Saxo Bank & team-building

Par Julien A
Mercredi 13 janvier 2010 - 10:42
Les Îles Canaries, au beau milieu de l’Atlantique. Il y a un peu plus d’un mois, Fuerteventura, située au large des côtes africaines, accueillait l’équipe Saxo Bank au grand complet. Comme c’est le cas régulièrement depuis plusieurs années. Coureurs, soigneurs, mécaniciens, directeurs sportifs, encadrements, tous sont conviés à ce camp annuel. Du team-building dans le monde du management. Au programme, durant trois jours, se succèdent course d’orientation, traversée en kayak, escalade, et un « camp de survie » d’une journée, où les participants sont coupés de toute technologie, et doivent trouver nourriture et bois. Chaque épreuve s’effectuant évidemment par équipes. Mais se trouvent également au programme du jet-ski ou une ballade en hélicoptère. Tout cela dans le magnifique décor de Fuerteventura.
On est loin de l’image du stage commando qui nous est parfois décrit. Ce séjour est censé renforcer les liens au sein de l’équipe. Pas seulement entre les coureurs, mais également avec tout l’encadrement qui gravite autour tout au long de l’année. Voilà le but avoué de Bjarne Riis : « Le but principal de ce camp d’entraînement est de donner à tous les employés l’occasion de mieux se connaître entre eux en travaillant ensemble. Quand vous êtes passé par différentes épreuves ensemble, vous apprenez comment le travail d’équipe fonctionne réellement et qu’il est utile de se servir des compétences de chacun. Il est de plus essentiel que les coureurs se rendent compte de la grande valeur de leur staff, et de leur importance dans les résultats de l’équipe ».
Rien de révolutionnaire donc, c’est la raison même d’exister du team-building. Pour autant, si l’exercice est de plus en plus en vogue dans de nombreuses entreprises, la Saxo Bank est la seule équipe cycliste à en user pour le moment. Mais est-ce plus qu’une simple opération de communication ? Doit-on croire les différentes interventions que l’on a eu (et que l’on aura encore à coup sûr cette année), nous expliquant qu’une partie des grandes performances de l’équipe repose sur l’ambiance de l’équipe, créée lors de ces rassemblements ? Clairement, ce stage de préparation n’augmente pas les capacités des coureurs. Et un coureur ne va pas soudain se découvrir un potentiel insoupçonné lors de ces trois jours au programme loin d’être harassant. Mais le cyclisme est un sport d’équipe. Et évidemment, une équipe soudée fonctionnera mieux qu’une autre. Il n’est pas rare de voir un des cadres de la Saxo Bank aider un coéquipier dans une course n’étant pas un objectif personnel, les Schleck sur le dernier Tour de Suisse assistant Cancellara, avant que ce dernier ne leur leur renvoie l’ascenseur sur le Tour…
On pourra donc toujours disserter sur l’intérêt réel de ce stage annuel. Il n’empêche que de nombreuses entreprises se tournent vers ce genre de pratique. Pourquoi pas des équipes cyclistes qui emploient plus de 50 personnes ? Différents managers ont déjà évoqué la possibilité de suivre l’exemple. Et si cela ne peut traduire les performances brutes de la Saxo Bank, cela peut expliquer que cette structure soit l’une des plus vieilles du Pro Tour. Que les différents leaders soient capables de parfaitement cohabiter en son sein, contrairement à dans bien d’autres équipes. Et que les coureurs s’y plaisent.





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