Vande Velde : « La frustration, ça ne sert à rien »


Vande Velde : « La frustration, ça ne sert à rien »

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Mardi 14 février 2012 - 18:00
Photo : Slipstreamsports







Ce mardi a débuté le Tour d’Oman et Christian Vande Velde, cinquième de l’édition de l’an passé, a décidé de revenir pour démarrer sa saison 2012. Le coureur de Garmin-Barracuda, qui espère revenir à son meilleur niveau ces prochains mois, fait le point avec Velochrono. Il évoque sans détours la malchance qui l’a souvent touché, parle de son expérience, et clame haut et fort que la prochaine sensation du cyclisme américain fait partie de son équipe.

« Mon objectif : le Tour de France »

Christian, comment s’est déroulé votre hiver ?

Ça a été un hiver vraiment excellent pour s’entraîner. J’ai pu profiter d’un temps très clément. Ce n’était vraiment pas le top quand on est venu en stage à Calpe et qu’il y avait de la pluie. Mais j’ai globalement pu compter sur le soleil et quand vous avez pareille météo, vous ne pouvez pas vous plaindre d’aller sur le vélo…

Et la reprise, c’est donc sur ce Tour d’Oman.

Voilà. Ensuite j’enchaînerai avec la Montepaschi Strade Bianche, le Tour de Catalogne, les classiques et le Tour d’Italie.

Le Tour d’Italie est un objectif ?

Je n’aime pas aller sur une course et dire que c’est pour me préparer…

Non, c’est une préparation. C’est le Tour de France, mon objectif, et je veux vraiment arriver au départ en bonne forme. Mais je n’aime pas aller sur une course et dire que c’est pour me préparer… J’y vais pour la compétition. Je serai là-bas avec la concentration nécessaire.

On devine que le parcours du Tour de France vous inspire…

C’est l’un des meilleurs parcours, pour moi, qu’il n’y a jamais eu. Ça me convient parfaitement. Cela faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu de tel parcours, répondant à mes caractéristiques. Si je suis en bonne condition, si tout va pour le mieux et que j’ai de la chance en première semaine, je vais pouvoir faire un bon Tour de France.

« J’essaye d’être le plus optimiste possible »

Les Dolomites en mai, les Alpes en juillet. Le massif qui vous plait le plus, c’est donc le Français.

Disons que les montagnes françaises sont celles qui me correspondent le mieux, oui. Mais j’aime les Dolomites : les pentes sont raides et cela permet de bien s’entraîner. Mais attention, il est vrai que les Dolomites, je ne les grimpe pas en juillet. J’aurais peut-être une autre réponse à formuler si c’était le cas. Ces montagnes aussi sont belles… Surtout pour les cyclotouristes !

Vous venez de parler du facteur chance. De la première semaine, cruciale. Souvent, vous avez eu de la guigne : depuis votre quatrième place sur le Tour de France 2008, vous avez dû abandonner lors de trois de vos six participations à des grands tours, à chaque fois dès le troisième jour. Comment vivez-vous avec ces soucis ?

Parfois, c’est de la malchance. Mais parfois aussi, je la provoque moi-même.

Parfois, c’est de la malchance. Mais parfois aussi, je la provoque moi-même. Il faut vraiment que je travaille pour transformer cela en chance. Mais bon, il y a des choses que vous ne pouvez pas éviter. Un chien sur la route, par exemple…

C’est frustrant, ces échecs devenus trop récurrents ?

Par le passé, j’étais frustré. Mais j’ai compris que le frustration n’aidait pas. Vous pouvez la garder en vous, mais ensuite, il faut tourner la page. Continuer. La frustration, c’est négatif dans le cyclisme. Ça ne sert à rien. J’essaye d’être le plus optimiste possible. Regardez, par exemple : sur le Tour de France, l’an dernier, pendant la première étape, je suis tombé trois fois. J’étais bouleversé. J’étais tellement frustré que je pensais même à abandonner. Mais j’ai tenu bon, j’ai pensé aux perspectives du lendemain : le chrono par équipes. Puis j’ai apporté mon aide…

Dans ce type de moments, qui vous aide ?

J’ai un bon soutien de la famille. Mon père est toujours très présent. Ma femme aussi. Toute la famille, oui.

« Mon principal adversaire, c’est moi-même ! »

Revenons au sport. Les Jeux olympiques, ça vous inspire ?

Assurément. C’est un très gros objectif. Ce ne sera peut-être pas un parcours comme on l’entend, c’est-à-dire pour sprinteurs. Il y a quand même cinq bosses… Ce sera dur. Et puis je sortirai du Tour. J’aurai la forme.

Vous irez jusqu’au point de reconnaître le parcours ?

Vous passez, au final, énormément de temps seul face à soi-même, en s’entraînant, en pédalant contre vents et marées. C’est un sacrifice.

Non, non. Je ne pense pas que j’irai le reconnaître, ça n’aurait pas de sens. Je perdrais trop de temps, avec le trafic qu’il y aura, avec les conditions météo incertaines. Si c’est pour chuter et me blesser….

Vous n’êtes pas le seul à viser l’enchaînement Tour de France – Jeux olympiques. Bon nombre de vos adversaires vont faire de même.

Mon principal adversaire, c’est moi-même ! Toujours moi-même. Le cyclisme, c’est un sport dur. Vous passez, au final, énormément de temps seul face à soi-même, en s’entraînant, en pédalant contre vents et marées. C’est un sacrifice. Et on se demande toujours quelles sont les raisons des échecs, des réussites. Si vous faites tout correctement, c’est parce que vous êtes bien conscient de vos capacités et de vos entraînements… Il faut toujours, donc, se battre contre soi-même, pour courir à son meilleur niveau.

Le temps passe et vous avez du mal à vous imposer. Ne seriez-vous pas un gregario de luxe, Christian ?

Non… Tout dépend des conditions. Dans l’équipe Garmin, je suis l’un des meilleurs coureurs, l’un des leaders. Mais je pense que je peux aider l’équipe et les jeunes. Je le fais même volontiers,car je suis vraiment là pour ça. Donner, apporter un maximum au groupe. C’est toujours mon premier objectif au début d’une saison.

« Garmin, c’est une équipe qui va au-delà des traditions »

Vous parlez de votre expérience… Quel est le souvenir le plus marquant de votre carrière ?

Le Tour de France 1999. C’était ma première saison chez US Postal. J’accompagnais Lance Armstrong. C’était sa première victoire sur la grande boucle. Un souvenir incroyable. Mais il y en a d’autres, comme la victoire du Team Slipstream sur le chrono par équipes du Tour d’Italie 2008. C’était beau, parce qu’on a pu prendre le maillot rose. J’ai eu les mêmes sensations l’an passé lors de notre victoire sur le Tour de France, dans le même exercice. Ce qui te procure un certain frisson, en fait, ce n’est pas le fait de gagner. C’est le fait de prendre le maillot.

Il y a un coureur en particulier à qui vous aimez partager votre expérience ?

Je pense que Jacob Rathe est le prochain grand coureur que le cyclisme américain connaîtra.

Je pense que Jacob Rathe est le prochain grand coureur que le cyclisme américain connaîtra. Il est très intelligent, il a un incroyable moteur. Il est jeune, il est à l’écoute. Il va faire de bonnes choses. Il a été assez malin pour quitter le cocon familial, venir vivre à l’étranger, apprendre la vie de coureur. Ce sont de grands signes de développement. Avoir le talent ne sert à rien quand on ne sait pas emprunter les directions qui vont dans le bon sens d’une carrière… Il faut allier les deux. C’est un message que je lance aux coureurs américains. Jacob a cet avantage : il a fait les bons choix et il va faire une excellente carrière.

Garmin est une équipe atypique dans le World Tour ?

L’ouverture d’esprit aux nouvelles choses, aux nouvelles technologies, le fait de se montrer intelligent dans le domaine du matériel, tout ça, c’est important. C’est une équipe qui va au-delà des traditions. On sent qu’on y recherche toujours le pourquoi du comment, derrière chaque détail qui peut permettre d’améliorer l’équipe et le bien-être de ses coureurs. J’apprécie vraiment tout ce travail. Et puis les gens sont super. Il y a une ambiance qui me plait. C’est très facile d’avoir, entre nous, des vraies conversations.

Jamais vous n’avez pensé à changer d’équipe ?

Pour le moment, ce n’est pas à l’ordre du jour. Mon contrat, certes, arrive à expiration en fin de saison. Mais je tiens à rouler aussi longtemps que je le pourrai. Ensuite, on parlera contrat. Ce n’est que par les performances que je vais pouvoir confirmer ma place dans l’équipe.


Twitter Velochrono


  1. Voyons, voyons…
    1999
    Lance Armstrong…
    US postal…
    Y aurait pas aussi Chatenay Malabry, EPO, et gigantesque arnaque sportive à évoquer….?


  2. Mardi 14 février 2012 à 20:27 - JPC | Thumb up 5 Thumb down 17

  3. On parle peu de garmin et vandevelde,tres bonne initiative,il pourrait faire son retour cette année!


  4. Jeudi 16 février 2012 à 0:03 - eew velosprint | Thumb up 0 Thumb down 0