Gadret : « J’aime quand c’est dur »


Le Critérium international, ce week-end, est sa première course sur route de la saison. John Gadret, troisième du Tour d’Italie 2011, n’avait plus couru depuis les cyclo-cross de cet hiver et il s’attend à souffrir pour sa reprise. Mais il va ensuite cravacher en avril pour arriver fin prêt sur le Giro, comme toujours son objectif. À l’aube de sa rentrée 2012, le coureur d’AG2R La Mondiale s’est confié à Velochrono.

John, vous avez l’habitude de reprendre sur Cholet – Pays-de-Loire, mais on ne vous y a pas vu dimanche dernier. Pourquoi ?

J’ai eu des soucis de santé. Je me suis fait arracher des dents de sagesse, mais ça s’est infecté, il y a eu des complications… J »avais la tête comme une patate, je n’ai pas pu rouler ! Il a donc fallu repousser ma reprise d’une semaine. C’est résolu maintenant.

C’est donc sur le Critérium international, ce week-end, que vous effectuez votre reprise. Dans quelle forme ?

Je sais que le week-end va être difficile. Je vais souffrir. Il est hors de question d’aller au charbon.

Je pars un peu dans l’inconnue. Je n’appréhende pas spécialement, mais je sais que le week-end va être difficile, que je vais souffrir. À la limite, l’inversion des deux journées (l’étape de l’Ospedale a lieu le dimanche, les deux demi-étapes le samedi, ndlr) m’arrange pas mal. Enfin, pas au point d’espérer faire quelque chose dimanche ! Non, l’objectif est de travailler, comme je le fais tous les ans. Il est hors de question d’aller au charbon, de toute façon ce ne serait pas possible.

Quelle sera la suite du programme, avant le Giro ?

Je vais courir le Tour du Pays basque (2-7 avril) et le Tour de Romandie (24-29 avril). Et entre les deux, je ne vais pas disputer les classiques ardennaises mais le Tour du Trentin (17-20 avril). On avait envie de changer un peu avec l’équipe, on va essayer comme ça. Je pense que ce n’est pas trop mal en vue du Tour d’Italie (5-27 mai). Le Trentin, c’est une course assez difficile, je vais pouvoir y prendre de bons points de repère, voir mes adversaires. Même si je sais très bien que je n’y serai pas opérationnel comme au Giro. Je commencerai à être bien, normalement, mais je ne vais pas voler non plus.

Ces deux dernières années, vous avez parfaitement su gérer votre approche du Tour d’Italie. Monter en régime, vous savez faire ?

Oui je maîtrise, mais c’est surtout grâce à Julien Jurdie (directeur sportif d’AG2R La Mondiale, ndlr). Il m’aide au maximum, en me faisant des plans d’entraînement axés sur les périodes où je veux marcher. Moi je pédale, mais lui, il fait tout pour m’aider à réussir.

Vous avez prévu de vous tester en Romandie ou au Trentin ?

Il va bien falloir que je me teste, je ne vais pas rester à rien faire jusqu’au Giro !

L’année dernière, je marchais déjà vers la fin du Tour de Romandie. Pourquoi pas faire pareil cette année ? De toute façon, oui, il va bien falloir que je me teste, je ne vais pas rester à rien faire jusqu’au Giro ! Ce week-end, en Corse, je vais faire ce que je peux, mais ensuite, dès le Tour du pays basque, il sera important de se tester sur des étapes. Bon, l’an dernier, je n’avais pas forcément choisi le bon jour puisqu’on était arrivé à cinquante pour la gagne…

Tout pour le Giro. Vous y pensez depuis quand ? La dernière étape à Milan, l’an dernier ?

Non… J’y pense, mais ce n’est pas une obsession non plus. En plus, il est un peu moins difficile cette année, même si ce sont bien sûr les coureurs qui font la course… Là, j’ai fait ma coupure, et je pense avant tout à retrouver la forme, et tout suivra. Mais je l’ai dans un coin de la tête. Ce que j’ai fait l’an passé, c’est très bien. J’espère faire aussi bien voire même mieux (rires), mais évidemment on ne sait jamais. Il y a toujours les aléas de la course… En tout cas je vais tout faire pour y arriver.

En janvier, vous nous aviez déjà dit que vous espériez un Giro plus difficile

Oui, celui de l’an dernier était vraiment très dur, mais moi jamais je ne me plaindrais de ça ! Au moins, les hommes forts sont devant. Et si j’avais été derrière, je ne me serais pas plus plaint. J’aime quand c’est dur et que ça se fait à la pédale.

Vous rêvez de faire mieux que votre quatrième place de l’an dernier, devenue troisième après le déclassement de Contador. Et justement, l’Espagnol ne sera pas là, Nibali non plus ou alors en lieutenant de Basso … C’est très ouvert pour le podium !

L’absence de victoire, oui, j’y pense. Ça fait quand même deux mois que les compétitions ont repris, voire un peu plus, et toutes les autres équipes ont gagné maintenant… Ce serait bien de s’y mettre !

C’est vrai, c’est jouable. Qui vivra verra ! Je ne suis pas du genre à dire que je vais tout faire péter. Ce n’est vraiment pas mon style. Je vais tout faire pour aller chercher le meilleur résultat possible, et ne pas avoir de regrets à l’arrivée. Je pense que Hubert Dupont aussi sera à nouveau là, c’est toujours bien d’avoir deux mecs comme ça sur un grand tour. Je serai le leader, Vincent (Lavenu, le manager d’AG2R La Mondiale, ndlr) me l’a clairement dit, mais tout peut arriver ! Si je me rate, je peux me mettre au service de Hubert. Et puis, rien ne l’empêche de toute façon de faire un bon classement. On l’a bien fait l’an passé (Dupont onzième après déclassement de Contador), pourquoi pas cette année ?

L’an dernier, vous avez gagné à Castelfidardo après trois ans de disette. Depuis, vous n’avez pas regagné. Et cette saison, votre équipe, AG2R La Mondiale, n’a pas encore gagné non plus. Vous y pensez à tout ça ? Vous avez déjà coché des étapes du Giro ?

Je n’ai rien coché du tout. Je verrai bien sur place, je pense déjà à retrouver la forme. Mais l’absence de victoire, oui, j’y pense. L’équipe marche pas mal, mais la victoire n’est pas au bout… On a le même problème tous les ans, on n’arrive jamais à accumuler les succès. J’espère que ça va se décanter bientôt, parce que plus vite on va gagner, plus vite on sera tranquille. Tant qu’on n’y arrive pas, on vit avec cette pression du résultat. Moi, je n’ai pas encore repris, mais j’y pense déjà. Ça fait quand même deux mois que les compétitions ont repris, voire un peu plus, et toutes les autres équipes ont gagné maintenant… (en World Tour, BMC et Euskaltel ne sont plus à zéro victoires depuis ce  24 mars, ndlr) Ce serait bien de s’y mettre !


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  1. Gadret : « J’aime quand c’est dur »

    Oh moi aussi mon coquin ;)


  2. Samedi 24 mars 2012 à 17:49 - James | Thumb up 37 Thumb down 5

  3. On est toujours le 24 mars, mais BMC et Euskatel viennent tout juste de gagner leur premiere victoire…il ne reste donc plus que AG2R!


  4. Samedi 24 mars 2012 à 17:55 - Australian Victory | Thumb up 10 Thumb down 3

  5. J’ai modifié AV, merci.


  6. Samedi 24 mars 2012 à 18:00 - Alexandre Philippon | Thumb up 4 Thumb down 0

  7. Gadret : « J’aime quand c’est dur »

    Je dois avoir l’esprit mal placé parce que ce titre ne me fait absolument pas penser au cyclisme :)


  8. Samedi 24 mars 2012 à 19:21 - Francis | Thumb up 11 Thumb down 7

  9. un super coureur un mec comme ca! et en plus on est de la meme ville! j’espere qu’une chose la victoire sur le giro ce serait si beau!


  10. Samedi 24 mars 2012 à 19:22 - clemish | Thumb up 9 Thumb down 1

  11. C’est sûr que pour lui, le Trentin est mieux que les monts ardennais. Il peut vraiment faire un sacré truc au Giro, et pourquoi pas avant en Romandie.


  12. Dimanche 25 mars 2012 à 19:02 - Daminou76 | Thumb up 1 Thumb down 1

  13. On compte sur toi pour le Giro!!!


  14. Lundi 26 mars 2012 à 14:24 - cipolini | Thumb up 0 Thumb down 0

  15. Bon, je suis un peu en retard, et d’autres y ont pensé avant moi, mais les gars, sincèrement, entre « J’aime quand c’est dur » et le « je pars dans l’inconnue », c’est vraiment très sale… Je soupçonne Baptiste de ne pas être innocent sur ce coup-là…


  16. Lundi 26 mars 2012 à 19:25 - Cascarinho | Thumb up 0 Thumb down 0