Tirreno-Adriatico #6 : Ignatiev sur le fil

Par Alexandre Philippon
Lundi 15 mars 2010 - 16:25
Mikhail Ignatiev a remporté la 6e étape de Tirreno-Adriatico. Le Russe, sorti de l’échappée du jour au pied de la dernière montée de Macerata, résiste pour quelques secondes au retour des favoris. Michele Scarponi, sixième, conserve son maillot bleu de leader pour deux secondes, face à Stefano Garzelli, arrivé deuxième. Le podium probable de cette édition 2010, qui se termine mardi ? Scarponi, Garzelli, Evans.
12 baroudeurs, dont Boonen
Une échappée de 12 coureurs a pris la pourdre d’escampette en début d’étape. On y retrouvait plusieurs coureurs de renom, que ce soit le Belge Tom Boonen, le Slovaque Peter Velits, le Danois Matti Breschel, le Néerlandais Martijn Maaskant, l’Allemand Marcus Burghardt ou encore le Suédois Thomas Lovkvist. Ils étaient accompagnés de l’intenable Russe Mikhail Ignatiev, du Portugais Rui Costa, du Slovène Simon Spilak, de l’Allemand Paul Martens, l’Espagnol Ruben Perez et du Kazakh Assan Bazayev. Un bien beau groupe, auquel le peloton va laisser un peu de champ : ils abordent l’avant-dernier tour de circuit avec plus de 3 minutes d’avance. C’est beaucoup de champ pour des coureurs d’une telle qualité.
L’écart diminue et Velits tente sa chance
Dans la montée de Macerata, la dernière avant celle de l’arrivée, le peloton réagit logiquement. Il hausse le ton et montre aux fuyards qu’ils vont devoir s’employer pour aller au bout. L’écart en vient à chuter nettement et au passage sur la ligne, il est inférieur à 1’20 », alors qu’il reste 20 kilomètres. C’est Peter Velits, sorti comme une flèche dans les dernières rampes, qui se retrouve alors seul en tête. Au sein du peloton, on sait que c’est maintenant que le Tirreno-Adriatico 2010 va se jouer, et l’équipe Colnago imprime alors le tempo, pour Domenico Pozzovivo. Les autres leaders, que ce soit le maillot bleu, Michele Scarponi, ou ses rivaux, Cadel Evans, Maxim Iglinskiy et Stefano Garzelli, se positionnent pour un dernier tour très important.
L’échappée se reforme et résiste
Peter Velits est alors lancé dans un véritable contre-la-montre individuel. Il peut à ce moment espérer, du fait qu’il soit à plus de 4 minutes au général, que les cadors se regardent afin de ne pas dévoiler leurs cartes trop tôt. Auquel cas il pourrait maintenir son avance, qui est d’une minute à 15 kilomètres du but, et ainsi faire ce tour seul devant, du début à la fin. Sauf que derrière, ses anciens compagnons d’échappée ne s’avouent pas vaincus. Le frère de Martin subit le retour de 5 hommes, Mikhail Ignatiev, Simon Spilak, Thomas Lovkvist, Assan Bazayev et Martijn Maaskant, à 10 kilomètres de l’arrivée. Puis c’est l’ensemble du groupe qui se reforme et voit du même coup son avance augmenter, dépassant les 1’30 ». On sait alors qu’ils ont de bonnes chances de se jouer le succès d’étape.
Ignatiev sort en solo et file vers la victoire
Au pied de la première partie de la montée finale, Mikhail Ignatiev décide de tenter sa chance en solitaire. Le peloton, tour à tour mené par les Caisse d’Epargne, les BMC, puis les Liquigas, est pointé à une minute, se montrant donc menaçant, ce qui n’est pas du goût du Russe. Le solide rouleur du Team Katusha s’accommode bien de l’ascension et prend ses distances avec ses poursuivants, pour aborder le replat avec une dizaine de secondes d’avance sur un wagon de quelques rescapés, dans lequel Tom Boonen n’apparaît plus. Les cadors, restés au chaud, n’ont pas vraiment à s’inquiéter des hommes de tête : ce qui leur importe, c’est le classement général. On sait alors que devant, on ne résistera que si la bagarre ne se lance que sur le tard. Peter Velits attaque une fois de plus et se lance à la poursuite du leader. Et dans le peloton, à 2 kilomètres de l’arrivée, personne ne bouge, si ce n’est le vaillant Blel Kadri, vite repris.
Garzelli échoue à deux secondes de Scarponi
Mikhail Ignatiev franchit la flamme rouge presque assuré de ne voir ni le Slovaque le reprendre, ni les favoris. Mais Vincenzo Nibali hausse le ton et est suivi par tous ses rivaux. Stefano Garzelli prend le relai, en menant l’offensive au moment où Peter Velits est rejoint. Michele Scarponi réussit à suivre le coureur d’Acqua & Sapone : les deux premiers du classement général sont aux prises pour la victoire finale. Ils prennent quelques mètres d’avance et se rapprochent peu à peu de l’homme de tête, mais Cadel Evans vient en personne les rattraper et les doubler. Stefano Garzelli prend sa roue et lance le sprint, à la sortie du dernier virage, sur les redoutables pentes de Macerata. Le duo se détache : Mikhail Ignatiev franchit la ligne en vainqueur et derrière, c’est le sprint pour les bonifications de la deuxième place. L’Italien bat l’Australien, mais pour le classement général, il échoue à 2 petites secondes de Michele Scarponi, qui lui prend la 6e place, derrière Robert Gesink et le Français Benoit Vaugrenard. Tirreno-Adriatico est vraiment une des courses par étape les plus serrées de la saison …

1.
Mikhail Ignatiev (Katusha)
2.
Stefano Garzelli (Acqua & Sapone) +0’05 »
3.
Cadel Evans (BMC) m.t.
4.
Robert Gesink (Rabobank) +0’07 »
5.
Benoît Vaugrenard (Française des Jeux) m.t.
6.
Michele Scarponi (Androni Giocattoli) m.t.
7.
Michael Rogers (HTC-Columbia) m.t.
8.
Francesco Gavazzi (Lampre) +0’09 »
9.
Domenico Pozzovivo (Colnago-CSF) +0’11 »
10.
Rigoberto Uran (Caisse d’Epargne) m.t.

1.
Michele Scarponi (Androni Giocattoli)
2.
Stefano Garzelli (Acqua & Sapone) +0’02 »
3.
Cadel Evans (BMC) +0’12 »
4.
Maxim Iglinskiy (Astana) +0’22 »
5.
Robert Gesink (Rabobank) +0’27 »
6.
Michael Rogers (HTC-Columbia) +0’29 »
7.
Domenico Pozzovivo (Colnago-CSF) +0’33 »
8.
Vincenzo Nibali (Liquigas) +0’42 »
9.
Manuele Mori (Lampre) +1’04″
10.
Francesco Gavazzi (Lampre) +1’07″
crédit photo : teamsky.com






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