Cavendish, homme du jour à Teramo


Cavendish, homme du jour à Teramo

Par Alexandre Philippon
Mardi 17 mai 2011 - 21:45
Photo : Mark Kuchel







Centre des débats au départ de l’étape, focalisation première des médias après celle-ci, Mark Cavendish a été l’homme du jour à Teramo, pour le dixième acte du Tour d’Italie 2011. Vainqueur du sprint final sans contestation possible, il est aussi décrié parce qu’il aurait grimpé l’Etna, dimanche, en s’accrochant la voiture de son DS. Au moins, ça fait de l’animation, en cette période de trois journées de transition.

« Pas la même équipe que par le passé, quand on était sûr de pouvoir tout gagner »

Mark Cavendish qui attend la dixième étape pour gagner sur un grand tour, ce n’est pas une première. Il y avait bien eu ses débuts sur le Tour de France, en 2007, mais également le Tour d’Espagne, l’an dernier. Le Britannique ne levait les bras qu’à la douzième étape. Il est le meilleur sprinteur du monde quand il est au top, mais il a aussi ses faiblesses. Ses entames parfois difficiles font partie de ses défauts. Cela dit, peut-on vraiment dire qu’il a mal démarré ce Giro ? Le dimanche, à Parme, il ne lui a pas manqué grand chose pour battre Alessandro Petacchi. Depuis, aucune étape ne s’était prêtée à ses qualités. Celle de Fiuggi ? Le long faux-plat final ne lui correspondait pas. Finalement, sur cette édition de la course, le Manx Express, c’est une deuxième place et une victoire en deux sprints. Pas si mal.

Quand le Cav gagne, tout le monde trouve ça normal. Avant cette dixième étape, le favori des pronostiqueurs était pourtant Alessandro Petacchi. Les défaites du bolide du Man sont de plus en plus envisagées. Quand il lève les bras, c’est souvent dans l’adversité. Un changement réel en rapport avec de précédentes années qui le voyaient tout arracher sur son passage. Ce qui a évolué, c’est son équipe. En tout cas, c’est le jugement de l’intéressé himself. « Ce n’est pas la même équipe que par le passé, quand on était sûr de pouvoir tout gagner. Mais elle se donne à cent pour cent. » Quelques éléments en moins – Edvald Boasson Hagen et George Hincapie, par exemple -, des remplaçants encore tendres. Le train HTC a encore de valeur, a assurément de l’avenir, mais ce n’est plus l’assurance tout risques.

Bisbille avec Ventoso

Malgré les – petites – difficultés, Mark Cavendish a donc gagné à Teramo. Aucune contestation possible : malgré un faux-plat montant, sur la toute fin de l’étape, qui n’était pas sensé l’avantager plus qu’un garçon comme Alessandro Petacchi, le Manx Express est sorti de sa boite pour l’emporter surement. Rien à dire. Enfin, si, en fait. L’ancien pistard a battu Francisco José Ventoso, coureur qui l’avait égratigné le matin de l’étape devant les caméras de GazzettaTV. L’Espagnol le clamait : son adversaire s’était accroché à la voiture de son DS le dimanche sur la montée de l’Etna, de peur de finir hors délais. Pour certains, la victoire de ce mardi était celle d’un tricheur. Nouvelle polémique autour de Cavendish, qui n’en est pas à sa première accusation du genre. « Je sais qu’il a des difficultés avec moi, réplique le premier concerné au sujet du coureur de Movistar. C’est toujours la même histoire. »

Les deux hommes semblent ne pas s’apprécier. Si tant est que l’on considère Ventoso comme l’un des nouveaux cadors du sprint international, c’est une rivalité certaine qui naît entre deux coureurs qui vont être amenés à souvent se croiser dans les pelotons de ces prochains mois. En Italie, leur dernière opposition pourrait être prévue pour jeudi. Car mercredi, une échappée devrait aller au bout. Et à partir de vendredi, c’est la montagne et ses grandes largeurs. Pas dit que Mark Cavendish reste au pays ce week-end, comme l’avait annoncé son directeur sportif Valerio Piva en première semaine. Qu’importe : on pourrait retrouver le Britannique et l’Espagnol sur le prochain Tour de France. Avec des caméras derrière l’accusé ?


Pronostics cyclisme