Merlot : « Faire évoluer le cyclisme féminin »
Dans l’équipe féminine Vienne-Futuroscope, Emmanuelle Merlot cumule : membre de l’effectif depuis sa création, elle est la seule coureuse originaire du département et occupe en parallèle un rôle de porte-parole plein de responsabilités. En début de semaine, la formation numéro un en France a ouvert son tout nouveau site internet. Velochrono a voulu en savoir plus sur le développement sportif et extra-sportif de cette structure, qui lutte contre la faible médiatisation du cyclisme féminin. « C’est un réel problème, car sans médias, on n’a pas de sponsors. Et sans sponsors, on n’a pas de médias… C’est un cercle vicieux. »
Emmanuelle, débutons par la casquette coureuse : comment s’est passée votre saison 2011 ?
Vous avez coupé depuis le Chrono des nations…
Oui, je n’ai vraiment rien fait depuis. J’ai juste fait un petit duathlon la semaine d’après. C’était histoire de m’amuser. Vraiment sans entraînement, et ça s’est bien passé. On a gagné avec ma partenaire. Après, j’ai vraiment coupé. J’ai depuis, quand même, un peu repris la course à pied et le VTT.
Vous faites des cyclo-cross cet hiver ?
Non, je n’en fais pas. Je n’ai pas du tout de puissance. Donc ça ne sert à rien que je m’aligne au départ. Et puis j’essaie de penser à autre chose qu’au vélo à cette période.
Comment allez-vous aborder la prochaine saison ?
On a fait un stage ce week-end. C’était plus un stage voué à intégrer les nouvelles au groupe. Pour que les anciennes se familiarisent avec les arrivantes. Pour qu’on fasse aussi la connaissance du nouveau directeur sportif, l’ancien pro Paul Brousse. Pour qu’on reprenne nos repères. On a bien rigolé. Il n’a pas été question de vélo. On a eu une petite réunion pour organiser la saison. On n’avait donc pas de pression.
Qui sont ces nouvelles arrivantes ?
Elles sont six. Il y a Amélie Rivat, Manon Souyris (Championne de France junior et quatrième du mondial de Copenhague, ndlr), l’Australienne Carlee Taylor, l’Autrichienne Andrea Graus, qui était déjà en stage chez nous pour la fin de saison. Tout comme Marion Azam, pour qui le stage s’est bien passé, et qui a décidé de continuer avec nous. Il y a également Sandrine Bideau, qui nous vient de l’Ile-de-France. Et la championne d’Ile Maurice, Aurélie Halbwachs.
Vous les connaissiez déjà ?
Et du coup, de combien d’éléments sera composé l’effectif ?
On sera quinze. Il y en a qui s’en vont, ou plutôt qui arrêtent le vélo. Comme Sophie Creux, Florence Girardet, et Gabriela Slamova. Edwige Pitel nous quitte… peut-être pour raccrocher également.
Quel est votre sentiment sur la médiatisation du cyclisme féminin ?
En France, c’est vrai qu’il n’y en a pas beaucoup. Heureusement qu’il y a quelques sites internet comme le vôtre qui en parlent. À la télé, on n’en entend pas du tout parler. Mis à part récemment, avec l’affaire Longo. Ils préfèrent parler d’elle alors qu’il y a quelques semaines, Lucie Chainel et Pauline Ferrand-Prévot ont fait deuxième et troisième des Championnats d’Europe de cyclo-cross… On n’en a même pas entendu parler ! C’est un réel problème, car sans médias, on n’a pas de sponsors. Et sans sponsors, on n’a pas de médias… C’est un cercle vicieux.
Justement, vous qui êtes depuis plusieurs années dans le peloton, pouvez-vous nous dire quel est le sentiment général des autres filles ?
Tout le monde pense que l’on n’est pas assez médiatisées. Quand on va à l’étranger, on voit qu’il y a davantage de médias qu’en France. Parfois, il y a même la télé ! Dans certains pays, comme l’Allemagne et la Belgique, les manches de Coupe du Monde sont retransmises en direct.
Vous avez une solution pour remédier à ce problème ?
Le Tour du Qatar s’est aussi ouvert à vous, par exemple.
Oui, et il y a aussi le Tour d’Oman qui va apparemment se faire en parallèle avec les garçons… C’est bien. Et je pense que c’est comme cela qu’on va pouvoir évoluer ! On le voit en France, avec la manche de Coupe de France à Cholet. On court avant les garçons. Et on voit que ça amène du monde sur le bord de la route. Les gens viennent voir les pros, et forcément, il faut qu’ils soient là un peu avant parce que sinon les routes sont bloquées. Du coup, ils en profitent pour nous regarder. Et ils se disent : ah oui, les filles ne roulent pas si lentement que ça. À Cholet, cette année, il y avait du niveau avec Emma Johansson et Christel Ferrier-Bruneau, notamment. Finalement, les gens découvrent le cyclisme féminin.
Le site internet tout neuf, c’est aussi un moyen de progresser sur le plan de l’exposition ?
Bien sûr. Il y a des informations personnelles sur chacune des filles de l’équipe, pour mieux nous connaître. En plus, bien évidemment, de nos palmarès. Il y a déjà un calendrier prévisionnel des courses que l’on va disputer. Toute l’actualité de l’équipe au fil de la saison 2012 y sera, avec tout ce que l’on recherche à propos de l’équipe !








Sa réponse à propos de sa non-participation aux cyclo-cross me laisse perplexe… Bref, si ça lui réussit tant mieux!
Sinon, merci Velochron de nous faire parvenir des nouvelles du cyclisme féminin, même en hiver.
Ce sera difficile de revenir au niveau des années 1980. A cette époque le cyclisme féminin avait le vent en poupe et était très médiatisé.
Aujourd’hui, le cyclisme féminin est devenu anecdotique aussi bien sur les sites internet que dans les magazines de vélo (y’a que le calendrier Cycle Passion qui intéresse vraiment).
Pour qu’un sport féminin marche il faut que ce soit en même temps que les gars (sur ce point le principe de la Coupe de France à Cholet ou la flèche Wallonne) comme c’est aussi le cas pour d’autres sports (le ski nordique par exemple), ou bien il faut que ce soit sexy (mais le look cycliste n’est vraiment pas du tout sexy pour les filles, je préfère le volley ou l’athlétisme
Concernant le look c’est aussi la faute au casque et aux lunettes, on ne sait pas que c’est des filles (un peu comme au ski, c’est parmi les rares sports où les filles sont très difficiles à distinguer des garçons)