Premier succès d’Andy Schleck sur les routes du Tour de France. Le Luxembourgeois a été le plus rapide d’un groupe d’une dizaine d’unités qui n’a pas réussi à se dissocier sur la montée de Morzine-Avoriaz malgré le travail constant des Astana. Il devance sur le fil Samuel Sanchez, le seul coureur à l’avoir suivi dans le dernier kilomètre. Alberto Contador n’est qu’à dix secondes. Cadel Evans prend le maillot jaune et l’évènement de la journée est la défaillance de Lance Armstrong, qui perd toute chance de remporter le Tour de France.
Sept échappés, quatre Français
Au départ de l’étape, plusieurs coureurs tentent de constituer l’échappée. Rein Taaramae, Christophe Moreau et Vasil Kiryienka sont notamment très entreprenants, mais ils se font reprendre par le peloton, dans lequel une chute sans gravité met à terre plusieurs hommes dont Jérôme Pineau et Cadel Evans.
Un groupe de sept coureurs parvient finalement à s’extirper du peloton au kilomètre 30 : on y retrouve le Belge Mario Aerts (Omega Pharma), le Néerlandais Koos Moerenhout (Rabobank), l’Espagnol Imanol Erviti (Caisse d’Epargne) et les Français Christophe Riblon (AG2R La Mondiale), Benoît Vaugrenard (FDJ), Sébastien Minard et Amaël Moinard (Cofidis). Le groupe prend rapidement de l’avance, et après une première heure de course très rapide (plus de 50 kilomètres parcourus), l’écart est de quatre minutes.
Chavanel à la peine
L’écart va monter jusqu’à près de sept minutes, mais derrière, la Quick Step du maillot jaune Sylvain Chavanel fait le tempo pour limiter l’avance de l’échappée. Après cent kilomètres de course, c’est-à -dire quarante kilomètres avant le pied du premier col de première catégorie du Tour 2010, celui de la Ramaz, le peloton accélère. Lorsque l’échappée atteint le pied du col, l’écart est retombé à quatre minutes. Dans le peloton, Lance Armstrong est victime d’une chute ; sérieusement rapé, il parvient néanmoins à recoller au groupe avant le pied de la Ramaz.
Assez rapidement, Koos Moerenhout accélère dans le groupe de tête. Seuls Mario Aerts et Amael Moinard parviennent à le suivre : les quatre autres sont rapidement distancés. Dans le peloton, c’est le Team Sky qui fait le tempo, pour Bradley Wiggins. A l’arrière, le gruppetto se forme déjà : on y retrouve les sprinters, mais aussi Fabian Cancellara, Jérôme Pineau et Damiano Cunego. A mi-pente, Sylvain Chavanel, le maillot jaune, commence à perdre du terrain à son tour : il reste encore 40 kilomètres, et Mimosa paye déjà ses efforts de la veille. A cinq kilomètres du sommet, Christophe Le Mével coince à son tour, alors que le peloton n’est plus qu’à deux minutes et des poussières du trio de tête.
Armstrong déjà lâché !
C’est à ce moment-là que la course vit un gros tournant : à 4,5 km du sommet, Armstrong lâche prise à son tour. Il est attendu par ses coéquipiers Horner et Brajkovic, mais pas par Astana, qui accélère en tête de peloton, ce qui fait aussi lâcher dans un premier temps Alexandre Vinokourov, mais le Kazakh finit par revenir. Le tempo est très rapide, et le peloton très réduit : même pas trente coureurs. La chaleur, elle, est accablante : tous les coureurs ou presque tirent la langue, maillot ouvert.
Au sommet, Maro Aerts et Koos Moerenhout passent légèrement devant Amael Moinard, plus fatigué que les deux trentenaires. Un peu plus de deux minutes plus tard, le groupe Contador-Schleck passe à son tour. Le groupe de Lance Armstrong, qui semble alors vraiment mal, passe 1’10″ derrière ce peloton de favoris. Chavanel est lui à 2’40″ de Contador et compagnie : il a déjà perdu son maillot jaune.
Une descente à fond
Les favoris restés devant sont d’accord : il faut distancer Armstrong. Vinokourov, revenu comme d’autres dans la fin du col, fait la descente à fond avec ses coéquipiers d’Astana pour creuser encore l’écart. Dans la montée des Gets, amuse-gueule avant l’escalade finale vers Avoriaz, Anthony Charteau (Bbox) part en chasse des leaders. Dans la petite descente qui suit, Lance Armstrong est pris dans une chute et perd à nouveau du temps. Désabusé, le Texan semble abdiquer : il ne cherche même plus à limiter la casse.
Pendant ce temps là , Mario Aerts, Koos Moerenhout et Amael Moinard donnent tout ce qu’ils ont, mais le chrono affiche moins de 1’30 » au pied de la dernière difficulté. Morzine-Avoriaz promet alors d’être le théâtre de la première explication entre favoris mais l’un de ses acteurs principaux manque au casting. Lance Armstrong éliminé, Astana ne change pas d’un iota sa tactique et continue de faire travailler ses coureurs.
La montée finale à l’usure
L’écrémage tarde à se faire dans les premiers kilomètres de l’ascension de Morzine-Avoriaz. Et pour cause : il a déjà eu lieu dans le col précédent. Astana poursuit son effort et aucun gros favori ne craque. Devant, Koos Moerenhout saute et Amael Moinard reste dans la roue de Mario Aerts. La première offensive menée dans le peloton est signée Joaquin Rodriguez (Katusha). L’ancien champion d’Espagne prend immédiatement du champ et personne ne réagit.
A un peu plus de 7 kilomètres du but, Daniel Navarro hausse le ton et le groupe se réduit. Ils ne sont plus qu’une petite dizaine et les hommes forts de cette étape commencent à être identifiés, alors que Joaquin Rodriguez est sur le point d’être repris. Les cadors se rapprochent ensuite des rescapés de l’échappée matinale, et c’est Amael Moinard qui est le dernier à être ramassé.
Pas d’attaques avant le sommet
Au passage sous la banderole des 5000 mètres, il y a encore 15 éléments dans le groupe de tête : Alberto Contador, Daniel Navarro (Astana), Robert Gesink, Denis Menchov (Rabobank), Levi Leipheimer (RadioShack), Andy Schleck (Saxo Bank), Bradley Wiggins (Team Sky), Carlos Sastre (Cervélo), Joaquin Rodriguez (Katusha), Michael Rogers (HTC-Columbia), Jurgen Van Den Broeck (Omega Pharma), Samuel Sanchez (Euskaltel), Ivan Basso, Roman Kreuziger (Liquigas) et Cadel Evans (BMC).
Les attaques se font attendre et Astana semble en premier lieu privilégier la sélection. Bradley Wiggins va coincer, mais il est le seul : les rivaux d’Alberto Contador restent dans les roues et le sommet se rapproche. Roman Kreuziger attaque sur la toute fin de l’escalade. Seuls Alberto Contador, Andy Schleck et Cadel Evans suivent, mais le reste de la meute revient. Puis c’est Jurgen Van Den Broeck qui relance l’allure, avant que Robert Gesink ne prenne un relai long.
Dans le dernier kilomètre, Andy Schleck place une accélération qui va laisser sur place ses adversaires. La tentative est trop tardive pour faire des dégâts, mais elle va lui permettre de jouer la victoire d’étape. Le Luxembourgeois est suivi par le seul Samuel Sanchez. Le Basque lance le sprint mais Andy Schleck s’accroche et le saute sur la ligne. Le coureur de Saxo Bank s’impose pour la première fois de sa carrière sur le Tour de France. Alberto Contador concède 10 secondes. Cadel Evans prend le maillot jaune.

1.
Andy Schleck (Saxo Bank)
2.
Samuel Sanchez (Euskaltel) m.t.
3.
Robert Gesink (Rabobank) +0’10 »
4.
Roman Kreuziger (Liquigas) m.t.
5.
Alberto Contador (Astana) m.t.
6.
Cadel Evans (BMC) m.t.
7.
Jurgen van den Broeck (Omega Pharma) m.t.
8.
Levi Leipheimer (Radio Shack) m.t.
9.
Ivan Basso (Liquigas) m.t.
10.
Denis Menchov (Rabobank) m.t.
_________________________________
11.
Carlos Sastre (Saxo Bank) m.t.
12.
Michael Rogers (HTC-Columbia) +0’20 »
13.
Joaquin Rodriguez (Katusha) +0’39 »
14.
Ryder Hesjedal (Garmin) +1’14 »
16.
Andreas Klöden (RadioShack) m.t.
19.
Bradley Wiggins (Team Sky) +1’45 »
20.
Anthony Charteau (Bbox Bouygues Telecom) +2’05″
22.
John Gadret (AG2R La Mondiale) +2’18″
27.
Alexandre Vinokourov (Astana) +2’23″
28.
Damien Monier (Cofidis) m.t.
31.
Luis Leon Sanchez (Caisse d’Epargne) +3’27″
38.
Sandy Casar (FDJ) +6’30″
48.
Christophe Le Mével (FDJ) m.t.
60.
Sylvain Chavanel (Quick Step) +11’40″
61.
Lance Armstrong (Radio Shack) +11’45 »
62.
Janez Brajkovic (Radio Shack) m.t.

1.
Cadel Evans (BMC)
2.
Andy Schleck (Saxo Bank) +0’20 »
3.
Alberto Contador (Astana) +1’01 »
4.
Jurgen van den Broeck (Omega Pharma) +1’03 »
5.
Denis Menchov (Rabobank) +1’10 »
6.Â
Ryder Hesjedal (Garmin) +1’11 »
7.
Roman Kreuziger (Liquigas) +1’45 »
8.
Levi Leipheimer (Radio Shack) +2’14 »
9.
Samuel Sanchez (Euskaltel) +2’15 »
10.
Michael Rogers (HTC-Columbia) +2’31 »
_________________________________
11.
Robert Gesink (Rabobank) +2’37″
12.
Carlos Sastre (Saxo Bank) +2’40″
13.
Ivan Basso (Liquigas) +2’41″
14.
Bradley Wiggins (Team Sky) +2’45 »
15.
Alexandre Vinokourov (Astana) +3’05″
22.
Damien Monier (Cofidis) +6’19″
24.
John Gadret (AG2R La Mondiale) +7’12″
30.
Christophe Le Mével (FDJ) +8’53″
32.
Sylvain Chavanel (Quick Step) +10’05″
34.
Sandy Casar (FDJ) +11’08″
39.
Lance Armstrong (Radio Shack) +13’26″
40.
Janez Brajkovic (Radio Shack) +13’56″

1.
Thor Hushovd (Cervélo) – 118 pts
2.
Alessandro Petacchi (Lampre) – 114 pts
3.
Robbie McEwen(Katusha) – 105 pts
4.
José Joaquin Rojas (Caisse d’Epargne) – 92 pts
5.
Mark Cavendish (HTC-Columbia) – 85 pts
6.
Edvald Boasson Hagen (Team Sky) – 82 pts
7.
Sébastien Turgot (Bbox Bouygues Telecom) – 79 pts
8.
Geraint Thomas (Team Sky) – 74 pts
9.
Gerald Ciolek (Milram) – 71 pts
10.
Sylvain Chavanel (Quick Step) – 69 pts

1.
Jérôme Pineau (Quick Step) – 44 pts
2.
Sylvain Chavanel (Quick Step) – 36 pts
3.
Andy Schleck (Saxo bank) – 30 pts
4.
Mathieu Perget (Caisse d’Epargne) – 28 pts
5.
Rafael Valls (Footon-Servetto) – 27 pts
6.
Samuel Sanchez (Euskaltel) – 26 pts
7.
Robert Gesink (Rabobank) – 22 pts
8.
Thomas Voeckler (Bbox Bouygues Telecom) – 21 pts
9.
Ruben Perez Moreno (Euskaltel) – 20 pts
10.
Mario Aerts (Omega Pharma) – 19 pts

1.
Andy Schleck (Saxo Bank)
2.
Roman Kreuziger (Liquigas) +1’25 »
3.
Robert Gesink (Rabobank) +2’17 »
4.
Rafael Valls (Footon-Servetto) +4’07″
5.
Pierre Rolland (Bbox) +10’54″
6.
Julien El-Farès (Cofidis) +17’10 »
7.
Cyril Gautier (Bbox) +23’57″
8.
Jakob Fuglsang (Saxo Bank) +24’28″
9.
Arkaitz Duran (Footon-Servetto) +24’57″
10.
Eros Capecchi (Footon-Servetto) +29’09″

1.
Rabobank
2.
Astana
3.
Radio Shack
4.
Caisse d’Epargne
5.
AG2R La Mondiale
6.
Liquigas
7.
HTC-Columbia
8.
BMC
9.
Cofidis
10.
Omega Pharma
photo : wikimedia



