Coppel : « Mentalement, j’ai passé un cap »

Par Baptiste Bouthier
Samedi 4 juin 2011 - 17:43
Photo : Laurie Beylier
A lire aussi :
Notre page spéciale Dauphiné
Saur a déjà cinq noms pour le Tour
Tour et Dauphiné, l'impossible doublé ?
Des cimes et des questions
Juin 2010. Alors que Brajkovic et Contador jouent au chat et à la souris dans l’ascension de L’Alpe d’Huez, un coureur les rattrape. Surprise : c’est un Saur-Sojasun. C’est Jérôme Coppel, 24 ans. Quatrième au sommet, le Français finit cinquième au général final du Dauphiné. Et depuis, il cristallise les espoirs hexagonaux pour le Tour de France. A un mois de la grande boucle, Coppel revient dimanche sur la course qui l’a révélé au grand public. Souvenirs de l’an passé, appréhension de son premier enchaînement Dauphiné-Tour, ambitions personnelles : il dit tout à Velochrono.
Il y a un an, vous terminiez cinquième du Critérium du Dauphiné. Depuis, tout a changé ?
Vous aviez notamment crevé l’écran dans l’ascension de L’Alpe d’Huez, avec la quatrième place au sommet. Quel souvenir gardez-vous de cette journée ?
Des super souvenirs ! C’était l’étape reine du Dauphiné, et puis une arrivée à L’Alpe d’Huez… Bien sûr, ce n’était pas une étape du Tour de France, mais ça reste une arrivée mythique, dans un lieu mythique. J’avais vraiment à cœur de tout donner ce jour-là, pour voir de quoi j’étais capable. Et m’assurer un bon classement général. Un an plus tard, ça reste ma meilleure journée en montagne. La fois où j’ai eu les meilleures sensations.
« Le général des courses par étapes, c’est vraiment mon truc »
Vous revoilà sur cette course, un an plus tard. Mais cette fois, il y a le Tour qui se profile derrière…
C’est tout l’enjeu. Arriver en bonne forme au départ du Dauphiné, sans être au top pour autant. L’an dernier, j’étais arrivé à 100% puisque je savais que je serai en vacances en juillet ! Mais je suis encore jeune, et je ne me sens pas capable de tenir la forme un mois et demi. Cette année, j’ai moins couru et je suis moins en forme. Je manque de rythme, ce qui va me desservir dans les premières étapes. J’espère retrouver gentiment la forme au fil des jours, monter en pression, dans l’optique d’être vraiment à 100 % sur le Tour de France.
Le plus simple, c’est peut-être de ne ne pas trop forcer sur le Dauphiné pour se réserver en vue de juillet ?
Pourtant le parcours est particulièrement montagneux cette année. Ca ne vous fait pas peur ?
Je pense qu’il a fait cogiter beaucoup de favoris du Tour, et d’ailleurs il y en a qui ont choisi le Tour de Suisse, qui est un peu moins dur. Ca me fait un peu peur, oui, surtout que je vais presque reprendre la compétition là-bas et que ça s’annonce dur tous les jours. J’ai un peu d’appréhension. Mais en même temps, comme je n’ai pas trop couru, ça va me permettre de retrouver la forme. Il n’y a pas beaucoup de risques que je me grille.
Et le chrono de Grenoble, qui sera le même sur le Tour, c’est important ?
« L’étape qui m’a le plus surpris, c’est Saint-Flour : pas un mètre de plat »
On ne vous a plus trop vu depuis la mi-avril, qu’avez-vous fait ?
Je suis effectivement resté plus de cinq semaines sans courir après Liège-Bastogne-Liège. J’ai beaucoup travaillé chez moi, en reconnaissance. C’est la première fois que je reste si longtemps sans compétition, alors la reprise a été un peu dure à Plumelec, le week-end dernier. Mais les sensations vont revenir assez vite. Je suis encore assez loin d’être au top de ma forme, mais je ne suis pas en trop mauvaise condition non plus.
En avez-vous profité pour repérer les étapes de montagne Tour de France ?
Avant cette coupure, vous avez été très régulier en début de saison. Il y a notamment eu cette deuxième place au Tour de Murcie. Qu’est-ce que ça fait d’accompagner Contador et Menchov en montagne ?
C’est plaisant, forcément ! Ce sont deux des meilleurs coureurs mondiaux sur les grands tours et les courses par étapes. J’étais très satisfait de mon week-end là-bas. Mais j’étais aussi conscient qu’ils n’étaient pas dans leur forme optimale. C’était quand même une preuve de plus que j’avais franchi un cap.
Au même moment, il y avait Paris-Nice, où vous n’étiez pas invité. Vu votre forme à l’époque, il doit y avoir des regrets…
Oui, d’autant que j’avais axé tout mon début de saison sur Paris-Nice. J’étais bien plus en forme qu’en 2010 à la même époque. Notre non-invitation était une grosse déception, mais on a pu se rabattre sur le Tour de Murcie et ainsi exploiter ma condition en faisant un beau résultat sur une belle course. Je ne pense pas que j’étais à 100%, mais pas loin.
A l’inverse, quelques jours plus tard, vous n’avez pris que la 25e place de l’étape de montagne du Critérium international, alors que vos coéquipiers avaient roulé toute la journée. Que s’est-il passé ?
Objectif top 15 sur le Tour de France
A part sur l’épreuve corse, vous avez été très régulier. Maintenant, Jérôme Coppel sur une course par étapes, c’est le top 10 assuré ?
Ca serait bien ! C’est mon objectif en tout cas. C’est pour ça que j’ai décidé de rejoindre Saur-Sojasun à l’issue de la saison 2009. Alors que j’étais très jeune, Stéphane Heulot m’a tout de suite témoigné sa confiance. Il a une grande part dans ma réussite, et plus largement dans celle de l’équipe. Il m’apporte sa très grande expérience, il ne faut pas oublier qu’il était coureur il n’y a pas si longtemps. Il a notamment couru pour Miguel Indurain, et il en a beaucoup appris. Il me transmet ce qu’il a appris à la Banesto. Il me témoigne beaucoup sa confiance, et c’est super important pour moi. Il me place dans ce rôle de leader, et il m’aide à l’appréhender du mieux possible.
Par contre, vous n’avez toujours pas gagné cette saison. Ca vous inquiète ?
Non. Mais ça me manque, forcément. Tous les coureurs veulent gagner des courses. Maintenant, je ne suis pas un coureur qui gagne beaucoup, je n’ai pas une grosse pointe de vitesse, et quand on vise le général des courses, on a forcément très peu de marge de manœuvre pour viser des étapes.
Ca ne vous donne pas envie de tabler sur une étape sur le Dauphiné, plutôt que de jouer le général ?
Et sur le Tour ?
Plutôt un top 15. Ce serait déjà vraiment très bien, pour ma première participation en tant que leader. Si l’occasion se présente d’essayer de gagner une étape, forcément, je tenterai le coup. Mais l’objectif, au départ, sera vraiment le général. Et tant que je serai dans le coup pour le top 15, ça restera la priorité absolue.
S’il le souhaite, Alberto Contador pourra être au départ du Tour. Ca vous dérange ?
S’il est autorisé à courir, alors il a tous les droits de faire le Tour. Ce n’est pas tellement à nous, coureurs, de juger : nous n’avons pas les éléments en main pour le faire. Je ne connais pas du tout le dossier, et ce n’est pas mon problème. On ne peut rien y faire, c’est à l’UCI et aux instances compétentes de choisir de le suspendre ou pas. Ils prennent le risque de devoir le déclasser, mais c’était pareil au départ du Giro. En tout cas, je n’ai pas de sentiment d’injustice. Ca ne m’a pas dérangé de terminer deuxième derrière lui au Tour de Murcie, au contraire.








Au pif, je le vois bien 13ème, même si la concurrence est dure, j’espère qu’il sera le Français le mieux classé de ce Tour. Et pourquoi pas un podium à Grenoble ?
LUI, Geniez et kadri sont vraiment des jeunes francais qui font plaisir à voir…En plus ils sont complets…
Je pense que Coppel va réussir un bon 1er tour de France ça paraîtrait logique après ses résultats
Attention, un résultat ne veut rien dire !
Dixit « notre Maître du Cyclisme », Alexandre PHILIPPON…
?
Faudra tenir 3 semaines.
Et même si il grimpe plutot bien, il a perdu en CLM.
@Christophe Il a perdu en CLM ? Une fois passé pro, un spécialiste du chrono ne peut pas confirmer immédiatement ses places de la catégorie espoirs : ses adversaires changent. Coppel a continué à progresser et ses classements en Espagne cette année démontrent qu’il est désormais capable de bons trucs sur chrono après x jours de course.
Pour l’interview, j’aurais apprécier une question sur Gadret. Ce qu’il pense de sa performance.
@Alexandre : Je suis d’accord avec toi. On aura un debut de reponse le 8 à Grenoble.
Mais vu que tout n’est pas rose dans le monde du velo, cela serait un sacré exploit de terminer dans les dix à son age.
c un bon courreur, mais de là a concurencer les cadors…. les schelck, tony martin et autres contador sont un niveau nettement supérieur au même age, alors ne rêvons pas!!! ce qui n’enlève rien a ses qualités, c un courreur complet et en france on a peu
@Christophe : Coppel a perdu en CLM ? Finir deuxième du chrono du tour de Murcie, en battant Menchov entre autres, battu seulement par Contador, c’est tout de même honorable.. qu’est-ce que ça aurait donné s’il n’avait pas perdu en clm ! \o/
Bien vu Idir… Coppel progresse bien mais faut pas lui mettre trop de pression, je pense que se sera un tout grand dans 2 ou 3 ans mais c’est cool de revoir le cyclisme français à la fête et sur tous les terrain… allez les gars faites nous rêver
coppel est tres bon mais Thibaut Pinot est encore meilleur.
Il n’a que 21 ans et possède une marge enorme de progression (contre la montre et descente).C’est la relève de Christophe Moreau pour les classements generaux.