Moncoutié : « Je retiens les bonnes choses »


Moncoutié : « Je retiens les bonnes choses »

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Mercredi 23 novembre 2011 - 18:19
Photo : Graham Watson - Unipublic







À 36 ans, David Moncoutié repartira en 2012 pour une nouvelle saison sur le vélo, toujours chez Cofidis, lui qui a débuté chez les pros il y a une éternité : en 1997 ! Et le Lotois ne change pas. Fidèle à lui-même, il applique ses méthodes qui marchent. Courir aux sensations, courir après le plaisir, courir pour faire plaisir. Le quadruple meilleur grimpeur du Tour d’Espagne répond aux questions de Velochrono avec une motivation intacte.

David, vous sortez d’une semaine chargée…

Le stage, c’était un peu la rentrée des classes. On s’est retrouvé mais sans toucher le vélo.

Du mardi 15 au vendredi 18, j’étais au premier stage de l’équipe Cofidis, à Lyon. Vu que j’habite par là-bas, je suis ensuite rapidement rentré chez moi ! Au programme, il y avait des tests médicaux et pas mal de points à voir dans le domaine médical. On a aussi fait d’autres tests pour voir où en est notre forme par rapport aux autres années à la même époque. On a vu des podologues, des psychologues, etc… Mais aussi les nouveaux coureurs de l’équipe. C’était un peu la rentrée des classes. On s’est retrouvé mais sans toucher le vélo.

On imagine cependant que vous avez déjà repris !

Oui, j’ai arrêté tout de suite après la Vuelta donc j’ai repris fin octobre. Avec de petites sorties tranquilles, de deux heures, deux heures et demi.

Cela fait donc maintenant plus d’un mois que la saison est terminée. Quand on dit 2011, vous pensez à quoi ? Des images vous viennent en tête : sont-elles positives ?

Il y a surtout les victoires qui me viennent à l’esprit. Et la Vuelta ! Mais c’est vrai que mes deux victoires sur des courses par étapes (le Tour Med et le Tour de l’Ain, ndlr) restent des grands moments. On n’a généralement pas souvent l’occasion de gagner ce genre d’épreuves, alors oui, en terme de victoires, c’est une bonne saison.

La saison avait commencé par le Tour Med. Comme d’habitude, a-t-on envie de dire…

Le Tour Med, s’il me convient, c’est essentiellement de par la présence du Mont Faron ! D’habitude, j’y cours sans penser au général. A vrai dire, c’était même la première fois que je me suis retrouvé à jouer la victoire sur cette épreuve ! C’est une course par étapes donc oui, c’est toujours bien.

Si l’on dit « comme d’habitude », c’est parce que votre programme a souvent été le même ces dernières saisons. Avec des points-clé comme le Tour Med, la Route du Sud, le Tour de l’Ain, le Tour d’Espagne.

Le Tour de l’Ain et la Vuelta me correspondent bien. En 2010, j’avais fait Giro puis Vuelta, et ça avait bien marché. En 2011, j’ai essayé de ne pas trop changer ma préparation et j’ai fais le Tour avant le Vuelta. En 2012, normalement, la Vuelta sera mon seul grand tour.

Parlons des courses pour grimpeurs. Beaucoup de jeunes coureurs français, spécialistes de la haute-montagne, regrettent qu’il y en ait peu dans le programme national. Vous partagez certainement ce sentiment…

Je vais faire du Dauphiné un des mes objectifs pour 2012.

Oui, il y en a pas tant que ça. Mais il en faut pour tout le monde ! A part le Dauphiné, qui est un ton au dessus, je n’en vois pas d’autres. La Route du Sud, le Tour de l’Ain, le Tour Med grâce au Mont Faron, ok. Mais ça s’arrête là ! C’est d’ailleurs pour ça que je vais faire du Dauphiné un des mes objectifs pour 2012.

Et donc probablement pas de Tour de France. Quand vous pensez à cette course, vous ressentez surtout de la frustration ou vous pensez à vos deux victoires d’étapes acquises il y a quelques années ?

Je retiens les bonnes choses. Même si ces dernières années, je n’y ai pas eu réussite, deux victoires d’étape sur le Tour, ce n’est pas donné à n’importe quel coureur. Et puis j’ai déjà terminé treizième au général. Non, quand je pense au Tour de France, il n’y a pas que du mauvais, au contraire ! Ces deux victoires d’étapes, c’est fort. La première dans mon département et la deuxième un 14 juillet : ce sont des moments qui marquent une carrière. Je peux même dire que ce sont mes deux plus belles victoires.

Mais alors, en 2011, c’était une erreur d’y retourner ?

Avec le recul, on peut le dire… Je ne sais pas. Il y a eu plein de circonstances. Déjà, une semaine avant, sur les Championnats de France, j’étais tombé… Le lendemain, je n’arrivais plus à marcher ! J’ai passé les dix premiers jours sur le Tour un peu handicapé… Après il y a eu le mauvais temps, que je n’aime pas. Je n’étais pas forcement au top non plus… Il n’y avait pas que des bonnes circonstances et ça ne m’a pas réussi.

Le retour en grâce s’est ensuite observé sur le Tour de l’Ain. Une étape importante. Pour repartir. Reprendre confiance… Et peut-être même se décider quant à son avenir ?

A la fin du Tour de France, je n’étais pas sûr de continuer. Mais je me suis vite rendu compte qu’en rentrant chez moi, j’avais toujours envie de entraîner.

A la fin du Tour de France, je n’étais pas sûr de continuer. Mais je me suis vite rendu compte qu’en rentrant chez moi, j’avais toujours envie de entraîner. Et que les sensations n’étaient pas si mal… Je me suis dis : on va faire le Tour de l’Ain et je prendrai ma décision à son issue. Et vu que je me suis senti bien au Tour de l’Ain (vainqueur final, ndlr), je me suis dis : allons à la Vuelta.

Donc le Tour de l’Ain a bien été le déclic…

Oui.

Alors, la Vuelta… Quatre participations, quatre maillots de grimpeur. Vous avez trouvé la bonne formule ? Cependant, on imagine que vous vous cassez quand même la tête pour y arriver….

La formule je l’ai, oui. Mais pour l’appliquer, ce n’est jamais évident ! Il fallait marquer des points sur les étapes de montagne… Finalement, je suis allé en chercher un peu partout ! Il faut préciser qu’on me l’a disputé. Matteo Montaguti le voulait vraiment… Oui, il a fallu marquer des points un peu partout. Cela a eu l’effet de me faire dépenser pas mal d’énergie et m’a poussé à bien calculer.

Pour ainsi rentrer dans l’histoire de la Vuelta. A ce propos, êtes-vous quelqu’un d’attaché à l’histoire du cyclisme ?

On ne retient souvent que le vainqueur final. Le porteur du maillot de leader, il est toujours marqué dans le livre du palmarès de la course… Mais après oui, gagner plusieurs fois ce maillot de meilleur grimpeur, il y a des grands noms qui l’ont fait. Donc avoir son nom plusieurs fois au palmarès, c’est bien.

Les grands noms… L’un d’eux a été votre modèle ? Il parait que c’est le cas d’Herrera.

Oui, les premières fois que je regardé du cyclisme à la télévision, c’était sur le Tour de France et il y avait Herrera qui grimpait les cols… Ça m’a toujours attiré ! Surtout les étapes de montagne : elles m’ont toujours fasciné.

Il est évident que vous êtes quelqu’un qui marche au plaisir, à l’envie, à la confiance. Certes, il ne vous faut pas non plus qu’il pleuve. Il y a en fait plein de paramètres pour que Moncoutié « marche » ?

Je ne suis fait pour des courses comme Paris-Nice ou le Tour de France.

 Ça dépend des conditions. Ce n’est pas toujours le même type de course. Après, c’est vrai, j’aime qu’il fasse très chaud et surtout qu’il n’y ait pas de pluie, c’est important ! J’aime aussi les endroits où ça ne frotte pas : l’Espagne, le Dauphiné aussi, ça en fait partie… Je ne suis fait pour des courses comme Paris-Nice ou le Tour de France, qui sont très aléatoire. Ce sont des épreuves où, bien plus que d’autres, on peut tout perdre en plaine ou y laisser du jus.

Stéphane Augé nous a dit dans une interview que vous étiez un coureur très minutieux. On ne le voit pas forcément de l’extérieur.

Sur la Vuelta, je regardais de près les endroits où il fallait absolument être devant ! C’est vrai, je calcule tous les jours… Quand on est fort, on ne se pose pas questions, mais si on n’est pas super, il faut bien calculer ses forces. Et c’est pareil dans les courses par étapes : il faut savoir où sont les endroits où on peut marcher.

Revenons à votre prolongation. Qu’est-ce qui vous a décidé de faire un an de plus ?

Au Tour de l’Ain, j’ai eu la confirmation que j’avais encore les moyens de faire des trucs dans le vélo. Physiquement, j’ai senti que j’avais encore la caisse pour gagner. L’envie de m’entraîner aussi, c’était un facteur important, tout comme ce que j’ai ressenti au niveau de l’équipe Cofidis. J’y avais encore ma place pour gagner et aider les autres à gagner.

Vous avez imaginé continuer dans une autre équipe que Cofidis ?

Non.

Et à un autre moment de votre carrière ? Vous n’avez jamais connu une autre équipe depuis vos débuts en 1997…

Il y a peut-être eu quelques moments où j’ai dû y penser mais ce n’était pas au cours de ces dernières années, car on m’a toujours demandé mon avis. On s’est toujours préoccupé de moi. Il n’y avait pas de raison de chercher ailleurs !

En 2012, vous viserez un cinquième maillot à pois de rang sur la Vuelta : c’est vraiment une motivation énorme… On tient là votre objectif numéro un de fin de carrière ?

Trois maillots, quatre… Pourquoi pas cinq ? C’est l’un des objectifs principaux de ma saison 2012.

Il y aura d’autres choses importantes mais la Vuelta est ma course de référence. C’est vrai que l’on se prend au jeu ! Trois maillots, quatre… Pourquoi pas cinq ? C’est l’un des objectifs principaux de ma saison 2012. Le Dauphiné en sera un autre tout comme plein de courses par étapes comme le Tour Med, la Route du Sud, le Tour de l’Ain… Mais après oui, le Tour d’Espagne et le Dauphiné Libéré seront mes deux grosses courses.

Pour résumer, que nous souhaitons-vous donc pour cette nouvelle saison ?

Un maximum de victoires et un cinquième titre de meilleur grimpeur sur la Vuelta !




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  1. Bonne chance pour cette année 2012 à lui en tout cas !

    J’espère qu’il pourra faire le Tour Med qui est en difficulté financière pour l’année prochaine, et qui menace de ne pas être au calendrier UCI …


  2. Mercredi 23 novembre 2011 à 20:49 - Ad31 | Thumb up 9 Thumb down 0

  3. Il dit qu’il aime quand ça ne frotte pas…c’est surtout qu’il est incapable de frotter ! Et le problème, c’est qu’il y a beaucoup de courses qui pourrait llui convenir mais qui ont cette caractéristique (il faut savoir frotter) : Paris-Nice et le Tour, mais aussi Tirreno-Adriatico, le Tour du Pays Basque, les ardennaises (bien qu’il ne soit pas puncheur), d’une manière générale les classiques ou semi-classiques valonnées (classica San Sébastian, Tour de Lombardie, etc…) et bien d’autres que je n’ai pas en tête. En revanche, il peut aussi viser le Critérium International.


  4. Mercredi 23 novembre 2011 à 23:18 - R7814 | Thumb up 3 Thumb down 7

  5. Cela fait 15 ans qu’ils court comme cela, et quel beau palmares!
    Ce n’est pas fini il sera très fort sur ces objectif 2012
    Merci pour cet interview


  6. Jeudi 24 novembre 2011 à 10:19 - Sacha | Thumb up 10 Thumb down 0

  7. Moncoutié dit lui même qu’il est mauvais sprinter, qu’il ne sait pas frotter, qu’il a horreur du mauvais temps donc il se concentre sur ce qu’il sait le mieux faire, grimper et essayer d’arriver en solitaire dans les étapes ou les épreuves qui se terminent au sommet des difficultés ou à proximité immédiate et il faut reconnaître, qu’on figure parmi ses fans ou ses détracteurs, qu’il réussit à atteindre ses objectifs avec la manière, n’est-ce pas la l’essentiel ?


  8. Jeudi 24 novembre 2011 à 12:54 - gomezdelmoral | Thumb up 10 Thumb down 0

  9. Moncoutié a toujours couru intelligemment, en fonction de ses capacités. C’est un type à la fois discret et attachant. J’avoue que c’est le coureur français que je préfère. Et puis quel palmarès pour un grimpeur non puncheur!


  10. Jeudi 24 novembre 2011 à 14:43 - eulalie78 | Thumb up 10 Thumb down 0



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