Bouhanni, le grand test approche

Par Alexandre Philippon
Mardi 7 août 2012 - 20:44
Photo : Felix Ordonez
Cela va faire maintenant un mois et demi que Nacer Bouhanni ne porte plus un maillot FDJ-BigMat mais une belle tunique bleu-blanc-rouge. Il est un champion de France… sans sponsors, décision appuyée par Marc Madiot, manager de l’équipe au trèfle. « J’aime bien, assure le sprinteur à Velochrono. Je trouve qu’on voit mieux le maillot… Marc a voulu ça tout simplement par respect pour le maillot tricolore. » Mais c’est un détail. Ce qui occupe l’esprit du Vosgien, depuis qu’il a bouclé un excellent Tour de Burgos, c’est le premier grand tour de sa carrière qui se profile à l’horizon : la Vuelta commence le 18 août et ce sera pour lui l’occasion de se tester au plus haut niveau.
« J’ai pu savourer »
24 juin dernier : un podium 100% jeunes éclaircit le ciel nuageux de Saint-Amand-les-Eaux. Nacer Bouhanni, Arnaud Démare et Adrien Petit ont terminé aux trois premières places de la course en ligne des Championnats de France. Le soir même, les managers des différentes équipes françaises finalisaient leurs compositions pour le Tour de France et aucun des trois sprinteurs n’était retenu, que ce soit chez FDJ-BigMat pour les deux premiers ou Cofidis pour le troisième. « C’était prévu », explique Nacer Bouhanni, qui n’était même pas présent dans le bus de l’équipe au trèfle quand Marc Madiot a dévoilé ses neuf noms. Le tout frais champion de France était sur le plateau de Stade 2 et a raté toutes les festivités… en son honneur. « Je n’étais pas là non plus quand toute l’équipe a coupé la moustache de notre préparateur mental Denis Troch », rigole-t-il. Ce n’est qu’une fois sur le chemin du retour, direction Paris, pour participer 24 heures plus tard à une soirée privée d’avant Tour de France du sponsor, qu’il peut enfin communier avec ses « collègues, au téléphone ». Ensuite, il aura coupé pendant une durée totale de huit jours, avant de reprendre l’entraînement de plus belle et de commencer à réaliser que le maillot bleu-blanc-rouge était sa propriété pendant un an. « J’ai pu savourer, mais aussi répondre plus facilement aux diverses sollicitations », confie-t-il tout en attendant la visite d’un journaliste de Vélo Magazine, avec qui il a rendez-vous pour une interview sur le vélo.
« Une équipe qui m’a fait confiance »
Gagner le maximum de courses, ce n’est pas forcément ce pour quoi la FDJ-BigMat avait initialement recruté Nacer Bouhanni. Qui aurait cru, quand il a signé son premier contrat pro à seulement vingt ans, que le Vosgien allait s’affirmer comme l’un des éléments les plus précieux de l’effectif en seulement un an et demi ? Depuis qu’il est « chez les grands », il a cumulé le nombre ahurissant de 55 places dans les dix, 21 podiums, 7 victoires. Lui qui, en 2010, alors gendarme, courrait à l’UVCA Troyes et faisait des piges avec l’Armée de Terre. Le parrain de cette équipe, Carlos da Cruz, ancien coureur de la FDJ et désormais employé de la loterie nationale, avait parlé de lui au staff de son équipe de coeur. « Puis Yvon Madiot est venu sur la course en ligne des Championnats de France élite, quand j’ai terminé cinquième, poursuit-il. Ce jour-là, il m’a proposé d’être stagiaire. A la suite de cette expérience, Marc Madiot m’a fait signer un contrat pro. » Un pari sur un coureur qui n’est alors pas un cadre de l’équipe de France. Il fait son apparition dans les petits papiers de Bernard Bourreau à la toute fin de son expérience amateur, à l’occasion de Championnats d’Europe 2010 dont il prend alors la quatrième place. « C’est une équipe qui m’a fait confiance et c’est avant tout pour ça que je viens de resigner deux ans de plus avec eux », clame Nacer Bouhanni, qui se « sent bien » dans cette équipe au sein de laquelle il a vite trouvé ses repères, autour de coureurs dont il est proche, comme son ami Geoffrey Soupe.
La Vuelta : « Tout nouveau pour moi »
Dans la péninsule ibérique, il ne lève pas les bras mais s’offre des résultats référence. Et notamment sur des terrains où on ne l’attend pas. Le samedi, il suit les costauds malgré la formation de bordures, seul, avant de hisser ses grosses cuisses en quatrième position en haut de la bosse finale. Une place d’honneur significative qui s’ajoute à une deuxième position déjà obtenue en tout début de course. « Les arrivées en bosse, j’ai toujours aimé, affirme celui qui s’était imposé en haut d’un mur abrupt sur le Tour de Gironde 2010. Mais il ne faut pas que ça dépasse un kilomètre et demi de montée. Je préfère quand même beaucoup plus quand c’est plat… » Car il ne faut pas se tromper : même s’il a l’atout d’être polyvalent, Nacer Bouhanni est avant tout un sprinteur capable de développer de grosses puissances. Record personnel : 1 600 watts pour un poids de 65 kilos. Le garçon est conscient de sa vélocité. Il lui reste à découvrir ses facultés sur les courses de trois semaines. Le 18 août prochain, il sera au départ de la Vuelta. « Avec mon entraîneur Jacques Decrion, on travaille pour arriver en pleine forme », explique-t-il, avant de concéder qu’il est un peu dans l’inconnu : « Il est vrai que j’appréhende le fait de courir trois semaines. C’est tout nouveau pour moi. Mon objectif, ce sera donc déjà de terminer cette Vuelta. Mais je vais quand même essayer de faire quelque chose de bien sur les étapes qui arriveront au sprint. J’ai regardé les profils d’étapes, il devrait y en avoir huit en tout. » Allez, ne serait-ce qu’une seule dans la musette ?








jaurais aimé le voir aux jeux de londres et au tour, il va tout casser ce gars,bonne chance a lui
Même s’il ne gagne pas une étape, ce ne sera pas dramatique. L’objectif n°1 est de découvrir une course de trois semaines et de prendre du coffre, comme Démare sur le Giro (il n’a pas gagné mais son bilan n’était pas négatif).
Il n’y aura pas les mêmes clients sur la vuelta aussi (Cav, Goss, Grepel, Kittel, Sagan, Petacci) bref….
Un type tout aussi bon que lui, c’est Soupe, il l’as déjà battu à plusieurs reprises notamment d’une façon extraordinaire l’an dernier en Alsace, il a meme fait 3e sur le dernier Giro, le seul problème de Soupe, c’est qu’il n’est pas régulier…
Si c’est vraiment un bon (espoir) il doit faire TOP 5 au classement par points et faire quelques podium.
On n’est pas là pour regarder en se disant qu’on est jeune, qu’on a le temps, qu’on apprends, bref toutes les excuses mille fois rabachées.
T’es Là pour gagner pas pour philosopher. Regarde les English.
@Le LOUP je pense que bouhanni n est pas du genre a faire de la figuration. Je crois qu il a assez prouvé cette saison non? Bon c est vrai que le tour de lorraine (selon certains) etait taillé pour lui, qu il a volé (selon @nath par exemple) les championats de france, mais quand meme…Je n ai pas vu meilleur sprinteur francais cette année!
OUI, BOUHANI est bon. MAIS, Est-ce un tout bon?
Démare au Giro se fait battre au sprint par son équipier SOUPE qui lui emmène le sprint.On dit aussi qu’il est bon.
BOUHANI gagne à la régul le championnat de France.
Maintenant face à de gros numéros, et ils ne sont pas tous là on va voir.
Il peut réussir car il me paraît très malin.
Titre de l’article: « GRAND TEST »
Dire c’est une chose, le démontrer c’en est une autre.
C’est au pied du mur…
le loup : C’est son premier GT, enlevez lui un peu de pression. Est-ce que Cavendish a gagné une étape à son premier GT ? Non ! Est-il pour autant un bon mais pas un tout bon ? Donc s’il n’y parvient pas, ce ne sera pas dramatique. Il est là pour découvrir une course de trois semaines avant tout.
Bouhanni et Démare sont entrain de suivre la meme voie, seulement espérons qu’ils ne se marchent pas sur les pieds, car si jamais ils font une course ensemble, l’un qui emmene le sprint a l’autre, ca peut faire mal !!