Dernier jour décisif

Par Alexandre Philippon
Samedi 21 juillet 2012 - 7:00
Photo : Laurie Beylier
53 kilomètres de contre-la-montre exclusivement plats vont servir d’épilogue au Tour de France, avant la parade des Champs Elysées. C’est au soir de cette étape que le classement général sera figé. Mais ses premières positions le sont certainement déjà. Alors quels sont les enjeux restants ? Velochrono vous donne les bonnes raisons d’avoir les yeux rivés sur les chronos entre Bonneval et Chartres.
Un podium à assurer
Bradley Wiggins vainqueur final ? C’est du sûr de chez sûr, sauf incident, épidémie, attentat ou autre. Christopher Froome deuxième ? Là par contre, mathématiquement rien n’est fait car il n’a « que » 36 secondes d’avance. Il y a fort à parier que le Britannique fera mieux que l’Italien sur ce chrono mais en cas de chute ou de crevaison, il pourrait avoir des sueurs froides. Mais normalement Sky a déjà son doublé assuré. La troisième place de Vincenzo Nibali ? Elle est dans la poche depuis les Pyrénées, puisque le Squale compte une marge de plus de trois minutes par rapport au quatrième, Jurgen van den Broeck. Ce n’est pas là qu’il faut chercher les derniers grands enjeux du Tour de France. Pas de suspens si tout le monde reste sur le vélo. Si ce n’est, en cas de grosse performance de l’un ou de l’autre, ou a contrario contre-performance, le regret de ne pas y avoir cru plus tôt.
C’est carrément tout le top 6 qui devrait rester inchangé
Les positions sont en fait déjà établies bien au delà du podium. Entre le troisième et le cinquième, il y a quasi six minutes, et au milieu de ce boulevard git un Jurgen van den Broeck qui ne pourra perdre sa quatrième place qu’en le faisant exprès. Cinquième et sixième, ensuite, Tejay van Garderen et Cadel Evans sont membres de la même équipe, BMC : si les positions s’inversent, l’équipe américaine n’y verra aucune importance. Est-ce seulement possible ? Le porteur du maillot blanc, paletot qu’il ne pourra lâcher en aucune circonstance, a 1’27 d’avance sur l’Australien, et si cet écart n’est certes pas insurmontable, la tendance est toutefois à ce que le jeunot fasse mieux que son aîné sur ce contre-la-montre, au regard des états de fraîcheur de chacun.
Pour le top 10, il y aura baston
C’est pour les places dans le top 10 que ce chrono va véritablement être primordial. Rien n’est assuré entre la septième et la treizième place. Janez Brajkovic, actuel neuvième, a toutes les chances de reprendre les 43 secondes qui le séparent de Pierre Rolland, mais peut aussi cueillir Haimar Zubeldia, à qui il doit pour l’instant 49 secondes. L’autre coureur à la position instable se nomme Thibaut Pinot. Bien malin sera celui qui pronostiquera avec justesse le classement final du benjamin du Tour. Il peut tout à fait espérer doubler Pierre Rolland, qui le précède d’environ une minute et demie mais est moins bon que lui face à la montre. Mais il doit en même temps surveiller son rétro avec un Nicolas Roche à 1’08. Surtout, le danger vient d’Andreas Klöden, qui est à 2’21, écart pas si important que cela sur un parcours de plus de cinquante bornes. L’Allemand, s’il sort un chrono dont il a parfois le secret, peut entrer dans le top 10 de manière inespérée.
Après, les écarts sont déjà énormes
Au delà de Klöden, le général est étalé, les coureurs sont séparés par de larges minutes. Eventuellement Denis Menchov peut chiper la quatorzième place à un Chris Anker Sorensen blessé. Peut-être qu’il pourrait y avoir match entre Eduard Vorganov et Alejandro Valverde pour la vingtième place. 21e, Jérôme Coppel est malade mais ne peut de toute façon pas pu envisager un top 20 : plus de deux minutes le séparent du cut. Et si l’on remonte encore davantage le classement, on est étourdis par les écarts. Le 29e, Juan José Cobo, est déjà à plus d’une heure de Bradley Wiggins. Une chose assez commune : l’an dernier, c’est le 31e qui pointait à une heure, en 2010 le 33e.
Et les autres ?
Par la faute d’ASO, le peloton va se diviser en deux au départ de ce chrono : ceux qui ont pris l’hélico la veille (le top 20) et ceux qui ont du se taper plusieurs heures de route en voiture. Pas l’idéal pour préparer le contre-la-montre. Qui aurait été capable de battre les coureurs les plus frais ? Qui aurait eu la caisse pour s’offrir le scalp des Sky ? Fabian Cancellara ou Tony Martin. Eventuellement Sylvain Chavanel. Mais ils ne sont plus là. Les plus ironiques diront que ceux qui en sont capables sont les coéquipiers des deux Britanniques, Richie Porte, Michael Rogers ou Edvald Boasson Hagen. Les autres citeront David Millar, David Zabriskie ou encore Bert Grabsch, à qui ce tracé convient à merveille. Et les météorologues diront que le vent et éventuellement la pluie peuvent trancher. En 2010, autour de Pauillac, ce sont les conditions atmosphériques qui avaient permis aux attardés du classement général de se tailler la part du lion.









En effet Grabsch qui a toute les peines pour passé les montagnes devrait se promené aujourd’hui.
Une étape que je ne regarderais pas..53km dont 10 en ligne droite on se demande comment ils on pu tracer un truc pareil..ouais d’habitude je les met pas en cause mais là quand même…en plus du transfert leur coller ce clm comme ça..sans moi je verrais le résultat
Je suis étonné que les premiers coureurs partent toutes les minutes sur un parcours long de 53,5 kms.
Il va y avoir plus de dépassements qu’en F1!
« Velochrono vous donnent les bonnes raisons » de ne pas pas perdre son temps a le regarder, hein ?
Ce qui est bien cette année c’est qu’on est pas déçu que le tout se termine.
Heureusement que le Tour de Wallonie commence!
Parmi les valeurs du sport, il y a l’égalité des chances au départ. On ne peut pas toujours grand chose contre le dopage, la corruption, les budgets inégaux des équipes etc, mais en ce qui concerne le transfert ça me semble quand même à la portée d’ASO d’en organiser un digne de ce nom. Surtout quand on voit les transferts dont ils sont capables sur le « Dakar ». On transporte tout le monde, ou personne. De Jimmy Engoulvent à Bradley Wiggins, tous les concurrents arrivés jusqu’ici ont du mérite. Et les derniers partant les premiers ce sont eux qui auraient dû recevoir un coup de pouce si il était si important de faire une différence entre les uns et les autres !
@Pierre, entièrement d’accord avec toi. Vivement la fin. Et vivement l’an prochain avec un vrai parcours et de vrais coureurs ( Contador, A.Schleck, Rodriguez (j’espère), Froome (libéré de wiggins), VDB (dommage qu’il ait perdu du temps par malchance)…
@maceo: Ils ont transporté tout le monde!
C’est juste que ceux qui jouent encore une place ont eu droit à la classe affaire.
Et encore, certains coureurs qui visaient le général ont vu leurs espoirs de bien figurer s’envoler sur des chutes. Je pense à Gesink,Mollema,Kruijswijk,Hesjedal ou bien Valverde. J’ai aussi une pensée pour Oscar Freire,Wouter Poels et tous les autres cyclistes qui ont subi de graves dommages corporels.
Départ toutes les minutes sur 51 klms? Pourquoi?
GROUPETTO pardi avec CAVENDHISH devant.Ils signeront des autographes en route.
Serieusement: quel est le délai d’élimination?
EXEMPLE concret:
Froome roule à 50 klm/H temps realisé:1 H00 heure
suite(fausse manip)
CAV prends son temps et roule à 40 klm/H Durée = 1h 15′
soit un délai de 25%.
Et non Gael tu te trompe
ASO n’a transporté que les 20 premiers par les airs
Les autres ont pris leurs cars
Vivement la fin…
Quel suspense pour nos français. Dernière étape intéressante avant la promenade parisienne. Et Jean René Godard qui interroge les coureurs « dans la coulisse » comme il dit.