Venturini : « Je suis resté le même »

Par Alexandre Philippon
Mercredi 25 janvier 2012 - 17:06
Photo : Kris Claeyé
Clément Venturini était en stage avec l’équipe de France la semaine dernière, puis a disputé la manche de Coupe du monde d’Hoogerheide, samedi. Ce jeudi, après trois journées passées à la maison, il se rendra à Coxyde, à deux jours de la course espoirs des Championnats du monde. Un programme chargé et la pression qui monte.
Vous avez passé le début de saison chez vous… Pour travailler dur ou pour entretenir la condition ?
Pour retourner à l’école, surtout ! Ce n’est que jeudi que nous allons à Coxyde. J’ai fait de l’entretien, oui. J’ai pris du repos, aussi. C’était déjà le cas l’an dernier (avant qu’il ne remporte le titre mondial juniors, ndlr). De toute façon, je ne peux pas passer ma journée sur mon lit. Je ne reste jamais cinq minutes tranquille…
Racontez-nous votre dernière course en date : Hoogerheide, dimanche.
C’est quoi, le type de parcours sur lequel vous excellez ?
Quand c’est technique, quand ça roule vite. Je manque de force pour la boue. Au final du temps, je vais m’améliorer, chercher à être polyvalent.
Donc le sable, ce n’est pas votre truc…
C’est surtout une question d’habitude. Une technique à avoir. Si tu l’as, tu limites la casse. C’est pour ça qu’une semaine sur le circuit a été profitable. On a pu pas mal rouler, pendant trois jours. J’ai clairement vu que j’avais fait de flagrants progrès entre la manche de Coupe du monde, le 27 novembre, sur le même circuit, et le stage de la semaine passée. Je ne passais pas un mètre de sable et maintenant je peux faire pratiquement passer tout ce qui est possible sans descendre du vélo. Même si, en fin de journée, c’est bien sûr plus dur, parce qu’on en bave…
Les Néerlandais archi dominent la catégorie d’âge, mais aussi les rangs juniors et féminins. Peuvent-ils être battus samedi ?
C’est vrai qu’en Coupe du monde, ils avaient fait un festival… Ils avaient trusté les cinq premières places. Mais un championnat, c’est aléatoire. On a vu que Lars van der Haar n’avait pas réussi à gagner en novembre. C’était Gert-Jan Bosman qui s’était imposé. Dimanche, il a fini avec moi… Stan Godrie, à Coxyde, il était troisième, et à Hoogerheide, il termine encore plus loin que moi. Mais bon, je ne me fais pas de soucis pour eux. Ils seront là samedi… Attention quand même à Arnaud Jouffroy, capable du pire mais aussi du meilleur : je sens qu’il se prépare pour ça depuis le début de la saison.
Les Pays-Bas ont rapidement pris les commandes de la Coupe du monde, qu’il est devenu impossible de remporter, surtout vu la domination de Lars van der Haar. Mais on dirait que les autres nations, la France en tête, ont vite décidé de se retrancher sur l’objectif Mondiaux, montant en puissance après les fêtes. C’est ça ?
Il y a un an, vous gagniez ce titre mondial juniors à Sankt Wendel. Pile après, vous changiez de catégorie : place aux espoirs. Avec le recul, est-ce que vous vous dites que ça vous a permis de ne pas trop longtemps rester sur un petit nuage ? Et donc, vous a facilité la tâche quant à réaliser ce que vous aviez accompli ?
Je ne sais même pas si j’ai vraiment réalisé, encore maintenant, que j’ai été champion du monde. J’ai été fidèle à moi-même. Avant et après ce 28 janvier 2011, je suis resté le même. J’ai juste des liserés en plus. Je ne me suis pas reposé sur mes lauriers, je me suis dit tout de suite qu’il fallait à nouveau aller chercher un maillot arc-en-ciel. Ma réaction a été bonne, je pense. D’autres auraient pu prendre la grosse tête… Je ne suis pas du tout comme ça. J’espère ne jamais l’être, je déteste ça.
Le fait de monter sur le podium avec deux compatriotes à vos côtés a dû aider… L’attention de chacun n’était pas centrée sur votre personne, mais sur ce fabuleux triplé, cette performance collective.
C’est clair que ça aurait été différent si j’avais eu un Belge et un Néerlandais à mes côtés. J’aurais peut-être réagi de manière différente. Et réalisé plus vite. Je me rappelle, on a fait cette course presque entre nous, avec moi tout seul pratiquement depuis le début. C’était mon jour…
Vous avez dit, sans marquer la moindre hésitation : « ce 28 janvier 2011″. C’est une date qui reste ancrée dans votre esprit ? Comme l’est certainement, aussi, le maillot arc-en-ciel, et tous ces souvenirs…
Le maillot, je le vois tous les jours. En face de mon lit. A chaque fois, je le regarde et c’est un moment de bonheur. Penser à nouveau à tout ça, ça me permet toujours de me remettre sur le bon pied. Mais je me projette déjà vers l’année prochaine. Les objectifs seront revus à la hausse. Je suis espoirs première année : ce n’est pas que c’est dur, mais un peu quand même… On tombe sur des mecs qui ont déjà une expérience, et parmi eux certains professionnels. C’est difficile de rivaliser. Mais avec le travail, on arrive à tout.








Dans le genre diamant à façonner il est pas mal
En effet Léonard! bonne chance à lui et à l’équipe de France