Andy Schleck s’est imposé au sommet du col du Tourmalet, jeudi, sur la dix-septième étape du Tour de France 2010. Le Luxembourgeois signe sa deuxième victoire sur cette grande boucle, après Morzine-Avoriaz, mais il n’est pas parvenu, sur cette étape reine, à distancer son grand rival, Alberto Contador. L’Espagnol reste donc maillot jaune, et l’écart de huit secondes qui sépare les deux hommes au général reste de mise. Le coureur d’Astana est en ballotage favorable pour la victoire finale, puisque seul le contre-la-montre de Bordeaux, samedi, devrait permettre de nouveaux écarts.
Sept devant, Sanchez derrière
L’étape décisive du Tour débute dans des conditions difficiles : la chaussée est mouillée suite aux orages de la nuit, et le ciel menace. De la pluie est attendue pour l’arrivée au sommet du Tourmalet. Malgré cela, sept courageux s’extirpent du peloton, alors que Simon Spilak (Lampre) abandonne dès les premiers kilomètres. On retrouve à l’avant Kristjan Koren (Liquigas), Rémi Pauriol (Cofidis), Alexander Kolobnev (Katusha), Marcus Burghardt (BMC), Ruben Plaza (Euskaltel) et deux coureurs du Team Sky, Edvald Boasson Hagen et Juan Antonio Flecha.
Derrière, le peloton va leur laisser du champ. Pour une bonne et simple raison : Samuel Sanchez, troisième du classement général, a chuté et se trouve attardé de trois minutes. Le coureur asturien se fait une grosse frayeur, ayant éprouvé des difficultés à respirer une fois au sol, mais il repart et Alberto Contador, son compatriote et maillot jaune, fait signe de l’attendre. Le leader de la formation Euskaltel-Euskadi va finalement revenir dans les roues, ce qui permet à l’échappée de gagner du terrain. L’écart va ainsi augmenter sur les pentes du Col de Marie-Blanque, jusqu’à dépasser les neuf minutes.
Sastre en chasse-patate
Un coureur tente néanmoins de revenir sur les sept : Carlos Sastre. Malgré l’attentisme généralisé du peloton, le vainqueur du Tour 2008 place une attaque avec son coéquipier Ignatas Konovalovas. Le coureur de Cervélo s’intercale et fait toute l’ascension en chasse-patate. Il revient à près d’une minute des fuyards, mais va perdre du temps dans la descente. Ce n’est pas pour autant qu’il abdique, et sur le Col du Soulor, deuxième montée de première catégorie du parcours, il se rapproche à nouveau.
Mais il reste trop loin, et bascule au sommet à 2’50″ des hommes de tête. Le peloton, lui, passe à 4’17″ de l’échappée, après une ascension très calme, seulement animée par la traversée d’un troupeau de moutons, heureusement sans dommages. Quelques coureurs auront néanmoins été décrochés, dont Christophe Le Mével, et d’autres sont apparus en queue de groupe, comme Luis Leon Sanchez ou Denis Menchov, mais tout rentre dans l’ordre une fois le sommet franchi.
Trois minutes au pied
Car la descente du Soulor est réalisée au ralenti total : le brouillard est très présent, et la visibilité quasi nulle. Du coup, personne ne veut prendre de risques. Une aubaine pour l’échappée, qui reprend du champ : plus de cinq minutes d’avance en bas de la descente. Dans la plaine qui précède le Tourmalet, Astana, la Rabobank et la Saxo Bank se relaient pour réduire l’écart, ce qui fait les frais de Carlos Sastre, avalé par le peloton. Le pied du Tourmalet arrive enfin : l’écart est retombé à trois minutes et des poussières. L’ascension est longue de presque 20 kilomètres.
Dans l’échappée, les deux premiers à lâcher prise sont les deux coureurs du Team Sky, Boasson Hagen et Flecha, mais bientôt, ils ne sont que deux en tête : Kolobnev et Burghardt. Dans le peloton, Saxo Bank visse : dès les premières pentes, il y a des dégâts, avec beaucoup de coureurs, dont Ivan Basso, Cadel Evans et Carlos Sastre, qui se relèvent.
Schleck lance les hostilités à dix km du sommet
A 15 kilomètres du sommet, les deux hommes de tête n’ont plus que 2’30″ d’avance sur un peloton où seuls une trentaine de coureurs tiennent encore, dont quelques Français: Gadret, Rolland, Moinard, Charteau, Gautier et El Fares. Kolobnev le sait et accélère le rythme, ce qui fait lâcher Burghardt, à treize kilomètres de l’arrivée. Mais ses chances de victoire sont très faibles, et l’attention se porte sur le groupe maillot jaune, où Alexandre Vinokourov perd contact très vite, à 12 500 mètres du sommet. Le rythme imprimé par Fuglsang est en effet rapide, mais c’est déjà le dernier étage de la fusée Saxo Bank. Pas grave : Navarro décroché, Contador est également seul. Les deux leaders du général sont sans équipiers, alors que de nombreuses autres équipes sont à plusieurs.
A dix kilomètres du sommet, Kolobnev n’a plus qu’une grosse minute d’avance sur le groupe maillot jaune, qui ne compte plus que vingt coureurs, et d’où Carlos Barredo sort, bientôt suivi de Pierre Rolland et de… Andy Schleck. Le Luxembourgeois a lancé les hostilités, et ils ne sont plus que trois : Schleck, Contador et Rodriguez. Menchov est juste derrière, mais ensuite, c’est chacun pour soi. Et il reste bien dix bornes !
Schleck, Contador, et les autres
Les deux premiers du général lâchent rapidement Rodriguez, qui est repris par Menchov, une trentaine de mètres plus bas. Le maillot blanc fait le train, mais le jaune semble à l’aise dans sa roue. A neuf kilomètres du sommet, ils dépassent Kolobnev. Derrière eux, Rodriguez, Van den Broeck, Sanchez, Menchov, Horner, Gesink et Hesjedal unissent leurs efforts dans un même groupe de poursuite.
Andy Schleck ouvre toujours la route, tentant d’user Alberto Contador, qui ne prend pas de relais. Dans le brouillard terrible du Tourmalet, c’est Gesink qui fait le rythme dans le groupe suivant, déjà pointé à cinquante secondes du duo à 7 500 mètres du sommet. Sans succès : l’écart grandit, et d’autres coureurs, comme Kreuziger, sont revenus.
Contador ne dispute pas la victoire
Les hectomètres défilent et la situation n’évolue pas. A cinq bornes du sommet, les deux sont toujours en tête, tandis que le groupe Menchov-Sanchez limite un peu l’écart à 1’30″. Le coureur de la Saxo Bank tente d’aller un peu plus par à-coups, mais Contador semble plus facile que lui. Schleck se retourne et regarde Contador, il lui parle même, sans doute pour lui demander un relais. L’Espagnol s’y refuse : il préfère attaquer, à 4 km du sommet. Schleck est un peu surpris, mais il tient la roue du maillot jaune. Contador se rassoit, les deux se mettent côte à côte, se regardent. Schleck sourit : il a peut-être compris que l’un ne lâcherait jamais l’autre. L’allure baisse un peu : l’écart avec le deuxième groupe se stabilise autour de 1’40″.
Dans les deux derniers kilomètres, le spectacle vient des supporteurs au bord de la route, rivalisant de connerie pour passer à la télé. Dans le groupe de chasse, Rodriguez tente de lâcher ses compagnons mais n’y parvient pas. Schleck, lui, s’est résigné. Il ouvre la route dans le dernier kilomètre et n’essaie même pas de lui reprendre quelques secondes, pour le fun. Et Contador ne lui dispute même pas la victoire : Andy Schleck s’impose, mais c’est bien Contador le grand gagnant. Juste après la ligne, les deux se donnent l’accolade.
Ces derniers kilomètres ont été plus spectaculaires à l’arrière. Rodriguez est finalement parvenu à sortir, accompagné du surprenant Hesjedal. L’Espagnol de la Katusha en termine 1’18″ après le duo, tandis que le Canadien est quatrième, dix secondes plus tard. Sanchez, sur son jump, est juste derrière, et reprend une poignée de secondes à Menchov, qui termine avec Gesink. Van den Broeck passe à son tour : les écarts, entre tous ces coureurs, sont minimes. Mais un fait est particulièrement marquant : les dix premiers de l’étape sont les dix premiers du général.

1.
Andy Schleck (Saxo Bank)
2.
Alberto Contador (Astana) m.t.
3.
Joaquin Rodriguez (Katusha) +1’18″
4.
Ryder-Hesjedal (Garmin) +1’27″
5.
Samuel Sanchez (Euskaltel) +1′32”
6.
Denis Menchov (Rabobank) +1’40″
7.
Robert Gesink (Rabobank) m.t.
8.
Christopher Horner (RadioShack) +1’45″
9.
Jurgen van den Broeck (Omega Pharma) +1’48″
10.
Roman Kreuziger (Liquigas) +2’14″
——————-
11.
Damiano Cunego (Lampre) +3’00″
12.
Nicolas Roche (AG2R La Mondiale) +3’26″
14.
John Gadret (AG2R La Mondiale) +3’35″
17.
Lance Armstrong (RadioShack) +4’12″
20.
Luis Leon Sanchez (Caisse d’Epargne) +4’27″
21.
Pierre Rolland (Bbox Bouygues Telecom) +4’30″
23.
Christophe Moreau (Caisse d’Epargne) +4’36″
43.
Levi Leipheimer (Radio Shack) +8’59″
49.
Alexandre Vinokourov (Astana) +10’45″

1.
Alberto Contador (Astana)
2.
Andy Schleck (Saxo Bank) +0′08”
3.
Samuel Sanchez (Euskaltel) +3′32”
4.
Denis Menchov (Rabobank) +3′53″
5.
Jurgen van den Broeck (Omega Pharma) +5’27″
6.
Robert Gesink (Rabobank) +6’41″
7.
Joaquin Rodriguez (Katusha) +7’03″
8.
Ryder-Hesjedal (Garmin) +9’18″
9.
Roman Kreuziger (Liquigas) +10’12″
10.
Christopher Horner (RadioShack) +10’37″
——————-
11.
Luis Leon Sanchez (Caisse d’Epargne) +12’46″
12.
Ruben Plaza (Caisse d’Epargne) +13’01″
13.
Levi Leipheimer (Radio Shack) +14’24″
14.
Andreas Klöden (Radio Shack) +14’44″
15.
Nicolas Roche (AG2R La Mondiale) +16’00″
16.
Alexandre Vinokourov (Astana) +17’57″
17.
John Gadret (AG2R La Mondiale) +17’59″
18.
Thomas Lövkvist (Team Sky) +18’30″
19.
Kevin de Weert (Quick Step) +20’03″
20.
Daniel Moreno (Omega Pharma) +25’23″

1.
Thor Hushovd (Cervélo) – 191 pts
2.
Alessandro Petacchi (Lampre) – 187 pts
3.
Mark Cavendish (HTC-Columbia) – 162 pts
4.
José Joaquin Rojas (Caisse d’Epargne) – 149 pts
5.
Robbie McEwen(Katusha) – 138 pts
6.
Edvald Boasson Hagen (Team Sky) – 132 pts
7.
Alberto Contador (Astana) – 115 pts
8.
Samuel Sanchez (Euskaltel) – 112 pts
9.
Andy Schleck (Saxo Bank) – 107 pts
10.
Sébastien Turgot (Bbox Bouygues Telecom) – 107 pts

1.
Anthony Charteau (Bbox Bouygues Telecom) – 143 pts
2.
Christophe Moreau (Caisse d’Epargne) – 128 pts
3.
Andy Schleck (Saxo bank) – 116 pts
4.
Alberto Contador (Astana) – 112 pts
5.
Damiano Cunego (Lampre) – 99 pts
6.
Samuel Sanchez (Euskaltel) – 96 pts
7.
Sandy Casar (FDJ) – 93 pts
8.
Jérôme Pineau (Quick Step) – 92 pts
9.
Thomas Voeckler (Bbox Bouygues Telecom) – 82 pts
10.
Pierrick Fédrigo (Bbox Bouygues Telecom) – 72 pts

1.
Andy Schleck (Saxo Bank)
2.
Robert Gesink (Rabobank) + 6′ 33″
3.
Roman Kreuziger (Liquigas) + 10′ 04″
4.
Julien El-Farès (Cofidis) + 48′ 48″
5.
Cyril Gautier (Bbox) + 1h 21′ 28″
6.
Jakob Fuglsang (Saxo Bank) + 1h 38′ 59″
7.
Rafael Valls (Footon-Servetto) + 1h 41′ 23″
8.
Pierre Rolland (Bbox) + 1h 43′ 27″
9.
Jose Joaquin Rojas (Caisse d’Epargne) + 2h 00′ 17″
10.
Geraint Thomas (Team Sky) + 2h 02′ 02″

1.
Radio Shack
2.
Caisse d’Epargne + 08′ 30″
3.
Rabobank + 33′ 39″
4.
AG2R La Mondiale + 37′ 58″
5.
Omega Pharma + 50′ 16″
6.
Astana + 54′ 40″
7.
Quick Step + 1h 05′ 07″
8.
Euskaltel Euskadi + 1h 16′ 15″
9.
Liquigas + 1h 24′ 41″
10.
Bbox Bouygues Telecom + 1h 52′ 06″



