Hold-up à la Milanaise ?

Par Alexandre Philippon
Dimanche 27 mai 2012 - 12:19
Photo : gazzetta.it
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Le Tour d’Italie 2012 se termine par un contre-la-montre tout plat dans les rues de Milan. Long de trente bornes, et même si la fraîcheur entre dans l’équation après trois semaines de course, il va clairement avantager les rouleurs. On s’oriente vers un duel improbable entre Ryder Hesjedal et Thomas de Gendt. Si c’est le Belge qui gagne, il aura fait plier la course en deux jours. Va-t-il faire sauter la banque ?
Un maillot rose qui, sauf miracle, a déjà perdu le Giro
Joaquin Rodriguez a gardé son maillot rose jusqu’au bout. Mais il est quasiment sûr qu’il va le perdre à Milan. Épilogue cruel pour l’Espagnol, qui a parfaitement géré son avance en montagne, mais a semblé oublier qu’il restait un contre-la-montre le dernier jour. On dirait que c’est le destin de Purito, ça : impressionner dans les montées de tous types, avoir la capacité de semer tout le monde sur une attaque tranchante, et payer le prix fort de ces qualités d’explosivité dans les épreuves chronométrées, où son petit gabarit devient un handicap fatal. Pour gagner un grand tour, il faut aussi savoir rouler. Une question demeure : il a forcément préparé son affaire, non ? Et si c’était ça, sa tactique ? Arriver à Milan avec le maillot rose et sortir un contre-la-montre de folie, grâce à son état de fraîcheur, pour contenir ses adversaires et s’adjuger la course. Son résultat honnête sur le prologue laisse penser qu’il a en effet progressé, mais sur une distance plus longue, ça sent quand même très fort la destitution in extremis…
Le truc, c’est que Joaquin Rodriguez n’avait sans doute pas prévu la remontée incroyable de Thomas de Gendt. Il se basait sur qui, depuis une semaine ? Ryder Hesjedal. Et quand la course, samedi, est devenue folle, il n’a pas su improviser de la meilleure des manières, dégainant trop tard alors que l’impression visuelle dans le dernier kilomètre a montré qu’il lui restait du jus. Le danger que représente désormais le Belge peut être à la fois un problème et une opportunité pour le coureur de Katusha. Soit le Canadien, qui dispose de 1’47″ d’avance sur son inattendu adversaire, se sublime pour l’empêcher de refaire son retard, et « claque » le chrono de sa vie, remportant le Giro au bout des trente kilomètres milanais. Soit il stresse, veut trop bien faire parce qu’il a peur du coureur de Vacansoleil, arrive finalement à le contenir mais à force de gérer, ne signe pas un assez bon temps pour doubler Joaquin Rodriguez au classement. Purito a donc ce dernier espoir. Mais c’est la position de Ryder Hesjedal qui est enviable. Il est favori logique pour sortir vainqueur de ce dimanche décisif. Ce qui est délicat, c’est qu’il doit à la fois dépasser et ne pas se faire dépasser, mais la solution évidente à tout ça, c’est de ne rien calculer, de maîtriser son effort pour proposer le meilleur chrono possible.
Le duel, c’est Hesjedal – De Gendt
C’est de toute façon ce qu’ils vont faire tous. Joaquin Rodriguez, Ryder Hesjedal, Michele Scarponi et Thomas de Gendt, puisqu’ils sont en terme d’écarts les quatre loustics encore en mesure de gagner le Tour d’Italie, vont tous prendre le départ de ce chrono dans la seule et unique idée de donner leur maximum. Tactique zéro. C’est tout plat, il n’y a donc pas à privilégier l’une ou l’autre des portions du tracé. En fin de journée, si quelqu’un a des regrets, ils ne concerneront pas l’exercice dominical mais les trois semaines qui l’ont précédé. Et encore… Si De Gendt gagne le Giro, il aura fait quelque chose d’historique. Mais s’il le perd, il pourra néanmoins être fier de lui. Si Hesjedal gagne le Giro, il aura magnifiquement résisté depuis le chrono par équipes. S’il le perd, il dira qu’il venait pour « un top 10 ou mieux ». Si Rodriguez ou Scarponi gagne le Giro, c’est qu’il aura réalisé un contre-la-montre incroyable et on lui tirera notre chapeau. S’il perdent, on dira que c’est normal. Et eux diront qu’ils ont fait leur max en montagne.
Mais que l’on ne s’y trompe pas : les deux vrais candidats à la victoire finale, ce sont Hesjedal et De Gendt. Il ne faut pas rêver… Ce sont des rouleurs, et ils vont tirer profit de cette dernière étape tout à leur avantage. Attention toutefois : ce ne sont pas des spécialistes du contre-la-montre. Il y a une nuance. L’un comme l’autre savent faire tourner les jambes, ont des gabarits plus imposants que les purs grimpeurs, ont des « moteurs ». Mais ils n’ont pas la science du chrono qu’ont des Wiggins, Evans ou Martin. Ainsi tout peut arriver, car c’est la forme du jour et uniquement elle qui dictera le verdict de ce Tour d’Italie. Le Canadien est un métronome : il n’a jamais gagné de chrono, ni même signé de performance pouvant le classer dans la catégorie des spécialistes, mais il a appris à toujours assurer le coup pour se classer au général des course par étapes, notamment d’une semaine. Le Belge, lui, n’évolue au plus haut niveau que depuis deux ans : il n’a que peu de références et sa quatrième place au chrono de Grenoble, l’an dernier sur le Tour de France, demande à être confirmée. S’il y parvient, il peut gagner le Giro en 48 heures…
Le général
1.
Joaquin Rodriguez (Katusha)
2.
Ryder Hesjedal (Garmin-Barracuda) +0’31″
3.
Michele Scarponi (Lampre) +1’51″
4.
Thomas de Gendt (Vacansoleil) +2’18″
5.
Ivan Basso (Liquigas) +3’18″
6.
Damiano Cunego (Lampre) +3’43″
7.
Rigoberto Uran (Team Sky) +4’52″
8.
Domenico Pozzovivo (Colnago-CSF) +5’47″
9.
Mikel Nieve (Euskaltel) +5’56″
10.
John Gadret (AG2R La Mondiale) +6’43″








En effet, le duel sera entre Hesjedal et De Gendt. L’état de fraîcheur jouera beaucoup !
Je vois De Gendt quand même meilleur rouleur que Hesjedal. Après tout peut arriver, Purito peut nous sortir le contre la montre de sa vie, le suspens reste entier !
Chrono de fou. Ça va être chaud jusqu’au bout, et on n’en demandait pas tant au début du Giro.
D’habitude je n’aime pas qu’un clm clôture un grand tour, mais là on ne pouvait trouver mieux au niveau du suspens. Le spectacle sur ce Giro fut rare mais au niveau de l’incertitude on aura été servi.
Scarponi devrait logiquement sortir du podium. Rodriguez avec le rose sur les épaules et au vu du clm du début de Giro peut étonner. de Gendt, apparemment le plus frais, peut réaliser un exploit et devenir l’idole de tout un peuple en attente d’un vainqueur de grand tour. Hesjedal reste le mieux placé mais c’est lui qui ressentira le plus la pression.
En tant que Belge j’espère que Thomas va grimper sur la plus haute marche mais je pense que le podium sera :
1)Hesjedal.
2)de Gendt.
3)Rodriguez.
tous les 3 en moins d’une minute.
Sur un chrono de 50km, oui De Gendt aurait pu reprendre 1’47″ à Hesjedal.
Mais là sur 30 km c’est vraiment compliqué.
@Nico02 : De Gendt meilleur rouleur que Hesjedal, oui, je le pense aussi. Il est même capable de gagner l’étape. Mais prendre 2’18 à Hesjedal ? C’est ça la question…
De Gendt en a quand même fait beaucoup hier. Ça serait incroyable qu’il réussisse à prendre 2’20″ sur Purito et 1’50″ sur Hesjedal… Enfin bref, le giro est quand même presque joué. On est jamais à l’abri de surprises, néanmoins.
Hesjedal va gagner ce Giro, c’est quand même un bon rouleur, il a finit devant De Gendt lors du chrono inaugural
Je ne vois franchement pas Hesjedal perdre 1’47 sur De Gendt sur 30km.
Il faut arrêter les comparaisons avec le chrono de Grenoble. Ce n’était pas la même distance, pas le même profil de parcours, les coureurs n’étaient pas dans les mêmes conditions et surtout dans les mêmes positions !
De Gendt se sentait en pleine bourre en cette fin de Tour (après son étape de l’Alpe d’Huez) et s’est sûrement dit qu’il allait tenter de faire un truc sur le chrono.
Mais Hesjedal lui ne jouait plus grand chose donc il est fort possible qu’il ne soit pas donné à fond ce jour là (sa seule motivation était de faire 17ème et pas 18…).
Et puis bien que j’adore De Gendt (d’ailleurs j’étais peut-être le seul à oser en parler un peu pour le général au départ ^^) Grenoble est sa seule très belle référence en chrono.
Bref aujourd’hui le Canadien est à 2 doigts d’une perf immense, donc je ne le vois pas passer à côté.
Réponse dans quelques heures et de toute façon, que ce soit Hesjedal ou De Gendt, ce sera pour moi un très beau vainqueur.
Un remake de Fignon – LeMond ou un remake de Moser – Fignon reste à savoir auquel c’a ressemblera aujourd’hui.
Une conclusion s’impose,ce giro a été minable,il ne s’est rien passé,personne n’a rien tenté.Heureusement que De gendt,Cunego,Nieve ont animés cette édition.Ils ont tenté de loin et ça a sourit hier mais ça ne change le fait que ce giro a été fade,sans surprise,sans panache.
Une grande partie de ce raté incombe à la liquigas qui a roulé pour rien.
Pour dire la vérité je suis dégouté de voir un canadien bourru,sans charisme,lourd sur le point de gagner le giro.
On doit encore se coltiner un coureur anglophone après avoir subi Armstrong,Hamilton,Leipheimer,Landis,Hincapie,Zabriskie,Vandevelde et maintenant Wiggins,Hesjedal et bientôt Froome et Van garderen.Ras-le-bol.
Je mets Evans à part,il n’est pas comme eux,c’est un vrai coureur qui s’est construit sans soupçons.
Dire que des coureurs comme Hesjedal,Sastre,Gonzales,Cobo,Casero(tous porteurs d’eau) ont gagné un GT et que d’autres comme Poulidor,Chiappucci,Breukink,Jimenez,Ugrumov,Escartin,Virenque,Frigo…Une injustice.
@NOLS666
Dans tous ceux que tu regrettes de n’avoir pas gagné un grand Tour, il y en a quelques uns qui tournaient pas à l’eau claire!
Après suis assez d’accord sur l’omniprésence lassante des Anglo-saxons dans le cyclisme.
Même dans notre discipline le mondialisme se fait hélas sentir..
@NOLS666 tu connait vraiment rien au vélo
@ NOLS666 :
Je ne reviendrai pas sur tous les noms que tu as cité mais franchement je ne vois pas ce que Van Garderen fait là dedans.
Depuis qu’il est tout jeune on connait son talent, ses qualités de coureur de courses par étapes (cf tour de l’avenir etc) et il suit une progression on ne peut plus logique.
Je crois que sa seule tare (à tes yeux) est surtout de ne pas être un petit escaladeur italien ou colombien.
excuse-moi,nol,mais en matière de soupçons,les noms des coureurs qui auraient mérités de gagner un gt à tes yeux
sont plutot pas mal,c’est vraiment le moins que l’on puisse dire…
Bravo à Ryder Hesjedal pour son giro, tant pis s’il ne le gagne pas. Mais qu’est ce qu’il a été sous-estimé dès le départ, en partie parce qu’il est canadien.
Il a su gérer ses 3 semaines, même moi je le voyais top-5, mais pas dans les 2 premiers.
Que de chemin parcouru depuis le vélo de montagne et ses débuts anonymes chez US-Postal.
Bravo encore, il fallait que Steve Bauer ait un successeur sur les grands tours (même s’ils n’ont pas fait que ça dans leurs carrières).
@NOLS666 : Pour ta gouverne, Hesjedal n’est pas un inconnu comme tu le dis si bien, il est un bon très bon grimpeur et un bon rouleur et ce depuis plus de 13 ans….il n’y a pas que le cyclisme sur route ….
Pour ce qui est de l’omniprésence des anglosaxons, comme il y a 5 fois plus d’anglophones sur la planète que de francophones, il est normal qu’ils soient plus représenté en cyclisme…simple règle de trois.
Il ne faudrait pas oublier « Purito ».
Il perds pour 15s, dur…
Aprés Cobo Acebo, on a Hesjedal..
Sur sa carrière, Purito mérite largement plus un GT que Hesjedal, mais ca montre qu’avec des petites lacunes en CLM, on peut difficilement gagner un Grand Tour !