Kittel : « Je m’amuse »


Kittel : « Je m’amuse »

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Lundi 5 mars 2012 - 9:00
Photo : Nicolas Götz


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Ce lundi, Marcel Kittel est le favori n°1 pour la victoire sur la 2e étape de Paris-Nice. Incroyable destin que celui de cet Allemand de 23 ans, passé pro l’an dernier dans la peau d’un rouleur prometteur chez Skil-Shimano, depuis devenu la nouvelle terreur du sprint mondial en glanant 17 succès dès sa première saison dans l’Élite. Il a déjà levé les bras trois fois de plus en 2012, et il compte bien récidiver sur la Course au soleil. Le coureur de Project 1t4i se dévoile comme jamais pour Velochrono.

Marcel, vous avez déjà gagné à trois reprises cette année : une étape de l’Étoile de Bessèges, deux du Tour d’Oman. Comment jugez-vous ce début de saison ?

J’en suis très heureux. Mes deux victoires en Oman m’apportent beaucoup de confiance, je suis super content d’avoir pu y battre d’excellents coureurs. C’est bon signe pour les prochaines courses.

En Oman, vous avez notamment battu Mark Cavendish et André Greipel, ce qui n’avait jamais été le cas l’an passé. Qu’est-ce que ça fait ?

Je suis très fier de pouvoir rivaliser avec Cavendish ou Greipel.

Un de mes principaux objectifs cette saison est de me confronter aux grands sprinteurs le plus souvent possible. Gagner face à eux, ça m’a rendu encore plus heureux. Je suis très fier de pouvoir rivaliser avec eux. J’ai aussi été parfaitement soutenu par mon équipe, je crois que peu à peu, nous devons une des meilleures équipes de sprinteur.

Après votre incroyable saison 2011, vous aviez beaucoup de pression pour cette année. Elle aurait pu vous tétaniser et au final, vous avez déjà gagné trois fois… C’est si facile que ça ?

Non ! (rires) Bien sûr que non. Cela demande beaucoup de préparation, des efforts tout au long de l’hiver. Et puis, gagner une course au sprint, ça ne peut pas se faire sans un gros travail de l’équipe auparavant. En Oman, j’étais heureux de constater que les gars étaient déjà en bonne condition, qu’ils pouvaient bien me placer en vue de l’emballage final. Parce que dans le cas contraire, je ne peux tout simplement pas sprinter ! C’est capital. On a bien bossé, on s’est bien amusé.

Mais vous ne ressentez pas du tout la pression ?

Bien sûr, tout le monde me regarde différemment maintenant. Je ne suis plus un illustre inconnu. Mais je ne suis pas du genre à me mettre la pression, à me dire « Je dois absolument gagner » ou ce genre de choses. C’est sans doute un avantage. Bien sûr, je ressens un tout petit peu de pression, mais ça ne me rend pas fou non plus. Je garde à l’esprit que ce qui compte, c’est de prendre le départ d’une course, d’y faire de mon mieux, et d’être sûr une fois arrivé que je ne pouvais pas donner plus, quel que soit le résultat.

Vous auriez aussi pu vous démobiliser quand est sortie cette histoire de dopage à laquelle vous avez été mêlé par erreur…

L’histoire de dopage ? Ça n’a pas été facile. J’y pense encore.

Ça n’a pas été une situation facile à gérer. Mais il a bien fallu faire avec. J’ai reçu énormément de soutiens, de la part de l’équipe, de mes coéquipiers, de mes amis, de ma famille. J’ai fait le vide, je me suis concentré sur le cyclisme et j’ai essayé de passer outre, de ne pas me soucier de ce que les gens pouvaient penser. Évidemment, ça n’a pas été facile. J’y pense encore. Mais voilà, je dois l’accepter, c’est arrivé, maintenant je dois aller de l’avant. Regarder vers l’avenir.

Comment expliquez-vous que votre nom se soit retrouvé dans cette affaire ?

J’ai déjà été très clair à ce sujet. J’allais voir le Dr Andreas Franke, qui a été mis en cause dans cette affaire, parce que c’était obligatoire (il était le médecin officiel de plusieurs fédérations sportives dans la région d’Erfurt, ndlr). Ce médecin était tout ce qu’il y avait de plus recommandable, il était agréé par le Comité olympique, pourquoi n’aurais-je pas pu me fier à lui ? Et maintenant, on me dit qu’il doperait des gens ? Voilà, cette histoire a fait les gros titres de la presse… Heureusement, nous avons rapidement pu prouver que je n’avais rien à voir dans cette histoire, puisque je ne l’ai plus vu depuis 2008. Je n’ai rien à cacher.

Vous avez donc gagné dans l’adversité. 17 succès en 2011, votre première année pro, trois pour l’instant en 2012, tous au sprint… Et pourtant, vous êtes passé professionnel dans la peau d’un rouleur !

Quand j’ai commencé à discuter avec Skil-Shimano, l’idée, c’était d’être un rouleur. Je ne pensais pas aux sprints.

Quand j’ai commencé à discuter avec Skil-Shimano, en 2010, on en est venu à parler de comment je me voyais comme coureur. Et je leur ai dit que je voulais me spécialiser dans le contre-la-montre. L’idée, c’était d’être un rouleur, éventuellement d’élargir mon champ aux classiques, mais je ne pensais pas aux sprints. Et puis, durant l’hiver, lors de mes premiers stages avec l’équipe, ils ont commencé à me parler de ça. Ils voulaient que j’essaie. Alors j’ai commencé à travailler ma pointe de vitesse. Et on a testé ça sur le Tour de Langkawi. Les deux premières étapes, ça patinait un peu, et puis je gagne la troisième. Voilà, j’avais gagné au sprint. Et ensuite, j’ai remis ça…

Mais ça paraît impensable qu’un coureur comme vous, qui a gagné 17 fois au sprint dès sa première année dans l’Élite, n’a jamais brillé dans cette spécialité chez les Espoirs ?

Si, en 2009, j’avais aussi gagné quelques courses au sprint. Mais c’était différent, et mes plus grandes victoires, c’était toujours contre la montre. Et puis, l’approche mentale est très différente. Ce n’est pas du tout la même façon de voir la course. Je pensais vraiment comme un rouleur, pas comme un sprinteur. En devenant un vrai sprinteur, j’ai dû évoluer mentalement. Aujourd’hui, j’ai réussi ce changement. J’ai trouvé le truc, je me sens bien dans ce rôle et dans le peloton. Je m’amuse. C’est excitant, il y a de l’action tout le temps, ça me plaît.

Est-ce que vous réalisez ce que vous avez fait l’an dernier ?

À partir d’un moment, l’an passé, j’étais pris dans une sorte de spirale où tout semblait facile, j’avais fait le plein de confiance.

(Rires) Et bien… J’ai quand même eu pas mal de réussite… J’ai aussi eu la chance d’avoir un super programme de course dans cette équipe. Et ma première victoire, au Langkawi, a été fondamentale. Mentalement, surtout. Et c’est très important, en particulier pour un sprinteur. Tu découvre quel goût ça a, et tu te dis : j’en veux encore. À partir d’un moment, l’an passé, j’étais pris dans une sorte de spirale où tout semblait facile, j’avais fait le plein de confiance. Je savais que si je m’entraînais sérieusement et que je restais bien avec mes coéquipiers, j’étais quasiment sûr de gagner. C’est aussi ce qui donne confiance à l’équipe, qui te permet d’enchaîner les succès de cette façon. Je n’aurais jamais imaginé faire tout ça ! À l’origine, mon plan pour 2011 était d’emmagasiner de l’expérience, me professionnaliser, et peut-être essayer de gagner une course en fin de saison…

Bien des choses ont changé en un an. Vous voilà sur Paris-Nice dans la peau du meilleur sprinteur aligné au départ. Mais le vrai objectif, n’est-ce pas plutôt Milan-Sanremo ?

Et non ! Car il est probable que je n’en prenne pas le départ. Milan-Sanremo n’est pas un objectif cette saison pour moi, nous avons beaucoup de bons coureurs pour cette épreuve et je pense que c’est plutôt John Degenkolb qui y sera en tant que leader. Avec l’équipe, on a décidé, d’un commun accord, de ne pas inclure la Primavera à mon programme. Mon premier vrai objectif de l’année, c’est Paris-Nice. Je veux gagner une étape. Ensuite, on verra pour la suite du programme.

De quoi sera-t-il composé ?

Mon premier vrai objectif de l’année, c’est Paris-Nice. Je veux gagner une étape.

Ce n’est pas encore sûr à 100 %, mais normalement je devrais courir le Tour de Catalogne. Néanmoins, il est possible que je fasse les Trois jours de La Panne et Gand-Wevelgem à la place. Et mon grand objectif de la saison, c’est le Tour de France, si on obtient une invitation.

Sur ce Paris-Nice, vous courrez aux côtés de votre coéquipier et ami John Degenkolb. N’y a-t-il pas le risque de se marcher sur les pieds ?

Non ! Je ne pense vraiment pas. On se connaît très bien, chacun sait ce qu’il est en droit d’attendre de l’autre. John sait que je peux sprinter sur les étapes plates, et je sais qu’il peut le faire sur des arrivées plus difficiles. Du coup, on peut s’aider l’un l’autre, c’est parfait comme ça. C’est ce que l’on va faire cette semaine. Notre association n’est pas un souci, c’est un avantage.

Vous avez ramené deux victoires d’Oman, comme André Greipel. Mark Cavendish en a lui ramené deux du Qatar. Peu à peu, on a le sentiment que vous êtes tous trois au sommet du sprint mondial et que vous allez vous battre toute l’année, voire plusieurs années, pour savoir qui est le meilleur…

Tout sprinteur se bat pour être le meilleur au monde. Mais c’est difficile ! Je ne suis même pas sûr qu’il puisse y avoir un seul sprinteur au-dessus des autres. Ces dernières années, Cavendish a gagné un paquet de courses, il était au-dessus ! Il était, et il est toujours le meilleur sprinteur au monde. Mais je pense qu’il y a tellement de courses que la plupart du temps, Greipel et Cavendish ne s’affrontent pas, alors c’est compliqué d’établir qui est le plus rapide… Un jour, c’est le premier qui gagne, le lendemain c’est le second… Pour ma part, j’espère que je pourrai encore gagner sur des courses où ils sont aussi au départ. Bien sûr que je veux aller le plus haut possible ! C’est un grand objectif pour moi, mais comme je l’ai déjà dit, je ne suis pas du genre à me mettre la pression. Je prends les choses comme elles viennent.


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  1. Donc aujourd’hui avantage a Kittel


  2. Lundi 5 mars 2012 à 10:36 - antoine | Thumb up 2 Thumb down 0

  3. L’année dernière, Kittel avait déja battu Greipel sur une course d’un jour si je ne me trompe pas ;)


  4. Lundi 5 mars 2012 à 11:54 - Nico02 | Thumb up 3 Thumb down 0

  5. oui, mais pas Kittel & Cavendish en même temps.


  6. Lundi 5 mars 2012 à 11:59 - Baptiste Bouthier | Thumb up 2 Thumb down 0

  7. On dit que cette étape peut être propice aux bordures à cause du vent et des routes non protégées . Rien ne dit donc qu’il y aura un gros sprint massif à l’arrivée mais peut-être n’y aura t-il qu’un petit peloton pour ce disputer la victoire . En cas d’arrivée massive Kittel est le grand favori . Mais je vois bien les OPQS durcir la course et Boonen les bordures ça le connaît !


  8. Lundi 5 mars 2012 à 12:26 - pat | Thumb up 5 Thumb down 0

  9. @pat : la je dis : BRAVO ! Tu a tout deviné


  10. Mardi 6 mars 2012 à 6:42 - Thibaud | Thumb up 1 Thumb down 0



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