Team Sky doit gagner sa place

Par Alexandre Philippon
Lundi 1 mars 2010 - 16:11
16 équipes sont déjà assurées de participer au prochain Tour de France. ASO, qui organise l’épreuve, attribuera six invitations supplémentaires d’ici au printemps. Velochrono a identifié neuf formations qui s’affirment comme les logiques prétendantes à ces sésames. Pendant une semaine, la rédaction étudie les chances de chacune. On imagine mal Team Sky ne pas être au Tour de France. Immense budget, recrutement de premier plan, l’écurie britannique serait l’une des attractions des villages-départ de la Grande Boucle. Mais en analysant bien la chose, sa candidature n’est pas forcément plus attrayante que d’autres, sur le plan de l’effectif. Il va falloir obtenir des résultats, notamment dès le prochain Paris-Nice.
Une équipe avec peu d’expérience
Pour une fois, nous allons commencer par les points négatifs. Si l’on étudie bien l’effectif de Team Sky, il est certes attrayant mais pas supérieur à d’autres. Bradley Wiggins peut très bien ne pas répéter son Tour de France 2009. Jonathan Vaughters, son patron l’an passé chez Garmin, disait qu’il avait pu terminer quatrième grâce au parcours et à son équipe. Il y a un risque réel de voir l’ancien pistard coincer sur un tracé plus montagneux cette fois-ci. Il serait alors moins fiable qu’un Cadel Evans pour BMC, un Carlos Sastre chez Cervélo, un Lance Armstrong du côté de RadioShack, un Kim Kirchen pour Katusha ou encore un Christian Vande Velde chez Garmin. Ces derniers comptent en effet plus d’un top 10 de Grand Tour dans leur escarcelle : ils ont confirmé le talent depuis un bon bout de temps. Alors dans l’éventualité où Wiggo se loupe en juillet prochain, Team Sky pourrait n’avoir personne dans la lutte pour le podium, si Thomas Lovkvist ne passe pas le cap attendu, puisqu’il est le seul suppléant crédible pour assumer un rôle de leader.
Prenons maintenant le temps d’analyser les possibilités de Sky dans les sprints. Edvald Boasson Hagen est un vainqueur d’étape du Tour en puissance, et le duo Grégory Henderson – Chris Sutton peuvent être des poisson-pilotes très utiles. Mais dans l’ensemble, ils restent très jeunes et n’ont pas l’expérience de la plus grande course du monde. Alors obtenir son billet au nom d’une promesse, celle de hausser le ton de la concurrence pour Mark Cavendish et HTC-Columbia, est une idée mais pas un argument si solide. L’effectif de cette équipe, et son « neuf » possible sur le Tour, est potentiellement intéressant, et peut permettre de réussir haut la main sa première expérience sur cette épreuve, mais ASO ne doit pas faire son choix uniquement sur le papier, sur des suppositions. Il va falloir que les maillots noir et bleu fassent leurs preuves sur la route, décrochent des beaux succès. Juan Antonio Flecha y est parvenu samedi sur le Het Nieuwsblad, mais ce qui devrait beaucoup plus influer, c’est le comportement des Sky sur Paris-Nice. Son leader sera Simon Gerrans, qui est loin d’être assuré d’animer les débats, car trop juste en montagne. Si l’équipe britannique passe au travers de sa course au Soleil, elle pourrait se retrouver en danger.
L’image de Sky ? Pas un problème
D’autant qu’il y a un autre bémol à attribuer à cette candidature : l’image. Samedi, pour The Telegraph, Dave Brailsford, patron de Team Sky, s’agaçait du traitement réservé à ses coureurs : « Peu importe ce que les autres équipes veulent faire. Si elles veulent perdre leur temps à parler de nous et bien tant mieux pour elles. Ça ne nous intéresse pas. Ils pensent peut-être nous provoquer mais je ne veux pas rentrer dans leur jeu. » En effet, l’arrogance et l’ambition des Anglais ont du mal à passer dans le peloton. Leur politique de recrutement aussi : ils ont déboursé une fortune pour rompre le contrat de Bradley Wiggins et de Ben Swift. Team Sky ne correspond peut-être pas aux valeurs du Tour de France. Mais au fond, celles-ci ne sont-elles pas globalement les mêmes que chez HTC-Columbia ou Radio Shack ? Alors à quoi bon tirer des plans sur la comète ? Leur présence sur les routes de juillet ne poserait aucun problème, et s’il y a jalousies et rivalités, alors ce sera tant mieux pour le spectacle. ASO décernant toutes ses dernières invitations en même temps, nous ne connaitrons pas l’ordre de préférence des organisateurs du Tour. Personne ne saura laquelle des six élues sera passée de justesse. Sky devrait être choisie, mais pourrait ne pas avoir été prioritaire, compte tenu de la jeunesse de sa structure et de ses éléments – si l’on excepte les Flecha, Arvesen, Calzati et Gerrans, tous déjà lauréats d’étape sur la Grande Boucle. Mais d’ici douze mois, elle sera qualifiée d’office, à n’en point douter.
Cette année, 22 équipes vont participer au Tour de France. Team Milram, Quick Step, Omega Pharma-Lotto, Team Saxo Bank, Caisse d’Epargne, Euskaltel-Euskadi, Footon-Servetto, HTC-Columbia, Lampre-Farnese Vini, Liquigas-Doimo, Astana, Rabobank : cela fait 12 structures déjà assurées d’en être, plus quatre françaises, à savoir AG2R-La Mondiale, Bbox-Bouygues Telecom, Cofidis et Française des Jeux. Il reste donc six places à pourvoir, pour lesquelles neuf formations apparaissent comme les plus crédibles candidates : Team Katusha, Team Sky, Saur-Sojasun, Garmin-Transitions, Skil-Shimano, Radio Shack, Vacansoleil et Cervélo Test Team.
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B.BOUTHIER
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A.PHILIPPON
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| Team Katusha | Team Katusha | |||
| Saur-Sojasun | Saur-Sojasun | |||
| Team Sky | Team Sky | |||
| Garmin | Garmin | |||
| Radio Shack | Radio Shack | |||
| BMC Racing | BMC Racing | |||
| Skil-Shimano | Skil-Shimano | |||
| Vacansoleil | Vacansoleil | |||
| Cervélo | Cervélo | |||
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J.PROUX
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F.RIDEAU
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| Team Katusha | Team Katusha | |||
| Saur-Sojasun | Saur-Sojasun | |||
| Team Sky | Team Sky | |||
| Garmin | Garmin | |||
| Radio Shack | Radio Shack | |||
| BMC Racing | BMC Racing | |||
| Skil-Shimano | Skil-Shimano | |||
| Vacansoleil | Vacansoleil | |||
| Cervélo | Cervélo | |||






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