Kern : « Ca sent le Tour de France »

Par Alexandre Philippon
Samedi 2 juin 2012 - 18:49
Photo : Sport-phot.com / Nicolas Götz
On ne l’a presque pas vu de l’année, mais à la veille de prendre le départ du Dauphiné, Christophe Kern attire les médias. Pour une bonne et simple raison : il a gagné une étape l’an dernier et avait dans la foulée glané le titre de Champion de France du contre-la-montre. Velochrono lui a passé un coup de fil pour discuter de la course française, début de la dernière ligne droite en vue du Tour de France. Il livre ses analyses.
« On se rend compte que l’on est à moins d’un mois du Tour de France »
Christophe, comment allez-vous ?
Je reviens d’un petit décrassage de deux heures, toujours nécessaire après le voyage, car on a les jambes raides et gonflées… C’est une habitude de veille de course, ça permet de faire passer la journée tranquillement avant le massage, de discuter un peu…
Le Dauphiné, c’est l’entrée dans une nouvelle dimension en terme de pression ?
Pas spécialement. En tout cas, moi, je ne me mets pas de pression. J’ai plus l’envie de bien faire. C’est une course importante et elle a le profil d’une épreuve par étapes référence, avec des cols et du chrono. Le seul truc qui change, c’est que l’on se rend compte que l’on est à moins d’un mois du Tour de France et qu’il faut donc se tester pour la dernière fois. L’an dernier, j’étais venu relax et ça s’était bien passé pour moi. Je remarquais que les jambes tournaient très bien. Une fois placé au général, j’ai juste eu la crainte du jour sans, qui n’est heureusement pas venu. Ce dont on a envie sur un Dauphiné, c’est avant tout d’avoir de bonnes jambes, sur une belle course, avec de beaux parcours pour hommes forts.
C’est aussi une course où l’on peut choisir ses objectifs : jouer le général, ok, mais gagner une étape est tout aussi rassurant.
Oui, dans le fond, une dizaine, même pas…
Ca dépend d’une année à l’autre… L’an dernier, Wiggins avait gagné le chrono, puis a contrôlé en montagne. Sans sa chute, au Tour, il aurait été très fort. Evans, qui l’a gagné, avait fait deuxième du Dauphiné. Moi, l’an dernier, j’avais tout fait à fond : Dauphiné, Championnats de France. J’ai juste la malchance de me blesser au Tour de France. Ce que je veux dire, c’est que tout ça, c’est compatible. Longtemps, on a dit que ceux qui marchaient au Dauphiné marchaient au Tour. C’est un petit Tour de France. Prologue, long chrono, étapes de montagne…
« J’ai retrouvé mon poids de forme et je suis mieux à l’entraînement »
Et l’ambiance du Tour, déjà ?
C’est une ambiance que je suis toujours content de retrouver. Ca sent le Tour de France. Et ce sont souvent les premiers cols sous la chaleur.
Christophe, comment va votre forme ?
Objectif : sortir du Dauphiné dans une toute autre condition ? C’est possible, en une semaine ?
C’est l’objectif, oui. C’est ce que j’espère faire. Profiter de faire la course à fond et m’accrocher, pour sortir plus fort qu’aujourd’hui, et en confiance. Cette course va me servir. J’en ai besoin. Je dois franchir les dernières marches pour arriver à une condition proche de celle de l’an dernier. Si j’y arrive pour le Tour, tant mieux…
« Plus vite ça reviendra, mieux ce sera »
Et pour le chrono des Championnats de France ?
Ca risque d’arriver vite… En début d’année, je me prenais un peu la tête en voulant tout comparer, mais là raisonne simplement : je récupère, je travaille… Mais plus vite ça reviendra, mieux ce sera. Accumuler de la confiance à l’avant de la course, faire une résultat sur une étape, ça va m’aider. Pour l’instant, le constat, c’est que je ne fais que 27e du chrono du Tour de Bavière. En revanche, j’avais de bonnes sensations dans les bosses.
Bavière-Dauphiné-Tour, l’enchaînement semble avoir la cote.









Je sens qu’il va vouloir se montrer sur la course qui l’a montré au grand public. Après, pour une aussi bonne place au général, je ne crois pas. Sauf s’il reprend des couleurs au chrono.
Je dirais plus sur le tour que sur le dauphine…
Bonne ITW. Et dire qu’il a eu une année de merde depuis son titre au CLM.