Démare : « Maintenant ils me connaissent »


Démare : « Maintenant ils me connaissent »

Par Alexandre Philippon
Mardi 14 février 2012 - 9:00
Photo : FDJ-BigMat


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Rentré en France depuis samedi, Arnaud Démare a troqué le choc émotionnel pour le choc… « thermique ». Petit à petit, il se remet de son Tour du Qatar et réalise qu’il en a remporté la dernière étape. Champion du monde espoirs et néo-pro, le Picard gagne déjà et fait parler toute la France du cyclisme. Velochrono n’a pas voulu l’embêter avec les grandes questions d’avenir et a préféré l’interroger sur ce qu’il maîtrise le mieux : le présent.

Alors Arnaud, c’est beau le Qatar ?

Franchement, c’est une belle course. Ça permet de bien travailler, dans de bonnes conditions. En plus, il ne faisait pas super chaud. On a eu la chance d’avoir du vent, mais pas trop non plus. Du bon travail, au soleil.

Bien qu’étant néo-pro, vous n’étiez pas sans savoir que cette course allait idéalement se prêter à vos débuts professionnels…

Mon profil, c’est sprinteur classiques. J’ai pu bosser les bordures.
Différentes courses m’étaient proposées, et au Qatar, au moins on était sûr de la météo. On savait que ça allait bien rouler, et qu’il y aurait de nombreux sprints. Venir ici a été un bon choix, et en plus je ramène une victoire. C’est une préparation qui s’est bien passée !

Marc Madiot vous a encouragé à venir ?

Oui mais pas spécialement non plus. Mon profil, c’est sprinteur classiques. J’ai pu bosser les bordures. Je savais que pas mal de mecs étaient là pour préparer les courses d’un jour. Tout ça m’a d’ailleurs permis d’apprendre à les connaître.

Avant de parler du dernier jour, parlons du premier. Le premier sprint, vous l’appréhendez avec la peur de décevoir…

Carrément… Surtout avant le premier départ, oui. Il faut tout réapprendre. Réapprendre à frotter. Je n’ai pas joué des coudes une seule fois de l’hiver, et là j’arrive à 60 à l’heure… J’avais du mal à me placer. Quand je vire dans le dernier virage, à un kilomètre de l’arrivée, je suis 40e. Mickael Delage me remonte et j’arrive à finir 11e. Je me dit alors : wouah, en étant bien placé, il y a moyen de titiller les premiers… J’étais déjà content de mon étape, car je n’avais pas souffert, j’étais en forme, mieux que mon ressenti à l’entraînement. C’était une bonne reprise, encourageante.

Il faut dire aussi que tout le monde ou presque était dans votre situation : devoir trouver à nouveau ses marques.

Les moments où certains parviennent à s’économiser, moi je ne sais pas encore les identifier.
Oui mais je suis néo-pro, moi ! Il y a des trucs que je découvre, que je connais pas encore, et que les autres savent déjà. Par exemple, les moments où certains parviennent à s’économiser, moi je ne sais pas encore les identifier, je me me rends pas compte. C’est super tactique, on ne peut pas faire n’importe quoi. Il faut éviter de se mettre dans le vent. Il faut tout calculer. J’ai fait chambre avec Mickael Delage, j’ai parlé avec Yoann Offredo, etc. Rien que cela m’a permis d’apprendre énormément de choses.

Vous parliez de frotter. Chez les amateurs, il y a quelques kamikazes, mais chez les pros, ils le sont tous ?

Ce n’est pas pareil… Ça roule plus vite, c’est plus intense. Quand ça frotte, il y a des gros coups de coude. Quand ça chute, soit on se rentre dedans, soit on passe. Ça fait peur. Quand je fais septième, le jeudi, je me retrouve à un moment coincé entre deux guidons, à droite comme à gauche, à 50 à l’heure, pendant quelques secondes…

On débranche donc le cerveau.

Et c’est l’adrénaline qui prend le relais ! Je ne pourrais pas frotter comme ça après vingt kilomètres, mais là, avec l’arrivée qui approche, les sensations te gagnent…

Vous les imaginiez comment, ces sprints ?

J’imaginais que ça roulait vite, que ça frottait…

Plus que sur une Étoile de Bessèges, certainement.

C’est ce que les gars m’ont dit ! Là, ça me mettait bien dans le bain.

Vous avez bossé l’approche des sprints, la capacité à tenir une vitesse élevée jusqu’à la flamme rouge ? Vous avez acheté un scooter, dans ce but, par exemple…

Je me suis rendu compte que tout était question d’abri.
Oui, je l’ai acheté en décembre. Mais je n’ai fait qu’une sortie derrière. Je n’ai pas encore bossé ce point à fond. J’ai surtout approfondi l’explosivité. L’approche du sprint, pas encore. Je me suis rendu compte que tout était question d’abri. Quand on est bien à l’abri, rouler à 60 à l’heure, ça va… C’est quand il faut remonter que ça se complique.

Comment ça se passe avec les coéquipiers ? Vous choisissez votre roue ou bien ce sont les mouvements du peloton qui dictent ce choix ?

On avait discuté entre nous. Mais c’est au fur et à mesure que l’on découvre les qualités de chacun. Un mec comme Offredo est très fort pour rouler dans le vent, aux côtés des meilleurs. Il peut tenir le choc pendant un kilomètre et demi. Delage est en revanche plus explosif. Il va réussir à remonter quinze mecs sur 200 mètres… On a petit à petit réussi à se connaître. Mais ce n’est pas évident de se dire que si je perds, ça peut aussi être de la faute d’un autre. Il faut avoir une confiance mutuelle. Il faut se parler, beaucoup, que ce soit en course, avant, après. Il faut faire des debriefings, sans cesse.

La confiance des coéquipiers, elle se gagne ou bien vous la sentiez déjà au départ ?

C’est au fur et à mesure que je l’ai vraiment ressentie. Peut-être qu’ils avaient déjà confiance en moi avant, mais je l’ai surtout sentie le jeudi. Je leur ai lancé : allez, je suis bien ! Je les ai vu souffrir pour moi. Quand tu fais cet effort, c’est une grosse marque de confiance.

Je fais une erreur, j’apprends de cette erreur, j’applique. Sur ce Tour du Qatar, on a l’impression que ce processus, vous avez su le mettre en place très vite, progressant du jour au lendemain.

J’ai eu la chance de faire les bonnes erreurs à chaque fois.
Oui, c’est assez bizarre… J’ai eu la chance de faire les bonnes erreurs à chaque fois. Le premier jour, j’ai vu que j’étais largement trop loin. Déjà aux cinq bornes, j’étais mal placé. Pour remonter, c’était fichu. J’avais du mal à garder la roue de mes équipiers, c’était pas top. Après, l’étape où seul David Boucher, dans l’équipe, est devant, j’étais mal placé, je me prends la cassure et me retrouve dans le deuxième peloton. J’ai pu apprendre plein de choses en peu de temps : comment se place-t-on, jusqu’où attendre pour lancer son sprint… Le lendemain, j’arrive à prendre la bonne bordure. J’avais compris comment ça courrait. Et là, je fais encore une erreur. On avait beau être à vingt, ça se resserre pour arriver à dix et je rate le coche. Encore le jeudi, je vois que j’ai les capacités mais parfois, tu freines trop tôt et dix gars te doublent.

Ça vous passionne, la science du sprint ?

J’ai vraiment compris des choses, oui. Chez les amateurs, il n’y a pas vraiment de tactique… Enfin, si, mais c’est différent. À 50 à l’heure, si tu veux remonter, tu mets une dent de plus. Chez les pros, t’as déjà tout à droite. C’est la vitesse des jambes qui fait que tu remontes.

Pour gagner cette étape au Qatar, vous vous êtes blotti dans la roue de Mickael Delage. Une configuration qui rappelle celle de votre titre mondial espoirs, avec Adrien Petit…

Je faisais tout pour garder la roue. C’est vrai, quand j’y repense… J’étais complètement focalisé là-dessus. Je voyais juste la distance nous séparant de l’arrivée qui diminuait, et la roue de Mika. J’étais super concentré dessus. Je lui faisais confiance à 100 %. On est remontés au bon moment et j’avais encore la force pour déboucher, une fois lancé. Quand j’ai revu les images ensuite, je me suis dit : wouah, quel écart !

Vous aviez eu le parcours parfait. Dans un sprint, la quasi totalité des protagonistes font au moins une erreur. Souvent plus. Le vainqueur est celui dont le plan a pu être suivi à la lettre. Mark Cavendish, par exemple, quand il chute, il fait une erreur ?

Maintenant, je vais peut-être être plus connu. C’est déjà une bonne chose, surtout à ce niveau.
Il voit qu’il est en train de se faire devancer. Il veut passer. Et vlam, il chute. C’est une erreur oui. Après, il faut voir, je ne sais pas comment ça se serait passé s’il n’était pas tombé. Mais il y a toujours, effectivement, plein de choses auxquelles il faut faire attention. Toujours se laisser une porte. Ou alors l’ouvrir soi-même…

Comment l’ouvrir soi-même ? Par la crainte qu’on inspire aux autres ?

Maintenant, je vais peut-être être plus connu. C’est déjà une bonne chose, surtout à ce niveau. Il y avait énormément de bons sprinteurs et certains m’ont félicité. Boonen, Farrar, maintenant ils me connaissent. La prochaine fois, ils ne se diront pas : qu’est-ce qu’il vient faire là, lui ? Si jamais ça frotte et qu’il faut que je passe, les gars sauront désormais pourquoi. Ils ne penseront pas que jamais je n’irai gagner. Et ça permet de s’ouvrir, justement, ces portes plus facilement.

Et s’il faut être méchant, objectivement, vous pensez être capable de l’être ?

C’est pas être méchant… Je fais mon truc et si quelqu’un m’embête… (Il s’interrompt) Non ce n’est pas de la méchanceté. J’ai une ligne droite à suivre, s’il y a un obstacle je l’enlève. Bon, si un gars fait exprès d’être dangereux, là oui, je pourrais être méchant. Mais un adversaire qui touche l’épaule, le coude, ça fait partie du jeu. Tant que ça reste dans les normes du sport…

Souhaitez-vous avoir un train à votre disposition ?

Un train ? Non. D’abord, on se découvre.
Non. D’abord, on se découvre. Chacun se fait utiliser comme il sent. Je ne sais pas ce que ça changerait, un train, mais jusque là, ça a très bien marché sans. On peut aussi remonter des places si on a des gars qui ont de la force.

Il faut aussi de la chance pour gagner un sprint. Vendredi, vous l’avez eu de votre côté…

La chute de Mark Cavendish, je ne sais pas si c’est de la malchance. C’est lui qui se la provoque. Il voit qu’il doit passer à ce moment-là, que s’il réagit deux secondes plus tard, il est perdu. Il force et c’est pour ça qu’il chute. Ce n’est pas de la malchance, c’est sa faute. Il a dû se rendre compte qu’il était battu… On ne peut pas parler de chance pour un sprint. C’est une préparation qui rencontre une opportunité. On m’a toujours dit ça…

Alors prochaine opportunité maintenant, Trophée Laigueglia ?

Bah… Ce n’est pas facile, ça n’a rien à voir. Il y a un col de cinq bornes à environ trente kilomètres de l’arrivée. Il faut arriver à passer. Pour moi, ce sera plus de la préparation pour les classiques. Après, je ne fais ni Paris-Nice ni Tirreno-Adriatico. J’enchaîne sur le Samyn, les Trois jours de la Flandre occidentale, Cholet – Pays de Loire, les Trois jours de La Panne. Il y a moyen de faire de beaux résultats…



  1. le meilleur sprinteur du monde (allez)


  2. Mardi 14 février 2012 à 9:09 - cipolini | Thumb up 9 Thumb down 22

  3. surement un des futurs tres grands du sprint mondial peut etre meme un favori pour les JO


  4. Mardi 14 février 2012 à 9:25 - thierry682011 | Thumb up 20 Thumb down 11

  5. Dommage qu’il ne fasse pas plus de grandes courses dont le tour… Mais, j’espère qu’il ira loin…

    ALLEZ ARNAUD !!!

    PS: Superbe interview (comme d’ab)
    Arnaud, montre nous plus de vidéos style camera embarquée ;)


  6. Mardi 14 février 2012 à 9:26 - Nath | Thumb up 6 Thumb down 11

  7. Démare, nouveau Darrigade? On verra. Delage est vraiment un super équipier, Gilbert lui doit sa première victoire à Paris/Tours.


  8. Mardi 14 février 2012 à 9:57 - ventdest | Thumb up 27 Thumb down 2

  9. « Velochrono n’a pas voulu l’embêter avec les grandes questions d’avenir et a préféré l’interroger sur ce qu’il maîtrise le mieux : le présent. »

    C’est intelligent de votre part, bien joué.


  10. Mardi 14 février 2012 à 11:52 - Jerome | Thumb up 31 Thumb down 2

  11. Superbe interview, des questions parfaites. Je l’ai savouré votre interview! elle est vraiment génial, nous sommes sur un site en or! Rendez-vous compte de cela amis lecteurs!


  12. Mardi 14 février 2012 à 11:56 - Alex | Thumb up 28 Thumb down 4

  13. Très bonne interview. C’est bien d’avoir un site vraiment spécialisé qui entre dans le fond des choses.


  14. Mardi 14 février 2012 à 12:28 - Cascarinho | Thumb up 19 Thumb down 2

  15. Merci mais il faut sur ce coup surtout remercier Arnaud qui joue toujours le jeu et ce depuis les débuts du site, quand il était espoir 1.


  16. Mardi 14 février 2012 à 12:41 - Alexandre Philippon | Thumb up 24 Thumb down 1

  17. Est-il vraiment supérieur à Sébastien Chavanel?


  18. Mardi 14 février 2012 à 15:28 - Boonen | Thumb up 9 Thumb down 8

  19. « Boonen » Supérieur à Sebastien Chavanel, je pense qu’il n’y a pas photo. Donne moi le palmarès de Seb Chavanel ? Il a battu qui au sprint ??? Sebastien Chavanel reste un bon sprinteur mais de seconde zone, je pense.

    Regarde qui a participé au sprint sur cette dernier étape du Qatar et tu as ta réponse.

    Autrement, belle interview et parlé du présent est une très bonne chose que de s’occuper du futur. Saisir l’instant présent.

    Bravo Arnaud Demare et Bravo Velochrono.


  20. Mardi 14 février 2012 à 16:01 - Mwa | Thumb up 10 Thumb down 3

  21. Il a l’air d’apprendre très vite ce Demare !


  22. Mardi 14 février 2012 à 16:05 - Orange | Thumb up 9 Thumb down 0

  23. Boonen: poser la question aprés uns seule course pro c’est déjà y répondre….


  24. Mardi 14 février 2012 à 16:24 - cedsolo | Thumb up 12 Thumb down 1

  25. Superbe ! Merci + Bravo …on l’attendait cette interview. Totalement du même avis que « Alex ».
    Et puis c’est beau le méga talent.


  26. Mardi 14 février 2012 à 16:28 - John Difool | Thumb up 7 Thumb down 0

  27. Désolé je ne vais pas être original, mais je m’associe aux autres lecteurs pour vous féliciter pour cette belle interview mais aussi Arnaud Démare pour ses réponses passionnantes. Je suis arrivé au bout de l’interview en moins de deux sans m’en rendre compte !

    On sent dès sa première course pro qu’Arnaud a une très grande faculté d’analyse et par conséquent une énorme marge de progression.
    Contrairement à certains coureurs qui répètent sans cesse les mêmes erreurs en espérant un jour meilleur, il a déjà appris chaque jour de son erreur pour ne pas la commettre le jour suivant.
    Alors évidemment il n’en est qu’au debut de cet apprentissage et il refera des erreurs mais ce garçon laisse entrevoir un superbe potentiel.
    Je me surprends même à être aussi enthousiaste car je n’ai pas l’habitude de m’enflammer dès la première perf d’un jeune coureur.

    Mais là je commence à croire que le temps où, nous français, espérions à tout prix une échappée ou une attaque pour voir un français briller sur ces étapes toutes plates du Tour, afin de ne pas assister désabusés à un sprint sans le moindre frenchie dans le top 10 arrive bientôt à son terme…


  28. Mardi 14 février 2012 à 17:50 - PinKou | Thumb up 5 Thumb down 2

  29. Comme je l’ai dit sur un autre site, Démare va gagner à lui seul plus de 5 victoires. Il est plus rapide que cavendéchet, et plus endurant que Boonen. Rien de plus à dire, c’est le prototype idéal du coureur parfait (sprint + classiques) Et quand je dis plus rapide que… et plus endurant que… c’est quand ils avaient le même age

    Vous verrez, je ne me trompe jamais ;)


  30. Mardi 14 février 2012 à 19:22 - Le plus beau, le plus fort... Bref, moi! | Thumb up 4 Thumb down 8

  31. chavanel n’est pas loin d’en mettre une au cav en 2008 donc ca montre qu’il faut un minimum de talent JRB saura le remobilise.


  32. Mardi 14 février 2012 à 19:24 - koraka | Thumb up 2 Thumb down 4

  33. Kittel est peut être super rapide, mais Feillu est aussi sinon plus rapide que lui au sprint, c’est juste son placement et l’absence de train qui l’empêche de gagner 3 ou 4 étapes sur le Tour! Surtout y a démare, qui sera le plus rapide des sprinteurs de tous les temps avec Cipollini, Dariggade, Van Looy… Cavendéchet me diriez-vous, mais voyez vous, contrairement aux autres sprinteurs cités, il n’a aucune classe sur un vélo, sa position est horrible, alors que les autres sont racés. Ce qui ne fait donc pas de Dish un véritable sprinteur selon moi

    Vous verrez je ne me trompe jamais ;)


  34. Mardi 14 février 2012 à 19:32 - Le plus beau, le plus fort... Bref, moi! | Thumb up 1 Thumb down 6

  35. Les + courtes sont les meilleures LPBLPFBM


  36. Mardi 14 février 2012 à 19:33 - Baptiste Bouthier | Thumb up 8 Thumb down 0

  37. Comme dit Baptiste, c’est bon on a compris… Niveau comique ça va, mais là ça tourne au burlesque… Doucement, défoule toi ailleurs LPBLPFBM


  38. Mardi 14 février 2012 à 19:38 - ptit vélo | Thumb up 0 Thumb down 5

  39. @ptit vélo : ça t’amuses de créer un 2e personnage et de dialoguer avec toi-même ? Ça se soigne tu sais.


  40. Mardi 14 février 2012 à 20:07 - Baptiste Bouthier | Thumb up 12 Thumb down 0

  41. Baptiste : pourquoi parlez-vous de 2e personnage ?


  42. Mardi 14 février 2012 à 22:22 - R7814 | Thumb up 0 Thumb down 0

  43. Car « ptit vélo » et « Le plus beau … » sont une seule et même personne


  44. Mardi 14 février 2012 à 22:37 - Baptiste Bouthier | Thumb up 5 Thumb down 0

  45. j’attend de voir petit lui aussi il ne pas a sous-estime!


  46. Mercredi 15 février 2012 à 7:07 - koraka | Thumb up 1 Thumb down 1







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