Tour d’Espagne #11 : Anton est grand

Par Alexandre Philippon
Mercredi 8 septembre 2010 - 17:34
Victoire d’Igor Anton à Pal, dans la Principauté d’Andorre. Le coureur de l’équipe Euskaltel-Euskadi l’emporte en solitaire, trois secondes devant Ezequiel Mosquera (Xacobeo) et dix devant Xavier Tondo (Cervélo). Joaquin Rodriguez (Katusha), qui s’est mis dans le rouge, perd sa tunique au profit du Basque, lequel compte désormais 45 secondes d’avance sur Vincenzo Nibali (Liquigas) au classement général. Alors qu’il avait fait travailler ses coéquipiers, Denis Menchov n’a été que l’ombre de lui-même.
Chérel et Tschopp dans la même galère
Une étape dont on savait dès le départ que son déroulement serait particulier : arrivée en altitude à Pal, dans la Principauté d’Andorre, et préalablement, pendant près de 190 kilomètres, aucune difficulté majeure. Pas l’idéal pour prendre la poudre d’escampette, et c’est pourtant que ce vont faire deux hommes. Au 51e kilomètre du parcours, Mikael Chérel (FDJ) et Johann Tschopp (Bbox) s’en vont. Ce dernier avait, en filant de loin, remporté la 20e étape du Tour d’Italie en mai dernier, mais là, la donne est clairement différente.
Rabobank se dévoile
À deux, déjà, c’est compliqué. Et le tracé ne va pas aider les deux représentants d’équipes tricolores. Si leur avance maximale va approcher le quart d’heure, la réaction du peloton ne manquera pas de briser leurs espoirs. Katusha et Rabobank participent à la chasse et au moment d’entrer dans la Principauté, l’écart est inférieur à cinq minutes. Il reste alors un peu plus de 25 bornes, destinés à voir les favoris de l’épreuve en découdre, avalant les deux courageux du jour. Ayant fait rouler leurs hommes, Joaquin Rodriguez et Denis Menchov semblent alors les plus enclins à assumer les responsabilités de la course.
Fofonov va chercher l’échappée
Les Rabobank vont alors poursuivre seuls leur effort. Et il est plus qu’intense : si derrière, l’état de fraîcheur aidant, rares sont les coureurs à se laisser décramponner, le retard sur le duo de tête maigrit considérablement et les jambes se durcissent. Comme il en a souvent pris l’habitude depuis le départ de Séville, Dmitriy Fofonov (Astana) attaque à proximité de l’arrivée. Il se retrouve intercalé à quelques hectomètres de l’ouverture des hostilités. Si le col mesure, selon l’organisation, un peu moins de 10 kilomètres, ce n’est qu’après 4000 mètres doux que les fortes pentes apparaissent. Alors à cet instant, personne ne bouge une oreille, si ce ne sont les Katusha, qui reprennent place en tête de meute.
Rodriguez coince
Ainsi, ils menacent sérieusement les deux hommes de tête, lesquels ont été rejoints par Dmitriy Fofonov. Le regroupement s’opère à 6 kilomètres du but. C’est à ce moment là que la bagarre débute vraiment, avec une hausse de tempo initiée par un coureur de Xacobeo. Et ô surprise, Denis Menchov craque. Puis Ezequiel Mosquera (Xacobeo) attaque. Le maillot rouge Joaquin Rodriguez (Katusha) et Vincenzo Nibali (Liquigas) prennent la roue. Igor Anton (Euskaltel) fait le forcing pour revenir, se débarassant de Frank Schleck (Saxo Bank), campé dans son sillage. Et là, coup de tonnerre : Joaquin Rodriguez explose ! Il est dépassé par Igor Anton et se voit repris par un groupe d’une dizaine de poursuivants.
Anton, crescendo
3000 mètres avant le sommet, Ezequiel Mosquera lâche Vincenzo Nibali. L’Italien est repris par Igor Anton mais ne peut le suivre. Et Joaquin Rodriguez ne parvient pas à se reprendre à se voit décroché du groupe dans lequel il avait trouvé refuge. C’est alors la stupeur : Ezequiel Mosquera est rejoint par un incroyable Igor Anton, qui est littéralement en train d’assommer la Vuelta puisqu’il décramponne le Galicien et file seul vers le seul, au passage sous la flamme rouge. Il l’emporte et prend le maillot rouge. Ezequiel Mosquera ne coince pas et garde la deuxième place, et seulement quelques secondes. Auteur d’une fin d’ascension fulgurante, Xavier Tondo (Cervélo) est troisième.

1.
Igor Anton (Euskaltel)
2.
Ezequiel Mosquera (Xacobeo) +0’03″
3.
Xavier Tondo (Cervélo) +0’10″
4.
Marzio Bruseghin (Caisse d’Epargne) +0’15″
5.
Rigoberto Uran (Caisse d’Epargne) m.t.
6.
Vincenzo Nibali (Liquigas) +0’23″
7.
Frank Schleck (Saxo Bank) m.t.
8.
David Moncoutié (Cofidis) m.t.
9.
Inigo Cuesta (Cervélo) +0’32″
10.
Carlos Sastre (Cervélo) m.t.
——————————–
11.
Ruben Plaza (Caisse d’Epargne) +0’32″
12.
Thomas Danielson (Garmin) +0’41″
13.
Peter Velits (HTC-Coplumbia) m.t
14.
Nicolas Roche (AG2R La Mondiale) m.t
15.
Mikel Nieve (Euskaltel) m.t
16.
Vladimir Karpets (Katusha) m.t
17.
Luis Leon Sanchez (Caisse d’Epargne) +0’59″
18.
Joaquin Rodriguez (Katusha) m.t.
17.
Andrey Kashechkin (Lampre) +1’05″
23.
Rémy di Gregorio (FDJ) +1’41″
24.
Christophe Le Mével (FDJ) m.t.
25.
Tejay van Garderen (HTC-Columbia) m.t.
37.
Jean-Christophe Péraud (Omega Pharma) +2’47″
40.
David Arroyo (Caisse d’Epargne) +3’18″
55.
Roman Kreuziger (Liguigas) +5’05″
56.
Denis Menchov (Rabobank) +5’06″

1.
Igor Anton (Euskaltel)
2.
Vincenzo Nibali (Liquigas) +0’45″
3.
Xavier Tondo (Cervélo) +1’04″
4.
Joaquin Rodriguez (Katusha) +1’17″
5.
Ezequiel Mosquera (Xacobeo) +1’29″
6.
Marzio Bruseghin (Caisse d’Epargne) +1’57″
7.
Ruben Plaza (Caisse d’Epargne) +2’07″
8.
Rigoberto Uran (Caisse d’Epargne) +2’14″
9.
Nicolas Roche (AG2R La Mondiale) +2’30″
10.
Frank Schleck (Saxo Bank) +2’30″
——————————–
11.
Peter Velits (HTC-Coplumbia) +2’37″
12.
Thomas Danielson (Garmin) +2’53″
13.
Carlos Sastre (Cervélo) +3’03″
14.
Vladimir Karpets (Katusha) +3’16″
15.
Tejay van Garderen (HTC-Columbia) +3’27″
16.
Luis Leon Sanchez (Caisse d’Epargne) +3’40″
17.
Jean-Christophe Péraud (Omega Pharma) +3’59″
20.
David Moncoutié (Cofidis) +5’41″
21.
David Arroyo (Caisse d’Epargne) +5’53″
22.
Andrey Kashechkin (Astana) +6’42″
25.
Christophe Le Mével (FDJ) +7’36″
28.
Denis Menchov (Rabobank) +8’55″
Photo : unipublic






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