Qui est Gediminas Bagdonas ?
Depuis dimanche et le départ écossais du Tour de Grande-Bretagne, les grands noms se succèdent sur les podiums de l’épreuve Europe Tour. Celle-ci, cette année, est gâtée : plateau de bon niveau, vainqueurs bankables, le tout à quelques jours de Championnats du monde pour lesquels elle fait office d’excellente préparation. Après Mark Cavendish, Lars Boom, Thor Hushovd, Mark Renshaw et à nouveau Lars Boom, qui a remporté la septième étape, ce samedi ? Un garçon de 25 ans qui a réussi à sortir vainqueur d’une échappée, Gediminas Bagdonas. Un méconnu coureur lituanien, membre de l’équipe belge An Post – Sean Kelly, qui a galéré pour en arriver là.
Septième bouquet de sa saison, le premier à ce niveau
En tout début de saison, le passionné de cyclisme type est en manque d’arrivées et de classements. Alors il épluche tout ce qui lui tombe sous la main. Il a alors forcément noté le nom de Gediminas Bagdonas, surprenant 19e du tortueux prologue du Tour du Qatar, en février dernier. Avant de perdre de vue ce solide gaillard, essayant tant bien que mal d’obtenir des résultats au sein d’une équipe An Post – Sean Kelly valeureuse mais limitée sur les épreuves belges. Le début de saison et ses semi-classiques, le coureur balte l’a traversé en combattant mais sans résultat probant. Jusqu’à la fin du mois de mai. Quand arrive l’An Post Ras, épreuve irlandaise 2.2 dont le partenaire est le sponsor de son équipe, Sean Kelly veut accrocher la victoire. Il mise sur Bagdonas qui remporte la deuxième étape, prend le maillot le lendemain, lève à nouveau les bras le surlendemain et conserve le leadership jusqu’au bout. Victoire et pari réussi.
Quelques jours plus tard, le Lituanien tente d’exploiter sa condition sur la Ronde de l’Oise, une autre épreuve enregistrée 2.2, où il n’est pas forcément l’un des plus attendus. Il va pourtant marquer la course de son empreinte, terminant troisième de la première et de la troisième étape, s’adjugeant la deuxième. Succès final, encore. Et en fin de mois, le voilà 36e de l’Europe Tour. Il est alors champion national du chrono, deuxième de la course en ligne, et met un terme à un printemps de belle facture, certes à un échelon inférieur à celui qui inspire une réelle médiatisation. Il faut donc taper plus haut. C’est ainsi que les coureurs de l’équipe An Post – Sean Kelly, en Belgique, montent petit à petit en puissance pour préparer le Tour de Grande-Bretagne. Ce succès sur la septième étape, Bagdonas ne l’a pas acquis à la pédale mais en opportuniste, mais qu’importe ? Son camp et lui ont obtenu ce pour quoi ils étaient venus.
De délicats choix de carrière jusqu’à l’opportunité Kelly
Dans le top 15 des coureurs les plus prolifiques de la saison, Gediminas Bagdonas connait une relative explosion qui survient sur le tard, à 25 ans. Certes, il est encore loin d’être un coureur fiable sur le calendrier international, mais cette saison est la première de sa carrière lui apportant la stabilité favorable à l’expression de ses qualités de rouleur, forgées sur la piste. En 2007, ses performantes récurrentes sur les kermesses belges et courses de jeunes du Benelux – depuis deux ans – sont récompensées par une place chez Klaipeda, formation basée au plat pays mais qui comprend un grand nombre de coureurs lituaniens. Il gagne, cette saison-là, à cinq reprises outre-Quiévrain, dont le Triptyque des Barrages, devant le gratin des espoirs belges.
Mais l’année suivante, ses compatriotes et lui filent quasiment tous chez Ulan, au Kazakhstan. Une équipe où se distingue son compatriote Ramunas Navardauskas mais au sein de laquelle Gediminas Bagdonas, lui, n’observe pas de progrès par rapport à 2007. Il demeure performant en Belgique mais pas de net pas en avant. Il fait néanmoins partie des éléments autour desquels, en 2009, se construit l’ambitieux Team Piemonte, monté par Andrea Blardone, qui a pour espoir de façonner les talents du pays balte au contact de représentants italiens. Dès avril, la structure est dissoute, les sponsors n’ayant pas respecté leurs engagements. Bagdonas finit l’année en Belgique, rejoint en 2010 le PWC Aliplast et continue d’y afficher son potentiel. Il a déjà 24 ans mais une porte finit par s’ouvrir devant lui, celle de Sean Kelly. Fini les choix de carrière foireux, cette machine à rouler peut enfin s’exprimer ailleurs que chez les amateurs.
Sa victoire d’étape sur le Tour de Grande-Bretagne est ainsi l’occasion de parler de son parcours, semé d’embûches, qui illustre parfaitement la difficulté qu’ont de nombreux coureurs de qualité à trouver la stabilité nécessaire à leur développement.

Vidéo : Bagdonas vainqueur à Sandringham Estate
Classement de la 7e étape du Tour de Grande-Bretagne









Bel article !!
Super un article sur un coureur comme ca
Je l’adore et je suis un peu ses performances, ca fait plaisir qu’il soit reconnu