Tour Down Under, les 13 Français

Par Velochrono
Jeudi 14 janvier 2010 - 14:03
Pour la première course de la saison 2010, il est d’ores et déja intéressant de se pencher sur le comportement des coureurs tricolores. Cette année pourrait bien être celle de la passation de témoin entre 2 générations symbolisant par là même le changement de décennie. Le Tour Down Under ne constitue pas la priorité des groupes français mais on a vu par le passé qu’il était susceptible de rapporter de précieux points dans la perspective d’un classement Pro Tour qui sanctionnera à court terme les équipes les plus faibles.
FDJ envoie ses jeunes, non sans ambition
Du coté de la Française des Jeux, c’est une équipe de jeunes loups dont la moyenne d’âge oscille autour de 23 ans qui sera alignée. Mais pas question de vacances au soleil pour le staff qui traditionnellement aime envoyer une équipe rajeunie sous les tropiques. Même si les coureurs protégés sur les premières étapes devraient être le local Wesley Sulzberger et le rapide Yauheni Hutarovich, le leadership du groupe pour le général pourrait ensuite revenir à Anthony Roux. Après s’être révélé sur le Grand Prix de Plouay et lors de sa formidable victoire d’étape de la Vuelta en 2009, c’est peut être le coureur le mieux armé pour être devant sur l’étape de Willunga, où se jouera certainement la victoire du TDU.
Toujours pour le général, Mickael Cherel pourrait bien confirmer sa 10ème place acquise l’an dernier sur une course de ce niveau. Le jeune normand, ancien champion de France junior, pourrait constituer la solution de secours en cas de méforme des sus nommés après son encourageante Vuelta. Les néo-pros Arthur Vichot, Thibaut Pinot et Pierre Cazaux feront leurs grands débuts dans le monde du Pro Tour, même si ce dernier s’était déjà frotté au haut niveau les saisons précédentes avec Roubaix Metropole ; il s’agira pour eux d’encaisser le rythme bien plus intense qu’au niveau national et surtout de se tester en terme de récupération sur sept jours de course. Il ne sera certainement pas question d’être actif : au mieux on pourrait les voir assister les leader en cas de besoin. On gardera par ailleurs un œil attentif sur les performances du benjamin du Pro Tour, vainqueur à 19 ans du très convoité Tour du Val d’Aoste, Thibaut Pinot.
Sicard, on va voir !
Tous les regards seront tournés sur le champion du monde espoir Romain Sicard. Nourrit il des ambitions sur cette épreuve a priori peu susceptible de le voir briller, avec une demi douzaine d’étapes plates comme la main ? N’oublions pas qu’outre ses talents de grimpeur, il dispose également de qualités de rouleur, en témoigne son chrono du Tour de l’Avenir où il relègue à 34 secondes le portugais Oliveira, qui partagera le podium avec Bobridge quelques semaines plus tard à Mendrisio. Gardons également à l’esprit que le garçon a été champion de France Elite de Scratch, épreuve sur piste on ne peut plus éprouvante en terme d’intensité (il avait également été champion de France cadet de l’américaine). Enfin, rappelons qu’il avait eu le culot de s’échapper dès sa première course de niveau professionnel au Trophée de Majorque 2009, et qu’il en avait même remporté le classement des sprints intermédiaires. Bref, il serait très réducteur de voir en Romain Sicard qu’un grimpeur incapable de suivre le rythme d’une course pour sprinters. Ses capacités d’adaptation risquent d’en étonner plus d’un si la forme est là, d’autant que la composition d’Euskaltel demeurant très modeste pour cette course, il pourrait avoir les coudées franches pour se montrer.
Rojas comptera sur ses Français
Mathieu Drujon et Mathieu Perget font partie du voyage avec l’équipe Caisse d’Epargne. La formation espagnole est venue en Australie avec un roster plutôt impressionnant. Le leader devrait être José Joaquin Rojas, troisième des deux dernières éditions. Le Murcien sera bien aidé de ses habituels leaders, Alejandro Valverde et Luis Leon Sanchez, mais aussi des deux coureurs hexagonaux. Mathieu Perget connaît bien l’épreuve, qu’il va disputer pour la troisième fois. En travaillant pour son coéquipier l’an passé, il s’est impliqué dans de nombreux finals d’étape, ce qui lui a valu une 15e place au classement général. Il peut très bien répéter pareil classement et éventuellement tenir un rôle d’alternative, pour semer la pagaille sur la montée de Willunga. Mathieu Drujon sera davantage attendu pour son soutien sur le plat, et pourrait permettre à Rojas d’aborder les sprints en très bonne position. Ce grand gabarit sera précieux pour l’équipe dirigée par Neil Stephens, et pourra par ailleurs rouler derrière des échappées si le maillot de leader venait à être dans ses rangs. Du pain sur la planche pour nos deux tricolores.
AG2R autour de Ravard ?
Si le vainqueur de l’édition 2007, Martin Elmiger, est certainement le meilleur pari pour jouer un classement général au sein de l’équipe AG2R-La Mondiale, reste que pour les sprints, le Suisse devrait être juste. L’Estonien René Mandri pourrait être une bonne solution de rechange pour aller se frotter aux bolides, mais l’une des recrues de l’intersaison, Anthony Ravard, postule également à ce rôle. Il est fort probable que l’arrivée de la première étape détermine quel coureur sera ensuite protégé pour participer aux sprints. L’ancien coureur d’Agritubel a signalé sur son blog que ses sensations étaient bonnes, et qu’il espérait bien figurer. Ayant assez de coffre pour tenir le coup dans ces derniers kilomètres qui seront rendus très rapides par le train HTC-Columbia, il sera à suivre. Autour de lui, on retrouvera le jeune Blel Kadri, qui peut lui être d’un soutien précieux, ainsi que deux coureurs plus anciens : Cyril Dessel et Ludovic Turpin. Pour ces derniers, l’ambition sera avant tout de bien se préparer pour la suite de la saison. Leurs objectifs sont situés bien plus tard dans l’année.
Delage, objectif podium ?
Quatrième en 2008, Mickael Delage pourrait bien être propulsé leader des Omega Pharma-Lotto. D’abord, parce qu’il est considéré comme un garçon dévoué avec lequel il est facile de travailler. Cadel Evans l’a regretté à son départ et on connait ses accointances avec Philippe Gilbert. Ensuite, parce que le coureur girondin arrive désormais à maturité et dispose de toute la confiance de son staff. Enfin, parce qu’il a démontré sur la dernière Classica San sebastian qu’il savait dompter les parcours accidentés. Son salut passe par sa participation aux sprints massifs des étapes dédiées aux sprinters : il devra alors jouer la gagne sur l’étape de Willunga quand ces derniers s’évertueront à garder le contact avec le peloton. Il sera incontestablement le mieux armé des hexagonaux.
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Crédits photo : Peter Eich – Flickr






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