi !
Bonne chance pour les flandriennes.
Non Kolobnev qui m’a fait gagner LBL
Excellente interview et très bon article !
Velochrono ; C’est du sérieux .
MERCI
@Xavier moi c’est le contraire je lui avait fait faire PR sur PCM 2006 et il m’avait permis de faire une échappée de 230 km et de faire finir un gars d’Auber 93 8ème.
Bref ça résume le gars capable comme Dudu d’attaqué au bout de 5 km et de faire 240 km en solitaire devant bref un vrai baroudeur à l’ancienne.
Dommage pour le davidomètre sinon , il n’affichera pas 3000 km d’échappées comme d’autres années.
La FDJ a vraiment une équipe équilibrée pour affronter la plupart des terrains. En montagne avec Pinot, Jeannesson, Geniez et Elissonde qui pointe (sans oublier Casar ou Fédrigo). En sprint avec les deux surdoués Bouhanni et Démare, sur les Flandriennes avec Offredo et Ladagnous qui arrivent à maturité, et Le Bon qui devrait évoluer très positivement sur ce terrain. Sur les Ardennaises, on attend la confirmation de Vichot, un Fédrigo, un Vaugrenard pouvant aussi jouer sa carte. Et en CLM on a l’un des meilleurs français Jérémy Roy. La FDJ a construit une équipe équilibrée, jeune et prometteuse, à dominante française qui fait plaisir à voir.
Europcar, si Coquard arrive d’ors et déjà à rivaliser avec les meilleurs, peut se rapprocher de cette complétude, avec Rolland et Voeckler sur des terrains montagneux, Turgot et Gaudin sur les pavés, Voeckler, encore, pour les Ardennes. Manque un super rouleur (Kern?).
Pour AG2R, on est peut-être un ton en-dessous pour les Flandriennes? le recrutement de Chainel vient pour compenser, de lui et de Mondory on peut attendre quelquechose. Clairement AG2R est une équipe de grimpeurs. En espérant cet effectif assez endurant pour les classiques (Nocentini et Betancourt en tête). Ils se sont renforcés pour les sprints aussi, mais sera-ce suffisant pour rivaliser ne serait-ce qu’avec Bouhanni et Démare? Hutarovich peut-être, Appolonio un ton en-dessous? Et on a Péraud en très bon rouleur.
Des 3 plus importantes équipes françaises, la FDJ me semble la plus à même de disputer la saison aux meilleurs mondiaux sur tous les terrains. Non? (vaste sujet de pronostics…)
@xavier:allez rouler plutot que de jouer , si j’ai tout compris, vous etes insultant.David est un super guerrier et j’espere qu’il va en decrocher une tres belle.Et la FDJ est le bon cadre pour cela.
La FDJ a clairement un potentiel très impressionnant, avec un groupe de coureurs capables de briller sur n’importe quelle course. J’attend avec impatience les classiques du printemps…Pour moi une équipe top-pro-tour à l’aise dans le chaussettes lol
Eurocpar c’est l’équipe miracle par excellence et surtout la plus intelligente parce qu’elle sait briller sur les courses les plus médiatiques avec deux gros leaders Voeckler et Rolland, d’autant qu’elle s’est renforcé avec un sprinter de grand avenir Brian Coquard.
Médiatiquement AG2R semble en retrait pour le moment mais quand on fera les comptes en fin de saison, je parie qu’elle aura réalisé de très grandes choses sur les courses à étapes avec ses leaders Pozzovizo, Nocentini, Gadret, Peraud et Bardet dont j’attend un coup d’éclat !
Belle interview de David Boucher qui fait bien ressortir son coté famille et celui toujours à la disposition de l’équipe,moi j’ai toujours pensé quil était un « Jacky Durand » un gars qui fait la course, qui c’est se faire mal et comme Jacky remporter de belles victoires,il en a les moyens,faire des échappées de 150-200 bornes comme on l’a vut faire en 2012 ils ne sont légion.
C’est grâce à des coureurs comme lui avec des Delage ou des Soupe que l’équipe gagne seulement, ils restent dans l’ombre. Alors, merci à velochrono de les placer un peu plus à la lumière, là ou ils devraient être !
Un vrai guerrier comme on aime à l’image d’un Durand. Il est épanoui à la FDJ et il se sent considéré à sa juste valeur lui qui n’est ni grimpeur, ni sprinteur, ni rouleur mais un TRES GRAND équipier.
Un coureur atypique que l’on aime.
Génial un article sur David Boucher, j’adore la mentalité de ce coureur c’est un modèle de professionnalisme… merci et bonne course au FDJ faites nous rêver
Belle article ! David un coureur qui ne prend pas le melon ! Un équipier parfait ! J’espère qu’il en décrochera une cette année pour le récompenser de tout ses efforts