La « révolution » canadienne

Par Baptiste Bouthier
Vendredi 7 septembre 2012 - 6:00
Photo : gpcqm.ca
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Pour la troisième année de suite, le peloton mondial est au Canada pour les Grands Prix de Québec, vendredi, et de Montréal, dimanche. Deux épreuves World Tour qui marchent, une équipe en Continental Pro, un coureur qui remporte le Giro : le vélo est en plein essor érable. Serge Arsenault, l’organisateur des deux courses de ce week-end, et Laurent Martel, auteur du blog québécois La Flamme rouge, analysent ce phénomène pour Velochrono.
Arsenault : « Un engouement réel »
2010 : premières éditions des Grands Prix de Québec et de Montréal, directement catapultés en World Tour, et portés à bout de bras par Serge Arsenault. 2011 : l’équipe SpiderTech, managée par l’ancien coureur professionnel Steve Bauer, accède au Continental Pro et court régulièrement en Europe. 2012 : Ryder Hesjedal remporter le Tour d’Italie. Depuis trois ans, le Canada semble gravir les marches menant au sommet du cyclisme mondial quatre à quatre. Trop flagrant pour que ce ne soit qu’un hasard : de l’autre côté de l’Atlantique, la petite reine est en plein essor. « Il y a un immense intérêt depuis une dizaine d’années au Canada, et même plus particulièrement au Québec, note Serge Arsenault, l’organisateur passionné des deux classiques québécoises. C’est un engouement réel non seulement pour le cyclisme professionnel, mais aussi le cyclotourisme : on peut regrouper jusqu’à 25 000 cyclistes sur le Tour de l’île de Montréal. » « Beaucoup de pratiquants du Québec et du Canada se rendent chaque année en Europe pour participer à des cyclosportives, et je crois que ça se développera encore au cours des prochaines année », approuve Laurent Martel, auteur d’un des principaux blogs canadiens consacrés au cyclisme, La Flamme rouge.
Reste à savoir si cet engouement durera : « En 1988, Serge Arsenault avait lancé le Grand Prix des Amériques et l’engouement fut extraordinaire les deux ou trois premières années, sous l’effet Steve Bauer puis Greg LeMond. Mais après 1992, l’événement est devenu non-rentable et Arsenault a dû arrêter », rappelle Laurent Martel. Pour éviter pareille mésaventure, l’organisateur des deux Grands Prix a décidé d’organiser à partir de l’an prochain des cyclosportives à Québec comme à Montréal, « avec des milliers de participants qui seront le lendemain les spectateurs », promet-il. « C’est probablement une excellente idée ! », approuve Laurent Martel.
Martel : « Tant que des coureurs canadiens brilleront… »
La bonne nouvelle pour les Canadiens amoureux du sport cycliste, c’est que cette fois, l’essor semble global et promet d’inscrire l’engouement actuel dans la durée. Maillot jaune du Tour de France en 1988 et 1990, Steve Bauer, aujourd’hui manager sportif de l’équipe SpiderTech, était à son époque une exception, « presque un coup de chance », juge Serge Arsenault. « Le chaînon manquant des décennies précédentes, c’était l’absence de bons athlètes québécois et canadiens en Europe, qui pouvaient aller là-bas apprendre les rudiments du vélo professionnel », estime l’organisateur canadien. Cette fois, la situation a bien changé. 22 Canadiens sont coureurs professionnels, dont cinq dans des formations World Tour ; SpiderTech évolue en Continental Pro, mise sur de jeunes talents comme Guillaume Boivin, gagne sur des classe 1 comme le Tro Bro Léon et a notamment été invitée sur le Tour de Suisse ; et, bien sûr, Ryder Hesjedal a remporté le Tour d’Italie, en mai dernier.
L’autre élément décisif dans l’essor du vélo au Canada, c’est selon Laurent Martel que « bien que les scandales actuels, Lance Armstrong, Bjarne Riis, doutes sur l’équipe Sky, fassent mal », le cyclisme, sport « nouveau », est bien vu. « En Europe, le sport cycliste jouit d’une image un peu ringarde, d’un sport corrompu par le dopage aussi. Au Canada, voire en Amérique du Nord, c’est l’inverse : on perçoit le cyclisme de façon encore positive. » L’affaire Festina, la suspension d’Alberto Contador, toutes ces histoires, « les pratiquants du Québec les ignorent pour la plupart », assure le rédacteur de La Flamme rouge. « Beaucoup de gens commencent une « pratique » du cyclisme car le sport jouit d’une image positive ici : bon pour l’environnement, bon pour la santé, « dans le vent », etc. » Avec tout ça, la bicyclette semble bien partie pour s’installer au Canada.








Suivant depuis de nombreuses années le cyclisme canadien, je ne m’enflammerais pas autant sur la «révolution» canadienne.
C’est vraiment sur le long terme que l’on saura si s’en est une. Pour le moment, il y surtout le profit d’un contexte : mondialisation de ce sport, arrivée de plus d’argent dans le circuit professionnel.
Mais est-ce que cela va se voir sur le nombre de licenciés dans quelques années, par exemple ?
Laurent Martel a raison, c’est plutôt un effet de mode pour une masse de gens : la santé et le plein air sont mis en avant, le côté branché et urbain aussi.
Le cyclisme professionnel canadien suit les changements dans l’économie de ce sport en général, mais est-ce que cela va changer la culture du cyclisme au Canada ? Pas sûr du tout.
Bon OK, ça marche pour ces deux courses-là qui sont des événements super médiatisés. Mais qu’en est-il des autres courses UCI du Canada ? Il y en a quasiment pas et elles passent inaperçue dans le paysage sportif du Canada.
C’est un peu comme « l’engouement » du cyclisme en Grande-Bretagne qui est vraiment du bidon avec certes une grade équipe mais une seule course dans le calendrier UCI le « Tour of Britain ».
Dans ces pays, comme en Australie avec le « Tour Down Under », le cyclisme n’est qu’un événement ponctuel n’ayant lieu qu’une fois par an. Une fois cette course terminée, on n’en reparle presque plus pendant un an toute la place étant prise par leurs sports nationaux.
S’il y a quelque part un engouement pour le cyclisme, ça reste surtout dans les pays traditionnels du cyclisme qui, eux, ont des dizaines de courses au calendrier UCI.
Les équipes Européennes peuvent vivre sans les courses canadiennes, américaines ou australiennes. Alors que les équipes pros du Canada, d’Australie, de Grande-Bretagne ou des USA ne pourraient pas vivre sans les vraies courses populaires et médiatiques qui sont en Europe. La culture du cyclisme est ici et ce qu’ils peuvent vivre au Canada n’a rien à voir.
On ne peut pas comparer un phénomène culturel historique à une mode.
http://gpcqm.ca/news/14/98/Retour-vers-le-passe/ Faut arreter de s inventer un cyclisme, le circuit de montreal a accueilli plusieurs championnats du monde (masculin feminin), le grand prix des ameriques etait une course de coupe du monde et les organisateurs (serdy ) aidé par charly mottet ont sauvés des courses en france (dauphiné).
il faudra avant tout péréniser ses 2 courses dans le temps
mais aussi completer le calendrier continentale d’autres courses sur le territoire en plus du Tour de Beauce & la Coupe de la Ville de Saguenay (Coupe des Nations)
enfin pour les équipes que l’équipe SpiderTech se stabilise dans le temps (elle n’existe que depuis 2008 : Race pro puis Planet Energy)
& une ou 2 continentale en plus d’Ekoi.com-Gaspesien (qui elle débute au niveau continentale) genre « Garneau-Quebecor-Norton Rose » ou le retour en continentale de « Jet Fuel Coffee »
Effectivement, je suis d’accord avec Laurent ( très bon blogue en passant)que le sport cycliste est une mode…Mais des arguments comme ceux de Léonard de Vinci me laisse un peu pantois!!!!Le cyclisme nord américain peu très bien vivre de lui même… Comme le hockey en France peu vivre de lui même…( il ni a pas que la LNH) Il ni as pas que le tour de France:Paris Roubaix etc. Un peu mince comme réflexion. Bien Dommage même!
@QCLEGS
Alors pourquoi tous les meilleurs américains viennent-ils courir en Europe si le cyclisme américain est si fort que ça ? Si vraiment, les cyclistes américains gagnaient très bien leur vie chez eux en disputant leurs courses, on ne les verraient pas en Europe.
OK, ils peuvent en vivre à un échelon inférieur mais le cyclisme qui les fait rêver et qui leur fait gagner beaucoup d’argent (et donc le plus populaire, celui qui se vent le mieux) est bel et bien le cyclisme d’europe occidentale qui n’a aucun équivalent dans le monde avec tout au long de l’année des événements attendus qui reviennent chaque année comme une « saga » depuis un siècle.
On peut inverser la problématique en parlant du basket-ball qui est vraiment viable aux USA. Le basket européen, on peut en vivre mais on en fait pas fortune et ce n’est pas celui qui fait rêver (y’a qu’à voir nos meilleurs français qui jouent en NBA). Les joueurs de Pro A gagnent moins que ceux de la Ligue 2 du football. Pourquoi le niveau de la NBA est plus relevé ? Parce que le basket est un sport culturel aux USA, qu’il est donc très populaire, très pratiqué et qu’il rapporte ainsi de l’argent. En France, le grand public s’intéresse aux basket à l’occasion des JO et des championnats internationaux si l’équipe de France obtient de bons résultats. Un championnat du monde de basket organisé en france connaîtrait un grand succès populaire, mais il serait juste de la « consommation » immédiate avec le renfort des médias. Ce serait un bon moment savouré de tous, puis le public hexagonal passerait à autre chose en fonction de ce que les médias lui propose.
Il faut être réaliste, les courses WorldTour d’Australie, de Chine ou du Canada sont un business né d’une mode. Si vraiment le cyclisme passionnait ces pays-là, il y aurait un calendrier UCI dans ces pays avec des épreuves internationales et de l’argent à gagner. Le jour où ces courses coûteront trop chers pour des villes comme Montréal ou Québec, je crois qu’ils n’hésiteraient pas à les supprimer pour privilégier les sports vraiment populaires chez eux à l’image du hockey sur glace qui au canada ce que le cyclisme est à la belgique.
Et chauvin !!!