Tour de Suisse #6 : La plus belle de Gesink

Par Baptiste Bouthier
Jeudi 17 juin 2010 - 18:35
C’est la plus belle victoire de sa carrière : Robert Gesink a remporté jeudi la sixième étape du Tour de Suisse, la plus difficile de la semaine, à La Punt. Le grimpeur de la Rabobank signe à 24 ans la grande victoire qui lui manquait à son palmarès, après avoir dégoûté ses adversaires dans la montée de l’Albulas, notamment Andy Schleck, déposé sans pitié à mi-pente. Gesink est le nouveau leader du classement général, et il va être difficile à aller chercher sur les trois derniers jours de course.
Treize hommes en fuite
Alors que certains n’ont même pas pris le départ, comme Mark Cavendish, l’étape démarre fort, avec un col hors catégorie d’entrée. Un groupe de huit hommes s’y dégage, parmi lesquels Francesco Gavazzi (Lampre), qui va longtemps être maillot jaune virtuel de ce Tour de Suisse. Ils sont finalement rejoints par cinq autres coureurs, et ils sont donc treize à passer au sommet du col de Susten, près de douze minutes devant le peloton.
On y retrouve Francesco Gavazzi donc, mais aussi Philip Deignan (Cervélo), Pablo Lastras (Caisse d’Epargne), Eduard Vorganov (Katusha), Juan Manuel Garate (Rabobank), Alessandro Vanotti (Liquigas), Matthias Frank (BMC), Juan José Oroz, Amets Txurruka (Euskaltel), Jérémy Roy (Française des Jeux), Brice Feillu, Marco Marcato et Wout Poels (Vacansoleil).
Brice Feillu et Andy Schleck en détonateurs
Il y a ensuite un vrai temps mort sur la course. Entre ce premier col très difficile et le col final, classé en première catégorie, il y a une très longue transition. L’étape suit tranquillement son court, avec l’échappée d’un côté, le peloton de l’autre, et entre les deux, un écart qui baisse progressivement. A soixante kilomètres de l’arrivée, l’écart est ainsi descendu en-dessous des six minutes. Finalement, les fuyards abordent le pied de l’Albulas, ce fameux col final, avec cinq minutes d’avance. En fait, c’est surtout grâce au passage d’un train, qui a bloqué le peloton à un passage à niveaux !
C’est alors la Saxo Bank qui prend le choses en main dans le peloton, préparant le terrain pour les frères Schleck. Devant, on comprend donc qu’il faut accélérer : c’est ce que font deux Français, Roy et Feillu. Le coureur de Vacansoleil, déjà longtemps en tête mardi, lâche son compatriote et ouvre la route. Mais les caméras de télévision retournent rapidement sur le peloton : Andy Schleck a attaqué ! Ils sont cinq à parvenir à suivre le Luxembourgeois : d’abord Robert Gesink (Rabobank) et Matteo Carrara (Vacansoleil), puis Roman Kreuziger (Liquigas), Stijn Devolder (Quick Step) et Jakob Fuglsang (Saxo Bank).
Andy, l’attaque de trop ?
Ces six-là sont à un peu plus de deux minutes de Feillu, qui mène toujours seul la course, à mi-pente. Et une trentaine de secondes devant le peloton, où Joaquin Rodriguez (Katusha) tente de réagir. L’accélération de l’Espagnol fait une victime de taille : Tony Martin (HTC-Columbia), le maillot jaune, qui est décramponné. Rodriguez parvient finalement à revenir sur le groupe Schleck, emmenant dans sa roue plusieurs autre coureurs, dont Lance Armstrong (Radio Shack), Frank Schleck (Saxo Bank) et Rigoberto Uran (Caisse d’Epargne).
A cinq bornes du sommet, Andy Schleck remet ça. L’attaque du Luxembourgeois est impressionnante : aucun coureur n’est capable d’y répondre. En tête, surprise : Brice Feillu et repris et laissé sur place par… Garate et Txurruka ! Le coureur de Vacansoleil a visiblement mal géré son effort. De toute façon, Andy Schleck n’est déjà plus très loin. Le coureur de la Saxo Bank plafonne, cependant, et s’il rejoint le duo de tête, c’est en compagnie de Gesink, qui a fait l’effort. Le coureur de la Rabobank finit même par déposer le Luxembourgeois ! Fringale, pas envie de plus se dépenser ? En tout cas, Andy Schleck est repris par le gros groupe de favoris qui le précédait. Immédiatement, Oliver Zaugg (Liquigas) part en contre, suivi par Frank Schleck.
Ecœurant Gesink !
Visuellement, Gesink creuse l’écart. Et chronométriquement aussi.. A deux kilomètres du sommet, il compte plus de trente secondes d’avance sur le duo F. Schleck – Zaugg, qui devance d’une dizaine de secondes le groupe Andy-Armstrong, composé d’environ dix coureurs. Un kilomètre plus loin, il a quasiment une minute ! Zaugg et Schleck sont repris, et c’est donc un groupe de huit coureurs (F.Schleck, Armstrong, Uran, Carrara, Rodriguez, Zaugg, Morabito et Kreuziger) qui passe le sommet ensemble, 1’11″ après Gesink. Andy Schleck a interrompu son effort ; Tony Martin est lui beaucoup plus loin.
Dans la courte descente de dix kilomètres qui mène à La Punt, le coureur de la Raobbank sait qu’il risque de perdre du temps, tout seul. Alors il donne tout, sur une route heureusement peu piège. Il perd du temps, mais assez peu, par rapport à ses qualités de descendeur, franchement pas bonnes. Le groupe de chasse ne ménage pourtant pas ses efforts, mais rien n’y fait : Robert Gesink s’impose à La Punt, avec plus de quarante secondes d’avance sur ce premier groupe, réglé au sprint par Uran. Le coureur de la Rabobank fait donc coup double, et endosse le maillot jaune. Il va être difficile de l’en déposséder d’ici dimanche.

1.
Robert Gesink (Rabobank)
2.
Rigoberto Uran (Caisse d’Epargne) +0’42″
3.
Joaquin Rodriguez (Katusha) m.t.
4.
Oliver Zaugg (Liquigas) m.t.
5.
Lance Armstrong (Radio Shack) m.t.
6.
Matteo Carrara (Vacansoleil) m.t.
7.
Steve Morabito (BMC) m.t.
8.
Frank Schleck (Saxo Bank) m.t.
9.
Roman Kreuziger (Liquigas) m.t.
10.
Jakob Fuglsang (Saxo Bank) +1’20″

1.
Robert Gesink (Rabobank)
2.
Rigoberto Uran (Caisse d’Epargne) +0’28″
3.
Steve Morabito (BMC) +0’36″
4.
Frank Schleck (Saxo Bank) +0’38″
5.
Joaquin Rodriguez (Katusha) +0’42″
6.
Matteo Carrara (Vacansoleil) +0’54″
7.
Lance Armstrong (Radio Shack) +0’55″
8.
Oliver Zaugg (Liquigas) +1’01″
9.
Jakob Fuglsang (Saxo Bank) +1’17″
10.
Thomas Lövkvist (Team Sky) +1’38″
Photo : robertgesink.com






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