Casper : « Quinze ans que j’attends… »

Par Nicolas Le Cheviller
Vendredi 20 janvier 2012 - 10:00
Photo : @Petit Brun - flickr
Il les a presque toutes faites. À 33 ans, Jimmy Casper va étrenner le maillot de sa cinquième équipe française, AG2R La Mondiale, dès la semaine prochaine, sur le Tour de San Luis. Sa quinzième saison démarrera en Argentine, mais le sprinteur entend bien la réussir en France, et notamment sur le Championnat national : « C’est mon très gros objectif de l’année. Si je le réussis, derrière, il y aura sûrement le Tour de France mais aussi probablement les Jeux Olympiques. » Le Picard est prêt : avant de traverser l’Atlantique, il s’est confié à Velochrono.
Jimmy, l’an passé, à la même époque, vous passiez votre brevet d’état. Cette année, votre préparation hivernale a dû être un peu plus simple, sans doute ?
L’année dernière, je n’avais pas super bien géré cette période de l’année. Cette fois, je n’ai pas eu d’autres préoccupations que le vélo, et ça a effectivement été bien plus simple à gérer. D’ailleurs, je suis déjà dans une assez bonne condition. J’ai bien roulé, j’ai fais les kilomètres qu’il fallait et mon poids est déjà très correct. J’attends maintenant les premières courses pour voir si ça va payer ou pas.
On ne va pas tarder à découvrir vos nouvelles couleurs. Comment ça s’est fait cet accord avec AG2R La Mondiale ?
Très simplement ! Saur-Sojasun ne me proposait pas de contrat au 1er aout et je n’ai pas voulu attendre le dernier moment… On s’est vite mis d’accord avec Vincent Lavenu. Oui vraiment, ça s’est fait très simplement.
Quelles sont aujourd’hui vos relations avec votre ancienne équipe, Saur-Sojasun ?
On est en 2012 et je n’ai plus envie de parler de 2011. La fin de mon aventure avec Saur-Sojasun m’a valu d’avoir une explication avec Stéphane Heulot avec qui je suis en très bon terme. C’est un ami. Les propos qui ont été rapportés dans certains médias ont été déformés.
« Avec le recul, 2011 est une saison moyenne »
Alors parlons de 2012, et de votre rôle chez AG2R La Mondiale. Vous en avez déjà parlé avec Vincent Lavenu ?
On vous imagine leader sur certains sprints et poisson-pilote de luxe sur d’autres courses. Est-ce que l’on se trompe ?
S’il faut le faire, il n’y a pas de raison que je ne le fasse pas… Je pense qu’avec un garçon comme Anthony Ravard, avec qui je m’entends bien, on peut gagner six, sept ou huit course ensemble si on travailler main dans la main plutôt que chacun de notre côté. Mais franchement, je ne sais pas si on va se croiser trente fois dans la saison.
Et le Tour de France ? Vous n’aviez pas été retenu par Saur-Sojasun en juillet dernier…
Donc une participation au Tour de France 2012 reste possible…
Ça passe sûrement par le maillot de champion de France.
Justement le Tour, votre victoire à Strasbourg en 2006, vous y pensez souvent ?
Forcément ! On m’en parle régulièrement… J’y pense aussi à chaque fois que je fais de la musculation à la maison ! À chaque fois que je fais des étirements, je suis à côté de mon vélo du Tour 2006. Oui, j’y pense souvent, ce n’est pas anodin car ça me rappelle un bon souvenir et ça me fait penser à pourquoi je travaille ! J’y pense et ça me donne envie d’y retourner d’autant plus qu’en 2012, le Tour passera par ma commune, Montdidier. J’ai envie d’être au départ et j’estime que ce serait l’un de mes derniers Tours car il me reste une, deux ou trois possibilités de le faire ! Il ne faut pas que je perde mon temps car je n’en ferai pas dix.
Vous avez obtenu six victoires l’an dernier, mais la moitié en classe 2. Quel bilan global tirez-vous ?
Avec le recul, c’est une saison moyenne… Mais vu les conditions, à savoir le passage de mon Brevet d’État en janvier-février, je dirais que c’est une saison « moyenne plus », car gagner six courses, ça reste correct. Je pense aussi à une étape des Quatre jours de Dunkerque où un copain se loupe malencontreusement dans le dernier virage… Il y avait la place ce jour là, et sept victoires c’est pas pareil. La saison n’a pas été mauvaise, mais là, elle aurait été bonne.
Elle est positive car vous avez su vous remettre en selle. En mars, vous perdiez au sprint face à Nico Eeckhout, 40 ans, sur une étape des Trois jours de la Flandre occidentale. Vous avez dû cogiter…
« Au San Luis, il y aura trois possibilités de gagner et j’espère en saisir une ! »
La Française des Jeux, Cofidis, Agritubel , Saur-Sojasun et maintenant AG2R-la-Mondiale : vous avez fait toutes les grosses structures françaises excepté Bouygues. Qu’est-ce qui change de l’une à l’autre ?
Il y a pleins de choses différentes ! Et c’est normal. Il y a des gens qui mènent leur équipe avec le cœur et d’autres qui parlent aux employés comme si c’était des gamins… Certains qui font confiance et d’autres qui mettent une pression énorme. Il y a des gens qui font comme si c’était une famille et d’autres comme si c’était une société. J’ai trouvé des bonnes choses dans chacune des équipes mais aussi des mauvaises, et c’est normal. Toutes sont de bonnes équipes où je me suis enrichi, où j’ai grandi. J’ai aussi eu une expérience à l’étranger (chez Unibet, ndlr). Ça s’était un peu moins bien passé mais j’ai grandi aussi avec cette aventure.
Vous attaquez votre quinzième saison pro. Qu’est-ce qui a changé chez Jimmy Casper ?
Au départ, en 1998, j’allais un peu dans tous les sens. J’ai évidemment gagné en maturité, en expérience, j’ai appris à me connaitre, que ce soit mes défauts ou mes qualités. Et quand on se connaît, on se remet toujours en question, c’est un vrai point fort. Je pense aussi que maintenant, je sais m’adapter. Je ne pensais pas forcement pouvoir faire ça mais je m’adapte tous les ans en me remettant en question. C’est là que je vois que j’ai appris.
Vous avez passé votre brevet d’état. Une idée de reconversion chez AG2R La Mondiale ?
La semaine prochaine, vous allez participer au Tour du San Luis. Que pensez-vous de ce cyclisme qui se mondialise ?
C’est clair qu’il y a une vraie ouverture internationale… On se balade sur tous les continents ! En Argentine avec le San Luis ou aux Etats-Unis avec le Tour de Californie. Quand je suis passé pro, on ne courait quasiment qu’en Europe, et maintenant on roule dans le monde entier ! On s’adapte même si ce n’est pas toujours facile avec le décalage horaire, les différences de température… Je pense que ça fait pas mal de changement, notamment pour les jeunes coureurs. Ce n’est pas toujours facile et il faut faire attention à ne pas trop fatiguer une partie de l’équipe.
Vous avez des ambitions là-bas ?
Il devrait y avoir deux arrivées au sprint et il y a aussi une étape avec une petite difficulté…Mon poids est vraiment satisfaisant pour cette période de l’année donc je pense que oui, il y aura trois possibilités de gagner et j’espère en saisir une ! Je suis souvent compétitif rapidement dans la saison. Si je rentre sans gagner, ce ne sera pas dramatique mais si j’en gagne déjà une, ce sera toujours ça de pris… Comme on dit, ce qui est pris n’est plus à prendre donc j’espère ne pas rentrer bredouille.
Connaissez-vous la suite de votre programme ?
Il y aura le Tour Méditerranéen (8-12 février), Kuurne-Bruxelles-Kuurne (26 février), le Samyn (29 février), les Trois jours de la Flandre occidentale (2-4 mars), et on arrivera rapidement à la Classic Loire-Atlantique (17 mars) et à Cholet – Pays-de-Loire (18 mars). Voilà, c’est donc beaucoup de courses Continental Tour. Et pas de Paris-Nice. L’équipe n’avais pas prévu de m’y emmener et moi, ce n’est pas une course que j’affectionne particulièrement.







#P 
Sacré Casper ! avec des « si » il aurait gagner le championnat du monde et le TDF. C’est quand même relativement souvent que dans les sprints ça se joue à quelques cm. En attendant y’en a qui enquillent les victoires et d’autres qui pensent qu’avec des « si »…
Casper reste quoi qu’il arrive un des meilleurs sprinteurs français des années 2000 ! Certes il ne peut pas rivaliser avec Cavendish ou Greipel mais il gagne régulièrement et meme sur des .2, la victoire n’est jamais facile !
C’est le dernier vainqueur français d’une étape du Tour au sprint. En forme il est toujours capable de coups d’éclats sur des courses relevées (il y a 2 ans vainqueur sur le tour d’Oman devant boasson hagen et farrar).
J’espère qu’il pourra apporter quelques succès à AG2R et fera partie quoi qu’on en dise des favoris au championnat de France (et avec de la concurrence dans sa propre équipe avec Ravard et Mondory, sans doute intéresses).
@ Lolo:combien n’ont pas gagné le 1/10ème de ce qu’a gagné Casper…..qui en gagnerait plus avec des si,je le concède.
Casper est le coureur Français en activité qui a le plus de victoires !!!!
Concernant le championnat de france c’est dommage que ca se termine par un sprint ….. on risque d’avoir un champion à la stephane Barthe !!!
Oué il est loin le Casper qui devait prendre la succession d’Erik Zabel, gagner plein d’étapes du Tour et ramener le maillot vert à Paris…
Je me souviens encore du Tour 1999 où il était vu comme le grand sprinter que la France attend depuis… Darrigade (?)
Bon petit coureur quand même, à l’image d’un Stéphane Barthe ou d’un Nazon.
@ leonard de vinci : accroches toi au pinceau je retire l’échelle : « Bon petit coureur » !!!??… tu exagères, c’est un sprinter de talent qui fait une belle carrière. S. Barthe n’a pas son palmarès (et de très loin) et Nazon était trop irrégulier pour au final avoir le palmarès de Casper.
C’est le meilleur sprinter français de ces dernières année…
il a gagne au moins une chaque annee meme en classe 2!
la gagne c’est inee demandez a rojas qui collectionne les places d’honneur si on lui disait d’echanger contre des victoires classe 2 il n’hesiterait pas donc respect pour jimmy!
Interview intéressante, allez Casper!
Il est transparent!!!