Saur-Sojasun, ça promet déjà

Par Baptiste Bouthier
Dimanche 31 janvier 2010 - 21:51
Au fond, rien n’a changé. Même si elle s’appelait alors Besson Chaussures-Sojasun, l’équipe Saur-Sojasun a l’habitude de briller sur la Coupe de France. L’an passé, elle a remporté quatre des onze épreuves, trois grâce à la vitesse Jimmy Casper et la dernière grâce au culot de Jérémie Galland. Elle a même remporté le classement final de la compétition grâce à son sprinter maison – leader de bout en bout de l’année, s’il-vous-plaît – et terminé à la 3e place du classement par équipes. Bref, cette victoire de Jonathan Hivert sur le Grand Prix La Marseillaise, en ouverture de l’édition 2010 de la Coupe de France, n’a a priori rien de nouveau. Ce n’est qu’un succès de plus pour l’équipe montée par Stéphane Heulot en 2009, qui en a vu d’autres.
Oui mais, quand même. Plusieurs éléments font que cette victoire devrait servir de référence tout au long de la saison. Cet hiver, l’équipe a évolué, d’abord en terme d’ambitions. Cela s’est traduit par un changement de sponsor, donc, et par un discours particulièrement ambitieux. Le but de l’équipe cette année est d’être invitée sur le Tour de France, et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est plutôt bien parti, avec cette victoire pour la première course de la saison où les gars d’Heulot s’alignaient. Le côté ronflant de la présentation au premier étage de la Tour Eiffel n’était pas que du vent : il y a vraiment de l’envie dans ce groupe.
Le côté ronflant du recrutement n’est pas, lui non plus, du flan. Membre du casting haut de gamme de l’hiver – avec Coppel, Joly ou encore Lemoine -, Jonathan Hivert apporte à sa nouvelle équipe sa première victoire de la saison. C’est ce qu’on appelle une arrivée réussie. Huitième, l’an passé, de Paris-Nice, le Tourangeau avait aussi pris la même place sur… le Grand Prix La Marseillaise. On ne sait pas encore s’il fera le même bond en avant numérique sur la prochaine course au soleil, mais une chose est sûre : sa saison 2009 n’était pas une erreur statistique.
Cette victoire de fin-janvier – il porte donc bien son nom – n’est pas sa première chez les pros puisqu’il compte une étape du Circuit de Lorraine 2008 à son palmarès, mais elle est sans aucun doute bien plus forte que la précédente. Et laisse augurer d’une suite de saison de haute volée. Hivert a un profil des plus efficaces : il grimpe bien et va vite au sprint. C’est exactement ce qui lui a permis de l’emporter dimanche, et c’est exactement ce qu’il doit exploiter tout au long de la saison pour porter haut les couleurs de Saur-Sojasun.
Bien sûr, la performance de cette recrue n’induit pas forcément que le rendement des autres sera identique. Mais il vaut quand même mieux ça que l’inverse. Avant la course, Stéphane Heulot expliquait aligner un groupe « emmené par l’une de ses nouvelles recrues, Jonathan Hivert, lancé dans sa préparation pour le prochain Paris-Nice. » Bingo. Avec des garçons comme Casper, Hivert et Coppel, Saur n’a franchement pas grand chose à envier aux autres équipes françaises. Reste à prouver à un niveau supérieur que l’équipe a grandi. Remporter La Marseillaise, c’est bien, mais une fois de plus, ça n’a rien de nouveau. Briller sur Paris-Nice, ou les Ardennaises, pour lesquelles Stéphane Heulot a un groupe de qualité, aurait nettement plus de gueule. Et validerait sans doute définitivement le sésame pour le Tour.
Le classement de l’épreuve & le compte-rendu
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Crédits photo : saur-sojasun.com








Jonathan Hivert avait démarré la saison très fort l’an dernier avant de complètement s’effondrer par la suite. Antépénultième du Tour de France, devancé par tous les sprinters hormis Hutarovitch, c’était très décevant pour un grimpeur de son niveau et compte-tenu de ce qu’il avait montré sur Paris-Nice. En espérant qu’il aura la chance de donner une meilleure impression sur le TDF en 2010, mais une wild-card accordée à Saur-Sojasun reste très improbable.