Tour Down Under, présentation

Le 17 janvier prochain marquera le début du Pro Tour 2010. Une inauguration qui pour la troisième année se déroule aux antipodes, dans une Australie fana de cyclisme. Pour une course qui fait figure d’objectifs pour bon nombre de coureurs du continent. Depuis 1999 et la première édition, jamais le podium du Tour Down Under n’a manqué de célébrer un élément local, allant même jusqu’à être squatté par trois Aussies en 2004. Mais depuis que l’UCI a attribué le label élitiste à l’épreuve de l’hémisphère sud, la concurrence fait rage. A l’admiration de tout un pays qui n’accueille le gratin du cyclisme mondial qu’une fois par an (à part en 2010) s’ajoute désormais l’attrait comptable. Ces points Pro Tour si précieux pour les équipes et les coureurs, et plus particulièrement les sprinteurs.

Véritables épouvantails sur les routes environnantes d’Adélaïde, ces bolides se taillent la part du lion durant les six jours officiels de course, et ce qu’ils soient Australiens ou en provenance de l’autre côté du globe. Vainqueur de la première édition du Tour Down under estampillée Pro Tour, en 2008, André Greipel avait bien dégouté l’opposition en s’offrant quatre des six bouquets de la semaine. Des rivaux de l’Allemand qui se sont ainsi sublimés il y a douze mois pour l’empêcher de faire coup double. Au premier rang desquels Allan Davis, lauréat de trois étapes, qui s’est adjugé le classement général haut la main, permettant ainsi a l’Australie de remporter à nouveau l’équivalent de son Tour national après deux ans de disette. Des Aussies qui pour ce cru 2010 feront tout afin de contrarier les plans des sprinteurs étrangers – l’inévitable Greipel en tête, pour une bataille que l’on pourrait résumer en un : “Tous contre le train Columbia”.

Le directeur sportif australien de la Team HTC-Columbia, Alan Peiper, se déplacera en effet avec des gardes du corps redoutables pour favoriser la marche en avant du substitute de Mark Cavendish. Greipel pourra compter sur les véloces Bernhard Eisel, Marcel Sieberg, Matthew Goss et Hayden Roulston, tous des coureurs capables de briller sur une épreuve de la sorte s’ils avaient un statut de leader. Ajoutons à cette locomotive la présence de deux rouleurs hors-normes, Bert Grabsch et Michael Rogers, et nous aurons un collectif bien difficile à aller bousculer sur son terrain. D’où l’intérêt pour les nombreux challengers de l’écurie américaine d’aller semer la pagaille dans les rares reliefs de la course. C’est toute la spécificité de cette région d’Adélaïde : elle est tout sauf montagneuse. Et pour surprendre un peloton sur l’une des six étapes du parcours, il va falloir se lever tôt.

Et exploiter la côte de Willunga, juge de paix de l’épreuve. Escaladée deux fois lors de la 5e étape, elle n’est pas monstrueuse en terme de difficulté, mais peut clairement nous offrir un scénario intéressant. Mathieu Perget nous l’a bien indiqué dimanche dans un entretien, il va falloir “tenter des coups de force“, et c’est à cet endroit que ces initiatives peuvent porter leurs fruits. La cinquième étape va donc devoir être bien négociée par les sprinteurs pour ne pas voir le succès final s’éloigner. Mais souvent sur le Tour Down Under, la décision peut être forcée dès les premiers jours de compétition. Tout le monde n’est pas encore rentré dans le vif du sujet et une cassure a toutes les chances de scinder le peloton, éliminant une majorité d’éléments dans la lutte pour le classement général. Ne pas se faire piéger et terminer chaque étape dans le bon wagon peut suffire pour finir dans le top 10. Mais pour la gagne, il va tout de même falloir en faire plus et batailler ferme, quelle que soit la tactique employée : la course aux bonifications ou la sélection par l’attaque.

Vous pourrez retrouver quotidiennement notre description du tracé du jour, mais aussi l’analyse des favoris pour la victoire d’étape, ainsi que le compte-rendu retraçant le scénario de chacune des 6 journées de compétition.

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Crédits photo : KezSLR Flickr


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