Casar : « J’ai tout essayé »


Casar : « J’ai tout essayé »

Par Camille Fischbach
Vendredi 1 juin 2012 - 18:26
Photo : gazzetta.it


A lire aussi :
Casar, quand ça veut pas...




On l’aurait cru abattu par le déroulement de son Giro. Mais bien que passé à deux doigts de la victoire… et du maillot rose, sur deux étapes, Sandy Casar a tenu néanmoins pour Velochrono à positiver et retenir ce qui a bien fonctionné : le panache par l’attaque. Désormais, le leader de la FDJ-BigMat en Italie se prépare à se mettre au service d’Arnold Jeannesson sur le Tour de France.

« La cerise sur le gâteau, voilà ce qu’il me manque »

25e du Giro, quel est votre ressenti sur ce résultat ?

Je n’ai pas disputé le Tour d’Italie forcément pour le classement général. Ce n’était pas mon objectif principal. Mon sentiment global ? Je suis quand même satisfait des sensations que j’ai eues. J’étais un peu malade au départ et je ne savais pas vraiment où je me situais. Mais je n’ai pas été loin de la victoire sur deux étapes. Je suis néanmoins un peu déçu d’être passé si près du maillot rose car cela aurait pu me permettre de réaliser un très bon Giro. La cerise sur le gâteau, voilà ce qu’il me manque.

Justement, vous n’êtes pas passé loin d’un coup double lors de la 12e étape avec une deuxième place à Sestri Levante et un maillot de leader manqué pour quelques secondes. Quel fut votre sentiment à l’arrivée ?

Pirazzi ne courait pas à fond. Je pense qu’il a cru pouvoir le faire sans trop d’efforts.
J’étais frustré car je n’ai pas obtenu le succès. Pour l’anecdote, au moment où j’ai franchi la ligne, tous les organisateurs m’ont demandé de les accompagner près du podium pour endosser le maillot rose. Sauf que cela ne s’est pas fait. C’est presque pire ! Quand il y a beaucoup d’assistance autour de soi, on y croit mais au final, il n’y a rien.

Et rebelote sur la 19e étape vers l’Alpe de Pampeago, où vous avez longtemps cru à la victoire aux côtés de l’Italien Pirazzi…

Je crois qu’avec cet échappée, on aurait pu y arriver. Mais dès le départ, j’ai bien vu qu’il ne relayait pas à l’avant et préférait attaquer. Il ne courait pas à fond. Je pense qu’il a cru pouvoir le faire sans trop d’efforts. Au pied de la dernière difficulté du jour, on aurait pu avoir deux minutes d’avance supplémentaires sur le groupe des favoris. Je n’aurais peut-être pas gagné, mais on aurait réussi au moins à faire premier et deuxième. Je suis persuadé que l’on serait allé au bout.

« Être à l’avant, c’est toujours plus agréable »

Même si cela n’a pas marché, être à l’avant n’a t-il pas été un moyen d’anticiper de futures limites lors des grosses étapes de montagne ?

Oui, car je sais que je lâche trop de temps en montagne. Je me suis fait à l’idée que le classement général sera bon seulement si j’arrive à en reprendre sur ce genre d’étapes. Ce qui m’importe le plus, c’est d’essayer de gagner quelque chose plutôt que de finir dans les dix premiers d’un grand Tour. C’est différent.

Malgré tout, alors que beaucoup de favoris sont restés bien sagement campés sur leur position, vous avez tenté votre chance à plusieurs reprises. Une façon de relativiser votre déception ?

Être à l’avant, c’est toujours plus agréable. Une victoire d’étape, c’est le plus important. Cela ne sert à rien de suivre les autres pour être déçu après trois semaines de course.

Quel est votre sentiment sur le déroulement du Giro ?

J’ai le sentiment que la course a été un peu trop cadenassée par la formation Liquigas, qui a roulé tous les jours et a imprégné un gros tempo. On se demande d’ailleurs pourquoi !
C’est vrai que les leaders se sont beaucoup regardés. Mais le problème vient pour moi du parcours et au fait qu’il y a eu deux grosses étapes en fin de troisième semaine. Le moindre effort et tu pouvais tout perdre. Le vendredi, je me suis retrouvé à l’avant mais le lendemain, je n’avais plus de jambes et n’arrivais pas à suivre le rythme, j’ai même fini dans le gruppetto. Tout le monde ne savait pas vraiment où il en était par rapport à ses adversaires. J’ai le sentiment aussi que la course a été un peu trop cadenassée par la formation Liquigas, qui a roulé tous les jours et a imprégné un gros tempo. On se demande d’ailleurs pourquoi !

Ces trois semaines en Italie, ce sont des regrets ou de la frustration ?

Je n’ai pas trop de regrets car j’ai tout essayé. Bien sûr, ne pas avoir réussi à gagner et porter le maillot rose, c’est dommage. Par rapport à mes sensations du début de Tour, je ne savais même pas si j’étais en capacité de boucler ce Giro. Cela s’est très bien passé et cela a été de mieux en mieux pour moi. Je ne sais pas si j’étais à 100 %. Mais avec mes capacités du moment, j’ai tout donné.

« Exténué par ces trois semaines »

À Milan, quel fut le message de Martial Gayant auprès du groupe ?

Il a passé trois bonnes semaines. On a respecté ses consignes et fait ce qui était prévu. C’est sûr qu’on est déçu car on n’est pas passé loin du succès, que ce soit avec moi mais aussi avec Arnaud Démare (quatrième à Horsens, ndlr). On n’a pas obtenu le résultat que l’on aurait voulu avoir. Il manque ce petit quelque chose qui fait que ce Tour d’Italie aurait été très bon.

Maintenant que votre principal objectif de la saison est passé, où envisagez-vous de rebondir par la suite ?

Je vais disputer la Route du Sud… et le Tour de France afin d’aider Arnold Jeannesson pour les victoires d’étapes.

Vous sentez-vous prêt physiquement à enchaîner avec le Tour en juillet ?

Je vais disputer la Route du Sud… et le Tour de France afin d’aider Arnold Jeannesson.
Oui, car je l’ai déjà fait par le passé. Aujourd’hui, je suis exténué par ces trois semaines. Il va falloir bien récupérer. Mais je crois que cela sera faisable sans problème. Mon rôle sera différent car dès que l’on ne joue pas le général, c’est possible d’avoir un jour sans et repartir le lendemain. Pour moi, on verra pour une étape. Sur le Giro, il n’y avait personne d’autre que moi pour le classement final.


Facebook Velochrono


  1. j’ai toujours pensé que c’était un potentiel gaché. Rien de plus à ajouter.


  2. Vendredi 1 juin 2012 à 18:52 - Alex | Thumb up 26 Thumb down 6

  3. en lisant cet intervieuw, quelle tristesse! oui, comme l’écrit Alex, c’est un potentiel gaché. Je pensai que S.Casar aurait su donner un tout autre sens à sa carrière( après avoir accompli un bon Giro, il y a quelque temps de ça). Malheureusement, il est passé au travers…Maintenant, il se contente de vouloir aider Jeannesson!Que d’illusions perdues! Mais, cela n’enlève rien à son extraordinaire gentillesse habituelle. C’est un athlète toujours abordable aux arrivées de course…


  4. Vendredi 1 juin 2012 à 19:29 - Merlin | Thumb up 14 Thumb down 1

  5. 10e du tour pourtant et personne ne s’en souviens…
    Maintenant l’age se fait ressentir mais vu son niveau en montagne et sa pointe de vitesse il peut gagner des etapes de montagne qui se finissent en bas de la descente sur les grands tours.


  6. Vendredi 1 juin 2012 à 19:34 - nasri | Thumb up 11 Thumb down 2

  7. Meslin : Ayant couru le Giro, participant au Tour il peut difficilement faire autre chose que d’aider A. Jeannesson ! Mis à part aller chercher une étape.

    Nasri : Il n’a jamais fait 10ème du Tour, mais 12ème ou 11ème si on déclasse M. Astarloza pris pour dopage. La même année, C. Le Mével avait pris la 10ème place du général sous les couleurs de la FDJ. ;)


  8. Vendredi 1 juin 2012 à 19:58 - Alex2 | Thumb up 13 Thumb down 0

  9. Je m’imagine mal Casar attendant sagement un sprint…


  10. Vendredi 1 juin 2012 à 20:02 - Gael | Thumb up 4 Thumb down 1

  11. Ah Sandy, il en aura connu de la déception, de la malchance, mais ça reste quand même l’un des meilleurs français de la période 2000-2010. Un etat d’esprit irréprochable, toujours abordable, on te souhaite une joyeuse fin de carrière, car c’est comme tout, la fin arrive. Bravo pour ta carrière Sandy !


  12. Vendredi 1 juin 2012 à 20:06 - Lolo | Thumb up 14 Thumb down 0

  13. Bonne ITW. Où il résume bien son parcours.


  14. Vendredi 1 juin 2012 à 20:26 - Zdrnekstylebar | Thumb up 5 Thumb down 0

  15. @Alex2

    Oui mais la place d’Astarloza ne compte ;)


  16. Vendredi 1 juin 2012 à 21:29 - nasri | Thumb up 2 Thumb down 0

  17. Pas*


  18. Vendredi 1 juin 2012 à 21:31 - nasri | Thumb up 1 Thumb down 0

  19. C’est un coureur que j’ai toujours estimé , disponible au départ des courses et trop modeste ; je suis déçu par son Giro , mais que lui reprocher ? J’espère pour lui de bons résultats sur le Tour de France ,et la fin de saison.


  20. Vendredi 1 juin 2012 à 22:43 - Cariou | Thumb up 3 Thumb down 0

  21. Nasri : Justement,

    Classement Tour 2010 avec M. Astarloza

    – 10 C. Le Mevel FDJ
    – 11 M. Astarloza EUS
    – 12 S. Casar FDJ

    Classement Tour 2010 sans M. Astarloza

    – 10 C. Le Mevel FDJ
    – 11 S. Casar FDJ

    Voilà ;)


  22. Vendredi 1 juin 2012 à 22:53 - Alex2 | Thumb up 2 Thumb down 0

  23. Casar pour moi c’est toujours une grande joie de le voir jouer la gagne. Perso je trouve sa façon de vivre au sein du peloton, particulièrement sympathique .


  24. Samedi 2 juin 2012 à 0:41 - Rhââ Lovely | Thumb up 5 Thumb down 0

  25. Casar c’est un rayon de soleil, sa façon de courir fait oublier le triste spectacle du cyclisme moderne. Quant à ceux qui disent que c’est un potentiel gâché, je réponds : il faut savoir ce qu’on veut. C’est quoi un potentiel accompli dans le cyclisme d’aujourd’hui ? Armstrong ? Je préfère Casar.


  26. Samedi 2 juin 2012 à 1:03 - Pierre | Thumb up 8 Thumb down 2

  27. je pense aussi qu’il aurait pu arriver sur certains TdF avec plus d’ambitions pour le classement général(il aurait pu prétendre à plusieurs TOp10.

    bon maintenant c’est trop

    au moins il sera au service de Jeannesson


  28. Samedi 2 juin 2012 à 2:13 - Davey | Thumb up 2 Thumb down 0

  29. c’est trop tard !


  30. Samedi 2 juin 2012 à 2:13 - Davey | Thumb up 2 Thumb down 0

  31. @Alex2

    c’est ne pas le tour 2010 (ou Casar et Le Mevel finissent très loin au général), mais plutôt le tour 2009.


  32. Samedi 2 juin 2012 à 5:55 - nasri | Thumb up 1 Thumb down 0

  33. Armstrong était peut-être en retrait permanent, certes, un ami hôtelier l’a reçu, il disait juste bonjour, il restait dans sa chambre, il fallait lui monter le repas, et il ne parlait à personne d’autre. Mais il était d’une concentration intense, il savait les moindres détails.
    Il n’y a qu’avec ce genre de préparation au millimètre que l’on peut gagner.

    D’ailleurs, en 2009 quand il est revenu et qu’il prenait ses objectifs un peu plus à la cool, il était beaucoup plus accessible, ce qui est tout a fait logique. :)


  34. Samedi 2 juin 2012 à 9:39 - Alex | Thumb up 0 Thumb down 1

  35. Alex,
    Armstrong c’est vrain’a gagné ces courses que « grace à sa concentration » ?????????? LOL


  36. Samedi 2 juin 2012 à 11:17 - aillaud | Thumb up 2 Thumb down 2

  37. il faudrait plus de gars comme lui dans le sport et moins de robots, il est généreux et pas calculateur,et il se fait mal je lai trouvé tres affuté et si il fait le tour il en décrochera une


  38. Samedi 2 juin 2012 à 11:29 - poutch | Thumb up 4 Thumb down 0

  39. Gaché? Par quoi? Ben par une génération de dopés! Alors je ne vois pas ce que vous lui reprochez, comme Moncoutié il a fait un choix: Rester propre et faire une jolie carrière!
    Bravo à lui!


  40. Samedi 2 juin 2012 à 14:20 - cedsolo | Thumb up 5 Thumb down 0

  41. Gaché ? Mais pas du tout …Un coureur “propre“ comme nombre de “petits Français“ idem pour Moncoutié …Il est vrai qu’il a eu plus souvent “la poisse“ qu’à son tour …
    Un coureur très sympathique, qui laissera dans le cœur des “aficionados“ un très bon souvenir …
    Pas comme Arsmtrong ! !
    MERCI Mr Sandy CASAR !


  42. Samedi 2 juin 2012 à 21:30 - garet jean | Thumb up 4 Thumb down 0

  43. L’ayant connu quand il était gamin et qu’il faisait de l’athlétisme,je n’ai qu’un regret c’est qu’il n’ait pas poursuivi!!! C’était un très beau crossman et coureur de 1500.


  44. Lundi 4 juin 2012 à 14:59 - Saur | Thumb up 1 Thumb down 0