Voie royale pour André Greipel
Vainqueur mardi, André Greipel a t-il les moyens de faire mieux qu’en 2008 sur le Tour Down Under, à savoir gagner cinq des six étapes de cette édition 2010 ? Enchaîner les succès, c’est un exploit que réalise souvent son coéquipier Mark Cavendish, alors l’Allemand est-il capable d’afficher la même suprématie, certes à une échelle différente ? La saison passée, il s’était blessé en Australie, ne revenant qu’en mai sur les Quatre Jours de Dunkerque. Après cette course, il n’avait pas connu la défaite en sprint massif pendant deux mois : au total 11 victoires avaient été récoltées par le sprinteur teuton. Ce coureur, quand il est en état de grâce, ne peut que très difficilement être devancé. La tâche sera donc ardue pour ses challengers, australiens comme européens. Il y a deux ans, Mark Renshaw et Allan Davis étaient parvenus à le battre, mais Greipel était alors passé à côté de son sprint. Le genre de déchet qu’il s’accorde de moins en moins.
Peut-on rêver du grand chelem ? Lui, sans doute. Ses adversaires beaucoup moins. Le Tour Down Under est une épreuve tellement répétitive dans le déroulement de ses étapes que la perspective d’un carton plein pourrait pousser les organisateurs à revoir leur copie. Avant le début de la compétition, Mike Turtur, patron de l’épreuve, disait : « Je n’ai aucun problème avec le fait que ce soit une course pour sprinters. Grâce à cela, nous avons de nombreux sprinters de qualité, et j’en suis ravi ! » Mais si l’édition 2010 s’avèrait être une course pour UN sprinteur ? Si nos amis Aussies venaient à ne gagner aucune des six étapes de cette édition 2010, l’organisation du TDU se remettrait-elle en cause ? Il n’est pas dit que beaucoup d’éléments puissent être modifiés sur le plan du parcours pour empêcher un coureur dominateur de faire une véritable razzia. Par contre, bien qu’étant d’un niveau satisfaisant, le plateau de sprinteurs pourrait être considérablement amélioré.
Certes, les meilleurs débouleurs du continent sont présents, mais force est de constater après la première étape qu’il ne font pas figure d’épouvantails. Ils auront une deuxième chance entre Gawler et Hahnford, qu’ils devront absolument saisir pour ne pas laisser Greipel prendre une option pour le succès final. En ont-ils les moyens ? Oui, s’ils répètent le bon coup tactique réalisé dimanche sur le Cancer Council Classic, quand Chris Sutton et son voisin néo-zélandais avaient chipé les commandes du peloton aux HTC-Columbia, le Kiwi s’imposant. En revanche, s’ils ne parviennent pas à nouveau à se positionner ainsi, ce sera mission impossible. Allan Davis, désormais hors-course pour conserver son titre, va courir libéré, avec pour seule ambition de venir battre l’Allemand sur un sprint. Il y est déjà parvenu par le passé, mais depuis, Greipel a pris de la bouteille.
Si l’on observe la liste des participants, on note que hormis les locaux et l’ogre Greipel, il n’y a pas vraiment de sprinteur de premier plan mondial. Mark Cavendish est logiquement absent, pour ne pas marcher sur les pieds de son coéquipier, mais où sont Thor Hushovd, Tom Boonen, Tyler Farrar ou Daniele Bennati ? Le Tour Down Under n’arrive pas à attirer ces vedettes et tant que cela ne sera pas le cas, on ne sera pas à l’abri d’une ouverture de saison redondante où le meilleur élément de la semaine aligne les bouquets. Vrai problème ou simple conclusion hâtive ? Nous le saurons mercredi avec cette deuxième étape où André Greipel sera l’homme à battre. Son train sera surement amené à être la cible de tous les Océaniens.
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Gawler – Hahnford, 133 km
Départ à 1h30, heure française

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