Leader du classement mondial après son prolifique Tour Down Under en janvier, coureur qui a gagné le plus souvent en 2010, avec déjà six succès, André Greipel sera l’homme à battre sur les sprints massifs de Paris-Nice, qui devraient, selon toute vraisemblance, être l’issue de trois des huit étapes. Pour l’Allemand, l’objectif n’est pas seulement de poursuivre sa razzia : il doit aussi continuer à s’affirmer comme l’un des meilleurs spécialistes mondiaux derrière son coéquipier Mark Cavendish, et convaincre HTC-Columbia de laisser sur le carreau ce dernier sur Milan-Sanremo, et l’y emmener, lui.
Un collectionneur de “petites” victoires
Cette saison, André Greipel a pris de gentilles habitudes : gagner au moins une étape sur chaque course à laquelle il participe. C’est ainsi qu’il s’en est adjugé trois bouquets lors du Tour Down Under, impressionnant de facilité toute la semaine, décrochant au bout du compte le classement général pour la deuxième fois de sa carrière. Ensuite, c’est sur le Challenge de Majorque que l’Allemand a dicté sa loi, à l’occasion du Trofeo Magaluf, avant de confirmer sur le Tour de l’Algarve, sur lequel il a obtenu le gain de la 2e étape. Avec six succès déjà dans la besace, le bolide teuton réalise, de loin, son meilleur début de saison. Et peut battre son score de 2009, année durant laquelle il a compté 20 victoires. Le voilà de sortie pour Paris-Nice, une course qui ne lui est pas familière. Le plus redouté du plateau de sprinteurs proposé, le coureur de l’équipe HTC-Columbia a toutes les chances d’en claquer au moins une, sa première sur cette épreuve.
Actuellement leader du classement mondial UCI, grâce à son excellente prestation australienne, André Greipel aspire à conforter sa position sur la Course au soleil. Les arrivées de Contres et de Limoges sont promises à un emballage massif, et le lendemain de l’arrivée difficile de Mende, le peloton pourrait une fois de plus se jouer la gagne au sprint à Aix-en-Provence, sur un final en légère montée. Cela offre donc trois possibilités de briller aux spécialistes du genre, et donc au plus attendu d’entre eux, Greipel. S’il se montre le plus rapide dès l’étape de lundi, il pourrait maintenir sa confiance au beau fixe et répéter sa performance pour quitter l’hexagone avec plusieurs bouquets. Quatre fois lauréat sur la dernière Vuelta, il est généralement difficile à arrêter quand il est lancé, alors pour ses rivaux, c’est dès la première opportunité qu’il va falloir chiper le balai de l’épouvantail.
Des rivaux passés par les cases Qatar & Oman
André Greipel était la saison passée le deuxième coureur le plus prolifique du peloton derrière Mark Cavendish, son coéquipier. Cela veut-il dire qu’il est le meilleur sprinteur du monde derrière le Manx Express ? Pas forcément. Pour démontrer qu’il fait partie des plus grands, le natif de Rostock doit faire ses preuves sur des épreuves de premier plan. Avec le Tour d’Espagne il y a six mois, il est parvenu à prendre du galon, mais il n’a encore jamais participé au Tour de France, et ne s’est pas encore aligné sur une classique avec l’ambition de l’emporter. Tant de challenges qui s’offrent à lui cette année. La première étape va être de faire bonne figure contre des coureurs qu’il n’a pas encore affronté depuis la reprise. S’il retrouvera Koldo Fernandez, qu’il a tenu en respect en Algarve et à Majorque, il devra par contre composer avec une opposition cette fois plus dense, plus expérimentée.
Francesco Chicchi a remporté deux étapes sur le Tour du Qatar, à chaque fois dans un style très plaisant. Il a réussi à s’imposer à deux reprises sur une compétition relevée, alors que d’autres sprinteurs n’ont pas levé les bras une seule fois, que ce soit dans l’Emirat, ou chez les voisins d’Oman. C’est le cas par exemple d’Heinrich Haussler, de Juan José Haedo et de Danilo Napolitano, plusieurs fois placés dans le Golfe, mais jamais vainqueurs. A force de se heurter aux meilleurs spécialistes mondiaux, ils se sont habitués à des joutes disputées, et pourraient trouver un rythme moins effréné sur les routes françaises, pour enfin récolter un succès. L’Allemand est quelque peu gêné par son genou mais cela ne l’a pas empêché de se démener samedi, pour terminer deuxième du Het Nieuwsblad. Il pourrait être le rival numéro un de son compatriote. Attention aussi au double vainqueur sur le Tour Med, Borut Bozic. Le Slovène avait gagné une étape sur la Vuelta 2009, devant Tyler Farrar et Daniele Bennati, mais ce jour là , André Greipel n’avait pas défendu ses chances. Bloqué, il terminait 10e, distance.
Préparation pour Milan-Sanremo ?
Le coureur de Bob Stapleton est malgré tout favori. Et a plutôt intérêt à justifier ce rang. Sa carrière pourrait prendre un nouveau tournant si dans deux semaines, Mark Cavendish venait à ne pas être sélectionné pour Milan-Sanremo. De deuxième choix, l’ancien coureur de Wiesenhof passerait à la condition de leader. Lors de son succès du Trofeo Magaluf, sur le Challenge de Majorque, il avait habilement passé les bosses du parcours, avant de confirmer sur le Tour de l’Algarve. A Lagos, André Greipel se montrait le plus explosif sur une arrivée en montée certes courte, mais avec des passages vraiment abrupts. Il démontre peu à peu qu’il n’est pas que le dernier étage d’un train HTC réglé à la perfection : il affiche de sérieuses aptitudes au passage des côtes, qui pourraient presque en faire un postulant au succès sur la dernière étape de Nice, si elle venait à ne pas être parcourue à un rythme élevé. Le meilleur sprinteur d’Allemagne depuis Erik Zabel, André Greipel peut imiter son prédécesseur en s’avérant être un garçon passe-partout. Reste à le prouver sur une épreuve de premier plan international. Le défi débute dimanche, et peut le mener à un rang de favori de la prochaine Primavera, qui sait ?
NB : A surveiller par ailleurs, Grégory Henderson, Leonardo Duque, Jurgen Roelandts, Wouter Weylandt, Grega Bole, ainsi que les Français Jimmy Casper, Geoffroy Lequatre, Samuel Dumoulin et William Bonnet.



