Bardet, ce n’est pas volé
Quand un gars perd une course à la photo finish, il peut lui falloir beaucoup de temps pour s’en remettre. Les champions, eux, arrivent à très rapidement à rebondir. 16 avril dernier, Romain Bardet est battu d’un rien par Tosh van der Sande sur Liège-Bastogne-Liège. Moment difficile. Qui n’est pas effacé : dans la foulée, l’Auvergnat file en Italie pour enchaîner Coupe des Nations de Toscane et Tour du Frioul et continue de jouer placé. Il termine sixième des deux classements généraux, se classe encore une fois deuxième d’une étape frioulane, à Tarvisio. Un gros mois en terme de densité mais le goût de la victoire manque. Voilà un coureur qui a alors un potentiel évident mais doit encore composer avec des lacunes, que seul l’apprentissage peut combler. L’épisode Doyenne, ainsi, ne pouvait que lui servir. Mais il a du mal à être oublié : à chaque fois que le garçon échoue dans un sprint en petit comité, il ne peut s’empêcher de repenser à la Belgique.
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. L’expérience du jeune homme s’est développée et il a de plus en plus compris que seule la victoire comptait. Une course l’y a aidé : le Tour des Pays de Savoie. Piégé lors de la première journée, il remporte la deuxième étape puis remet le couvert à l’occasion de la troisième. Porté vers l’attaque, sans attendre personne et surtout pas un sprint, Romain Bardet accrochait ses musts du printemps. Un point de départ vers une dernière partie de saison riche d’objectifs et de portes à ouvrir. Son contrat pro pour AG2R La Mondiale signé – suite logique après une formation dictée par le Chambéry CF -, le grimpeur pouvait affronter ses derniers mois chez les amateurs uniquement focalisé sur les résultats bruts. Il arrive carrément à en obtenir sur le Tour de l’Ain, face aux pros, prenant la sixième place à Bellignat, la quatrième à Lelex. Douzième au final, l’étudiant en droit n’en est pas encore à dicter sa loi face aux grands, mais il apprend vite.
Toujours deuxième, jusqu’au Salève et enfin la victoire
Et arrive au départ du Tour de l’Avenir dans la peau d’un favori. Dimanche à Yutz, Romain Bardet ne portait pas le costume d’épouvantail, mais il était l’un de ceux qui pouvaient animer l’épreuve, courir après la victoire finale. Sans pour autant avoir de pression particulière : l’équipe de France convoquée par Bernard Bourreau avait de la réserve et avec notamment Warren Barguil et Antoine Lavieu, elle était capable d’abattre plusieurs cartes pour le classement général. La suite, ceux qui n’ont rien manqué du début de semaine la connaissent. À Lunéville, il prend la bonne cassure et lance idéalement les hostilités. Mais il est deuxième, pas aussi rapide que Moreno Hofland. Deux jours plus tard, à Porrentruy, alors qu’une réaction est attendue, c’est la tuile : il perd plus de trois minutes, ratant le bon wagon. Le lendemain, il prend la direction d’Arbois couteau entre les dents, part seul dans le dernier kilomètre. Repris sur la ligne par Nikias Arndt, il perd à la photo finish. Certainement pas son anglicisme préféré.
Encore et encore, le scénario est le même. Romain Bardet est fort, très fort. Mais il lui manque ce petit quelque chose, ce soupçon de chance, ces quelques centimètres qui vous font monter sur la boite. Deux fois deuxième, c’est bien pour un coureur qui participe au Tour de l’Avenir dans le but de se faire remarquer. Lui n’était pas là pour ça. Son objectif, c’était de gagner. Après sa défaite, il confiait à Velochrono son amertume quant aux tracés des étapes. « Dès que c’est plus plat, tout le monde peut rentrer… » Le Salève, ce vendredi, allait donc se présenter comme l’endroit idoine pour faire parler la foudre. 9 500 mètres de montée à 7,5 % de moyenne, des passages à 13 % et l’arrivée tout là-haut. Il n’y a guère eu, cette année, d’ascensions aussi révélatrices sur les courses du calendrier espoirs. Si Romain Bardet était si fort, il devait le montrer là. Et il a réussi. Porté par ses qualités d’escaladeur, par des partenaires de sélection exemplaires mais aussi par les déceptions des journées précédentes. En gagnant cette étape, Bardet n’a pas démontré combien il était un bon coureur : on le savait déjà. Mais il a affiché des facultés de réaction étonnantes. Façonnées tout au long d’une saison des plus enrichissantes. Elle n’est pas terminée. Cette course, toujours menée par David Boily, n’est pas terminée. Cependant, on peut d’ores-et-déjà dire que ce Tour de l’Avenir l’aura fait passer un cap dans la tête.

1.
Romain Bardet (France)
2.
Jesper Hansen (Danemark) + 0’03″
3.
Jhoan Esteban Chaves Rubio (Colombie) + 0’12″
4.
Warren Barguil (France Espoirs) + 0’26″
5.
Tim Wellens (Belgique) + 0’33″

1.
David Boily (Canada)
2.
Jhoan Esteban Chaves Rubio (Colombie) + 0’07″
3.
Vegard Stake Laengen (Norvège) +0’21″
4.
Mattia Cattaneo (Italie) +0’31″
5.
Georg Preidler (Autriche) +1’29″








Super Romain
Vincent Lavenu sait ce qu’il lui reste à faire …
Bardet très fort, et je me demande si ce n’est pas même le plus fort. Quel est le profil de la prochaine etd ernière étape svp ?
Le week end final se tiendra en Italie. Samedi, autour de Fossano, la côte de Loreto est à grimper trois fois en circuit. C’est du 3e cat. Et dimanche autour d’Alba, sept GPM de difficultés très variables.
http://www.letour.fr/2011/TDA/LIVE/fr/700/etape_par_etape.html
« le déceptions » oh la belle faute d’accord !…
Sinon, très belle victoire de Bardet. Pour les pros, devrait-il viser les classiques (2e de LBL, quand même) ou la montagne ? Son niveau en chrono est-il suffisant pour viser le général des courses à étapes ?
Bardet peut être bon sur les courses par étapes car sur les classiques seront limites pour lui car le niveau espoir et amateur n’a rien à voir avec le niveau pro.
Regardez un autre auvergnat Sébastien Fournet Fayard a terminé plusieurs fois dans les 10 des coupes de France alors que chez les pros il était souvent échappé mais jamais placé car les jeunes pro sont affecter au poste d’équipier.
Oui enfin faut comparer ce qui est comparable. S’il a été cantonné au rôle d’équipier, c’est peut-être aussi parce qu’il ne pouvait pas prétendre à mieux.
Très bon article, encore une fois
Et le p’tit Bardet, c’est du couillu, de la graine de champion.
Faut pas s’emporter sur Bardet. On en a vu combien des champions du monde espoirs, des vainqueur du tour de l’avenir ne jamais exploser, voir ne pas passer pro ?
Bardet est au-dessus du lot chez les jeunes, à lui de confirmer ces bonnes dispositions chez les pros et de ne pas se laisser écraser par la pression ou de ne pas s’endormir sur ses lauriers. J’espère qu’il deviendra un grand !
Ipee tout à fait il a dégoûter la plupart de ces concurrents qui ont arrêter le cyclisme ou court en 3ème voir en Pass Cyclisme.
Ce qui est étonnant c’est que ceux qui marche maintenant était moyen en cadets et des coureurs comme Gallon ou Busserolles on vraiment perdu en niveau.
Je pense qu’il sera vraiment bon chez les pros.
Quand on fait des articles sur les espoirs, et c’est le cas régulièrement, on ne le fait pas dans l’optique de regarder vers l’avenir. Bardet, c’est le présent, dans une catégorie -23 qui a ses compétitions et ses enjeux. Lorsqu’il passera professionnel, tout changera du tout au tout pour lui et ce n’est que le jour où il obtiendra des résultats que l’on s’enflammera sur son avenir.