Sprint massif, test massif
Le Tour de Suisse a débuté depuis samedi, avec un plateau riche en sprinteurs. Une majorité des bolides du peloton n’ont pas choisi le Dauphiné mais l’épreuve helvète pour répéter leurs gammes avant leurs principaux objectifs estivaux que sont les championnats nationaux et surtout le Tour de France. Sauf que dimanche, pour le seul emballage massif qui ait eu lieu jusqu’à maintenant, le peloton avait été réduit par les bosses du parcours. Mardi, tout le monde devrait pouvoir se mêler à la lutte et nous pourrons en savoir un peu plus sur les sensations de chacun.
Petacchi, un peu dans l’inconnu
Le coureur italien a participé au Giro, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il en est aussi avec plus de doutes que de certitudes. Malade au départ d’Amsterdam, il n’a jamais pu récupérer totalement, à cause d’une météo capricieuse. Du coup, il n’a jamais pu participer à un sprint avec ses moyens habituels. Les a t-il retrouvés à présent ? Le problème, c’est que pour le savoir, il va d’abord falloir qu’il suive dans les bosses. Mardi, le parcours n’est pas là et il n’est pas dit qu’il soit de la partie, ayant été vite lâché, que ce soit dimanche ou lundi. Francesco Gavazzi, qui va participer en juillet à son premier Tour de France, peut être un excellent substitut, capable de l’emporter à Wettingen s’il y a eu écrémage.
Ciolek, mis en valeur chez Milram
Sa fracture de la clavicule sur le Tour de Qatar est déjà un lointain souvenir. Son retour aux Quatre Jours de Dunkerque a été convaincant, puis il a renoué avec le succès lors du Tour de Bavière. Si bien que chez Milram, on a décidé de tout miser sur lui lors du prochain Tour de France. Gerry Van Gerwen a d’ores-et-déjà déclaré que l’objectif serait « de se battre pour le maillot vert. Les huit coureurs travailleront tous pour Gerald Ciolek pour les sprints. » Pour cela, une rampe de lancement de trois coureurs sera mise en place, et les coureurs qui le composeront seront choisis après le Tour de Suisse. Peter Wrolich et Björn Schröder ont ainsi tout à gagner mardi en donnant tout pour l’ancien champion d’Allemagne.
Freire semble péter le feu
Le triple champion du monde a fait impression lundi en participant activement au final d’une étape de Schwarzenburg digne d’une Ardennaise. Quand Luis Leon Sanchez a tenté de sortir, c’est l’Espagnol qui a été parmi les plus remuants pour ramener le peloton. Bon signe pour un sprinteur que d’être à l’aise sur les bosses et carrément d’attaquer. Dimanche, il prenait une quatrième place discrète, ne parvenant pas à remonter à temps, après que Marco Marcato ait lancé le sprint de loin. S’il réussit à mieux se placer, le coureur de la Rabobank sera un candidat au succès sur cette 4e étape, même s’il pourrait être encore mieux un tracé comme celui de vendredi.
McEwen, dans l’attente
Il va avoir 38 ans en fin de mois et à l’image d’autres grands sprinteurs qui ont connu une longue carrière, la fin de parcours est assez compliquée. Vainqueur en février du Trofeo Palma, aux Baléares, il n’a depuis pas gagné la moindre course. Son Tour d’Italie a été discret, et depuis, il a été papa pour la seconde fois. L’Australien devrait participer au Tour de France pour la 12e fois de sa carrière mais avec le palmarès qui est le sien, à quoi bon prendre des risques sur le Tour de Suisse ? L’an dernier, il n’avait pu participer au Giro et au Tour suite à une chute sur le Grand Prix de l’Escaut. S’il doit faire une course à fond, ce sera la Grande Boucle.
Hunter, capable de coups d’éclat
Lui aussi a été papa cette année, en fin d’hiver, et depuis, on ne l’a pas beaucoup vu. Il a quand même pris une quatrième place sur un sprint remporté par Mark Cavendish sur le Tour de Californie, et plus tôt, terminé également dans le sillage du Britannique sur la deuxième étape du Tour de Romandie, où il se classait troisième. Ces performances ponctuelles montrent que les sensations restent bonnes. Il faut se souvenir que sur le Tour de Murcie, en début de saison, il avait remporté deux étapes coup sur coup, et que sur le Tour de France 2007, il avait gagné à Montpellier. En juillet prochain, que fera t-il ? S’il est sur la Grande Boucle, ce sera pour aider Tyler Farrar.
Davis, plus tard ?
Cette saison, il n’est guère en verve. Sa troisième place, en mai, sur le Tour de Picardie, laissait penser qu’il revenait en forme, mais pour obtenir une place sur le Tour de France, c’est insuffisant. Sauf grosse surprise, Allan Davis sera sacrifié chez Astana au profit de la garde rapprochée d’Alberto Contador. Et pour lui, pas de championnat national fin juin, les Nationals australiens ayant lieu en janvier. L’ancien coureur de la Quick Step pourrait, comme il en a fait sa spécialité depuis deux saisons, arriver au top pour l’été, et viser la gagne sur des courses comme la Vattenfall Cyclassics, le Grand Prix de Plouay …
Cavendish, tout pour le Tour
Alors qu’il avait pris l’habitude de collectionner les succès, et d’être le coureur le plus prolifique du peloton, Mark Cavendish a dû cette saison accepter de gagner moins souvent. Trois fois exactement : une étape du Tour de Catalogne, puis du Tour de Romandie, et la dernière en date, sur le Tour de Californie. Si le total reste inchangé d’ici au départ du Tour, il compte plus de quatre fois moins de victoires au compteur l’an passé. Et pourtant, aucune raison de s’inquiéter. Il ne faut pas perdre de vue la saison 2009 du Manx Express : il avait levé les bras six fois sur la Grande Boucle, lors de laquelle il avait affiché une supériorité rarement entrevue ces dernières années. Il suffirait que les mêmes sensations ne reviennent d’ici trois semaines et il sera en mesure de répéter ses exploits. Mais bon, se rassurer une dernière fois sur le Tour de Suisse en gagnant mardi, cela ne serait pas de refus. Juste pour voir comment il célébrera sa victoire …
Boonen, le genou à surveiller
Pour Tom Boonen, il vaudra mieux rester sage sur ce Tour de Suisse, qu’il espère terminer mais où on ne devrait pas le voir participer aux sprints. Non seulement, cela correspond plus ou moins à sa volonté, qui est depuis cette saison de ne se mêler à des emballages massifs que pour les grandes courses. Mais en outre, cela lui permettrait de ne pas prendre de risques. Après avoir failli rater son Tour de France 2009, repêché in extremis après son contrôle positif à la cocaïne, le Belge ne manquerait pour rien au monde l’édition 2010. Gêné depuis sa chute sur le Tour de Californie, il va certainement rester caché et ne se tester qu’à l’occasion des championnats nationaux où il jouera le doublé.
Hushovd, pas encore prêt ?
Après qu’Heinrich Haussler ait renoué avec la victoire dimanche, ce serait une grande nouvelle pour Cervélo que Thor Hushovd rassure à son tour. Mais cela sera compliqué. Victime d’une fracture de la clavicule il y a un peu plus d’un mois, le Norvégien est dans les temps pour le Tour de France, mais forcer sur le Tour de Suisse, ce n’est pas forcément une bonne idée. Alors que va t-il se passer au sein de la formation suisse ? Vont-ils impasser le sprint, l’Allemand ayant eu sa performance référence qui lui a redonné le moral nécessaire avant la Grande Boucle ? A voir.








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