« Permettre au cyclisme chinois de décoller »


« Permettre au cyclisme chinois de décoller »

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Jeudi 13 octobre 2011 - 7:00







Le premier Tour de Pékin de l’histoire a eu lieu la semaine passée. Le toujours affable Cédric Vasseur faisait partie de l’organisation, en tant qu’assistant à la direction de course. Une première pour l’ancien maillot jaune. À travers une très longue interview accordée à Velochrono, le Nordiste juge cette édition inaugurale réussie. « Mais chaque année, il faudra se remettre en question, précise-t-il. Apporter du piment, se réserver la capacité de créer la surprise. » Il évoque ainsi les possibilités d’avenir de la course asiatique, les changements qui pourraient y être apportés, ainsi que les implications positives qu’elle pourrait avoir pour le cyclisme chinois et mondial.

Cédric, commençons par parler de vous : vous êtes désormais employé par ASO ?

Non, je suis consultant. Comme je l’ai été pour L’Étape Argentina en Amérique du Sud. On a fait plusieurs voyages, d’autres personnes de la section épreuves grand public d’ASO et moi, pour tracer l’épreuve. Initialement, on voulait faire un seul parcours tout plat de 200 kilomètres, mais on a travaillé pour faire une double cyclo, samedi et dimanche. J’y suis allé en mai et juin, voir le parcours proposé par les Argentins. Il a fallu changer car ils utilisaient la route panaméricaine et il n’y avait pas toutes les autorisations préfectorales. C’était le week-end dernier. Là-bas, on est au printemps, on arrive dans la bonne période. Ça a dû bien se passer. Il y avait un premier tracé vallonné, longeant la Cordillère des Andes, et un second dans ce que l’on appelle le Bordelais argentin.

Et donc, mission identique avec le Tour de Pékin ?

Pour Pékin, c’est un peu différent. J’ai fait mon premier voyage en juin et on a pris un peu le bébé en route… La création de la course a été annoncée en novembre 2010 et c’est Alan Rushton (ancien organisateur du Tour d’Irlande et des classiques anglaises de la défunte Coupe du monde, ndlr) qui avait commencé à travailler sur le dossier. On est rentrés à Paris où on a fait la synthèse de ce qui était bien et ce qui ne l’était pas ou à améliorer. C’est difficile de tout changer en juin pour octobre. On a quand même inversé le sens du circuit de la deuxième étape. Au départ, les Chinois proposaient, en gros, un chrono, puis que des sprints, hormis une étape escarpée. On a tenté d’ajuster pour donner une chance aux échappées. Sur l’ensemble de la semaine, j’estime que le plus rapide était Denis Galimzyanov, or il n’a gagné qu’une seule étape… Il y a par exemple eu, pour cette deuxième étape, suffisamment de bosses pour permettre à Heinrich Haussler de s’imposer.

Vous vous occupiez de quoi, au jour le jour, concrètement ?

C’est toujours plus stressant d’avoir en main les commandes de l’avion. Plus que quand vous êtes co-pilote…

Ma prestation portait sur la gestion sportive. À la direction, il y avait Jean-François Pescheux. Moi, j’étais l’assistant. J’ouvrais la route. Ce n’était pas évident. La première difficulté, c’était la différence de culture. Mes premiers pas en Chine n’étaient pas évidents. Je n’étais jamais venu en tant que coureur, j’avais juste fait la Japan Cup en 1994, pour ce qui était pratiquement mes débuts chez les pros. De toute façon, entre participer à une course et la concevoir, l’améliorer, en faire un rendez-vous World tour, c’est totalement différent. Il a fallu respecter tout le cahier des charges. Ce qui m’intéressait, c’était le coté sécurité. C’est aussi ça, la carte de visite d’ASO. On a modelé des circuits attractifs, allant vers quelque chose de bon, tout en sachant que l’on ne pouvait pas tout chambouler. Les ville-étapes étaient déjà choisies. Départ à un point A, arrivée à un point B, un nombre précis de kilomètres… En 2008, pour les Jeux olympiques, c’était une course d’un jour. Là, les contraintes étaient différentes. Aux zones de départ et d’arrivée, pour le fléchage, et plein d’autres choses, il fallait appliquer le savoir-faire ASO. J’étais un maillon de la chaîne qui comportait en tout une vingtaine d’experts Tour de France. Avec par dessus tout la présence importante de Jean-François Pescheux. Les coureurs et leurs staffs n’étaient vraiment pas dépaysés car il y avait les voitures habituelles. La patte ASO. C’était pour moi une première mais j’avais été formé sur le Tour de l’Avenir, pendant trois étapes. C’est toujours plus stressant d’avoir en main les commandes de l’avion. Plus que quand vous êtes co-pilote…

C’est-à-dire ?

C’est de l’observation, alors que là, c’était tout autre chose. Ce qui est satisfaisant, c’est que la collaboration avec le Beijing Sports Bureau (l’entité organisatrice chinoise, ndlr) a été bonne. C’est eux qui avaient tracé les premiers parcours. Pour la suite, on verra comment ça va fonctionner… L’accord entre ASO et Global Cycling Promotion (la branche mondialisation de l’UCI, ndlr) porte sur quatre ans. La licence World Tour est assuré pour cette même durée. Ce sera l’occasion d’améliorer, même s’il n’y aura pas grand chose à faire. On a eu un super beau vainqueur. Je pense que beaucoup d’organisations de courses, pour une première, auraient rêvé d’avoir Tony Martin lauréat final. Christopher Froome a tenté sa chance et aurait pu bénéficier d’une circuit favorisant davantage l’offensive si on avait pu le mettre en place… Il a quand même joué crânement sa carte. De manière générale, je suis agréablement surpris de façon dont les coureurs avaient appréhendé la course. De leur engouement affiché chaque jour. Des grands noms étaient présents et certains se sont montrés sur des terrains qui ne leur étaient pas forcément destinés. Ils ont joué le jeu. La moyenne de l’épreuve a été rapide. On arrivait toujours un peu en avance sur les prévisions. Sur l’étape reine, Nicolas Roche a su profiter de la succession de difficultés. Dans la dernière bosse, Philip Deignan a attaqué, son compatriote est allé le chercher et Christopher Froome est revenu derrière. En regardant cela, il fallait prendre en considération que l’on était en octobre. Avec le recul, je me dis donc que cette première édition est quand même une belle réussite. Ce que j’ai peut-être apporté à l’expertise globale, c’est le fait de rappeler que quand vous avez fait toute une saison jusqu’aux Mondiaux, il ne faut pas proposer des circuits trop difficiles à cette période de l’année. Tant que j’aurai un mot à dire, je vais me battre pour que cette course ne soit pas trop dure.

Parce que sinon, personne ne viendra ?

Les courses difficiles, en fait, on les connait… Le Tour de Lombardie, par exemple. Si samedi, Damiano Cunego s’impose, ou Samuel Sanchez, ce serait un sacré clin d’oeil. Ils étaient à Pékin avant tout pour accumuler le rythme. Je ne serais pas surpris de voir un des deux l’emporter. Ou même Christopher Froome ! J’avais une position privilégiée quelques mètres devant le peloton et je voyais ce qu’il se passait en permanence. Tony Martin était omniprésent dans la défense de sa position, mais le plus fort, celui qui l’a mis le plus en danger, c’était bien Christopher Froome. Il faudra voir comment il a récupérer mais il peut s’offrir le Tour de Lombardie. Tous ont voyagé en business class, alors ça devrait quand même aller. 9h30 de vol à l’aller, 10h20 au retour. Des conditions extra. Si vous calculez bien, rien que pour aller en Italie, entre le moment où l’on quitte le domicile et l’arrivée à l’hôtel, ça peut prendre jusqu’à six heures. Et pas avec les jambes allongées…

Un coureur parlait de voyage de « rock star ». Il faut donc les bichonner pour qu’ils fassent le déplacement, en gros…

En amenant un groupe de coureurs à Pékin, on a forcément des obligations envers eux, sportifs. Il faut assurer de bonnes conditions de voyage, sinon, ils ne viennent pas ou se flinguent pour un mois. Ils ne sont pas en vacances, là-bas… Certes, ils peuvent découvrir la place Tian an Men, la Cité interdite, la Grande muraille de Chine, mais quand ils sont passé à côté en vélo, ils n’ont certainement pas dû l’apercevoir tellement ils allaient vite.

Pour vous, c’est donc la satisfaction qui prédomine deux jours après être revenu en France.

Imaginez, le village-départ Place Tian an Men, avec l’hélico au dessus… C’était un truc exceptionnel.

Moi, je suis satisfait de l’évolution des choses. On a pris nos marques. Notre collaboration entre ASO et les Chinois était meilleure chaque jour. Lors de la première étape, le protocole était assez brouillon, mais le dernier jour, c’était nickel. On a bénéficié de l’expérience de Stéphane Boury, qui parfois était déjà sur place la veille de l’étape à minuit. Ils ont travaillé comme des fous. Tout comme Yannick Goasduff, sur le village départ. Des personnes formées sur des points très importants. Aussi, les autorités chinois ont bien assuré la sécurité, à part quand l’hélicoptère a approché de trop près le peloton et que Yannick Eijssen est tombé, car un panneau publicitaire s’était décroché. Il faut toutefois noter qu’en Chine, les hélicos n’ont pas le droit de se promener dans le ciel. Ces dernières années, il n’est arrivé qu’à deux reprises que le survol via hélico soit autorisé : pour les Jeux olympiques et pour le Tour de Pékin. Imaginez, le village-départ Place Tian an Men, avec l’hélico au dessus… C’était un truc exceptionnel.

Et le public ?

Il a fait un peu défaut le premier jour.

Les autorités chinoises ne laissaient pas les spectateurs approcher des coureurs, avec un rayon de sécurité de plusieurs dizaines de mètres. En Chine, les mouvements de foule sont craints…

Effectivement, les autorités ont empêché une partie du public d’approcher pour des raisons de sécurité. Ils ne voulaient pas prendre le risque qu’une personne traverse la route. On s’est réuni le soir même, on a discuté avec le Beijing Sport Bureau. Le lendemain, il y avait déjà plus de monde sur le site. Le dernier jour, lors du protocole du podium final, il y avait beaucoup de curieux. Il faut aussi comprendre que le peuple chinois n’a pas l’habitude de voir passer une course comme ça… Nous, on y est habitués, en France et en Europe : on sait que juillet, c’est le Tour de France, etc. Mais en Chine, c’est une découverte. Je me souviens que le dernier jour, des jeunes Chinois de 18-20 ans criaient le nom de Tony Martin pour avoir un autographe… Quand on sait combien leur pays est peuplé, imaginez que la mayonnaise prenne : ça peut être un truc de fou ! La différence est énorme. C’est le premier Tour de Pékin et on a déjà eu 98 éditions du Tour de France. Le challenge est beau.

À leur arrivée sur le sol chinois, plusieurs équipes ont été accueillies par des supporters locaux armés de banderoles. Ils ne savaient pourtant rien des coureurs qu’ils accueillaient en héros.

Dans le même genre, je me souviens que pour la dernière étape, il y avait un groupe de supporters Radio Shack. Presque deux bus entiers, comme on le voit sur le Tour de France ! Ce sont des choses sympa pour une première édition. Si on fidélise, par contre, ça peut vite devenir un problème pour canaliser tout ce public. On voit tous ces gens, on se dit : qu’est-ce qu’ils font ici ? Pour les sponsors, l’intérêt est donc réel. J’ai discuté avec de nombreux directeurs sportifs et ils sont tous satisfaits. Les coureurs auraient pu venir et rester dans les roues mais non. On a vu un Cunego échappé sur une étape qui se finissait par trente bornes de plat. Ils ont mis la main à la pâte. La cérémonie d’ouverture était d’ailleurs digne d’une grande course.

Une cérémonie lors de laquelle les coureurs se voyaient proposer un… buffet chinois. Pas le menu le mieux adapté à la veille d’une compétition de ce niveau. Petit loupé ?

C’était prévu pour deux heures, en fait. Pendant tout ce temps, il y avait des petits plats chinois qui en effet n’étaient pas forcément adaptés aux besoins des coureurs. Mais après, ils pouvaient manger à l’hôtel… Ils ont juste anticipé, pris cela comme un apéritif. Ils ont cru que c’était le repas du jour alors qu’en fait c’était une simple ration d’attente. Mais le dernier jour, il y avait une autre cérémonie similaire, moins longue, et là, il y avait des pâtes au buffet…

Longtemps, le Tour de Pékin a été évoqué dans le cadre des menaces de boycott des équipes pro-oreillettes. Au final, les virulents managers qui ne voulaient pas venir ont presque tous connu le succès en Chine. Le danger n’est plus d’actualité pour 2012 ?

Qui sait si dans deux ou trois ans, ces managers n’auront pas un sponsor chinois ? L’histoire du boycott fait partie du passé…

Des équipes avaient mis un point d’interrogation sur la course, avaient émis des menaces de boycott. Elles n’ont maintenant plus lieu d’être… Qui sait si dans deux ou trois ans, ces managers n’auront pas un sponsor chinois ? L’histoire du boycott fait partie du passé… En Chine, il y a une opportunité qui se présente. Les coureurs doivent la saisir. Ils l’ont bien compris et les équipes aussi. Au début, elles étaient un peu réticentes, or les managers avaient fait le manager, comme par exemple Bjarne Riis. Ils étaient présents pour voir ce que c’était. Alors si ça avait été un bide, vu les menaces qu’il y avait plus tôt dans la saison, ils ne se seraient pas gênés pour nous descendre.

L’an prochain, la course change de date et, par conséquent, le Tour de Lombardie aussi. Pourquoi ?

Non pas que ce ne soit pas mon souci, mais je suis assez impuissant par rapport à ça. C’est une décision de l’UCI. Il faudra voir ce que ça donne samedi au Tour de Lombardie. Une des raisons pour lesquelles on fait appel à d’anciens coureurs tels que moi, c’est parce que je garde à l’esprit qu’il faille respecter le rythme des coureurs. Si en Italie, les gars qui étaient en Chine ont en difficulté, cela donnera d’autant plus de crédit au changement de date. D’un point de vue purement sportif, les capacités de récupération d’un coureur en octobre sont affectées. Il ne faut pas d’étapes trop longues, trop difficiles. Après, je pense sincèrement que si un coureur fait le métier après Pékin, il peut bien faire en Lombardie. Sur un one shot.

J’ai surtout l’impression que l’UCI veut faire de Pékin la finale de son World Tour et que le Tour de Lombardie est pour cela déplacé. Or, l’idée d’une finale, en cyclisme, est un peu farfelue… Ce n’est pas du football, avec la tradition de placer de grandes compétitions en fin de saison.

Peut-être, mais cela peut-être aussi vu comme un tremplin par pas mal de coureurs. J’ai discuté avec Stijn Vandenbergh, de Katusha : après Pékin, il filait en Australie pour courir l’Herald Sun Tour. Les Australiens, eux, rentrent au pays l’hiver. Ils pourront, l’année prochaine, faire Paris-Tours, course qui correspond aux qualités de la plupart d’entre eux, puis faire le voyage vers l’Australie avec Pékin en intermède… Et continuer avec l’Herald Sun Tour, ou le Tour du Hainan, avant de retourner voir la finale. Ce ne serait pas uniquement une grande finale.

Mais en octobre, beaucoup de cadors ont raccroché le vélo depuis plusieurs semaines. On ne pourra jamais voir de coureurs de juillet jouer la gagne à Pékin, si ?

On n’avait pas les Schleck, Evans, etc, oui. Ce qui se comprend. Mais on avait quand même une belle brochette. J’ai aussi été agréablement surpris par la sélection chinoise. C’était une de nos préoccupations : il fallait qu’elle puisse concourir, être à la hauteur. Il y avait un point d’interrogation sur leurs capacités physiques. Un d’entre eux a terminé plus combatif de l’une des étapes ! Le jour où Damiano Cunego fait l’échappée, il sort pour la rejoindre et c’est un Chinois qui contre et l’aide à recoller ! C’était assez surprenant ! Il faut permettre au cyclisme chinois de décoller.

Est-ce que le Tour de Pékin, tout seul, peut permettre cela ? Le centre mondial du cyclisme de l’UCI, équipe qui chaque année prend comme stagiaires des coureurs de tous horizons, aura en 2012, pour la première fois, des Chinois. Un jour, on pourrait aussi en voir intégrer des structures amateurs en France, en Italie… C’est un tout qui est nécessaire, non ?

Je suis sûr que si on a la possibilité de dresser un bilan dans dix ou quinze ans, on parlera des Chinois comme aujourd’hui des Australiens.

C’est un tout, oui. Mais il faut comprendre qu’avec le décalage horaire, je ne suis pas persuadé que beaucoup de Chinois suivent le Tour de France. Pour avoir un réservoir national, ce dont ils ont besoin, c’est d’avoir des courses dans leur pays. Après, je suis d’accord avec vous : tout ne dépend pas uniquement de la taille d’un pays. Je suis passé pro en 1994 et dans mon équipe, il y avait Stuart O’Grady. Je le voyais avec mon oeil de Français. Je trouvais qu’il venait d’une autre planète : ça n’avait rien à voir avec le cyclisme que je connaissais. Maintenant, il a gagné Paris-Roubaix et Cadel Evans le Tour de France. On connait tous les performances des Australiens. Je suis sûr que si on a la possibilité de dresser un bilan dans dix ou quinze ans, on parlera des Chinois comme aujourd’hui des Australiens. Il est déjà 0h40 là-bas (Cédric Vasseur dit cela alors qu’il est 18h40 en France, ndlr) : ils vivent toujours en décalé. Si tu n’as pas dans ton pays un évènement, non pas de la dimension du Tour de France, mais quelque chose de majeur dans un calendrier cycliste, tu touches toujours moins ton public. Je suis certain qu’au bord des routes, la semaine dernière, des gens ont découvert ce que c’était qu’une course cycliste. Ils ont dû se dire : c’est quoi ce truc, là ? D’un point de vue économie, on parle de la Chine comme de la future première puissance mondiale. Elle l’est peut-être même déjà. Le cyclisme ne doit pas vivre en décalage avec son temps. Il faut saisir cette chance. Après, il s’agira aussi d’essayer d’améliorer la diffusion télé, pour que les Européens puissent profiter de l’évènement…

Pourquoi pas en faisant arriver les étapes plus tard ? De France, il fallait un réveil pour regarder le Tour de Pékin…

C’est une question qu’il faudra évoquer, c’est vrai. Notre cahier des charges disait, en gros, qu’il fallait que le peloton soit comme chez lui. L’histoire de la télévision, on ne le maîtrisait pas. Mais l’obligation, c’était d’arriver entre 15h45 et 16h00.

C’est tôt…

Alors l’an prochain, peut-être plus tard ? (Un élément lui revient en tête) Il faut également savoir une chose, c’est que la semaine dernière, en Chine, c’était celle des vacances nationales. Ils n’en ont pas beaucoup, dans l’année. C’était une semaine de fête. Beaucoup de gens étaient sur les routes, voyageaient. Ce qui nous handicapait, par exemple pour l’obtention d’autorisations.

Il y avait aussi le tournoi féminin de tennis !

Oui, en plus ! Mais on avait Maria Sharapova dans notre hôtel, alors c’était plutôt sympa (rires) ! En tout cas, on a peut-être là un élément de réponse quant au changement de date pour 2012. Il ne faut plus tomber sur cette semaine nationale de congés. Car il y a alors moins de flexibilité. Si le trafic routier est moins chargé, on peut aller sur des sites inédits. Cette année, c’était trop tard pour changer : c’était déjà fixé.

Donc, en 2012, quelles sont vos idées pour améliorer le parcours du Tour de Pékin ?

Si on veut garder le côté inaugural du chrono, il faudra immanquablement en réduire la distance.

J’ai plein d’idées, mais on fera le débriefing en interne ! J’estime que cette course a été un succès mais chaque année, il faudra se remettre en question. Apporter du piment, se réserver la capacité de créer la surprise. Tout en gardant cette dimension humaine sur laquelle j’insiste vraiment. Des aménagements sont possibles et même souhaités.

Donner moins d’importance au chrono en réduisant sa distance ? Ou bien en le plaçant lors du week-end final, pour entretenir le suspens ?

Peut-être… Il est vrai que ce n’est pas une course de trois semaines et qu’il n’y a pas la montagne pour équilibrer. Si on veut garder le côté inaugural du chrono, il faudra immanquablement en réduire la distance. Pourquoi pas aussi le mettre le samedi, oui.

Le souci avec la case du samedi, c’est l’implication des coureurs… Peut-être que le fait d’avoir gagné le chrono a davantage concerné Tony Martin, l’a motivé à jouer le classement général, à défendre son maillot.

Absolument, c’est vrai aussi. Il y a donc plein de possibilités envisageables ! On a pris des notes au fil des étapes. Surement que certaines seront à revoir. Pourquoi pas une arrivée en sommet, aussi ? Ce ne sera pas l’Alpe d’Huez, mais une côte de 5 ou 6 kilomètres, style Tirreno-Adriatico, peut-être envisagée. Pour qu’un coureur comme Christopher Froome se détache, comme lors de l’étape remportée par Nicolas Roche. On peut aussi mettre en place une étape avec un circuit plus corsé.

Le circuit des Jeux olympiques de 2008 ?

On ne pouvait pas à cause, justement, des vacances… Elle est là la réponse ! Le changement de date fera vraiment que l’on aura plus d’ouvertures.

Sinon, pourquoi aucune équipe Continental Pro n’a été conviée à participer à cette première édition ? Il s’agissait de limiter les frais ?

C’est l’UCI qui s’occupe de ça, ainsi que des hôtels, etc. Je pense que c’est avant tout dans un souci d’équité, au regard de la course aux points World Tour. On ne peut pas en inviter quelques unes et pas d’autres. L’an prochain, peut-être ? Je ne sais pas.

Terminons comme nous avons commencé : en parlant de votre cas personnel. L’Argentine, la Chine… Prochaine destination ?

Je suis quand même bien occupé… J’ai le boulot de consultant sur la RTBF, j’ai aussi fait les Championnats du Monde pour France Télévisions. Tout ça, plus les reconnaissances en Argentine, en Chine, ça fait beaucoup. Je suis venu à Pékin à l’occasion de trois voyages à chaque fois d’une dizaine de jours. On y ajoute toutes les réunions. J’ai aussi besoin de souffler !


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  1. «  »mis la main à la patte »"!! ? et plus loin «  »pattes au buffet »" ???

    très interessant


  2. Jeudi 13 octobre 2011 à 10:19 - gilbert5866 | Thumb up 0 Thumb down 0

  3. Ouais ben faites le décoller en fevrier, au moins il nous « emmerdera moins »


  4. Jeudi 13 octobre 2011 à 11:31 - Alex | Thumb up 0 Thumb down 3

  5. Bonne itw mais une petite précision cependant : il y a déjà eu un stagiaire route chinois passé par le CMC, Haijun Ma, d’ailleurs meilleur chinois classé sur le Tour de Pékin…


  6. Jeudi 13 octobre 2011 à 11:46 - nesth | Thumb up 1 Thumb down 0

  7. Bonjour.

    J ai vecu plus de 6 ans à Beijing. J’ai pratiqué chaque WE le vélo sur les routes de ce tour.
    En Chine, le velo est encroe attaché au deplacement quotidien.
    A Pekin, chaque jour pres de 3 000 000 de personnes utilisent leur velo.
    Toutefois, des clubs s organisent et nous sortions souvent en paquets de plus de 60 pour des sorties de 100 à 130 bornes vers le nord ou l’ouest donc les routes de moyenne montagne.
    Cette culture vélo ne demande qu à se développer, le matériel de qualité coute encore cher pour eux.Les chinois apprennent vite dans tous les domaines.
    J’espère que le cyclisme va s y développer avec notre support.


  8. Jeudi 13 octobre 2011 à 13:56 - laoze | Thumb up 6 Thumb down 1

  9. Si je ne m’abuse, le Chinois Fuyu Li était chez Discovery Channel en 2007 nan ?


  10. Jeudi 13 octobre 2011 à 15:27 - Moony | Thumb up 1 Thumb down 0

  11. Très intéressante cet interview . J’aime beaucoup Cédric Vasseur , un garçon charmant , sympa et ses commentaires sur la rtbf sont très plaisant . Je suis contente de savoir qu’il continue son boulot de consultant pour notre chaine belge .


  12. Jeudi 13 octobre 2011 à 17:06 - pat | Thumb up 3 Thumb down 0

  13. Cedric Vasseur mérite de monter une équipe pro et pourquoi ne pas profiter de ces voyages en chine par exemple pour trouver un sponsor?


  14. Jeudi 13 octobre 2011 à 17:47 - lassègue | Thumb up 2 Thumb down 0

  15. Je ne sais pas si cette perspective l’exciterai…


  16. Jeudi 13 octobre 2011 à 18:27 - Alexandre Philippon | Thumb up 1 Thumb down 4



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