Force basque

Par Alexandre Philippon
Lundi 20 août 2012 - 11:02
Photo : Sport-phot.com / Nicolas Götz
Ce lundi, c’est la première arrivée en sommet du Tour d’Espagne 2012. Et pas n’importe où : à Arrate, sur une bosse bien connue des spécialistes des Ardennaises, lesquels s’en servent de tremplin début avril sur le Tour du Pays basque. Ainsi les organisateurs ne se sont pas moqués de ceux qui avaient été privés de Vuelta pendant de nombreuses années. Les spectateurs vont pouvoir sortir les drapeaux et montrer de quoi ils sont capables. Et les coureurs aussi. Avec une idée en tête : profiter du supposé manque de rythme d’Alberto Contador.
Le vrai parfum du cyclisme basque
Les grands tours aiment parfois s’inspirer des autres courses. Quand le Tour de France emprunte un secteur pavé, part de Liège, arrive à Plumelec ou se fait la montée de Mende. Quand le Tour d’Italie visite les côtes du Tour de Lombardie, dévale sur les strade bianche, se coltine les cols classiques du Tour du Trentin. Le Tour d’Espagne, en revanche, a ses lieux-clés bien à lui. Les deux courses les plus importantes dans la péninsule ibérique, après la Vuelta, sont le Tour du Pays basque et la Clasica San Sebastian, qui ont pour point commun d’être disputés dans la même région… longtemps boycottée par le tour national. Une époque révolue puisque c’est la deuxième édition consécutive qui passe par le Pays basque, mais l’an dernier, même si l’arrivée à Bilbao fut une fête grâce à la victoire du local Igor Anton, il manquait un petit quelque chose. Une arrivée qui permet vraiment de montrer comment vit-on le cyclisme dans ce coin de l’Espagne. Le Jaizkibel, juge de paix de la Clasica, aurait fait un beau point de passage. C’est finalement la montée vers le Sanctuaire d’Arrate qui a été choisie pour un final qui promet d’être flamboyant.
La difficulté de la montée d’Arrate est relative. A l’approche des classiques ardennaises, elle donne l’impression d’être une montagne parce qu’elle est plus longue que les ascensions de l’Amstel Gold Race, la Flèche wallonne et Liège-Bastogne-Liège. En plein mois d’août, sur un grand tour, elle ne sera pas vue de la même manière. Elle sert d’escalade décisive au Tour du Pays basque mais ne risque pas d’avoir un rôle tout autant central dans l’écriture du scénario du Tour d’Espagne. Ce n’est pas le Cuitu Negru, les Lacs de Covadonga ou la Bola del Mundo, aspérités les plus redoutées pour les trois semaines à venir. Il est probable qu’un groupe d’une dizaine d’éléments se détache et se joue le succès d’étape dans les deux derniers kilomètres, avant le replat final qu’il est toujours important d’aborder sans crier victoire trop vite. Généralement, en terme d’écarts, Arrate offre aux meilleurs l’opportunité de gagner entre 20 et 40 secondes sur les plus fébriles. Attention donc à ne pas se faire surprendre par cette étape si vite arrivée, car si un tel retard ne met personne en péril pour l’obtention d’une place d’honneur à Madrid, les conséquences sont toutes autres en vue d’une victoire finale.
Les Euskaltel à la barre
Qui a le plus de pression ? C’est peut-être le public basque, qui va devoir se montrer à la hauteur des attentes en animant cette ascension finale, tout en gardant le sens de la mesure. L’an dernier, le gouvernement local avait menacé les supporters les plus turbulents d’amendes conséquentes. Mais si l’une idoles basques caracole en tête en vue du sanctuaire, il sera difficile de faire preuve de flegme. C’est l’issue rêvée : la victoire d’un coureur d’Euskaltel-Euskadi, laquelle pourrait faire suite aux deux jours passés en rouge un autre Basque, Jonathan Castroviejo. Or cet élu ne sera pas Samuel Sanchez. Invaincu sur ce mur depuis plus de trois ans, l’ex-champion olympique ne participe pas à la Vuelta. Chaque année, en avril, il s’appuie sur ses coéquipiers pour s’imposer en ces lieux. Charge à eux, à présent, de prendre la barre. Candidat le plus crédible : Igor Anton. Outsider le plus séduisant : Mikel Landa. Le plus dingue serait qu’ils passent à l’attaque ensemble.
Une phrase, lâchée dimanche après l’arrivée de la deuxième étape, renforce l’hypothèse selon laquelle il y aura une floppée d’attaques à Arrate. Alberto Contador a déclaré que cette première arrivée en côte arrivait « un peu tôt » pour lui. « Mes jambes ont besoin de jours de compétition », admet-il. Bluff ou pas bluff ? Il faut interpréter de manière adéquate les propos du Pistolero. Il s’attend à manquer de rythme ? Ok. Mais en manquer pour quoi ? Pour suivre, pour gagner, pour écraser la concurrence ? Cette dernière va donc se méfier de lui comme du lait sur le feu, habitude qu’il faudra prendre jusqu’à la capitale. Et s’il vient à véritablement montrer des signes de faiblesse, il sera obligatoire de passer à l’offensive avant qu’il ne soit trop tard. Le coureur de Saxo Bank va être de plus en plus fort au fil des étapes, progression qui pourrait être requise afin de rattraper un éventuel retard concédé lors de la traversée du Pays basque.







Bel article.
On ne gagnera pas la Vuelta à Arrate mais on peut la perdre, psychologiquement du moins. Une énorme défaillance par exemple
les propos de contador ne peuvent être que du bluff c’est pas possible autrement
qui serait assez crétin pour dire « j’ai pas les jambes en ce moment donc attaquez moi aujourd’hui pour me faire perdre la vuelta parce qu’après ce sera trop tard » ?
Sanchez ne gagnait pas surtout grâce a ces coéquipiers mais à une lecture parfaite de l’arrivée sinueuse de Eibar..
Bluff. Ca fait juste six mois qu’il se prépare pour ça et rien que pour ça, je vois pas bien comment il ne pourrait pas être prêt.
C’est quand même super d’avoir une arrivée comme ça dès le troisième jour de course.
Contrairement à la planche des belles filles on devrait voir des attaques, la Sky n’a pas l’air aussi forte et ne pourra sûrement pas imposer le même rythme.
Et même si c’était le cas, vu le nombre de coureurs explosifs, et offensifs on devrait voir du spectacle.
De toute façon c’est facile, si Contador fait rouler son équipe à l’approche de la montée, c’est qu’il n’est pas très bien. Sinon… attention !
Contador a déjà gagné à Arrate (Eibar), au Tour du Pays Basques 2009 et avec la manière:
http://www.youtube.com/watch?v=z8F2ycQvAkI
Il n’y a pas que les basques qui connaissent cette ascension
Il y avait gagné devant Evans, S.Sanchez et Colom.
Je pense que Purito va attaquer , Contador si il a les jambes aussi mais je les voit ce faire deposer par Anton , le problème avec Anton ces qu’on ne ces jamais si il est en forme ou dans un grand jour !
Prono?
…1/PURITO devant un petit groupe de 4 ou 5 coureurs dont CONTADOR.
…Maillot amarillo: PURITO
Froome a du mal en ce moment.. Face à des vrais guerriers, c’est plus la même…
A LA TRAPPE:
V.D.B.—-GADRET— etc…