La semaine de Velochrono

Par Velochrono
Lundi 18 juin 2012 - 13:43
Comme tous les lundis, c’est la semaine de Velochrono.
L’info passée à la trappe
Septuple champion des États-Unis du contre-la-montre, avec un dernier titre conquis en mai dernier, double médaillé mondial de la spécialité, David Zabriskie semblait tout désigné pour représenter son pays dans l’exercice chronométré aux prochains Jeux olympiques, avec une chance de médaille réelle. Mais la fédération américaine a finalement préféré aligner Taylor Phinney. Surprenant ? Oui et non. Le jeune Américain va aussi vite au sprint, ce qui est un avantage vu qu’il était obligatoire que le concurrent du chrono courre aussi la course en ligne. Et, à pas encore 22 ans, il vient de prouver au Giro être déjà arrivé à un excellent niveau tout en ayant une marge de progression certaine. Bref, c’est une sorte de pari, mais, malgré ses 33 ans, Zabriskie semblait quand même présenter plus de garanties. Et ne méritait sans doute pas ça.
L’info qui n’est jamais venue
Aussitôt rendue publique, la lettre de l’USADA mettant en cause Lance Armstrong et Johan Bruyneel a eu de très nombreuses conséquences. Une d’entre elles : la rumeur, relayée par ci, par là, d’une interdiction pour Radio Shack – Nissan, l’équipe managée par le Belge, de prendre part au Tour de France pour atteinte à l’image, un peu à l’instar d’Astana en 2008. Or ASO n’a rien dit à ce sujet, que ce soit pour infirmer ou confirmer. Christian Prudhomme, le patron de la grande boucle, s’est ému du forfait d’Andy Schleck, mais il n’a pas commenté ce rebondissement dans l’affaire Armstrong. Pourtant, ces rumeurs d’exclusion seraient totalement infondées : peut-être que l’organisateur du Tour attend surtout de voir dans quel sens l’affaire évolue ces prochains jours, et ce que la formation américano-luxembourgeoise décide à propos de son patron sportif…
Réflexion à froid
L’étape de haute-montagne de la Route du Sud était-elle trop dure ? Le Tourmalet, le Soulor, le Spandelles, sur plus de 200 bornes, c’était du très costaud. Du quasi jamais vu, à notre époque, sur une course de classe 1. Le quatrième était à plus de cinq minutes. Seules quelques dizaines de coureurs ont terminé à moins de trois quarts d’heure du vainqueur Nairo Quintana. Quelques uns des coureurs de troisième division inscrits sur cette course ne s’attendaient certainement pas à affronter pareilles difficultés cette année. Les organisateurs de la course pyrénéenne ont vu gros et n’ont peut-être pas assez pris en considération le niveau réel de leur épreuve : ils étaient une petite poignée à véritablement avoir les épaules pour encaisser un tel programme sur une seule journée avec une autre ambition que celle, uniquement, de terminer le parcours. Les raisons de ce choix de l’extrême ? La primeur au spectacle, mais aussi et surtout l’envie de « tester » le Spandelles en vue d’une possible intégration dans un prochain menu du Tour de France. Problème : la chaussée s’est avérée trop irrégulière, les animaux sont venus plus d’une fois faire coucou aux coureurs, et les pontes d’ASO ne sont sans doute pas remontés à Paris avec un avis favorable, les coureurs et dirigeants ayant en grand nombre critiqué l’hostilité de cette étape. Mais les grimpeurs qui ne font pas les grands tours remercieront la Route du Sud d’avoir pensé à eux : il en faut pour tout le monde.
Dit (un peu trop) à chaud
Bruyneel, Radio Shack – Nissan et compagnie, suite. Ce n’est pas forcément son souci n°1 actuellement, mais le Belge a également mal géré sa gestion du cas Chris Horner. Non retenu dans la présélection pour le Tour de France sans en avoir vraiment été averti, l’Américain se sentait floué. Sûr de lui, Johan Bruyneel avait lancé : « Chris n’a pas voulu participer au Tour de Suisse, pour moi c’était très clair, ça voulait dire qu’il ne voulait pas faire le Tour de France non plus. » Manque de pot, voilà qu’Andy Schleck est passé à la trappe, et que la présence de Horner pourrait bien permettre à l’équipe de sauver la face en juillet. « Pour l’instant, il n’est pas dans l’équipe pour le Tour, mais ça peut changer », a déjà nuancé sur Velonews Philippe Maertens, l’attaché de presse de Radio Shack – Nissan. On dirait bien que Bruyneel va devoir avaler son chapeau.

Rui Costa. Il y a un peu plus d’un, il revenait chez Movistar après une vraie-fausse suspension. Depuis, tout roule pour lui : victoire d’étape sur le Tour puis sur le GP de Montréal, et maintenant, le Tour de Suisse, carrément ! Et il n’a que 25 ans…
Nairo Quintana. À seulement 22 ans, le Colombien en est déjà à cinq victoires cette saison. Vainqueur sans rival de la Route du Sud ce week-end après avoir déjà brillé au Dauphiné, on a hâte de le voir sur la Vuelta…
Janez Brajkovic. Certes peu concurrencé sur ses terres, le coureur d’Astana a remporté le Tour de Slovénie. Dans la foulée d’un bon Dauphiné, Brajko semble être parfaitement lancé vers le Tour de France.
Johan Bruyneel. Forfait d’Andy Schleck, avec qui rien ne va plus, accusations majeures de dopage organisé aux côtés de Lance Armstrong : le manager belge a vécu une semaine noire, qui marque peut-être la fin de sa carrière.
Peter Sagan. Encore quatre victoires en neuf jours sur le Tour de Suisse, le Slovaque n’en finit plus de gagner. Ça fait déjà douze bouquets depuis le début de l’année, et on l’imagine mal ne pas continuer sa moisson sur le Tour.

Mikaël Chérel « n’aime pas trop le cyclisme moderne »
Extrait : « Mon premier Tour, je veux le réussir. Quand j’ai appris que je faisais partie des quatre premiers retenus, j’ai pris ça comme une marque de confiance. J’étais honoré. A moi d’assurer, maintenant. »
Isabelle Gautheron (DTN) : « On vise quatre médailles »
Extrait : « Certains pays arrivent à s’organiser, nous non, et j’espère que ces prochaines années on pourra mieux travailler avec le secteur pro, réutiliser la piste comme un véritable outil de formation de nos jeunes coureurs. »
Arthur Vichot : « J’espère que ça va continuer »
Extrait : « Je pense avoir ma place sur le Tour, même si je sais que la sélection se joue tout au long de l’année. Depuis le début de saison, j’ai donné des garanties à l’équipe, mais cette victoire vient concrétiser mes efforts. Il n’y a encore rien d’officiel. On ne peut donc pas encore s’avancer totalement, mais je crois que cela va le faire. »
Jonathan Hivert : « Je ne peux pas me relâcher »
Extrait : « Je ne me suis pas mis dans la tête d’être présent sur le Tour de France. Mes histoires aux genoux m’agacent un peu. Si tout va bien pour moi physiquement, pourquoi pas. Mais je n’ai aucun intérêt à le préparer spécifiquement car je suis trop limité en montagne. Ce n’est donc pas une bonne idée. »
Armstrong et Bruyneel accusés par l’USADA
Extrait : « L’agence américaine antidopage (USADA) a envoyé à Lance Armstrong, ainsi qu’à Johan Bruyneel, Pedro Celaya (son ancien médecin et actuellement en poste chez Radio Shack – Nissan), Luis Garcia del Moral, Michele Ferrari (ses anciens médecins) et Pepe Marti (son ancien entraîneur et actuellement entraîneur d’Alberto Contador) une lettre de quinze pages laquelle les accuse de pratiques contraires au code antidopage. »








Pour la Route du Sud, plutôt qu’une seule étape dantesque il aurait peut-être fallu mettre deux étapes de montagne moins difficiles. Ou une étape de haute montagne et une étape de moyenne montagne où les puncheurs auraient pu essayer de mettre en difficulté les purs grimpeurs. Cela aurait pu permettre un semblant de suspense et de rebondissements.
D’une manière générale je trouve toujours étrange qu’une course par étapes se joue sur une seule journée (un peu comme le Tour de Turquie cette année). Et puis trois sprints et une étape de montagne, ce n’est pas vraiment l’idée que je me faisais de la Route du Sud.
En revanche je trouve positif que cette épreuve serve de test pour dénicher de nouveaux cols comme ce Spandelles. Si ça peut (parfois) faire sortir ASO de ses standards habituels (et notamment trouver des alternatives aux parcours avec 30km de vallée entre deux cols, ou 50 de plat jusqu’à l’arrivée) on ne va pas s’en plaindre.
Mauvais calcul sur la Route du Sud…ou alors tu enlevais le Tourmalet…ça aurait été moins dur pour les coureurs moins préparés a ça
Festina a été exclu du tour 98 au plus fort du scandale,vini caldirola interdit de tour de France 1999 après le contrôle hematocrite élevé de Gontchar au tour de Suisse(51%),l’affaire puerto qui mets sur le carreau plusieurs coureurs en 2006,astana persona non grata au tour 2008(déjà avec Bruynell).
Et maintenat cette affaire impliquant directement Bruynell qui surgit et qui assurément fait mal à radioshack.
La sanction logique serait d’interdire le belge de venir sur le tour mais laisser radioshack venir avec des personnes non impliqués dans les affaires.
Car il serait injuste que les coureurs paient pour des actes qu’ils n’ont pas commis.
no mais fait arrêter de déconner avec la montagne, 3 cols dans une journée, c’est trop pour les pros ???
Comment font les jeunes coureurs au Tour des Pays de Savoie ou au GiroBio ou plus tard au Tour de Val d’Aoste ?
En dehors des GT, il y a très peu de vrais étapes de montagne, le dauphiné, le tour de suisse en propose 1, le tour du trentin 2 ou 3, 1 ou 2 au tour d’autriche, 1 en californie, bref on les compte sur les doigts d’une main.
Les sprinteurs sont gavés et il n’en ont pas encore assez, il faudrait encore alléger la route du sud, dans 10 ans, les cols de plus de 1000m seront interdits en course si on continue de la sorte.
Cette étape était magnifiquement dessinée, je dirais même que le Dauphiné se doit de présenter 1 étape digne de celle là chaque année, l’édition de 2012 ne proposait aucun enchaînement de cols, c’est tout simplement inadmissible.
je ne demande pas 4 étapes bien dessinées, j’en demande 1 seule sur des épreuves comme le dauphiné / suisse / romandie, plus 1 course de côte avec une arrivée soit au sommet (verbier) soit en descente (Morzine)
J’adore votre rubrique que je lis chaque semaine avec attention . Cependant j’ai du mal à comprendre que vous mélangiez les tops et les flops dans les 5 de la semaine . Vous mettez en avant 4 brillants vainqueurs et à côté de cela un type incriminé dans une affaire de dopage . Ne dit-on pas qu’on ne doit pas mélanger les torchons avec les serviettes ? Cette avis n’engage que moi bien sûre .
Les années se suivent et se ressemblent, l’avant Tour sent le soufre. Un scandale de dopage c’est toujours très vendeur.
Mais il est vrai que certains noms ternissent l’image de ce sport, quelques DS feraient mieux de se retirer discrètement et de laisser ce sport à une nouvelle génération.
Heureusement il reste des hommes courageux, Stéphane Heulot en tête.
Sur la Route du Sud, le problème n’est pas venu du nombre de cols mais de la différence de niveau entre les meilleurs coureurs, les moyens et les moins forts. En stage, les pros font des journées aussi costauds que celle-là (j’ai déjà fait un stage avec des pros dans les Pyrénées). Je ne pense pas Quintana ait trouvé cette étape impossible ou trop dure.
Après on peut se poser la question de savoir s’il est pertinent de donner des étapes de montagne aux cyclistes. Si faire du vélo en montagne est trop difficile, alors on peut se contenter d’étapes en moyenne montagne. Ce qui donnerait des courses aux écarts plus resserrés.
Déjà en 1910, Henri Desgranges a été critiqué avec son idée de faire des étapes de montagnes beaucoup trop dures et trop dangereuses. La question revient dans notre époque du « tout sécuritaire » , comme l’an passé au Giro ou ici sur la Route du Sud avec une étape trop dure pour l’organisme des sportifs.
Cela dit, les premiers cyclistes de montagne (ceux d’avant la guerre 1914-1918) réussissaient à surmonter des étapes de montagne de 400 km avec 4 ou 5 cols. Ce qui prouve que l’organisme humain est capable de réussir de telles performances (et ce sans dopage, à l’époque le dopage pharmaceutique et la manipulation des molécules n’existait pas encore en médecine).
Après, c’est sûr, sans étape de montagne le Tour de France serait beaucoup plus ouvert et pourrait sacrer d’autres coureurs ce qui ne serait pas forcément plus mal, ni moins passionnant (vu que maintenant les étapes de montagne se résument le plus souvent à une course de 5 km entre les plus costauds dans la dernière montée du dernier col)