Rujano, ce « véritable condor »

Par Alexandre Philippon
Vendredi 4 mai 2012 - 11:54
A lire aussi :
Tous nos articles sur les favoris du Giro
Il y a un an, José Rujano terminait cinquième du Tour d’Italie, rang aujourd’hui amélioré d’une place grâce au déclassement d’Alberto Contador. C’était le retour en grâce du Vénézuélien, pas vu à ce niveau depuis son podium et son titre de meilleur grimpeur en 2005. L’édition qui commence ce samedi sera-t-elle celle de la confirmation ? C’est en tout cas ce pour quoi Gianni Savio a mis les moyens, sans pour autant rompre avec sa politique de toujours.
« Et nous vaincrons ! »
A Milan, terme du Tour d’Italie 2011, José Rujano n’était pas sur le podium, mais il était heureux. Il a été le seul à suivre Alberto Contador sur les étapes de l’Etna et du Grossglockner, renouant avec ses anciennes bases en montagne, celles qui avaient failli lui permettre de remporter une édition 2005 restée dans les mémoires en partie grâce à lui. Son retour en force concrétisé, le Sud-Américain se laissait aller à une sortie inattendue, devant les micros de la presse italienne : il demandait au Président Hugo Chavez la construction, autour de lui, d’une équipe vénézuélienne de premier plan, apte à lui permettre de viser encore plus haut. Et dans la foulée, l’intéressé répondait via son Twitter : « Que dire de Rujano ? Un véritable condor dans ces montagnes lointaines ! Nous t’offrirons l’équipe que tu demandes, Rujano ! Et nous vaincrons ! » Puis plus rien. José Rujano, en garçon totalement focalisé sur la course rose, n’a quasiment plus été vu en Europe. Et Hugo Chavez n’a plus reparlé de ce projet impulsif.
Mais en coulisses, Gianni Savio a oeuvré. Il a compris que cette équipe vénézuélienne pouvait être la sienne. Androni Giocatolli est la seule équipe au monde dans laquelle José Rujano marche. C’était celle de ses exploits de 2005, et celle de son retour au top en 2011. Son argument pour retenir sa perle était donc imparable : sans moi, il n’est rien, alors qu’il reste. Il restera, sans trop de suspense. Pendant un temps, le Vénézuéla fait pourtant office d’option possible de sauvetage pour la structure Geox, qui a perdu son sponsor et que Joxean Matxin Fernandez et Mauro Gianetti veulent sauver. Hugo Chavez est approché mais jamais la réelle véracité des tractations ne sera pas cernée. Les deux dirigeants trouvent finalement porte fermée, sans ce que l’on sache si elle a été un jour ouverte. Dans les semaines qui suivent, le Vénézuela signe finalement avec Androni Giocattoli et Gianni Savio. Pour se greffer au projet qui entoure José Rujano. Celui-ci n’a pas changé : le faire briller sur le Giro.
Des grimpeurs, rien que des grimpeurs
Pour cette édition 2012, Androni Giocattoli – Vénézuela a donc des moyens accrus, mais n’a pas pour autant changé de peau. L’effectif n’a guère été modifié. Le seul apport de poids, c’est celui de Fabio Felline, mais le jeune sprinteur-puncheur n’aura pas de rôle dans la garde rapprochée de José Rujano. Celle-ci demeure quasi identique, avec ses compatriotes Jackson Rodriguez et Carlos Ochoa, l’Italien Emanuele Sella, les Colombiens Miguel Angel Rubiano – petit nouveau, de retour six ans après son dernier Giro – et José Serpa. Ce dernier sera un atout majeur aux côtés du leader. Mais il n’a jamais vraiment évolué au niveau des meilleurs sur la course transalpine. Rujano est bien escorté, mais il n’a pas la meilleure équipe de l’épreuve. Son camp est celui des purs grimpeurs, mais ce n’est pas forcément le mieux pour être protégé. Il lui manque des garçons d’expérience, des rouleurs. Bref, des véritables gregarii que ne peuvent pas forcément être des types qui ont le même caractère que lui : offensif, imprévisible, fantasque.
Mais José Serpa a un point de vue qui se défend. Dans une interview accordée à la Revista Mundo Ciclismo, il met le doigt ce que pourrait être l’élément-clé de ce Giro : il est moins montagneux que l’an dernier, mais il visite des altitudes plus élevées. Le Stelvio, veille d’arrivée, fera par exemple grimper les coureurs à plus de 2 700 mètres. Le genre d’exercice qui ne peut que plaire aux Sud-Américains, qui passent leur hiver à s’entraîner dans la très haute-montagne. L’autre position assez juste, c’est celle de Gianni Savio, qui dit que la première partie de saison 2012 de son équipe est la meilleure de son histoire. Elle a récolté neuf succès dont trois en Europe, notamment grâce à Roberto Ferrari, et a surtout régulièrement affiché un bon comportement collectif. José Rujano ? Lui, il ne dit rien. Et va essayer d’être le plus bavard possible, sur les routes les plus abruptes, lors des trois semaines à venir. Il va être l’une des attractions de cette compétition








Cette aisance en Haute Montagne on en a eu un aperçu sur le Tour du Trentin quand Atapuma et Betancur ont sorti des performances d’exception sur l’arrivée au Pordoi.
Mais bon, à relativiser quand même. Basso passe son temps au dessus des 2 000m en stage.
Et Voeckler ne vient pas des Andes mais sur le Galibier l’an passé, il respirait bien!
Entre les 3 CLM, il risque de perdre 5 minutes.
Je le vois plus en vainqueur d’étape qu’en vainqueur final
on peut rajouter egalement un certain Franco pelizzotti…
@kentinmania Atapuma et Betancur ne sont pas de l’équipe Androni
Pour Rujano l’important sera de ne rien cédé dans les etapes de plaines(l’an dernier il avait cédé plus de 5 min à orvieto).S’il arrive au pied des dolomites pas très loin des cadors alors lui et son equipe androni pourront faire exploser la course.
Pour eux le succès passent par l’offensive et ils ont une sacrée equipe capable d’en assommer plus d’un.
Le podium est largement envisageable mais la concurrence est rude.
Je crois que le connaissant,il montrera comme à son habitude plein de panache.
C’est mon deuxième favori derrière Kreuziger.
Pour répondre à ce que disait kentinmania (sur l’article des conseils paris) je ne crois pas que les chronos soient un véritable souci pour lui. Je m’explique :
D’abord, et même si l’équipe est composée principalement de grimpeurs, Androni n’a jamais été ridicule sur les CLM par équipes. Outre une victoire sur la Semaine Coppi et Bartali en 2011 (avec 7 des 9 coureurs qui feront le Giro, sauf Felline et Rubiano) cette année ils font 3ème sur la Semaine Coppi et Bartali (derrière NetApp et Endura mais devant Liquigas, Lampre, Astana, Katusha…) et 4ème sur le récent Tour du Trentin encore devant Liquigas ou Lampre.
Surtout il faut noter que sur ces deux CLM l’équipe était exactement la même que celle qui fera le Giro (avec seulement Ferrari en moins puisqu’il n’y avaient que 8 coureurs). Donc non seulement ils ont montrés qu’ils n’étaient pas mauvais mais en plus ils sont peut-être les seuls à avoir bossé à plusieurs reprises les automatismes (en conditions course) avec les coureurs qui feront le chrono de Vérone.
Pour le chrono final, je reprends ce que j’ai dit pour Schleck : les autres leaders ne sont pas vraiment des cadors (seul Kreuziger est vraiment au dessus dans la discipline) et les écarts seront sûrement déjà définitifs. Et puis Rujano n’est pas un manche du tout en chrono donc s’il a quelque chose à défendre il ne sera pas ridicule.
Pour revenir à la montagne, je pense que Rujano est le meilleur grimpeur du plateau (c’est pour ça que je le vois sur le podium) et comme vous l’avez dit il disposera d’une équipe solide et homogène sur les cols. Bref je le vois se régaler sur la 3ème semaine (moi aussi je le verrais bien s’imposer sur le Stelvio).
Mais c’est là qu’intervient LA vraie difficulté pour lui : arriver en 3ème semaine sans avoir été distancé par rapport aux autres favoris, et notamment sur une cassure au Danemark.
Comme vous l’écrivez il lui manque encore des rouleurs et des gregarii expérimentés même si De Marchi est (le seul) rouleur, et que Ferrari, Felline, Rubiano (voire Ochoa et Rodriguez) pourront donner un coup de main sur le plat.
Avec Rujano c’est un peu quitte ou double : il peut tout perdre avant même d’avoir atteint la première étape de montagne. Mais s’il arrive à passer cette première moitié de course en restant dans les mêmes temps que les autres leaders alors il deviendra peut-être le favori n°1.
Les équipes d’Atapuma (Colombia) et Betancur (Aqua e Sapone) n’ont pas été retenues pour le Giro… Dommage, car elles auraient donné un peu de piments aux étapes de montagne.
Pas exceptionnel, le plateau du Giro cette année. A se demander si Cunego ne peut pas gagner comme il le fit en 2004.
C’est vrai que si il n’explose pas en plaine , il peut être très dangereux. En tout cas il est revenu après 3 ans très difficile.
pas mal le titre
vu le giro l’année dernière, il était le plus fort en montagne derrière…CONtaDOR ..Bonne chance a lui;.. Son équipe est assez impressionnante pour la montagne(Sella, Rodriguez, Serpa..), on va avoir du spectacle..
Pour moi, c’est le favori N°1 du Giro…s’il passe les 4 premières étapes.
En haute-montagne, c’est sans doute le meilleur du lot, et je le sens motivé comme jamais. Mais il peut prendre une bordure ou être victime d’une chute..
Sauf accident , et sur sa valeur pure, Rujano doit gagner ce Giro.
Un coureur fantasque pour sûr,même s’il est largué au général avant la montagne on le verra à l’attaque!
Si je suis bien,il reste que Gadret à présenter comme leader enfin je l’espère?
clair avec : Serpa, Sella mais aussi Rubiano voir Rodriguez ou Ochoa
c’est l’équipe la mieux armée pour la montagne
Ce n’est pas un Giro assez pentu pour lui je pense…
Rom : nieve aussi
Rujano fera 4eme de ce giro
Rujano n’avait pas terminé 5è du Giro 2011, mais 7è..Avec le déclassement de Contador, il passe 6è.
S’il est dans les clous au soir de la 4è étape, il aura une chance de gagner ce Giro. A noter quand même que lors de sa trés grosse saison 2009 ( sur le continent Sud-Américain ), Rujano avait humilié les colombiens sur leur Tour national. En montagne, il avait réalisé des démonstrations que les anciens journalistes colombiens n’avaient plus vu depuis le légendaire Luis Herrera.
L’an dernier, il était le seul capable de suivre Contador en montagne, et vous en avez vu beaucoup des coureurs capable de suivre un Contador au top et à l’attaque , en haute-montagne ??
Ce mec a un potentiel énorme , il a le Giro dans les jambes. Mais il faut que la tête suive..
@jean-marc
Oui je pense aussi qu’il peut remporter ce Giro, mais il faut qu’il fasse la différence en montagne. Encore faut-il qu’il n’est pas de malchance ( au Danemark notamment ) et pas de journée sans. L’année dernière, oui, il avait réussi à suivre Contador sur 2 étapes cependant à l’Etna il avait anticipé le coup et n’était pas dans le peloton au moment de l’attaque missile de Contador. Et il ne faut pas oublier qu’il était même moins bon que le duo Scarponi/Nibali à partir de l’étape du Zoncolan. Par la suite il a toujours été décroché, notamment à Gardeccia Val di fassa, et à Macugnaga où il avait fini derrière les italiens et Gadret mais il s’était bien rattrapé le lendemain sur Finestre/Sestrière. Donc c’est pas sûr qu’il soit le plus fort en haute montagne . Il a des coups de moins bien.
c’est Kreuziger le grand favori pour moi
après un Scarponi en forme (l’est-il ?), un F. Schlek (motivé & en forme aussi)
peuvent le concurrencer.
derrière on trouve : Rujano, Cunego, Nieve, Hesjedahl, Gadret, Pozzovivo, etc….