Tour Med 2010, le compte-rendu

Par Alexandre Philippon
Lundi 15 février 2010 - 13:01
Le Tour Med 2010 s’est achevé dimanche avec le succès final d’Alejandro Valverde. C’est la troisième fois en quatre ans que la formation Caisse d’Epargne s’impose ici. On retiendra également la domination de la Française des Jeux en début d’épreuve, mais aussi les difficultés qu’ont rencontré les coureurs et l’organisation pendant cinq jours.
Manque de visibilité
Était-ce un grand cru, cette édition 2010 du Tour Med ? Nous n’allons pas mentir : nous n’en savons rien, à vrai dire. C’est tout le problème de cette course, pourtant bien ancrée dans l’histoire du vélo … Elle est très mal mise en valeur. Aucune image télévisée à se mettre sous la dent à l’échelle nationale, et encore moins internationale. Résultat, dans le monde du cyclisme, en dehors de notre territoire, les observateurs ont été captivés par le Tour du Qatar. En ne suivant l’épreuve sudiste que d’un coin de l’oeil, on retiendrait uniquement le nom des vainqueurs, et la météo capricieuse, qui a fait passer une très mauvaise semaine aux coureurs. De la neige le dernier jour, des températures négatives à Trets. Il faut dire que tout cela n’est pas vraiment télégénique ! Pourtant, la course aura réservé son lot de surprise, avec un scénario haletant, surtout grâce à deux hommes : Alejandro Valverde et Alexandre Vinokourov.
Mercredi, première étape. C’est un groupe de 17 coureurs qui aborde le final de ce premier acte, en tête, détaché d’un peloton piégé par le vent et dont la chasse est rendue inefficace par un froid glacial. Dans ce wagon qui, on le sait alors déjà, se jouera les places sur le podium final, on retrouve l’Espagnol et le Kazakh, favoris de l’épreuve avant l’heure, et qui confirment alors qu’il faudra composer avec leur présence pour le succès général. Tous deux n’ont jamais remporté cette course et veulent y parvenir pour lancer idéalement leur saison. Tous deux sont également, pour des raisons différentes, dans des situations bien spécifiques à l’orée de cette année 2010, l’un pouvant être interdit de toute compétition en mars prochain, l’autre revenant de suspension pour dopage.
Les gros ne sont pas restés au chaud
Bala et Vino ne sont pas pour autant des coureurs qui oublient de faire le spectacle. Quand beaucoup de coureurs auraient attendu sagement le Mont Faron, point d’orgue de la dernière étape, eux ont été les acteurs d’un show finalement sans conséquence, mais plein de panache. Le vendredi, les deux hommes font partie de l’échappée matinale, alors qu’ils n’ont rien à gagner dans ce genre d’escapade. Alejandro Valverde, sous la menace d’un peloton qui se montre de plus en plus proche de recoller, va lâcher Alexandre Vinokourov dans une bosse, mais finalement, il attendra le retour des poursuivants, pour ne pas se lancer dans une lutte inutile. Deux jours plus tard, la supériorité constatée du Murcien face à l’ancien coureur de la Telekom sera à nouveau constatée. Si le Kazakh ne démérite pas en attaquant dans le Mont Faron, accompagné de Rémi Pauriol et Francesco Masciarelli, son adversaire principal n’est pas du genre à paniquer.
Alejandro Valverde va même avoir tendance à surveiller davantage Rinaldo Nocentini, Johnny Hoogerland, mais aussi un autre coureur d’Astana, Maxim Iglinskiy. Tous le suivent à la trace, et l’Espagnol va préférer s’occuper de leur cas. A tord ou à raison ? La réponse apparaît comme évidente quand Alexandre Vinokourov finit par coincer, laissant Francesco Masciarelli voler vers le succès d’étape. Vino est cueilli par ses rivaux et un Valverde véloce, qui termine l’ascension en bombe pour tenir en respect les trois adversaires coriaces qui le défiaient. Podium final, Valverde – Nocentini – Iglinskiy. Puis Hoogerland et Vinokourov. Cinq coureurs de premier plan dont la présence aux avant-postes atteste du bon niveau de cette course, qui comme à son habitude a offert une belle bataille sur les rampes du mont varois. Au risque de se répéter, il reste décevant qu’un final de ce type ne soit pas télévisée, mais après tout, la question ne serait-elle pas avant tout logistique, l’aire d’arrivée au téléphérique présentant bien des contraintes pour un tel dispositif ? Dommage.
La Française des Jeux capitalise
Enfin, ce Tour Med 2010 ne doit pas être résumé à la seule victoire de Valverde. Les trois premières étapes ont été dominées par une seule et même équipe, la Française des Jeux. Le mercredi, dans la cassure victorieuse, c’est Yauheni Hutarovich qui s’était montré le plus rapide, rééditant sa performance, cette fois-ci dans un sprint massif, deux jours plus tard. Déjà double vainqueur d’étape l’année passée, il s’affirme comme un spécialiste de l’épreuve. Entre temps, c’est son coéquipier Jussi Veikkanen qui avait lui aussi trouvé la voie du succès, endossant jeudi soir un maillot jaune de leader qu’il ne perdra que sur les pentes du Faron. Trois bouquets, quatre jours en jaune, le bilan est plus que positif pour l’équipe de Marc Madiot. A noter également le très bon comportement général des Français, notamment de Yannick Talabardon, sixième du classement général final, de Julien El Farès, vainqueur d’une étape de samedi houleuse, et de Fabien Bacquet, deux fois deuxième d’étape.
Crédit photo : Endura Racing






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