Les six travaux de Coquard

Par Velochrono
Samedi 4 août 2012 - 10:23
Photo : Simon Williams
Ce samedi matin, Bryan Coquard démarre ses épreuves de l’omnium, l’épreuve combinée du cyclisme sur piste. Âgé de seulement 20 ans, le futur coureur d’Europcar est l’un des médaillés potentiels les plus jeunes du sport français. Il va devoir tirer le profit maximum de ses points forts, mais aussi faire mieux que limiter la casse dans ses points faibles, pour afficher la régularité nécessaire pour monter sur le podium de cette épreuve complexe. Velochrono vous aide à y voir plus clair.
Samedi, 11 h 25 : Tour lancé
L’omnium, c’est comme le décathlon : il faut avoir toutes les qualités. Pour commencer, il faut donc être explosif de bon matin. La première épreuve, c’est deux tours et demi pour prendre de la vitesse et s’élancer dans un seul et unique tour chronométré, le « tour lancé ». Pas le droit à l’erreur : en omnium, chaque place de perdue est un point de trop dans la valise et dans cette première épreuve, un dixième de seconde égaré en route peut coûter très cher.
Where is Bryan ? Il fait partie des tous meilleurs dans cet exercice. Mondiaux et Coupes du monde confondues, il n’a jamais fait moins bien que quatrième depuis Pékin en 2011. S’il gagne ce tour lancé, il va idéalement démarrer son omnium. S’il est au delà de la cinquième place, il sera déçu.
Samedi, 18 h : Course aux points
Après l’explosivité, l’endurance. La course aux points n’est pas loin d’être l’opposé du tour lancé. Sur trente kilomètres, les concurrents de l’omnium se livrent sur une des disciplines classiques du cyclisme sur piste, avec les règles habituelles : un sprint tous les dix tours qui rapporte 5, 3, 2 et 1 points aux quatre premiers (doublé au dernier tour), et un bonus de vingt points pour tout concurrent qui parvient à prendre un tour de piste au peloton.
Where is Bryan ? C’est l’un de ses points faibles. En course aux points, Bryan Coquard est capable de perdre beaucoup de points. Mais il peut aussi s’en sortir dans un bon jour et avec des circonstances de course favorables. Aux derniers Mondiaux, il était 23e, mais avant, en Coupe du Monde à Londres, Pékin et Cali, il avait dixième, sixième et huitième. S’il fait top 10, ce sera de bon augure pour une médaille.
Samedi, 19 h 25 : Course par élimination
Dans la foulée de la course aux points, on enchaîne immédiatement avec la très tactique course par élimination. Le principe est assez simple : tous les deux tours, le dernier à franchir la ligne d’arrivée est éliminé. Ainsi de suite jusqu’au sprint final, qui n’oppose que les deux concurrents qui ont réussi à survivre. Il faut à la fois l’endurance pour tenir la longueur, et la petite pointe de vitesse qui va bien pour sauver sa peau de temps à autre : c’est l’épreuve de l’omnium par excellence.
Where is Bryan ? C’est l’autre spécialité de Bryan Coquard. Futur pro sur route, il est endurant, donc il a un avantage sur les autres en course par élimination. Le danger dans cet exercice, c’est de passer à la trappe sur un moment d’inattention, mais ça ne lui est jamais arrivé depuis ses débuts au plus haut-niveau. Il reste sur cinq victoires et une deuxième place. C’est la discipline qui peut lui permettre d’atteindre la mi-compétition sur le podium provisoire.
Dimanche, 11 h : Poursuite individuelle
Après une nuit de repos, on redémarre, comme la veille, par une épreuve non courue en peloton et un grand classique des vélodromes : la poursuite. Il s’agit ni plus ni moins, pour ceux qui l’ignoreraient, d’un contre-la-montre de quatre kilomètres, soit seize tours de piste. Ce qui nécessite de l’endurance, certes, mais aussi un gros moteur.
Where is Bryan ? Attention, point faible. Bryan Coquard n’est pas un immense gabarit, alors il doit composer avec un déficit de puissance par rapport aux purs spécialistes de la poursuite individuelle. Mais il affiche des progrès intéressants. Jusqu’à début 2011, jamais il ne rentrait dans les 10, mais il y est parvenu à Londres et Pékin en Coupe du Monde. Certes avec un peu moins d’opposition.
Dimanche, 18 h : Scratch
Parfois, le cyclisme sur piste est compliqué à lire pour un néophyte. Le scratch est sans doute ce qu’il y a de plus facile à comprendre dans un vélodrome, parce qu’il est très proche du cyclisme sur route : quinze kilomètres en peloton, et un sprint final pour déterminer le classement. Comme pour la course aux points, c’est l’alliage endurance – pointe de vitesse qui fait la différence ici.
Where is Bryan ? Comme en course aux points, Bryan Coquard a du mal à exprimer ses qualités en scratch. Il avait réussi à se classer quatrième à Pékin, mais ce n’était pas la manche de Coupe du monde la plus relevée de l’hiver. Il se classe généralement entre la 8e et la 14e place. Il faudrait faire mieux pour espérer la breloque.
Dimanche, 19 h 10 : Kilomètre
Pour conclure en beauté l’omnium, une troisième épreuve individuelle, afin de respecter l’équilibre avec les épreuves en peloton. Et quoi de mieux pour terminer que le kilomètre, un standard du cyclisme sur piste. Comme son nom l’indique, il s’agit de faire quatre fois le tour du vélodrome, soit un kilomètre, en contre-la-montre. Une distance trop longue pour laisser parler l’explosivité, trop courte pour que l’endurance seule joue…
Where is Bryan ? On va croire que la médaille se jouera là-dessus, mais les positions seront déjà assez établies après cinq épreuves. Car chacun sait à peu près où il se situe par rapport à ses adversaires dans l’exercice du kilomètre et pourra évaluer son classement final. Bryan Coquard est cependant l’un de ceux qui peuvent espérer surprendre : il s’est mois après mois rapproché des premières places dans ce domaine, jusqu’à gagner à Pékin, et faire cinquième aux Mondiaux face à tous les gros.
Les clés de l’omnium de Bryan Coquard
Bryan Coquard sait clairement quels sont ses points forts et ses points faibles. L’essentiel sera d’être à son niveau habituel en tour lancé et en course par élimination. S’il se foire sur l’une de ses deux épreuves, il aura du mal à viser le podium. Mais c’est surtout en course aux points, en poursuite individuelle et en scratch que le futur coureur d’Europcar va perdre des unités. Ainsi toute performance au-delà des attentes apportera des points inattendus qui vont le rapprocher de l’exploit. Et le kilomètre va conditionner son classement final.
Ses adversaires
Vu la réussite des Britanniques depuis le début des épreuves de piste, difficile d’imaginer Ed Clancy ne pas gagner ce titre de l’omnium. Pourtant le plus complet et le plus régulier de la saison, c’est l’Australien Glenn O’Shea, capable de dégoûter ses opposants en figurant à chaque fois parmi les tous premiers, quelles que soient les qualités requises. Le Canadien Zachary Bell, routier chez Spidertech, et le Colombien Juan Esteban Arango, parfois capables de prouesses, sont les adversaires directs de Bryan Coquard pour la médaille de bronze, la plus accessible pour le Français. Participants les plus renommés à cause de leur réussite sur route, Elia Viviani et Roger Kluge ne seront pas favoris pour le podium final : s’ils ont une médaille autour du cou dimanche soir, ce sera une surprise.







Merci
Bryan is in the kitchen!
Encore un bel article de fond ma bonne dame! Velochrono est en forme.
Sinon j’ai ricané comme une andouille pendant deux minutes quand j’ai vu where is Bryan.
Une medaille puis apres un titre de champion d’europe sur route avec les -23 ans pour finir emmener parfaitement Lecuistot a Valkenburg ou pourquoi pas lui meme (il ne fait que 57kg donc grimper ne lui pose pas probleme) pour arriver chez les verts en pleine confiance.
Coquard à bien commencé 5ème. D’ailleurs il sera moins mauvais que O’Shea sur route ou Bell qui tarde à confirmé.
Étonnant pour un sprinteur d’être mauvais à la course aux points , alors que tant de grand sprinteur ont été champion olympiques ou du monde tels Etienne De Wilde ou Leon Van Bon 2ème en 1992.
Course très intelligente de Coquard qui devait se sentir faiblard niveau tactique: il n’a jamais laché la roue de Teruel: Teruel fait 3 et lui 4. Bien joué.
Il est donc en avance par rapport à ses habitudes et pourrait prendre aisément la tête tout à l’heure s’il gagne la course par élimination et qu’Hansen, Clancy et O’Shea se foirent.
Hansen avait l’air cramé à la fin de la course aux points, espérons qu’il le paye dans la course par élimination.
Il y a quand meme juste 40min de récupération entre les 2 épreuves.
Mais c’est vrai que pour Coquard c’est plutot bien parti.
Ce qui est intéressant c’est que Bell, Arango ou Archbold sont déjà loin. Ça fait de sacrées épines en moins dans le pied.
Ca sent bon le podium final, allez encore 4 épreuves faut que t’assures Bryan !
http://www.facebook.com/BryanCoquardFRA
C’est la meilleure performance qu’il ait jamais faire en course aux points là non ? En tout cas c’est du très très bon ça, très bonne nouvelle !
C’est bien parti mais c’est encore loin d’être fait pour la médaille. O’Shea très bien placé est plus que jamais favori, Clancy est en embuscade et je ne sais pas pourquoi mais je me méfie quand même de Viviani. Et puis faudrait pas oublier le leader Danois mais Hansen qui n’est pas un peintre non plus puisqu’il a fait 3ème des derniers mondiaux où le plateau était quasiment le même qu’aujourd’hui (sans Kluge et Viviani).
Un podium O’Shea, Coquard, Hansen m’irait très bien.
Coquard premier (ou dernier en fait) de la course par élimination. Ca c’est fait.
Where is Bryan? At the first place!
Bryan the best !
Thierry A. s’est surpassé au 20 heures en parlant du sixathlon de Coquard!
Vazy Bryan, met les KO !
PS: Arrêtez avec Adam, Jacky aussi commet des maladresses.
petite question qui n’a rien à voir avec le vélo mais :
« »Article 1: Les Britanniques terminent premiers ; Article 2: Quand ils perdent, l’article 1 entre en vigueur. Pas si compliqué ce règlement », écrit par exemple un Alexandre Philippon »
c’est notre Alexandre Philippon qui fait la une du site orange-info ? avec l’affaire aviron JO ?
2e question plus en rapport avec le Velo & la piste :
L’équipe anglaise féminine de poursuite : Miss Rowsell sa coupe de cheveux ? je n’ai pas suivi c’est du à quoi ?
maladie ?
pari gagné ?
pari perdu ?
autre ?
@Davey Oui c’est moi. A quand avironchrono ?
@Davey Rowsell souffre d’alopécie
C’est bien ce que je pensé Roswell souffre de la même maladie que Pantini. D’où que pourrait la surnommé Madame Pantani ou la Pantanina Inglese.
Ouch c’est serrer 5 coureurs se tiennent en 5pts avant les 2 dernières épreuves.
Voila: Coquard limite la casse sur la poursuite et ne recule qu’au 5e rang du général, il y a encore des choses à faire.
Tout dépendra du scratch, si Bryan arrive à faire un truc, ça sentira bon pour une médaille, avec le kilomètre ou il se débrouille très bien..
Je vois bien Hansen chez Saxo Bank , l’an prochain ou dans deux ans car il m’a l’air prometteur.
« Bryan vous vous rappelerez de quoi de ces JO? »
-Les fesses de Teruel.
Il a refait le coup de la course aux points, résultat: Teruel 2e, Coquard 3e.
Hansen est fort au kilomètre ca va etre dur pour Bryan.
Et Clancy est encore une menace il va surement gagner le kilomètre, il est à 4pts de Bryan, donc le Francais devra faire dans les 5premiers si il ne veut pas etre dépasser par l’anglais.
Bref tout reste à faire et meme Viviani et Kluge ont leur carte à jouer.
Oui Hansen me fait une très belle impression et il est aussi jeune que Coquard (20 ans). Avec Viviani (23 ans) si ça reste comme ça pour les trois premières places on se dirige vers un podium ultra jeune.
En tout cas cette première édition de l’omnium aux JO est passionnante, dire que tout va se jouer sur le kilomètre ! Coquard a couru quasiment toutes les épreuves à la perfection, dommage qu’il soit autant en retrait en poursuite parce que sans ça il aurait une petite avance. Impossible de faire un pronostic mais ce serait génial qu’il aille nous chercher la « grosse » médaille.
Merci pour cet article
Bravo Bryan !