Yoann Offredo flingue tous azimuts
Yoan Offredo n’a pas froid aux yeux. Il l’a montré sur Milan-Sanremo, samedi 20 mars, en attaquant entre la Cipressa et le Poggio et en attaquant la dernière difficulté de la Primavera seul en tête. Il le confirme ce vendredi matin dans L’Equipe avec une interview sans langue de bois…
A 23 ans, le coureur de l’équipe Française des Jeux a hâte de briller. Il explique avoir demandé à être protégé sur Milan-Sanremo au sortir de Tirreno-Adriatico. En vain. « Je ne l’ai pas été. Ca m’avait déçu. En attaquant dans le Poggio, en prenant des risques, j’ai compris qu’un jour – c’est peut-être prétentieux – cette course, je la gagnerai. »
Ambitieux, Offredo est parfois perçu comme individualiste. Son directeur sportif Martial Gayant n’avait pas été très tendre, sur Eurosport, à propos de cette offensive sur la Primavera : « Il est parti sans avertir ses équipiers et pour finir, sans grand profit ». Offredo avoue avoir « assez mal pris ces critiques. Martial Gayant pense que j’ai agi en individualiste pour me montrer à la télévision. C’est faux. Je suis sorti avant le Poggio en sachant que Boonen et Freire ne se découvriraient pas et en tablant sur le retour d’un petit groupe. Ca n’a pas souri mais c’était jouable. »
Avant d’ajouter, cinglant : « Si Anthony Geslin m’avait dit : « Reste-là et emmène-moi le sprint », je me serai mis à la planche comme je le faisais pour Philippe Gilbert qui, lui, savait fédérer ses équipiers. » Touché.
Marc Madiot, le manager de la Française des Jeux, préfère calmer le jeu entre le coureur et le directeur sportif. « Il faut avoir du cran, c’est vrai, pour s’en aller comme il l’a fait. Mais j’aurais préféré, moi aussi, qu’il attende le haut du Pogggio, il en avait les moyens et devra apprendre à se discipliner, à devenir un « sniper ». Dans les classiques, on n’a droit qu’à une cartouche, pas deux. »
Madiot, justement, c’est la raison de la présence d’Offredo à la Française des Jeux. « Je veux réussir. Cela signifie pour moi gagner des classiques, dans l’ordre Sanremo, les Flandres et Paris-Roubaix. Ces courses correspondent à mon caractère impulsif. Et me transcendent. C’est pour ça que je suis avec Marc. C’est pour lui que je suis là. Il a la culture des classiques et sais motiver ses coureurs. Contrairement aux Bouygues, il préférera toujours Sanremo au GP de Cholet. »
Offredo flingue à tout va et s’en moque. Il dit en avoir marre du défaitisme tricolore. « Je ne veux pas devenir comme tant de Français avant moi, un éternel espoir. Je me donne deux ans pour réussir sinon j’arrêterai. » Ca promet.






