Tour d’Italie #7 : Evans dans les annales

Par Alexandre Philippon
Samedi 15 mai 2010 - 16:56
Quelle étape monumentale ! « Grâce » à une pluie incessante, les routes blanches de Toscane ont offert un spectacle exceptionnel pour une 7e étape du Tour d’Italie qui va rester dans les annales. Cadel Evans s’impose à Montalcino, au terme d’une dernière heure de course épique. Il devance au sprint Damiano Cunego et Alexandre Vinokourov. Vincenzo Nibali concède deux minutes suite à une chute, et laisse le maillot rose au Kazakh.
Simoni dans une échappée neutralisée
A la fin de la première heure de course, 16 hommes parviennent à sortir du peloton. On y retrouve de nombreux coureurs importants, comme Valerio Agnoli (Liquigas), troisième du classement général, Gilberto Simoni (Lampre), ou également Fabian Wegmann (Milram), qui figurait au départ parmi les favoris de cette étape de Montalcino. Dans ce groupe se sont également glissés Jackson Rodriguez (Androni), Andriy Grivko et Goran Stangelj (Astana), Yukiya Arashiro (Bbox), Danilo Wyss (BMC), Mickael Buffaz et Rémi Cusin (Cofidis), Sacha Modolo (Colnago), Matthias Brandle (Footon), Svein Tuft (Garmin), Addy Engels (Quick Step), Steven Kruijswijk (Rabobank) et Dominik Roels (Milram). Trop nombreux, ils poussent la Katusha de Filippo Pozzato à réagir. L’équipe russe prend en main la poursuite et l’échappée ne pourra prendre plus d’une minute d’avance, avant d’être reprise.
Un duo Flens-Sörensen fait la course en tête
16 hommes, un nombre trop élevé ? Alors c’est un duo qui se décide à sortir. Rick Flens et Nicki Sörensen s’en vont au kilomètre 85 et cette fois-ci, cela va faire les affaires d’un peloton qui laisse le coureur de Rabobank et celui de Saxo Bank prend davantage de champ. En même pas 15 kilomètres, ils vont s’offrir 6 minutes : c’est l’échappée du jour. Le chrono va même afficher 10′, avant que l’écart ne redescende progressivement, à mesure que les poursuivants haussent leur allure, mais aussi que la pluie accentue son débit. Une mauvaise nouvelle sur un tracé où les routes blanches, en gravillons, s’annoncent alors plus que jamais dangereuses. Le duo, à 50 kilomètres du but, ne dispose plus que d’un matelas inférieur à trois minutes sur le peloton, qui s’est alors scindé en deux. Carlos Sastre se retrouve piégé, et rapidement rélégué à près d’une minute.
Nibali piégé
A un peu plus de 40 kilomètres de l’arrivée, le duo est repris. C’est alors que Dario Cioni (Team Sky) place une attaque pour s’isoler en tête, mais ne parvient pas à faire le trou. Une chute survient alors dans le peloton, pour ce qui va être l’élément déclencheur des hostilités : Vincenzo Nibali, le maillot rose, est impliqué, tout comme son coéquipier chez Liquigas, Valerio Agnoli, mais aussi Michele Scarponi. Il met du temps à repartir et se retrouve dans le deuxième peloton. C’est alors qu’à l’avant, on passe la vitesse supérieure avec l’attaque de Linus Gerdemann (Milram). L’Allemand confirme son rang de favori en durcissant la course. Il se retrouve devant avec son coéquipier Thomas Rohregger, le Belge Jan Bakelants (Omega Pharma), et deux clients : Stefano Garzelli (Acqua & Sapone) et Alexandre Vinokourov (Astana). Linus Gerdemann, pas du tout intimidé par la boue qui recouvre la route blanche, en remet une couche et file seul devant. Derrière, un peloton avec Filippo Pozzato suit en restant menaçant. Tous ceux qui n’en font pas partie peuvent donc perdre la course.
Vinokourov en détonateur
A la sortie du premier passage non-asphalté, la jonction s’opère à l’avant. Damiano Cunego (Lampre) ne perd rien pour attendre et lance un contre immédiat. Il voit ensuite Linus Gerdemann et Jan Bakelants, décidément intenables, l’accompagner. Le trio ne va toutefois pas entrer en tête sur la dernière route blanche du parcours, la plus redoutable, car en montée. Il est en effet repris peu de temps avant et c’est un peloton de moins de 40 unités qui attaque le point chaud du jour, toujours sous une pluie battante. Carlos Sastre est alors dans un groupe attardé, toujours, et Vincenzo Nibali est encore plus loin, à 1’40 », quelques dizaine de mètres derrière Michele Scarponi, sorti du deuxième peloton. Sur la bosse, à l’avant, Alexandre Vinokourov attaque avec Cadel Evans. Ils sont ensuite rejoints par Damiano Cunego, Stefano Garzelli, David Arroyo, Marco Pinotti et John Gadret. Sept hommes qui filent alors vers le succès.
Cinq leaders à la sortie de la boue
Le groupe de tête se solidarise, et s’offre une petite avance. Vincenzo Nibali, qui retrouve quelques appuis, perd néanmoins du temps, pointant à deux minutes. Intercalé, le peloton dans lequel se trouve Ivan Basso ne semble pas en mesure de revenir, malgré un retard qui ne dépasse pas les 30 secondes. Il reste alors un peu plus de 10 kilomètres. Sur le replat, Alexandre Vinokourov accélère une nouvelle fois et Cadel Evans le suit. Le duo se reforme donc et ouvre la route. Attaque nécessaire car derrière, le retard avait tendance à diminuer. Michele Scarponi était à moins d’une minute, et Vincenzo Nibali à 1’30 ». Le maillot rose profite du support d’Ivan Basso, qui se retrouve soudain à sa hauteur. Devant, David Arroyo sort et s’en va rejoindre les hommes de tête : se forme alors un trio sur lequel Damiano Cunego va tenter de revenir, ce qu’il va réussir à faire aisément, au retour sur l’asphalte. Marco Pinotti l’imite ensuite : ils sont alors 5 en tête.
Evans en costaud
Pendant ce temps, Michele Scarponi fait un remarquable retour dans le peloton. Vincenzo Nibali n’est en revanche pas sur le point de faire de même. Au contraire, il recule, pointant à presque deux minutes des leaders, et ce malgré l’appui d’Ivan Basso. A moins de 4 kilomètres de l’arrivée, Alexandre Vinokourov attaque, fidèle à sa tactique de course. Cadel Evans, indécrochable, n’est pas surpris, et Damiano Cunego tient également le coup. Mais derrière, on reste au contact et à la flamme rouge, il y en a partout. Le Petit Prince prend des risques dans un virage et attaque. Cadel Evans suit, puis Alexandre Vinokourov, Marco Pinotti et David Arroyo recollent. Le champion du monde garde la tête et lance le sprint en première position. Impressionnant de résistance, l’Australien ne sera pas devancé. Damiano Cunego est deuxième, Alexandre Vinokourov. Vincenzo Nibali perd deux minutes, et sa tunique, au profit du Kazakh. Carlos Sastre concède plus de cinq minutes.

1.
Cadel Evans (BMC)
2.
Damiano Cunego (Lampre) +0’02 »
3.
Alexandre Vinokourov (Astana) m.t.
4.
Marco Pinotti (HTC-Columbia) +0’06 »
5.
David Arroyo (Caisse d’Epargne) +0’12 »
6.
Stefano Garzelli (Acqua e Sapone) +0’27 »
7.
John Gadret (AG2R-La Mondiale) +0’29 »
8.
Michele Scarponi (Androni Giocattoli) +1’01 »
9.
Cayetano Sarmiento (Acqua & Sapone) +1’07 »
10.
Jan Bakelants (Omega Pharma-Lotto) +1’10 »
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1.
Alexandre Vinokourov (Astana)
2.
Cadel Evans (BMC) +1’12 »
3.
David Millar (Garmin) +1’29 »
4.
Vladimir Karpets (Katusha) +1’30 »
5.
Vincenzo Nibali (Liquigas) +1’33 »
6.
Marco Pinotti (HTC-Columbia) +1’40 »
7.
Linus Gerdemann (Milram) +1’50 »
8.
Ivan Basso (Liquigas) +1’51 »
9.
Thomas Rohregger (Milram) + +1’56 »
10.
Richie Porte (Saxo Bank) +2’00 »
————-
11.
Stefano Garzelli (Acqua e Sapone) +2’47 »
12.
Damiano Cunego (Lampre) +3’08 »
13.
Michele Scarponi (Androni Giocattoli) +3’09 »
14.
David Arroyo (Caisse d’Epargne) +3’28 »
24.
Carlos Sastre (Cervélo) +7’06 »
26.
Bradley Wiggins (Team Sky) +8’39 »
30.
John Gadret (AG2R-La Mondiale) +12’00 »
148.
Gilberto Simoni (Lampre) +46’10 »
162.
David Moncoutié (Cofidis) +48’28 »
photo team sky






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