Si j’étais directeur…

Par Velochrono
Jeudi 29 juillet 2010 - 9:57
On dit souvent : ce n’est pas le parcours qui fait la course, ce sont les coureurs. Mais le tracé et le règlement sont tout de même les pierres angulaires d’un Tour de France réussi. Velochrono a voulu se pencher sur ces points et se poser la question : si nous en avions le pouvoir, qu’améliorerons-nous ? Et là, on se rend vite compte qu’il y a toujours du pour et du contre.
La montagne peut-elle être repensée ?
Cette année, il est clair que les occasions d’attaquer n’ont pas manqué sur les cols des Alpes et des Pyrénées. Mais c’était un peu au bon vouloir des favoris : regardez Ax-3 Domaines, un peu du style de Verbier l’an dernier, là où Alberto Contador avait écrasé le Tour, et pourtant les cadors y ont fait du sur place. Même le Tourmalet n’a pas réussi à départager l’Espagnol de son rival Andy Schleck. Alors, étaient-ils vraiment au même niveau ou bien aurait-il fallu semer davantage de pièges ? Le premier ressenti de la rédaction de Velochrono, c’est de proposer plus d’étapes à montée sèche finale. Ok, avant la dernière ascension, on s’embête un peu, mais cela pèse moins sur trois semaines et l’explication est plus intense, à condition néanmoins que les pentes soient plus raides que ce fut le cas cette année aux Rousses ou à Morzine-Avoriaz. Allez, par exemple, le Col du Grand Colombier ? ASO devrait opter pour l’Alpe d’Huez l’an prochain : ça passe.
Autre observation : les étapes dessinées à l’envers, cela commence à bien faire. Celle de Pau comportait plusieurs cols mythiques du Tour de France, mais il ne fallait pas se leurrer, personne n’allait faire un coup à la Merckx avec 60 kilomètres roulants après le dernier sommet. L’idée n’est pas de mettre ce type de tracé dans l’autre sens, car cela serait trop difficile, mais nous avons un peu le sentiment que l’on gaspille des montées pour ostensiblement favoriser l’avancée des baroudeurs et des échappées, car c’est toujours le même scénario sur ce type d’étape : un semblant de bordel au début, et puis tout qui rentre dans l’ordre, une échappée bidon et un peloton de 80 coureurs derrière.
Notre rédaction émet aussi une hypothèse, à savoir faire un Tour de France à l’envers. De la montagne dure d’entrée, comme c’est souvent le cas sur le Tour d’Espagne. Ce sera impossible à faire l’an prochain avec un départ de Vendée, mais pourquoi pas lors d’une édition à venir. Des départs de Corse ou d’Innsbruck sont dans l’air et permettraient de céder à cette opportunité.
Plus de pièges en dehors de la montagne ?
Il y a aussi quelque chose que nous aimerions voir plus souvent sur le Tour de France : des arrivées pour puncheurs. Cette année, il y aurait pu y avoir Spa mais l’étape a été neutralisée. Il y a eu Revel et Alexandre Vinokourov s’en est habilement sorti. Par le passé, on a vu Plumelec, Valkenburg… Et c’est généralement spectaculaire, en plus d’avoir une certaine influence sur le classement général quand l’étape est située assez tôt dans la course. Une arrivée à la citadelle de Namur aurait été sympa cette année. Il y a aussi les hauteurs de Briançon qui feraient un beau théâtre d’arrivée d’étape en guise d’entrée ou de sortie des Alpes. En gros, s’inspirer un peu plus du Giro et de la Vuelta à ce sujet.
Et pourquoi pas rééditer l’expérience de la mini-classique ? Le mini Paris-Roubaix n’a pas fait l’unanimité et pourtant, ASO songe à remettre des pavés au programme l’an prochain. Notre suggestion, c’est dans ce cas de les placer en troisième semaine. Quitte à les mettre, autant le faire dans de bonnes conditions, avec un peloton moins tendu et moins fourni qu’après 3 jours de course. Des bons de sortie pourraient être octroyé par l’équipe du maillot jaune, ce qui donnerait deux courses en une, et donc moins de danger. Derrière, les leaders battraient alors le fer ou pourraient, pourquoi pas, décider de ne pas faire la course : peu importe, il y aurait quand même une bagarre devant. Mais cela serait quand même plus beau avec une ultime tentative du dauphin du maillot jaune. Seuls points négatifs : l’avis plutôt contraire des coureurs et la difficulté de revenir sur Paris par le nord. À moins de faire cela sur les ribinous du Tro Bro Leon, à condition que la caravane passe ?
Le plateau ?
Débat également important, le plateau : cette année, le choix a été plutôt bon, étant donné que la totalité des équipes invitées ont fait bonne figure, si ce n’est peut être Sky, mais c’était délicat à deviner. Les déceptions seront venues de formations Pro Tour, qui avaient leur billet assuré pour cette édition, comme Milram ou Footon – prévisible. La structure allemande s’arrête et l’Espagnole ne devrait pas être de la partie l’an prochain. Ce serait bien que cela fasse un peu de place à une équipe comme Saur-Sojasun qui cartonne cette saison sur les épreuves de l’Europe Tour et gagnerait à être connue à un plus haut niveau.
Mais pourquoi pas carrément augmenter le nombre d’équipes au départ du Tour de France, le tout en diminuant le quota de coureurs à inscrire ? Beaucoup dirons que cela n’est pas une solution. Déjà à 9, il est difficile de contrôler les sprints, alors avec plus de 22 formations dans le peloton, il y aura davantage de nervosité et plus de chutes potentielles. De plus, sur trois semaines, on peut vite se retrouver avec un effectif très réduit si l’on a que 7 pions initialement. Seulement, plus de variété permettrait de voir les cadors avoir plus de mal à maîtriser les évènements, et laisserait plus de chances aux échappées. Allez, huit ?
Bonifications et classement de la montagne
C’est sur ces points là que des modifications pourraient plus vraisemblablement survenir. On ne comprend pas vraiment pourquoi, à son arrivée aux commandes de l’épreuve, Christian Prudhomme a supprimé les bonifs. Cela permettait d’avoir une belle bataille entre sprinteurs lors de la première semaine, pour le port du maillot jaune. Combien de sprinteurs ont donné une nouvelle dimension à leur carrière en se parant de cette tunique ? À contrario, combien de coureurs axés sur le classement général s’en sont défaits volontairement pour ne pas assumer le poids de la course ? La crainte des organisateurs, c’est sans doute de voir ces bonus prendre trop d’importance lors des étapes de montagne. Solution : des bonifs uniquement sur les étapes de plaine ? Et comme ça on continuera de voir le maillot jaune nous gratifier de gestes de fair-play en laissant gagner son rival sur la plus grosse étape de haute montagne.
La montagne, parlons-en. Il y a comme un manque d’intérêt des gros pour les pois. Cela a pu faire le bonheur d’Anthony Charteau cette année, auquel il ne faut aucunement retirer le mérite puisqu’il a tout de même du batailler avec quelques gars tenaces. Faut-il mettre des bonifs en haut des cols ? Non, non et non. Les échappées seraient triées sur le volet et feront donc l’objet de bienveillance de la part du leader et de son équipe : les tentatives lointaines qui se font déjà rares, on ne les verrait absolument plus jamais. Le journal L’Équipe a formulé une hypothèse pour redonner de l’élan au classement de la montagne, à savoir, pourquoi pas, chronométrer les ascensions via le capteur placé sur le vélo qui permet de récupérer les temps à l’arrivée. Le souci, c’est que les coureurs apprendraient leurs résultats du jour seulement à l’arrivée. Changer le règlement du classement de la montagne n’amènerait pas vraiment à grand chose et ce serait un peu changer la tradition. Réjouissons-nous plutôt de voir une équipe comme Bbox s’offrir un moment de popularité grâce aux pois, et tant pis pour les cadors s’ils n’ont d’yeux que pour le jaune.
La sécurité en question
Faire l’apologie des pavés sur le Tour, puis parler sécurité, cela peut paraître contradictoire. Mais lors de l’étape d’Arenberg de cette année, il n’y a eu qu’un seul blessé, à savoir Frank Schleck. Et plus de 50 la veille dans une descente comme il y en a des dizaines sur le parcours d’un Tour de France. C’est plutôt dans les arrivées citadines qu’il faut un peu revoir la copie. Voir sur la Grande Boucle une étape de plaine se terminer avec le franchissement d’une dizaine de rond-points est assez anormal. Alors bien sûr, on ne va pas placer la ligne dans une zone industrielle, mais il y a tout de même quelques efforts à faire, bien que le danger soit tout de même moins présent que sur certaines courses d’une semaine comme le Tour du Bénélux ou le Tour de Pologne.
Il y aussi la montagne où les coureurs ont des sueurs froides. Le Tourmalet a été escaladé deux fois cette année et à chaque fois, il y avait énormément de monde. La première ascension, il y avait Lance Armstrong dans l’échappée, et la plupart de ses fans, se réjouissant de voir à l’avant, n’ont cessé de lui courir après comme pour tenter de le toucher. Le jeudi, même limonade avec Alberto Contador et Andy Schleck, de surcroît avec un brouillard fort présent. Alors oui, c’est le folklore du Tour de France, mais cela empêche assurément d’assister à quelques attaques de plus. Que faire ? Mettre des barrières du pied au sommet ? Non. Seulement lors des 3 derniers kilomètres ? C’est mieux. On peut aussi alterner passages protégés et non protégés, mais c’est risqué.
Conclusion
Vous l’aurez compris, c’est très difficile de changer ne serait-ce qu’un point de détail de l’organisation, du parcours ou du règlement d’une épreuve comme le Tour de France. Certaines étapes ont été chiantes à regarder ? C’est le lot habituel de chaque édition. Des chutes ? Il y en aura tout le temps. Du suspens ? Plus ou moins, c’est surtout selon le caractère des principaux protagonistes. Et les gens, aussi, ont des attentes différentes. Le tout, c’est quand même d’éviter d’avoir des courses comme à l’époque de Miguel Indurain ou Lance Armstrong, lesquels dominaient les débats et faisaient la différence dès la mi-Tour sur des parcours taillés sur mesure. C’est d’ailleurs ce que Prudhomme veut éviter depuis son arrivée aux commandes : lui qui a commenté le Tour à la télévision retire vraisemblablement un certain traumatisme…
photo : radioshack






#1 
Bravo à vous ! Vous proposez des articles originaux.
Sur celui là je ne suis pas d’accord pour la montagne. Ce sont les arrivés après les descentes ( Madeleine et Balès) qui ont été les plus spectaculaires. Les arrivés systématiques au sommet fournissent souvent toujours le même classement entre les meilleurs.
En ce qui concerne les bonifs je pense qu’un bon compromis serait de mettre 3,2,1 et 10,6,4 au lieu de 6,4,2 et 20,12,8.
ouai ben moi je préfère une vraie étape de montagne qu’une étape avec seulement une arrivée en cote. certes les coureurs ne se livrent plus mais la légende se fait via l’enchainement de plusieurs ascensions.
de plus les pavés c’est très bien mais pas chaque année alternons comme dit dans le papier avec des étapes de puncheur ou des chemins de terres.
et je pense que même durant les années indurain et armtrong on avait des étapes de montagne de meilleur qualité, moins d’escamotage et plus d’attaque grâce à des coureurs de caractères qui ne restaient pas figés à leurs oreillettes.
pour les bonifs les rétablir surtout en montagne : ça éviterait des arrivées d’étapes non disputées surtout entre leaders.
et comme dit PAF les arrivées en descente sont svt plus spectaculaires que de simples courses de cotes (étape du grand bornand l’année dernière, celle de la madeleine cette année même avc 15 bornes de plat ou encore le port de balès alors qu’avoriaz, bonascre et le tourmalet ont été plutôt ennuyeuses).
je preconise dejà plus d’equipes avec moins de coureurs,ça permettrait de voir plus de costaud au depart,plus de grand leaders et donc une meilleure course.Ensuite,arreter de mettre pendant la premiere semaine que du plat à n’en plus finir,je proposerais des etapes pour costaud,du style de mende,ballon d’alsace ou le puy de dome en premiere semaine,tout ça permettrait de liberer,pourquoi pas la haute montagne en premiere semaine avec arrivées en côte.
Les oreillettes doivent etre supprimés,ça tue la course et puis remettre les bonifs en haut des cols mais 10,6,4 pour ma part.
Enfin,inclure des chronos entre les etapes de montagnes et en inclure un autre en derniere etape mais pas très long.Et pourquoi toujours terminer à Paris,soyons fous delocalisons.