Freire : « Cette fois, c’est la dernière »


Freire : « Cette fois, c’est la dernière »

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Jeudi 12 janvier 2012 - 10:29
Photo : Katusha


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Alors qu’il avait déjà envisagé mettre un terme à sa carrière professionnelle en fin d’année 2011, Oscar Freire a finalement rempilé pour une ultime saison. Mais pour la première fois depuis 2003, ce ne sera pas avec le maillot de la Rabobank, mais celui de la Katusha. Décontracté et souriant, le triple champion du monde a accueilli Velochrono dans son hôtel d’Adélaïde, à quelques jours du départ du Tour Down Under. Pour un entretien exclusif.

Oscar, 2011 aura été une année délicate pour vous avec peu de succès et des problèmes respiratoires fréquents. Allez-vous mieux pour cette nouvelle saison ?

Pour être honnête, c’est surtout l’équipe qui a insisté pour que je participe à ce Tour Down Under. Mais je n’étais pas vraiment contre non plus.

Je me sens relativement bien en ce moment. Je m’apprête à démarrer cette saison 2012 dans un endroit complètement différent des années précédentes. J’ai souvent pour habitude de débuter sur le Challenge de Majorque, mais cette année ce sera donc de l’autre côté du globe, en Australie. Et avec de très fortes températures ! Je dois avouer que c’est agréable de pouvoir rouler avec ces conditions climatiques en janvier. Débuter 2012 sous le soleil australien, et pour une nouvelle équipe, cela ne peut que me motiver.

Était-ce un choix uniquement personnel de venir en Australie ?

Pour être honnête, c’est surtout l’équipe qui a insisté pour que je participe à ce Tour Down Under. Mais je n’étais pas vraiment contre non plus. C’est une course très importante puisque labellisée World Tour, et j’ai entendu dire beaucoup de bien de cette épreuve. L’organisation y est apparemment très bonne, et je pense que cela peut être un bon départ pour cette année 2012.

« Même sans être à 100%, il est toujours possible de faire quelque chose »

Ce Tour Down Under, ce sera seulement une course de préparation, ou vous espérez y briller en remportant par exemple une étape ?

A vrai dire, je ne sais pas vraiment où me situer pour le moment. Si la forme est là, je vais essayer, c’est certain. Mais pour le moment, c’est compliqué à dire. Parfois, tu penses ne pas être en très grande forme et puis finalement les sensations sont là pendant la course, et tu te dis « pourquoi ne pas tenter le coup ? ». Même sans être à 100%, il est toujours possible de faire quelque chose.

D’autant qu’il y aura des coureurs comme Luca Paolini ou Xavier Florencio pour vous épauler…

C’est vrai mais honnêtement, on ne pense pas trop à cela. Il faudra d’abord voir comment je me sens, comment les autres gars de l’équipe se sentent. Et bien évidemment voir le niveau de nos adversaires à ce stade de la saison. C’est la toute première course de l’année et cela sera forcément particulier.

Pour la première fois depuis fin 2002, vous allez porter un autre maillot que celui de la Rabobank. Est-ce un sentiment spécial ?

Cela m’a vraiment fait bizarre au début. Maintenant, je pense que cela peut être quelque chose de très positif, notamment pour le moral. C’est une nouvelle équipe, un nouveau pays, avec différents coureurs, et je pense que j’ai fait le bon choix.

L’an passé, la Rabobank ne vous a pas aligné sur le Tour de France. Peut-on considérer que cette décision aura précipité votre départ vers la Katusha ?

J’ai la garantie de pouvoir faire le Tour de France avec Katusha en juillet prochain.

J’ai appris ma non-sélection pour le Tour de France dès le début de saison, lorsque nous avons choisi mon programme de course. Les dirigeants m’ont expliqué qu’ils voulaient une équipe construite autour de Robert Gesink pour jouer le classement général. Je n’étais évidemment pas d’accord avec cela et je voulais participer au Tour, mais c’était tout simplement impossible. Pourtant, après ma saison 2010, j’étais vraiment très confiant pour 2011. Tout le monde connait la suite de l’histoire : privé de Tour de France puis malade sur le Tour d’Espagne, j’ai rapidement été mis aux oubliettes la saison passée. Il est certain que cela n’aura pas été une grande saison pour moi, mais ce sont des choses qui arrivent dans une carrière. Désormais, j’ai la garantie de pouvoir faire le Tour de France avec Katusha en juillet prochain, et c’est quelque chose de primordial pour moi.

Revenons un instant sur cet abandon lors du Tour d’Espagne. Etait-ce une nouvelle fois à cause de vos problèmes respiratoires ?

Oui, j’ai été très gêné dès le tout début de cette Vuelta. J’ai couru toute la première semaine en étant en très mauvaise condition, puis j’ai fini par renoncer. Après cela, j’ai continué à travailler dur pour revenir à un bon niveau mais finalement, je n’ai pas beaucoup couru en fin d’année (GP de Wallonie, Championnat du Monde et Paris-Tours, ndlr).

« Il est certain que 2011 n’aura pas été une bonne saison en termes de résultats »

Vous avez été embêté tout au long de l’année 2011 avec ces problèmes de santé. N’avez-vous pas peur que cela continue cette saison ?

Non. Vous savez… Je n’ai vraiment été embêté que sur le Tour d’Espagne finalement. Le début de saison s’était relativement bien passé pour moi, comme en témoignent mes résultats, même si je n’ai gagné qu’à deux reprises (Deux étapes de la Ruta del Sol, ndlr). Je me suis quand même souvent montré aux avant-postes et j’ai régulièrement joué la gagne. Maintenant, il faut avouer que je n’ai pas franchement été chanceux non plus. Je pense par exemple au Tour de Suisse où j’ai été disqualifié (Il terminait second d’étape la veille, ndlr). Mais il est certain que ce n’aura pas été une bonne saison en termes de résultats.

Direction donc la Katusha à présent. Votre changement d’équipe a-t-il entraîné un autre changement, cette fois-ci dans votre façon de vous préparer cet hiver ?

Le programme a légèrement changé en effet, et ce du fait que je commence la saison un peu plus tôt que je n’ai l’habitude de le faire. Après, commencer la saison au Tour Down Under ou début février en Europe, ce n’est pas un gros changement non plus. Cela fait simplement moins d’entraînements ou de stages que si j’avais commencé à Majorque, mais c’est tout. Pour moi ce n’est vraiment pas un problème.

Quelles seront vos prochaines participations après le Tour Down Under ?

Je vais retourner en Espagne pour participer à la Ruta del Sol, puis je me rendrai en Italie pour disputer la Montepaschi Strade Bianche. Ensuite, ce sera Tirreno-Adriatico, et bien entendu Milan-San Remo, pour ensuite continuer avec les autres classiques du début de saison.

La Team Katusha compte sept coureurs espagnols en cette saison 2012. Etait-ce un élément important pour votre venue dans la formation russe ?

Courir avec un ou deux compatriotes sur certaines épreuves, ce n’est que du bonus.

Je ne suis pas certain que l’on puisse souvent courir ensemble. Mais quand cela arrivera, ce sera forcément un plus. Courir avec un ou deux compatriotes sur certaines épreuves, ce n’est que du bonus. Moralement cela fait du bien et puis de surcroît, cela rend les choses plus faciles en course, en termes de communication notamment.

Il y aura plusieurs coureurs rapides chez Katusha cette saison avec entre autres Alexander Kristoff, Luca Paolini, Angel Vicioso ou bien sûr Denis Galimzyanov. Que pensez-vous de vos coéquipiers ?

C’est plaisant sur le papier, puisque cela fait pas mal de coureurs rapides. Mais attention, parfois, certaines équipes ont un grand nombre de bons sprinters mais se montrent par la suite incapables de concrétiser sur la route avec des résultats. Et puis, même si cela pourrait faire un bon petit train, je ne suis pas certain que les dirigeants alignent chacun d’entre nous sur les mêmes courses. Pour le Tour de France par exemple, priorité sera faite aux grimpeurs pour entourer Denis Menchov, l’enfant du pays. Cela dépendra donc des opportunités au fil de la saison. Il faudra voir comment je suis entouré.

« J’espère remporter Milan-Sanremo pour la quatrième fois »

Quelle relation entretenez-vous avec Denis Galimzyanov ?

Je ne le connais personnellement que depuis le premier stage de l’équipe cet hiver. J’ai d’ailleurs fait chambre commune avec lui. Il y aura de nombreuses occasions de s’illustrer tout au long de la saison, pour lui comme pour moi. On pourrait très bien être aligné sur les mêmes courses de temps à autre, mais ce n’est pas un problème pour moi. A l’inverse, je pense même que cela pourrait être un avantage. Je pourrais par exemple me mettre à son service sur certaines courses « mineures » du calendrier. Et pourquoi pas voir Denis me donner un coup de main sur les épreuves qui me conviennent le mieux, comme certaines grandes classiques.

Laquelle, plus particulièrement ?

Mon premier grand rendez-vous de l’année sera une nouvelle fois Milan-San Remo, que j’espère remporter pour la quatrième fois. Les classiques du mois d’avril seront également importantes pour moi. Après, j’espère briller sur le Tour de France et les Jeux Olympiques.

Pensez-vous déjà à cet éventuel titre ?

Je n’ai pas encore analysé attentivement le circuit mais j’ai entendu dire qu’il pouvait me convenir. Ce sera une course très spéciale puisque sur un jour, et avec seulement cinq coureurs par nations au maximum. Il ne sera donc pas évident de contrôler la course. On verra ce que cela peut donner, mais il y a encore le temps…

Vous avez déjà remportés trois Championnats du Monde, trois Milan-San Remo, un Gand-Wevelgem, un Paris-Tours, quatre étapes sur le Tour de France ainsi qu’un maillot vert. Que peut-on vous souhaiter de plus pour cette année 2012 ?

Si vous tombez sur un Philippe Gilbert aussi fort que l’an passé, que voulez-vous faire ?

Il y a énormément de courses que je n’ai jamais eu l’occasion de remporter à vrai dire (rires). Je pense notamment aux courses comme le Tour des Flandres ou l’Amstel Gold Race. Maintenant, si vous tombez sur un Philippe Gilbert aussi fort que l’an passé, que voulez-vous faire ? Mais pourquoi pas l’Amstel Gold Race, quand même ? Oui, cela peut être un objectif (Il a terminé sixième l’an passé, ndlr).

L’an passé, vous laissiez déjà supposer que 2011 pouvait être votre dernière saison au sein du peloton professionnel. Vous avez déclaré la même chose récemment en ce qui concerne 2012. Qu’en est-il réellement ?

Cette fois, ce sera bien ma dernière saison professionnelle. J’ai réellement pensé arrêter après la saison 2011 durant quelques temps, mais finalement je me suis ravisé. Pourquoi ? Tout simplement parce que 2012 est une année olympique, et que comme je l’ai dit précédemment, j’espère pouvoir briller à Londres. En plus de cela, je ne voulais vraiment pas terminer ma carrière sur une mauvaise note, et mon année 2011 ne m’aura vraiment pas donné satisfaction. Désormais, j’ose donc espérer terminer ma carrière, en 2012, avec un bon sentiment du devoir accompli.


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  1. Freire n’est quand même plus tout jeune et ce sera compliqué de rivaliser sur pas mal de courses avec des coureurs beaucoup plus jeunes. Sur Milan-San Remo il a quand même une chance grâce à son endurance mais c’est pas gagné


  2. Jeudi 12 janvier 2012 à 10:52 - Misterdjo | Thumb up 8 Thumb down 1

  3. Il dit qu’une participation au Tour est importante pour lui. Si je me souviens bien, l’an passé, il avait bien déclaré que c’était une course fade et qu’il ne voulait plus y aller.
    Bref.

    Personnellement, je pense qu’il a fait le plus gros de sa carrière. Peut-être lui restera-t-il quelques victoires d’étapes (enfin, s’il ne se fait pas disqualifié). Quand aux JO, je miserai plus sur un Rojas bien plus fiable si j’étais le sélectionneur espagnol.


  4. Jeudi 12 janvier 2012 à 11:24 - Didipiou | Thumb up 10 Thumb down 4

  5. Et une dernière saison pour l’un des plus grand coureurs de classique de ces dernières années…
    Oscar est un grand champion et il va le prouver !!!


  6. Jeudi 12 janvier 2012 à 14:47 - Paco | Thumb up 6 Thumb down 0

  7. C’est clair que sa pointe de vitesse n’est plus celle qu’il avait lors de ses plus belles années. Comme dit Misterdjo il doit miser sur son endurance et sur son expérience sur les longues classiques. Ou tenter de régler des sprints en petit comité sur des courses suffisamment vallonnées pour qu’il n’y ait plus de sprinteur avec lui.
    Quand j’y pense, Freire qui gagne les JO ça aurait de l’allure ! Le fait que les équipes ne comptent pas plus de 5 coureurs peut l’avantager, tout comme la présence de Rojas comme sprinteur désigné dans l’équipe d’Espagne. Ca lui laisserait un rôle d’électron libre et il pourrait ainsi partir dans un coup. Vu que la course sera très difficile à contrôler un scenario comme celui-ci est envisageable. C’est de toute façon sa seule chance selon moi car il n’est plus en mesure de remporter un sprint massif devant tous les meilleurs sprinteurs du peloton.
    Pour finir, il n’en parle pas mais le parcours des mondiaux devrait lui convenir à la perfection, puisqu’il ressemblera à une Amstel Gold Race (course qu’il affectionne) mais ne se terminera pas en bosse (si je ne me trompe pas). Le problème est qu’il y aura beaucoup de candidats au titre parmi l’équipe espagnole, il faudrait là aussi qu’il puisse avoir un rôle d’électron libre de sorte à se glisser dans un groupe qui anticiperait les attaques des gros leaders.
    Je lui souhaite en tout cas de gagner ne serait-ce qu’une belle course pour sa dernière saison.


  8. Jeudi 12 janvier 2012 à 17:28 - PinKou | Thumb up 3 Thumb down 0

  9. Moi, je le verrai bien s’imposer aux JO ou alors j’aimerai bien ce qui est différent (lol) !! Mais ce serait une sacrée belle pour terminer une superbe carrière en beauté non ? Et qui sait, rebelote en 2013, la vraie der des der en ce cas ??!!


  10. Vendredi 13 janvier 2012 à 13:27 - VERSMISSE | Thumb up 1 Thumb down 0