Périchon : « Ça court vraiment différemment »
En attaquant bille en tête le début de saison, Pierre-Luc Périchon a pu très vite s’ôter la pression qui peut parfois assaillir un néo-professionnel lors de son entrée dans la cour des grands. Neuvième de l’Etoile de Béssège, le sociétaire de La Pomme Marseille a ainsi parfaitement négocié son arrivée à l’étage supérieur. Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. « En début de semaine j’étais un peu hésitant, un petit timide sur la course, livre-t-il après coup à Velochrono. Je ne savais pas forcément où j’en étais dans ma préparation. Sur la fin, ça c’est un peu décanté. J’ai fait une belle avant-dernière étape puis un bon chrono. C’est rassurant pour la suite. »
Un an après l’échec d’une tentative franco-chinoise
En tout cas, il a très vite mesuré le fossé qui sépare le monde amateur de celui des professionnels : « Ça court vraiment différemment. Chez les pros quand ça roule vite, ça roule vraiment très vite. Par contre, quand ça coupe, ça ralentit aussi vraiment. Il y a de grosses disparités de vitesses. Quand ça bordure et que ça met en marche, ça n’a rien à voir avec les amateurs. Chez les amateurs, quand on fait partie des favoris et que l’on n’est pas dans la bonne, on est capable de sauter d’une bordure à l’autre. Chez les pros on n’est plus en tête d’affiche et surtout, même chez les gros cadors, peu sont capables de faire cela. »
Une mauvaise expérience qui aurait pu le faire cogiter, mais qu’il surmonta en retournant chez les amateurs, au SCO Dijon. « Moralement c’était un peu compliqué, concède-t-il. On tire des plans sur la comète, on se prépare en conséquence et du jour au lendemain ça tombe à l’eau. Ce n’est pas facile à gérer. J’ai tout de même eu la chance de pouvoir rebondir avec Dijon. Le moment de doute fût assez court. » Très vite donc, le sourire revînt et les victoires aussi. Lauréat de la Boucle de l’Artois ou sur les routes du Tour du Loir-et-Cher, Pierre-Luc Périchon démontra qu’en Chine ou ailleurs, il avait le talent nécessaire pour franchir le Rubicon. Maintenant qu’il y est parvenu, il cherchera à y faire sa place. Et il a plutôt bien commencé…








