Parisien : « Amener le Canada au plus haut »

Par Baptiste Bouthier
Samedi 19 février 2011 - 8:00
Photo : SpiderTech
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Ils débarquent ! Les Canadiens de SpiderTech vont faire leur grands débuts pour la saison 2011 à l’occasion du Trophée Laigueglia, ce samedi, avant d’enchaîner sur le Tour du Sardaigne dans la foulée. Fraîchement admise en deuxième division mondiale, la formation managée par l’ancien pro Steve Bauer et Josée Laroque est presque uniquement composée de Canadiens. Le gros rouleur Svein Tuft, le médaillé de bronze des Mondiaux Espoirs Guillaume Boivin, mais aussi d’autres. Comme François Parisien, 28 ans, champion du Canada en 2005. Un des cadres de l’équipe, un de ceux qui pourraient très vite se faire un nom au sein du peloton. Il se dévoile pour Velochrono.
Vous venez de vous installer en France, près de Toulouse, avec toute l’équipe SpiderTech. Tout se passe bien ?
Ca fait dix jours qu’on est là. L’équipe a loué une très grande villa, dans laquelle on habite tous ensemble, les coureurs, à l’exception de Guillaume Boivin et de Sven Tuft, qui habite toujours Gérone. On est soit deux, soit seul dans chaque chambre, il y a deux cuisines… C’est vraiment bien pour former l’équipe, pour s’entraîner tous ensemble. Il y a aussi le staff, qui s’est regroupé dans une partie de la maison afin de pouvoir travailler plus facilement ensemble. En tout, on doit être une petite vingtaine ; en tout cas on peut loger vingt personnes sans difficulté.
Par rapport à l’an dernier, l’effectif n’a pas beaucoup changé et vous vous connaissiez donc déjà bien. Mais être ainsi réunis tous ensemble, ça doit encore un peu plus souder le groupe ?
Vous allez démarrer votre saison européenne sur le Trophée Laigueglia ce samedi, puis il y aura le Tour de Sardaigne dans la foulée. Impatient ?
C’est sûr, même si personnellement, j’ai beaucoup moins d’inconnues que d’autres pour cette saison puisque j’ai déjà couru un an en Europe (chez Slipstream, en 2007). C’est d’ailleurs un peu mon rôle de rassurer et d’épauler les jeunes de l’équipe, parce que je sais ce qu’il en est. Déjà, lors de notre tournée d’été l’an passé (l’équipe avait participé à plusieurs épreuves européennes, s’imposant notamment grâce à Guillaume Boivin sur la Mi-août en Bretagne, ndlr), je savais où je mettais les pieds. Là, on est vraiment un ton au-dessus par rapport à l’an passé, on a de nouveaux coureurs qui vont apporter beaucoup de forces à l’équipe. Les jeunes ont pris de l’expérience l’an dernier, et je pense qu’on va beaucoup entendre parler de nous cette saison. On est vraiment excité. Il y a bien sûr une certaine anxiété avant la première course, on ne sait jamais où on en est physiquement. Mais il y a aussi l’excitation de démarrer la saison.
« Je suis beaucoup plus heureux aujourd’hui qu’en 2007″
Vous évoquez votre passage chez Slipstream, en 2007. L’année suivante, l’équipe devenait Garmin et découvrait le Tour de France, mais vous, vous étiez revenu au Canada. Qu’est-ce qui s’est passé ?
J’ai eu une blessure au genou gauche en 2007. C’est la seule raison pour laquelle je suis revenu en Amérique. J’ai couru seulement une partie de la saison, et j’ai été gêné le reste du temps. Jonathan Vaughters (le manager de l’équipe américaine, ndlr) a alors décidé de ne pas me réengager. Il croyait fermement que mon genou n’était pas capable de soutenir un calendrier plus soutenu ; or, l’année suivante, l’équipe prévoyait un programme bien plus consistant. Il ne pensait pas que mon corps pourrait le supporter. Moi, je n’avais pas engagé de démarche avec une équipe française ou autre, et je n’avais pas envie de repasser amateur, donc je suis retourné au Canada pour repartir de zéro. J’ai redécouvert le circuit nord-américain, et je n’ai vraiment pas à le regretter aujourd’hui. J’ai couru plus près de ma famille et de mes amis, ça m’a permis de me redécouvrir, de corriger certains aspects de ma personnalité sur le vélo que je n’avais pas pu travailler avec Slipstream.
Comme quoi ?
L’an dernier, vous êtes dans le coup au général sur le Tour de Californie à mi-parcours, après deux étapes compliquées où vous étiez dans le rythme. Et puis vous craquez et abandonnez…
On avait fait un bon programme avant le Tour de Californie, j’étais vraiment en forme. Mais on n’avait pas couru assez de courses de ce niveau, je crois. Le Tour de Californie a vraiment été la course la plus dure de la saison. Quand on veut performer sur une semaine comme ça, il faut pouvoir courir avec les mêmes coureurs sur d’autres épreuves. C’est pour ça que cette année, c’est important de courir au maximum ici, en Europe, des courses par étapes comme le Tour de Turquie par exemple. C’est une course bien cotée en Europe, avec un très bon plateau, et un parcours assez comparable au Tour de Californie. En Turquie, je serai presque au top de ma préparation. J’aimerais aussi y briller, même si l’objectif principal est la Californie.
« Sur vingt minutes, je suis capable de produire un effort assez surprenant »
Mais quand on regarde votre palmarès, on a du mal à définir votre profil : vous suivez bien en montagne, vous allez vite au sprint, vous gagnez même des chronos… Quel coureur êtes-vous ?
Je grimpe bien, mais je ne suis pas un pur grimpeur. Je me débrouille bien en montagne, mais les arrivées au sommet, c’est trop compliqué pour moi. Je passe bien les ascensions de dix ou quinze kilomètres. Et ensuite, si il y a une descente ou du plat, je suis un de ceux qui a le plus d’explosivité, c’est là que je peux jouer ma carte. J’excelle dans les courses dures mais qui n’arrivent pas au sommet. J’essaie toujours de passer la bosse, un peu comme Bettini dans ses bonnes années, quand il grimpait bien. J’ai une bonne vitesse de pointe, mais par contre j’ai beaucoup de difficultés sur un sprint massif. Et sur un effort de vingt minutes, je peux produire beaucoup de watts, je suis vraiment capable de produire un effort assez surprenant. J’aime beaucoup l’effort solitaire, je me défends bien, c’est un peu le même effort que quand on grimpe un col.
En fait, vous avez les qualités pour briller dès vos premières courses italiennes ?
Effectivement, le Trophée Laigueglia et le Tour de Sardaigne proposent des parcours qui sont faits pour moi. Il n’y a pas mieux ! J’aimerais bien y faire un bon résultat, mais ce ne sont que les premières courses de la saison et je ne sais pas trop où j’en suis en ce moment. Je vais être fixé assez vite après ma première course. On va prendre les épreuves au jour le jour.
« Le palmarès de Steve Bauer impose un grand respect, je l’écoute le plus possible »
Votre directeur sportif, en course, c’est Steve Bauer, quatorze fois porteur du maillot jaune et quatrième du Tour 1988. C’est une référence pour toute l’équipe ?
Pour moi, en tout cas, indéniablement. Quand Steve nous donne des directives de course… 99 % du temps, il a raison ! Comme directeur sportif, il n’y a pas mieux, et comme personne, il est vraiment facile d’accès. J’ai beaucoup de respect pour lui et Josée Laroque, parce que ces deux personnes-là se donnent corps et âme pour construire un rêve, amener le cyclisme canadien au plus haut niveau. C’est dans tous leurs efforts que je puise ma confiance. Le palmarès de Steve impose un grand respect, je l’écoute le plus possible. Maintenant, le cyclisme a aussi beaucoup changé par rapport à quand il était coureur, il faut savoir faire l’alchimie, et c’est ce qu’on arrive à faire, je crois.
SpiderTech a de l’ambition, vous le disiez, et pour parvenir à ses fins l’encadrement a eu une idée un peu particulière : aller prospecter dans les patinoires pour inciter les hockeyeurs à faire du vélo…
L’objectif est peut-être aussi d’attirer les autres coureurs canadiens professionnels comme David Veilleux (Europcar), Dominique Rollin (FDJ) ou Ryder Hesjedal (Garmin) ? Vous avez des contacts avec eux ?
David et Dominique avaient eu des offres de la part de Steve, mais ils ont choisi une autre aventure. Peut-être qu’ils pensent que notre rêve de courir un jour le Tour n’est pas réaliste, mais moi j’y crois. Sinon, je connais surtout Dominique, on est de bons amis. Quand on est en même temps à Montréal, on va toujours se faire une bouffe et prendre une bonne bière.









« Fraîchement admise en deuxième division mondiale, la formation [...] est uniquement composée de Canadiens ».
Vraiment?
Et moi qui croyait qu’il y avait deux cyclistes des États-Unis et un du Mexique…
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quipe_cycliste_SpiderTech-C10
Ça doit être Wikipédia qui est dans le champ.
L’équipe n’est pas uniquement composée de Canadiens. Il manque évidemment un « presque » à cette assertion.