Barguil : « C’était un réel plaisir »

Par Alexandre Philippon
Mardi 13 septembre 2011 - 14:09
Photo : ASO/P.Perreve
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Dimanche, Warren Barguil a conclu le Tour de l’Avenir sur un coup d’éclat : une victoire d’étape à Alba, en Italie, lui permettant de terminer cinquième au classement final de l’épreuve. L’équipe de France a également levé les bras via Romain Bardet, glané le maillot vert avec ce dernier et dominé le classement par équipes. Avec en prime le succès final sur la Coupe des Nations espoirs. Le Breton raconte sa superbe semaine à Velochrono.
Warren, tout a commencé par un prologue à Yutz. Un truc pour costauds…
J’aime bien les prologues, mais je préfère quand c’est plus vire-vire. Là, c’était de longues lignes droites. Je suis à la place, au milieu du classement. Et les purs rouleurs sont devant. Ce sont des poursuiteurs, c’est normal qu’ils aient gagné. C’est toutefois dur de prendre une minute. Les temps qu’ils ont signé, c’est impossible pour moi de faire ça…
Quel est le discours de Bernard Bourreau, le sélectionneur, après cette première journée délicate ? « Pas de panique » ?
Non, il n’y avait pas de panique chez nous. On savait très bien qu’on avait une équipe de grimpeurs. Bernard Bourreau ne s’attendait pas à des exploits le premier jour.
Arrive le lundi l’étape de Lunéville, plus disputée que prévu avec un petit groupe qui se détache dans le final. Comment était cette journée ?
Il y avait du vent et sur une petite route, des coureurs espagnols ont laissé des écarts. On a bouché le trou une première fois pour revenir sur un paquet, et ensuite, bizarrement c’est parti dans un faux plat. On n’a pas roulé car Romain Bardet était devant. Dans ce groupe, il y avait la moto australienne (Rohan Dennis, ndlr) qui est le coéquipier de Moreno Hofland chez Rabobank Continental, alors ils ont roulé ensemble. Lui pour le maillot jaune, le Néerlandais pour l’étape. Il s’avait qu’il allait très vite, il avait terminé troisième d’étape au Tour du Poitou-Charentes.
Le lendemain, c’est l’accalmie et une arrivée où vous prenez la 17e place.
J’ai failli attaquer aux 500 mètres… Je suis serré par un Espagnol. Je n’ai pas de regrets à avoir, j’ai essayé ! Il faut toujours essayer d’éviter les sprinteurs, c’est pour ça que j’ai pris part à ce sprint.
Et enfin, voilà l’étape de Porrentruy. Celle de la traversée des Vosges. Il paraissait évident que la course allait exploser ce jour-là. Ça a été le cas : il y en avait partout…
Au début, on part dans le Col de la Schlucht avec un Kazakh, un Colombien, et un Espagnol (Lutsenko, Chaves et Bravo, ndlr). Mais je me suis pris une grosse rafale qui m’a conduit dans un sentier avec de la caillasse. J’ai dû faire demi-tour, repartir sous la pluie, avec les grosses jambes. Je suis repris par un petit peloton avant la descente du Grand Ballon. La Belgique a roulé dans le Col du Hundsrück car il y avait trop de monde placé devant. J’allais dans tous les coups et j’arrive à sortir avec Etienne Tortelier. Derrière, Dimitri Le Boulch rentre. On monte bien le col suivant mais sur le dernier, le Col de la Croix, je n’arrive pas à passer. J’étais vachement présent depuis le début de la course, j’avais peut-être fait trop d’efforts.
Après cette étape, Romain Bardet a reculé au classement général, terminant plus loin que vous. Pour gagner la course, ça devient mal engagé car tout le monde s’est fait avoir. Quelles sont alors les directives ?
Le mot d’ordre de Bernard Bourreau, c’était de se replacer au classement général. Il nous disait que rien n’était fini, qu’un Tour de l’Avenir, c’est long. On était bien lors des deux premières étapes, montrant que nous étions la nation la plus fort. Mais à Porrentruy, on est passé au travers. C’est normal : on n’est pas surhumains. On ne peut pas être bien tous les jours…
Alors en direction d’Arbois, le jeudi, c’est la course d’attaque…
Dans la Côte de Braçon, Etienne Tortelier démarre et Nairo Quintana le contre. On n’était plus très nombreux en haut. Dimitri Le Boulch a fait la descente mais a été repris avant la flamme rouge. Moi, je prend alors mes responsabilités et je lance Romain Bardet. Je m’entends bien avec lui. Il termine deuxième après être sorti au kilomètre. Pour pas beaucoup… Mais on avait quand même pu se replacer un petit peu au général.
On arrive alors à la veille de l’étape-reine, celle du Salève. La seule arrivée en altitude de l’épreuve. David Boily est leader du classement général… A ce moment de la course, vous pensiez qu’il allait tenir ?
Il suivait les roues. Il n’avait certes plus que cela à faire car il n’avait plus beaucoup d’équipiers. Il était amené dans un fauteuil car certaines équipes roulaient pour des gars qu’elles avaient dans le top 10. Le Salève venu, Boily a perdu beaucoup de temps. Au pied de la montée, Dimitri Le Boulch était devant, avec 1’40 d’avance. Nous, derrière, on avait plus qu’à suivre. Mais Mattia Cattaneo a roulé et a cassé en deux le peloton. Boily était derrière. Il y avait aussi Tom Dumoulin et d’autres derrière moi. J’étais en passe de faire une bonne opération quand j’ai coincé. J’ai décroché un peu, je me suis mis à mon train et j’ai finalement pu revenir sur Cattaneo, mais aussi Vegard Stake Laengen. Romain était plus haut, pas si loin que ça, mais j’ai dû temporiser. Il n’aurait servi à rien d’attaquer si c’était pour ramener Cattaneo… J’ai attendu les 500 mètres, afin d’être sûr que Romain allait gagner. Je termine quatrième et je me replace au classement général. Et Dimitri termine en ayant accroché le groupe de Boily.
Le sourire est alors de retour !
Oui. Bernard Bourreau était super content. On avait bien couru. Le Salève, on l’avait reconnu. On savait où il fallait être bien attentifs. C’est la première fois que je fais une reconnaissance de col. On savait par exemple qu’il y aurait une grosse sélection dès la côte de Cruseilles.
Le vendredi soir, transfert vers l’Italie. La galère ?
350 kilomètres, trois heures de route ! On a mangé, on s’est fait un peu masser après…
Pour préparer un week-end lors duquel il aurait pu ne rien se passer. Et pourtant…
Le samedi, ça a roulé vite. Mais les équipes ont contrôlé. Ils se satisfaisaient de leurs places. C’était assez roulant alors j’ai bien récupéré pour aborder la dernière étape. Du 50e au 70e kilomètre de cette étape du dimanche, ça n’a cessé de grimper. Il y avait parfois de petits replats, mais ça remontait vite. C’était dur dur.
C’était l’occasion de piéger David Boily, donc.
L’objectif était de l’étouffer, et cela en jouant avec les Colombiens pour faire basculer le classement général. Mais David Boily a dû s’allier avec les Suisses… Ils roulaient, on ne savait pas trop pourquoi. On n’a pas paniqué, on a commencé à monter et quand c’était assez dur, il fallait qu’Etienne Tortelier et Antoine Lavieu se mettent à rouler pour faire sauter le plus de monde possible. Etienne est allé hyper vite, il a super bien fait son travail. Le peloton s’est scindé en deux et Antoine a pris le relais. On perdait plein de coureurs par l’arrière, des gars qui auraient pu ensuite aider leurs leaders. Toute l’équipe de France a super bien marché, c’était un moment génial. On pouvait dire ce jour là que le vélo, c’était vraiment facile. On était contents de nous…
Car à la fin, c’est vous qui gagnez !
En fait, avec les Colombiens, on a bien joué le coup. Ils nous ont aidé, ils avaient le deuxième du classement général, Jhoan Chaves. Mais attention, on voulait toujours gagner le Tour de l’Avenir ! En haut d’une bosse, Rudy Molard et moi controns, pendant que d’autres voulaient se reposer. On est repris par deux gars qui ratent le virage. On continue seuls et à bloc, avec 1’40 d’avance et trente bornes à parcourir. Et Rudy me dit : si tu te sens bien, vas-y tout seul. Il a fait un super boulot sur le plat et j’ai enchaîné à fond dans la bosse. Derrière, les Colombiens roulaient toujours car David Boily était à l’arrière du groupe. J’ai fait vingt bornes tout seul avant de me faire rejoindre par Jhoan Chaves, Michael Rodrigues (les deux Colombiens, ndlr) et Mattia Cattaneo. Je passe alors des relais, je fais la descente, et à sept kilomètres de l’arrivée, on a trente secondes d’avance. Il ne restait plus que des lignes droites. Je me suis dit : j’arrête de prendre des relais, j’en ai déjà trop fait. Et je gagne.
Vous en profitez donc pour terminer cinquième du classement général. A trente secondes près, vous auriez été neuvième : c’était serré !
C’est sur de petits détails que tout se joue… Beaucoup de coureurs étaient esseulés. Il y avait les jours de course, la fatigue physique mais aussi nerveuse. Tout le monde voulait se replacer. Jhoan Chaves remporte l’épreuve : c’est un gars super gentil, très sympa.
Bilan personnel ?
Très positif ! J’ai appris à connaître Dimitri Le Boulch et Antoine Lavieu que je ne connaissais pas. C’était un réel plaisir. On s’est bien entendus tout de suite. Avec Dimitri, on a le même tempérament, on attaque tout le temps.
Et tous ensemble, vous avez assuré la victoire finale de l’équipe de France en Coupe des Nations. Même si c’était bien engagé…
Oui mais on ne sait jamais… Un coup pouvait partir avec un Italien dedans : on aurait tout perdu. Mais en courant bien en équipe, on savait que ça pouvait le faire.








« poursuivants » ou poursuiteurs ? pour la réponse à la première question
A trente secondes près, vous auriez été neuvième : c’était serré !
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Il n’aurait pas été 1er plutot ?
Sinon tres beau tour des Français, le cyclisme français reprend de ses couleurs, d’ici 2015, je pense qu’on sera dans le top des nations du cyclisme.
Mais j’ai extremement hate de voir Sicard sur un grand tour , j’espere que Euskatel ne l’a pas un peu trop privé de compet
Non, c’est bien 9e.
Car Romain Bardet étaie? ???
Il va passer pro ou nan ??