John Gadret, vendredi 25 mai, 10 h 20

Par Velochrono
Vendredi 4 mai 2012 - 18:00
Photo : Nicolas Götz / sport-phot
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19e étape du Tour d’Italie, Trévise – Alpe di Pampeago. Il ne reste plus que trois étapes à disputer sur ce Giro 2012, c’est le money time. Dans quelle position est John Gadret ? Avec le grimpeur d’AG2R La Mondiale, troisième l’an dernier et amoureux de l’Italie, c’est souvent blanc ou noir. Alors Velochrono lui a imaginé deux destins : un rêve et un cauchemar.
25 mai, 10 h 20, le rêve
John Gadret ajuste ses lunettes. Le soleil tape fort, à Trévise, et le Français est presque ébloui à l’approche du podium signature. Il avale les quelques marches et les tifosi l’acclament comme un des leurs. Habitué aux exploits sur le Giro, il a toujours eu une vraie cote d’amour auprès des Italiens, qui voient en lui une sorte d’avatar de Marco Pantani. Mais depuis sa victoire ébouriffante sur le Pian dei Resinelli, il y a cinq jours, il est passé au statut de star. Et presque d’idole depuis qu’il a pris le maillot rose, à Cortina d’Ampezzo, voilà deux jours. Hier, l’étape de transition vers Vedelago a permis à tout le monde de souffler, et au grimpeur chauve de savourer sa tunique. Dans la nuit, tout a été livré en rose et Gadret peut afficher fièrement, ce matin, sa panoplie : vélo, cuissard et gants aux couleurs du maillot de leader.
Les étapes suivantes n’ont fait que confirmer cette situation. Mais alors que Basso était en rose, un incident mécanique dans la descente de Cortina d’Ampezzo lui a fait perdre une minute et la tête du général, au profit de Gadret. Seuls le leader de la Liquigas et celui de la Lampre, Scarponi, tous deux à moins de trente secondes, peuvent encore priver le coureur d’AG2R de la victoire finale. Il ne reste plus que trois étapes : cette terrible étape d’Alpe di Pampeago, le non-moins difficile Stelvio et le chrono final à Milan. Et ces trois-là partent, a priori, sur un pied d’égalité. Jamais un Français n’a été aussi près de la victoire sur un grand tour depuis presque vingt ans. John Gadret prend place dans l’aire de départ, en première ligne, celle dévolue aux porteurs de maillot. Il a rendez-vous avec son destin.
25 mai, 10 h 20, le cauchemar
Trévise, cité hôte de coureurs grimaçants à l’heure d’attaquer les derniers méandres du Giro. La pluie s’abat sur un village-départ terne, envahi par des cyclistes parés de leurs k-ways respectifs. John Gadret est encore dans le bus de l’équipe AG2R La Mondiale. Il aurait tant aimé peser sur ce Tour d’Italie, mais n’a cessé d’emprunter l’ascenseur émotionnel. Contre-performance logique au prologue : il se contentait volontiers de cette entame timide. La traversée du Danemark, dans la foulée, l’avait rassuré : pas de casse, pas de dérive dans les bordures, et une Italie ralliée dans la même minute que le maillot rose Taylor Phinney. Au chrono par équipes, il limitait la casse et pouvait aborder le vrai début de « son » Giro avec des chances intactes. Le vendredi suivant, lors de l’étape Urbino – Porto Sant’Elpidio, le Nordiste montrait les muscles dans les diverses côtes du parcours, malheureusement trop éloignées de l’arrivée. José Rujano attaquait : il sautait dans sa roue. Michele Scarponi tentait à son tour : il répondait. Comme pour habituer le corps aux efforts futurs.
Depuis quelques jours, John Gadret ne tweete plus. Sa photo de profil, c’est toujours un œuf sur un fond neutre. Les trois dernières étapes ne l’ont vu sortir du peloton à aucun moment. Ce matin à Trévise, on se demande bien ce qu’il a en tête. L’envie d’en finir avec ce Giro qu’il apprend pour la première fois de sa carrière à ne pas aimer ? La motivation d’un dernier baroud d’honneur, pourquoi pas à l’Alpe di Pampeago en fin de journée, ou le lendemain au Stelvio ? Le choix de se sacrifier pour Hubert Dupont, qui l’avait si bien fait douze mois plus tôt, et qui s’échine à défendre sa huitième place au classement général ? Vincent Lavenu va voir son coureur. Il lui parle peut-être de la possibilité d’inscrire des points UCI d’ici Milan, pour sauver ce qui peut encore l’être. Mais le grimpeur chauve ne l’écoute qu’à moitié, en regardant la pluie contre la vitre. Il ne veut plus entendre parler de l’Italie.







S. Dumoulin
C’est pas mal comme façon de présenter
ça sera entre les deux sûrement
c’est super comme présentation
Je trouve ça super sympa de changer de façon de présenter: le calendrier pour Basso, le récit pour Gadret… C’est bien mieux plutôt que betemment récapituler toutes les forces et faiblesses de tous les favoris.
Je rejoins Paco, je pense que ce sera entre les 2. J’ai du mal à le voir gagnant même si je suis de tout coeur avec lui, mais il peut aisément accrocher un podium ou au pire un top 5 s’il ne perd pas de temps dans les étapes piégeuses.
Tres bel article d’autant que j’imagine bien la seconde partie… J’espère me tromper… mais Dupont devant Gadret, c’est fort possible… 8ème pourquoi pas?
Honnêtement je pense que comme ce n’est le cas dans vos deux scénarios il n’y aura aucun leader écarté de la course au maillot rose suite à une chute ou autre bordure.
Je m’explique, avez-vous entendu un seul prétendant à la victoire se sentir confiant avec ces trois jours passés au Danemark. Donc je pense qu’on aura des journée tendues mais sans qu’il y ait une équipe qui cherche les cassures.
Les chutes elles arriveront mais si les leaders sont aux avant postes aucun risque pour eux (bien vu d’avoir fait chuter Basso en descente car lui c’est pas un acrobate). Aprés je ne suis pas français donc je n’ai pas ce côté transcendant que j’aurai pu avoir avec un Vanendert ou Van den Broucke mais je lui souhaite le premier scénario car malgré son mauvais comportement en contre-la-montre il n’est pas le seul et je pense que au vu des écarts de l’année passée la victoire ne se jouera en rien dans l’exercice en solitaire. Même si je pense que Basso,Scarponi (surtout avec sa 8ème place à Liège après un Tour du Trentin catastrophique),Kreuziger et Schleck seront les têtes d’affiches.
Good Luck Dear John
3ème l’an dernier. Espérons qu’il réédite cette perf mais ce sera très dur.
J’aime beaucoup le style de l’article mais je n’arrive pas à identifier la plume… Bravo en tous cas, je m’attendais à peu près à toutes sortes de présentation mais celle-ci est la dernière à laquelle j’aurais pensé, quoique c’est quand même dans l’esprit de ce site. Allez, continuez comme vous faites, je(on)vous aime!
C est vrai que Gadret n a pas fait un Tour de romandie fantastique non plus l année deniere, il etait pourtant au RDV assez tot sur le giro, il a meme perdu du temps sur les strades je crois en voulant aller chercher l etape avec Weening qui l a planté…sur une portion plate si mes souvenirs sont bons! Ca ne l a pas empeché de finir 3eme au final avec meme une etape en puncheur magnifique. Il ne s etait pas economisé. Dupont dans Sport velo: « J ai connu le depart aux pays bas, en italie, j avais 10 mins dans les carreaux…quand on fait 59kg, c est pas facile » a propos de Gadret: » Si il arrive a Verone sans avoir perdu de temps, il peut faire aussi bien qu en 2011″ je lui souhaite, mais cette année, il y a pas mal de pur grimpeurs de tres bon niveau et en grande forme. Le top 10 par contre est largement faisable pour l un des 2, une etape serait vraiment bien, ce sera moins simple, l année derniere etait vraiment superbe pour eux! Ce qu il manque peut etre cette année, un chrono en cote avec surface adapté a ses qualités de cyclo, il avait fait 3 en 2010 derriere Gazelli et evans mais devant Scarpo,nibali,basso,vino,uran SVP, mémorable ce chrono! -UN OEUF sur un fond neutre- pas mal! Ces 2 coureurs (et l equipe AG2R) meritent plus de médiatisation en france!
« Les chutes elles arriveront mais si les leaders sont aux avants-postes aucun risques pour eux »
Depuis quand les chutes à l’avant du peloton ont-elles été abolies?
J’aime beaucoup Gadret, mais il faudrait que (comme Rujano) il brille ailleurs que sur le Giro.
J’aime d’habitude beaucoup vos articles mais en toute objectivité, je vois pas l’intérêt de celui-ci outre le fait que c’est bien écrit. Ce sont de belles histoires mais je ne vois pas la place d’une histoire sur un site d’analyse.
Je le redis, c’est original mais pour moi, même si on voit l’envie d’un peu de changement, ce n’est pas utile.
Bonne continuation et bon amusement sur ce Giro.
@Big_Mac On a voulu vous inciter à lire entre les lignes. Les deux scenarii illustrent le « tout ou rien » dont est capable Gadret. Ils distillent des éléments : le risque des étapes danoise, mais aussi des autres qui suivent, le danger de trop se montrer en première partie de Giro, la présence de Dupont chez AG2R, la volonté de marquer des points UCI, le rapport à la pression de Gadret, son désamour pour les autres grands tours, l’importance des dernières étapes.
Dans ces conditions, c’est pas mal du tout quoique les infos sont peut-être un peu noyées dans le récit.
De toute manière, avant le départ, il n’y a pas grand chose à dire. Mais j’aurai apprécié avoir votre opinion sur son état de forme avant course et ce que vous pensez qu’il puisse réaliser pendant ces 3 semaines.
On a rendez-vous pour une interview avec lui au jour de repos de mardi, donc vous saurez tout ça à travers nos questions et ses réponses.
le 2° sénar est le plus plausible mais je le vois bien jouer le maillot des grimpeurs
Vous auriez pu faire autre chose comme article quand même. Un peu de rêve ou de cauchemar raconté comme ça, ok, mais sur tout l’article. J’ai vite décroché.
Quant aux vraies chances de John Gadret, je pense qu’il ne faut pas trop se faire d’illusion, il sera loin du podium cette année.