A la rencontre des soeurs Bravard


A la rencontre des soeurs Bravard

Par Cedric Congourdeau
Dimanche 22 janvier 2012 - 18:28
Photos : Team GSD Gestion / Sébastien Rio / Caroline Valognes / Aurélien Regnoult







Mélanie Bravard a 24 ans, Charlotte en a 20. Elles sont sœurs et toutes deux membres du Team GSD Gestion, l’une des meilleures équipes féminines françaises. Velochrono s’est entretenu avec elles autour de sujets variés : leur relation, leur complicité, leurs perspectives…

Comment êtes-vous dans la vie, entre sœurs ?

Charlotte : On est quand même assez complices. Mais on arrive aussi à faire la part des choses. Souvent, d’un simple regard, on arrive à comprendre l’autre. Même dans les courses, on essaie toujours de voir où on se situe.

Mélanie : Il me suffit de voir son comportement en course, ou la façon dont elle est sur le vélo, pour savoir comment elle est. On se connait suffisamment pour savoir si ça va ou non. C’est sûr que c’est un plus ! Et je reconnais aussi que parfois, je peux être dure avec elle. Mais c’est parce que je sais qu’elle a un vrai potentiel, qu’elle a de la force. C’est une bonne rouleuse. Donc je la pousse, mais c’est pour qu’elle aille plus haut !

Mélanie, à l’âge de Charlotte, vous n’aviez pas la grande sœur à vos côtés…

M : Ce n’est pas que je suis plus débrouillarde que ma sœur, mais… Je suis l’aînée. Donc je me fais toujours…

C : (Elle coupe) Oh… Tu as quand même un caractère plus acerbe !

En général, un grand frère ou une grande sœur, on essaie toujours de prendre exemple sur lui ou sur elle (Charlotte).
M : Oui, voila ! Disons que je suis peut-être plus dure. Pas plus objective, mais c’est différent… On a quasiment cinq ans de différence. Donc j’ai commencé à grandir seule. J’ai peut-être un caractère, non pas plus affirmé, mais… On est différentes. J’ai toujours été très dure avec moi-même. Et j’ai toujours su dans quelle direction je voulais aller… Même si ce n’était pas toujours le bon chemin, je voulais apprendre par mes erreurs. Je pense que sur le vélo, le fait d’être dure avec soi-même fait toujours aller de l’avant. Quand je suis arrivée à son âge, en cadette deuxième année, j’étais classée meilleure cadette de France, dans l’équivalent du Challenge National chez les garçons. Et quand j’ai vu le palmarès de ce challenge, j’ai vu que ces filles-là avaient fait les championnats du monde en juniors. Je me suis donc dit qu’il fallait aussi que je fasse les Mondiaux en juniors. Je l’ai réussi en juniors deuxième année. C’était en 2005… La première année où on était séparées des professionnels. Une fois qu’on a mis les pieds en équipe de France, on se dit que l’on doit garder notre place, que l’on doit faire honneur au maillot. Donc j’ai toujours voulu continuer… En 2006, je suis entrée dans l’équipe Vienne – Futuroscope, quand l’équipe a été créée. J’avais alors l’âge actuel de ma sœur. Ça m’a permis de me fixer d’autres défis et de continuer à progresser.

Charlotte, quel est votre regard sur votre sœur ?

C : C’est sûr que c’est un modèle pour moi. En général, un grand frère ou une grande sœur, on essaie toujours de prendre exemple sur lui ou sur elle. Depuis que je suis toute petite, ça a toujours été le cas. C’est normal et ça continuera toujours. Et nous ne sommes que toutes les deux dans la famille : ça rapproche encore plus ! Bon, en tant que coureuse, elle a son caractère (rires)… Elle ne me fait vraiment pas de cadeau… Que ce soit sur le vélo ou dans la vie de tous les jours ! Mais je sais qu’elle a toujours fait ça pour mon bien. Ce n’est pas de la méchanceté. Son fort caractère, c’est un défaut mais aussi une qualité. Dans la famille, du côté de notre mère, toutes les filles ont toujours été comme ça. Cela tombe bien car dans le sport, il ne faut pas se laisser faire.

M : J’ai toujours été dure avec elle, mais comme elle l’a dit, c’est pour son bien. C’est une manière de la protéger ! Je ne dis pas ça pour lui faire plaisir. Je sais qu’elle a un potentiel que je n’avais pas à son âge… J’ai envie qu’elle l’exploite ! Elle peut réaliser de belles choses, progresser plus vite. Je veux qu’elle découvre ce potentiel pour briller davantage. Et aussi pour qu’elle prenne encore plus confiance en elle.

Elle aussi a du caractère ?

M : Surtout depuis qu’elle est rentrée en BTS communication… Elle s’affirme ! C’est un point qui est important dans la vie, et dans n’importe quel domaine, finalement. Après, je pense aussi qu’elle attend que je la booste, que je lui mette des coups de pieds aux fesses, comme on dit. Pour qu’elle se bouge un peu plus ! Sa grande qualité, c’est qu’elle est extrêmement généreuse. Dès les juniors, quand on a commencé à courir ensemble, elle a toujours voulu travailler pour moi. Elle aimait ça ! Que je gagne, ou que ce soit elle, c’est une victoire pour deux. Et au niveau de l’équipe, je pense que c’est la même chose. Elle est généreuse et elle essayera toujours de faire le maximum pour que ça fonctionne. Pour ne pas avoir de regrets ! Moi aussi, je n’hésiterai jamais à me mettre à son service s’il le faut. Je pense qu’elle a besoin de sa grande sœur (rires) !

C : Que ce soit sur le vélo ou dans la vie ! J’ai quitté le foyer familial en début d’année scolaire. Au début, c’était un peu difficile, mais maintenant, j’ai pris mon rythme de vie et c’est plus facile maintenant.

M : Je pense que c’est LA complicité entre nous. Après, on se lance des piques, mais c’est plus taquin que méchant.

C : En faisant le même sport, il y aurait pu y avoir de la jalousie de l’une envers l’autre, mais il n’y en a jamais eu !

M : Le plus beau geste qui peut résumer notre complicité, c’est ma deuxième place à Loudun, lors de la finale de la Coupe de France (notre photo en tête d’article, ndlr). Ma sœur était émue et moi aussi, parce que j’ai tellement galéré en début de saison. C’est peut-être bête car je ne fais que deuxième. Mais c’est aussi une certaine récompense. Et je pense que c’est LE geste de la saison qui résume notre complicité.

On se lance des piques, mais c’est plus taquin que méchant (Mélanie).
C : C’est vrai que c’était vraiment un moment émouvant. Elle était contente parce qu’elle avait terminé deuxième, et parce qu’elle avait vraiment galéré en début de saison, comme elle vient de le dire. Et moi, de la voir comme ça… C’était vraiment un beau cadeau… Pour elle et pour moi !

Mélanie, quelles galères évoquez-vous ?

M : J’ai fait un ulcère l’hiver dernier. C’était une semaine avant mon premier objectif, à Cholet (première manche de la Coupe de France féminine, où elle avait terminé 3e en 2010, ndlr). En plus, c’était une course UCI. Donc l’objectif était de marquer des points, et j’affectionne les courses en circuit (ce qui n’est pas le cas des hommes sur cette même course, ndlr). J’ai réussi à prendre l’échappée, alors que ça faisait deux jours que j’arrivais à me réalimenter, et que je n’avais roulé que deux fois une heure dans la semaine ! J’étais contente de ma course vu les circonstances. Et ça m’a donné confiance. Mais une semaine après, j’ai été victime d’un traumatisme crânien en course…

Sans gravité ?

M : Non, je n’ai même pas été hospitalisée ! Les médecins sur place pensaient que c’était dû au choc. Je ne me souvenais même plus de ma journée, ni d’où j’étais ! C’est quand j’ai repris connaissance sur le bas côté, que je me suis dit : j’ai un casque et un dossard, je dois être sur une course de vélo… La voiture balai m’a récupérée et m’a déposée au poste de secours. Je ne me rappelle même plus du trajet qui a été fait ! C’est une fois au poste de secours que je savais dans quelle ville j’étais (à Gourgé, dans les Deux-Sèvres, ndlr) ! J’ai appelé mon médecin le lundi, pour au moins faire un bilan. Mais il n’avait pas de place… Je l’ai donc rappelé le lendemain. Et quand il m’a consulté, il m’a dit : mais tu es folle, tu as fait un trauma crânien, il fallait aller à l’hôpital, c’est très dangereux ! Mais pour moi, ça allait. Et comme on m’avait dit que c’était normal… Il faut savoir qu’un traumatisme crânien peut se résorber tout seul en quarante-huit heures, ce qui équivaut au temps de surveillance nécessaire. Si ça va, on a passé le stade critique. J’étais au repos pendant deux jours, et je surveillais mes maux de tête, donc j’ai eu de la chance !

Tout cela s’est vite résorbé ?

M : Le week-end d’après, je gagne la course. Mais il faisait un temps pourri… Et j’attrape une bronchite qui m’a calmée pendant un mois ! Au mois de juillet, il y a eu les Tours de Bretagne et du Limousin. Je suis contente des résultats que j’y ai fait. J’ai signé quelques places, avec notamment une place de dixième sur une étape du Tour de Bretagne. Au mois d’août, il y a eu un moment de battement, avec peu de courses. La plus importante était le Grand Prix de Plouay. J’ai fini très loin. J’ai vraiment senti le contre-coup de ma participation à l’organisation du Tour du Poitou-Charentes (elle y était responsable des relations avec la presse, ndlr), qui se terminait la veille de notre course. En fin de saison, au mois de septembre, il y a eu le Tour de l’Ardèche. Je ne suis pas mécontente de mes résultats. Même si on a perdu notre leader, la luxembourgeoise Christine Majerus (triple championne nationale : route, CLM, et cyclo-cross, ndlr). C’est elle qui avance le mieux, qui a le plus gros potentiel. Elle a vraiment fait une super saison (elle a terminé la saison 2011 au 24e rang mondial, en finissant notamment cinquième de Cholet – Pays de Loire, quatrième du Grand Prix de Plumelec, quatrième de la Classic Vienne Poitou-Charentes, première de la Coupe de France, et à de nombreuses reprises dans le top 10 de courses internationales, ndlr). Elle est très forte physiquement, mais aussi dans la tête ! Parce qu’on n’a pas forcément été à la hauteur à chaque fois. Il y a des endroits où on a eu de la malchance… Et malgré ça, elle s’est toujours débrouillée pour faire un résultat. Elle devait terminer dans les 100 premières du classement UCI pour se qualifier directement pour les Jeux Olympiques. Elle a largement rempli son objectif. C’est amplement mérité pour elle !

Vous, vous souhaitiez aller aux Championnats du monde, en vain.

Si j’avais eu à choisir entre Copenhague en 2011, et les JO de Londres en 2012, c’est sûr que j’aurais choisi Londres ! (Mélanie)
M : Je souhaitais d’abord remporter une manche de Coupe de France (elle a donc terminé deuxième de la dernière manche à Loudun, ndlr), et progresser au niveau international. Ma septième place au Championnat de France ne m’a pas permis de gagner ma sélection pour Copenhague. Tant pis, c’est comme ça… Ce n’est pas non plus un échec, car je sais que j’ai progressé et que ça fait plaisir au sein de mon équipe. Si j’avais eu à choisir entre Copenhague en 2011, et les JO de Londres en 2012, c’est sûr que j’aurais choisi Londres ! (rires)

Charlotte, vous êtes la petite sœur, et en 2011, vous étiez espoir première année. Pourtant, vous faites déjà partie d’une équipe de qualité.

C : Oui, c’est quand même une équipe importante (la numéro une française, et la 18e mondiale, ndlr). Je voulais surtout apprendre comment fonctionnait une telle structure. Parce que j’ai toujours été seule avant. Je n’avais jamais eu l’occasion de voir comment ça se passait. J’ai été contente de pouvoir m’en rendre compte. Je voulais aussi apprendre sur les courses d’un jour de niveau international. J’ai fait deux manches de Coupe du monde. Ce n’est vraiment pas le même niveau ! J’ai fait le Tour de Drenthe, aux Pays-Bas, et le Grand Prix de Plouay. Là-bas, j’étais nerveuse, j’appréhendais un peu. En plus, c’est une course qui est très dure. Et j’avais tout à apprendre ! Pour les autres années, j’ai encore le temps… Je n’ai que vingt ans (depuis le 12 janvier, ndlr). J’ai aussi fait une course par étapes, le Tour de Bretagne. J’étais plutôt contente. Je ne pensais pas que j’étais capable de faire des choses, de rouler pour mes coéquipières, d’être là pour les aider.

M : Le fait d’intégrer l’équipe, en plus dès sa première année, c’était intéressant. Ça lui a permis de voir, et de comprendre le fonctionnement d’une équipe, de voir le niveau national au sein d’une équipe, et le niveau international. Ça a également dû l’aider à prendre confiance.

Vous allez bientôt aller en stage en Ardèche, c’est ça ?

C : Du 11 au 18 février. Ce sera le premier et toute l’équipe sera réunie.

M : Notre manager, Jacques Gautier (qui est aussi le partenaire majoritaire de l’équipe, ndlr), préfère que l’on fasse notre stage là-bas, comme tous les ans. Parce qu’on est proches du siège de notre équipementier, Specialized. Il essaie de garder un contact étroit entre eux et nous, coureuses. Comme ça, les gens de Specialized peuvent venir nous voir, pour discuter. On fera aussi un travail de positionnement sur le vélo par rapport aux angles du coude, du genou et du bassin. C’est un travail qui dure entre deux heures et demie et trois heures, pour chaque fille. C’est quand même énorme. Sachant que nous sommes onze filles dans l’équipe, ça devrait durer quasiment deux jours et demi.

Et après, ce sera la reprise.

M : L’équipe n’ayant pas été invitée au Tour du Qatar, nous allons ouvrir notre saison en Belgique, le samedi 25 février, au Het Nieuwsblad. Notre course aura lieu avant celle des garçons. C’est pas mal pour une course d’ouverture.

Votre équipe s’est pas mal renforcée à l’intersaison.

M : Il y a notamment Oriane Chaumet qui arrive. Elle est passée espoir cette année. Elle a disputé les championnats d’Europe et les championnats du monde juniors en 2011. Ensuite, il y a Lucie Pader. Elle est espoir deuxième année et a disputé les championnats d’Europe juniors en 2010. Ce sont deux jeunes qui étaient motivées, qui ont été recrutées pour être formées et pour être conservées à l’avenir. Jacques Gautier veut vraiment travailler sur du long terme. Il ne veut pas prendre une fille et ne pas la garder l’année d’après. Il a aussi recruté deux Suissesses, Émilie Aubry et Patricia Schwager. Elles étaient toutes les deux dans l’équipe Cervélo en 2009 et 2010, puis dans l’équipe de Marianne Vos et d’Annemiek Van Vleuten en 2011. Ce sont donc des filles qui ont de l’expérience. Émilie a été championne de Suisse en 2010. En plus, elle est jeune, elle n’a pas encore 23 ans. Et enfin arrive Anne-Marie Schmitt, une Luxembourgeoise, et donc compatriote de notre leader, Christine Majerus.

Comment se passe votre hiver ?

Tout apprendre en une année, c’est impossible (Charlotte).
M : J’ai recommencé à faire de la route à la fin du mois de novembre. J’avais repris par du VTT, deux semaines avant. J’ai terminé tard ma saison 2011 (au Chrono des Nations, ndlr), mais j’ai quand même continué à rouler après, pendant une semaine, pour laisser récupérer le corps. J’avais ensuite complètement coupé pendant quinze jours. Sinon, j’aimerais bien faire des cyclo-cross, mais mon entraîneur ne le souhaite pas. Car je suis quelqu’un qui a eu un passé, au niveau des fractures, assez important. Je me suis cassée la clavicule gauche en fin de saison 2009. C’était quinze jours après les championnats de France de Saint-Brieuc. J’ai encore la plaque sur la clavicule. Les chirurgiens ne veulent pas me l’enlever pour le moment, car j’ai une fragilité osseuse. C’est dû au fait que cette fracture était une deuxième récidive (elle s’est cassée trois fois la clavicule gauche, et une fois la droite, ndlr). Quand je suis tombée, on voyait encore les traces de vis des précédentes fractures !

C : Et moi je me suis cassé une fois le bras gauche. C’était en 2008, à l’entraînement. Pour ce qui est de ma préparation, j’ai repris l’entrainement il y a un peu moins de deux mois. Je fais pas mal de course à pied, et de musculation. J’ai commencé les grandes sorties de trois heures depuis un petit mois. Je voulais aussi faire un peu de cyclo-cross, mais quand on habite en ville, ce n’est pas évident…

Mélanie dit que vous avez un fort potentiel, Charlotte. Qu’en dites-vous ?

C : Je veux avant tout progresser, continuer à apprendre au niveau international. Tout apprendre en une année, c’est impossible. Je dois également m’améliorer au niveau national, notamment avec la Coupe de France espoirs. Après, on verra au fil de la saison. Je ne peux pas encore me situer. J’espère encore progresser, ça c’est sûr ! Et notamment sur les chronos. J’aimerais aussi faire à nouveau un ou deux courses par étapes. Mais je suis encore jeune pour faire celui du Limousin, par exemple, qui est trop dur pour moi. Et au niveau national, je voudrais gagner mes sélections en équipe de France espoirs et faire de bons championnats de France sur route.

M : Notre directeur sportif, Gérard Valette, aimerait qu’elle fasse davantage de classiques belges. Elle a plus un gabarit taillé pour. En plus, en Belgique, il y a vraiment de belles courses.

C : Et puis c’est une ambiance différente de ce que l’on trouve en France. Ce n’est vraiment pas pareil.

M : On a déjà fait des manches de Coupe de Belgique. Là-bas, ce sont aussi des courses UCI (en comparaison, parmi les manches de Coupe de France, seule celle de Cholet – Pays de Loire est aussi au calendrier UCI, ndlr).

C : Il y a un niveau vraiment élevé.

M : En plus, les courses ne font pas 80 kilomètres mais 130… avec des secteurs pavés, des monts pavés ! Ça n’a rien à voir avec les courses en France. C’est là qu’on comprend pourquoi il y a autant de Belges qui marchent… Grace Verbeke, Ludivine Henrion, Liesbet De Vocht…

C : Les courses là-bas, elles sont dures, mais on sait pourquoi on y va ! Moi, ça me plait que Gérard Valette veuille que je progresse sur ce type de courses. Progresser au niveau international, c’est toujours intéressant. C’est pour ça qu’on s’entraîne. C’est pour progresser.

Et vous Mélanie ?

M : Moi, je vais plutôt m’orienter vers un calendrier plus international. Je pense que je ne vais pas faire beaucoup de manches de Coupe de France. À part Cholet – Pays de Loire et la finale à Loudun. C’est sûr que ces deux-là, je vais les faire. Après, je verrai en fonction de mon calendrier et de mon état de forme. Mais je veux vraiment m’axer sur l’international, surtout pour voir autre chose. C’est quand on arrivera en avril et qu’il commencera à faire plus doux que j’irai le mieux. Je grimpe, j’arrive à tirer mon épingle du jeu au sprint. Il va falloir que j’aille sur les courses néerlandaises, belges. Il y aura aussi le Tour du Languedoc-Roussillon (anciennement le Tour de l’Aude, qui était une des plus grandes courses internationales, ndlr). Pour la Route de France, je ne sais pas encore car je vais avoir une première partie de saison assez chargée. Je ne l’ai pas encore mise dans mon calendrier. J’ai dû viser quelques courses : on ne peut pas tout faire.

Vos objectifs aux Championnats de France ?

C : Je vise le titre espoir.

M : Moi, le podium. Que ce soit dur ou pas, pour moi, c’est plus ou moins la même chose, vu que j’arrive à faire des places sur n’importe quel terrain. Je pense qu’à Saint-Amand-les-Eaux, ça va arriver au sprint. Je préférerai que ce soit en petit groupe, où je suis plus à l’aise. Mais ça va dépendre de la distance et de la façon dont ça va courir. Plus ce sera dur, mieux ce sera…

C : Pourtant, cette année, à Boulogne, tu n’étais pas rassurée… Moi, j’étais motivée pour cette course. Je savais que c’était son objectif. Et la voir tétanisée à cause de la pluie… Je l’engueulais !

Elle venait me chercher en queue de peloton, en me disant : non mais qu’est-ce que tu fous là ? Remonte ! (Mélanie)
M : Elle venait me chercher en queue de peloton, en me disant : non mais qu’est-ce que tu fais là ? Remonte ! C’est ce que je faisais, mais je redescendais… Alors elle revenait : non mais, qu’est-ce que je t’ai dit ? Je t’aurai prévenue ! C’est elle qui faisait la grande sœur (rires) !

C : À Boulogne, je crois que je fais 28e au scratch, 13e de la course espoirs.

Mélanie, pensez-vous vraiment aux Jeux olympiques ?

M : Je n’ai pas encore vu les critères de sélection. Si on a trois places pour la course en ligne, on aura deux places pour le chrono. Je pense que si je gagne deux courses internationales, j’aurais mes chances d’y aller. Mais pour l’instant, je n’y pense pas, je ne me mets pas de pression avec ça. Si ça doit venir, ça viendra !

C : Moi, j’ai encore le temps de réfléchir aux JO de Rio. 2016, c’est encore loin… Mais ça serait formidable !

M : Ce qui serait bien pour elle, c’est surtout qu’elle soit sélectionnée pour les Championnats d’Europe espoirs.

C : Oui, j’aimerais bien être sélectionnée pour les Championnats d’Europe. On verra au fil de la saison. C’est pareil que Mélanie pour les JO : si ça doit venir, ça viendra !

 



  1. Interview très sympa…
    C’est dommage que le cyclisme féminin soit si peu médiatisé, même pour quelqu’un suivant assidûment l’actualité du vélo, c’est parfois compliqué de se tenir informé…
    Ce serait super (je ne sais pas si vous y avez pensé) de présenter les principales équipes féminines (au moins les françaises !) comme vous le faites avec les équipes masculines…


  2. Lundi 23 janvier 2012 à 10:44 - Bapt' | Thumb up 1 Thumb down 0

  3. réponse à Bapt : pour s’informer du cyclisme féminin : le Blog de Gwéna ou un superbe magazine La Gazette du cyclisme féminin.


  4. Mardi 24 janvier 2012 à 18:06 - NICos | Thumb up 0 Thumb down 0







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